20 août 2012

Pussy Riots: Kasparov frappé par la police, la vidéo qui accuse

Autant la société Big Brother est détestable, qui fait de chaque détenteur d’un téléphone portable un délateur en puissance, voire un manipulateur (rappelons-nous l’affaire Galliano), autant il faut reconnaître que dans certains cas la technologie a du bon. Ainsi à propos de l’arrestation de l’ancien champion d’échec russe Garry Kasparov.


russie,kasparov,pussy riots,moscou,police,mensonge,poutine,Kasparov était présent vendredi dernier devant le tribunal qui a condamné les Pussy Riots à deux ans de goulag. Comme d’autres russes il manifestait contre cette décision disproportionnée qui scelle l’accointance entre la religion, le patriotisme et la politique. Comme chez les islamistes. C’est le creuset du fascisme du 21e siècle. Rappelons aussi que lors de ce procès des témoins sont venu déclarer à la barre que les Pussy Riots avaient des comportements diaboliques. Les sorcières de Salem sont de retour.

Kasparov a commenté la décision du tribunal à une chaîne de télévision. Erreur. Grave erreur. Dans la Russie de Poutine, on ne parle pas: on se tait. On se coud la bouche. On laisse faire les puissants et on s’écrase. Kasparov ne s’est pas tu. Il parlait donc à une chaîne de télévision. La police est venu l’arrêter, sans raison apparente - sauf le fait qu’il s’exprimait à la télévision. Il a tenté de résister. Il a été contraint et frappé par des policiers, dont un qui aujourd’hui l’accuse de l’avoir mordu.

Que la Russie ait besoin d’un pouvoir fort pour tenir ensemble, je peux l’entendre. Mais un vrai pouvoir fort est un pouvoir respecté. Et un pouvoir respecté n’est pas craint mais admiré pour sa pratique de la justice.

Bien sûr n’importe quel Etat poursuivrait une agression contre un policier. Pour autant qu’il y ait agression. Or on dispose ici d’enregistrements vidéos. On ne voit aucune agression de Kasparov sur le policier qui l’accuse.

Un témoin valide pourtant la version du policier: «il s'agit du dirigeant d'une association intitulée Officiers de Russie, Anton Tsvetkov. Cette association s'est donné pour mission d'apporter son soutien aux ministères de maintien de l'ordre et de participer à l'éducation patriotique de la population, selon son site web oficery.ru.»


Kasparov risque jusqu’à cinq ans de goulag. Mais les images sont têtues et ne montrent ni acte de morsure, ni réaction de douleur d’un quelconque policier, ni marque de blessure. Ni dans une version, ni dans l’autre.

Car il y a deux versions. La première montre que Kasparov résiste fort aux policiers devant la porte du car. Cela dure et il est presque au sol. Un policier le frappe (vidéo 1).





La deuxième vidéo est presque la même, mais expurgée des coups. On voit l’arrestation sous un autre angle mais on peut reconnaître le même policier dans les deux vidéos, à la même place par rapport à Kasparov qui lève les bras avec son papier dans une main de la même manière. La même phrase avec la même intonation est dite alors qu’il a posé sa main droite sur la porte pour résister. Etrangement, il n’est plus frappé et monte presque rapidement.

 

Il y a donc deux versions. Celle avec les coups ne peut avoir été inventée: la police en l’aurait pas fait exprès, et la scène n’aurait pu être tournée deux fois à l’identique. On a donc supprimé le passage mettant en cause le policier sur la deuxième vidéo. C’est bien fait: on croirait un tournage non stop. Mais la vidéo 2 n’est pas complète. Il faut regarder la vidéo 1: Kasparov ressort du car après y avoir été placé de force. On le voit sortir à 1’40. C’est alors qu’il est frappé par le policier qui aujourd’hui l’accuse. Le témoin et le policier mentent donc.

La justice soviétique est de retour.


Image: Piotr Pavlenski, artiste russe protestant contre la condamnation des Pussy Riots.

18:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : russie, kasparov, pussy riots, moscou, police, mensonge, poutine | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Les russes .... 100 ans de retard sur les autres.
Ils passent pour un peuple préhistorique..

Écrit par : XpX | 23 août 2013

@ XpX

les autres quels autres, nous onts est retourné à une justice moyennageuse c'est guére mieux, on a les lois de censure les lois de genre les lois mémorielles tout un panel de lois qui nont de lois que le nom, nous ont a les femen qui manipulent les média, qui fabriquent des agressions, des hommes politiques a la carriére brisée pour avoir dit la vérité, l'affaire Vanneste", et dans certains domaines on fait pire qu'eux, de malheureuses victimes qui se défendent d'une agression comme elles le peuvent sonts condammées sévéremen parce que la police ne peut pas où ne veut pas les défendre.

Écrit par : leclercq | 24 août 2013

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