25 août 2012

Armstrong perd la lune

L’un avait fait les premiers pas sur notre satellite. L’autre avait gagné sept fois le tour de France. Neil Armstrong avait le premier foulé la poussière lunaire. Lance Armstrong avait accumulé le plus impressionnant palmarès cycliste dans la poussière des routes du sud. L’un reste le héros d’une saga et d’une époque. L’autre, on ne sait pas.


LanceArmstrong1.jpgGagner une fois le tour de France c’est déjà décrocher la lune. Alors, sept fois! Cela en devenait presque lassant. Pendant sept ans les autres coureurs ont été éclipsés. La lune leur échappait, occultée par le soleil de Lance. Lance et son équipe maîtrisaient leur sujet. Beaucoup de stratégie à l’image du cyclisme moderne. Mais de belles envolées depuis le pied de cols mythiques. L’Alpe d’Huez, le Tourmalet, le fameux Galibier, le plateau de Beille. Autant de montées déraisonnables où l’ange jaune semblait s’envoler.

Aujourd’hui l’aigle des hauteurs chute. Il perd la lune. Radié à vie, ses titres lui sont retirés par l’Agence américaine anti-dopage. L’Union cycliste internationale n’a, elle, pas encore pris de décision. Lance Armstrong n’avoue rien mais renonce à se défendre contre une procédure qu’il juge disproportionnée.

Il faut savoir que ses victoires dans le Tour n’ont jamais été mises en cause alors qu’il a fait l’objet de centaines de tests anti-dopage. Ce sont des dénonciations d’anciens coureurs qui l’ont fait chuter. Mais rien n’est prouvé. A-t-il pu cacher à ce point toute visibilité de produits dopants? Certains l’affirment. D’autres, comme Eddy Merckx, le soutiennent.

Le dopage est une affaire compliquée. A un certain niveau le corps s’use prématurément. Des athlètes y laissent des plumes. Des pathologies graves s’en suivent:

«A ce jour il n’existe pas, sur d'importantes populations de sportifs dopés, d’études sur le long terme qui permettraient d’établir formellement une relation précise entre le recours à une forme de dopage et des pathologies spécifiques. En revanche, il existe des cas avérés où l’on peut constater les méfaits du dopage sur la santé des sportifs.

Aujourd'hui on peut affirmer que la prise de produits dopants peut avoir des conséquences d’une extrême gravité : accidents cardiaques et circulatoires, insuffisances rénales et hépatiques, cancers, impuissance, stérilité, troubles de la grossesse chez la femme enceinte, ...»
lance armstrong,lune,neil armstrong,tour de france,maillot jaune,lune,alpe d'huez,galibier,cyclisme,merckx,dopage,

On pourrait dire, comme pour l’alcool, que chacun est maître de son corps et des conséquences de ses addictions. D’ailleurs les addictions sont habituelles dans le monde: tabac, café, alcool, sucre, sel, et bien d’autres. Nous vivons dans un monde d’addictions. Et puis la dope ne fait-elle partie des tentatives humaines de dépasser ses limites? Pourquoi condamner les sportifs? Si tous se dopent ils sont à égalité de chance! Mais la réalité est différente. Ceux qui commencent le sport ne peuvent concurrencer ceux qui se dopent, et s’ils veulent passer professionnels et percer ils doivent fournir des résultats.

N’empêche: dopé ou non, Lance Armstrong était une flèche. Le dopage, s’il a vraiment eu lieu, ne peut fabriquer de toutes pièces les qualités personnelles qu’il a montré dans des étapes très difficiles.

Aujourd’hui l’argent qu’il a gagné est au service de sa fondation d’aide aux personnes atteintes de cancer. Sa route continue.

Qui reprendra ses titres? Qui n’était pas dopé? Comment croire que ceux que l’on dira non dopés ne l’étaient réellement pas, quand il est condamné alors que ses tests étaient négatifs? Et va-t-on destituer Anquetil, qui avait reconnu s’être chargé lors de ses victoires sur le Tour?

Dopés ou non, ceux qui souffrent pendant trois semaines dans le cagnard de juillet ou la neige des cols méritent l’admiration. Parce que l’on ne peut faire abstraction de la somme d’abnégation et de travail qu’il leur a fallu pour arriver là.

La dope ne fait pas l’homme.

Commentaires

Tout ce foin parce que sa tronche ne revient pas aux curés de la morale sportive.

Dans les faits, selon les standards, le bonhomme a été contrôlé négatif des centaines de fois…
Qu’il ait su camoufler des trucs indétectables mieux que les autres, démontre qu'il était juste plus démerde que ses concurrents. En plus, les grimpées, il fallait quand-même se les taper même si c'était avec du sang de rhinocéros... Pas «chapeau!», mais plus futé selon que: «tout est permis, sauf de se faire choper». C’est même typiquement et stratégiquement la mentalité de certains patrons lorsque la fièvre de la réussite leur monte au crâne, et pas seulement.

Evidemment c’est pas «bien», parce que c'est tricher. Mais ça fait partie de la culture de ce milieu robotisé, disons, à moitié pourri (pour être bon prince). Armstrong «cul nu», aura eu le mérite de déguiller toutes les quilles de la Maison cyclisme. Bien fait pour les oligarques du Tour et de l’UCI.

Écrit par : petard | 26 août 2012

Il reste la "légende" Carl Lewis, faux-cul qui réussit à se forger une image de saint en marchant sur la tête du plouc Ben Johnson, embourbé puis exécuté pour n'avoir pas su (ou eu les moyens) de gérer ses prises d'anabolisant.

Écrit par : Mère-Grand | 26 août 2012

Aujourd'hui, c'est la lune qui a perdu Armstrong... Neil Armstrong :-(

Écrit par : gerardh | 26 août 2012

@ Gerardh:

Je l'apprends par vous. Hasard des circonstances. :-(
Je vais voir si je peux faire un billet.

Écrit par : hommelibre | 26 août 2012

Les commentaires sont fermés.