22 juin 2012

Ségolène attaque fort

Je ne sais pas si elle a raison. D’un côté elle dit tout haut ce que beaucoup pensent. L’image du parti socialiste lors de la présidentielle de 2007 était la désunion. On n’a pas senti de soutien enthousiaste derrière la candidature de Ségolène Royal. Elle qui voulait tant être capitaine.


ségomoquette.jpgMais d’un autre côté elle y avait contribué. Elle-même avait beaucoup joué solo. Aujourd’hui elle se livre dans une interview au Point. Et ses propos sont assez crus, principalement à l’égard de Vava Tweetweiler, sa rivale, et de son ancien compagnon:


«Je me dis qu'en 2007 ça n'a pas dû arranger les choses. Je comprends pourquoi François ne m'a pas aidée. (…) En 2007, je me suis dit : ça va passer, ça va s'arranger. Donc, j'ai encaissé. (…) En 2007, elle (Valérie Trierweiler, ndlr) a profité de la situation. C'était facile, elle suivait le PS, elle suivait le premier secrétaire. Dans un pays anglo-saxon, le jour même, c'est le licenciement.»

Et elle ajoute:

«C'est l'inversion des rôles. C'est moi dont la famille a été bousillée, c'est moi qui pourrais avoir de la rancoeur».

Dur dur. Faut-il ainsi tout déballer au public et prendre les citoyens à témoin? Je ne sais pas si la politique en sort grandie. Et puis, les autres sont-ils responsables de ses quatre défaites en cinq ans? Je ne vois pas le début d’une remise en question personnelle. Un minimum d’auto-critique serait bienvenu pour lui donner du crédit.

Pour une ex-candidate à la présidence, pour une personnalité politique qui fait dire sur son blog qu’elle a eu un parcours exceptionnel de 2007 à 2011, je ne peux pas prendre simplement ses affaires de coeur comme cause de tout - même si je conviens bien que la vie privée influe inévitablement sur le comportement. Dire que ses échecs retentissants jalonnent un parcours exceptionnel doit lui faire du bien. Mais le citoyen est témoin du décalage entre ce discours et la réalité qu’il voit, soit les échecs et les rancunes personnelles.

Elle s’accroche à sa conviction. Elle montre sa douleur. L’image de François Hollande en prend forcément un coup. Elle démolit tout et elle avec. Je reste très partagé en lisant ses paroles.

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