05 juin 2012

Genève: le WWF veut-il une plage invivable?

La plage des Eaux-Vives - grand projet du précédent Conseil d’Etat qui préférait nous envoyer baigner que faciliter la circulation en ville - deviendra-t-elle un nouveau serpent de mer? Après le désespérant feuilleton de la traversée de la rade, voici le déprimant «Plage, le retour». Le Léman est-il maudit (je n’ai pas dit Maudet!) pour les genevois?


PlageGenève3.jpgMonstre du Loch Ness genevois, sors de ce lac!

Donc, le projet de plage supposé enthousiasmer les habitants de Piogre, projet qui avait l’accord de l’ensemble du Conseil d’Etat qui à défaut de pain nous offrait les jeux (ah, ne boudons pas notre plaisir!), avait du plomb dans l’aile. Un blocage déclenchait même une bataille presque homérique de nature à faire oublier le chômage, la crise du logement et tous ces petits problèmes sans lesquels la vie serait non seulement un long, mais surtout un ennuyeux fleuve tranquille.

Côté plomb dans l’aile, il s’agit plutôt de la beine littorale, soit un fond lacustre riche en espèces végétales et animales nécessaires à la bonne santé du lac. Cette beine ne se développe que dans certaines conditions de profondeur d’eau et selon le type de fond lacustre.

Le WWF, prêt à défendre le bonheur des poissons contre celui des humains, avait fait recours, études à l’appui. On se trouve donc devant un projet soutenu par un ancien Conseiller d’Etat écolo, repris par la nouvelle Conseillère d’Etat écolo, et combattu par les écolos. Cherchez l’erreur. Ou bien faut-il en déduire que ce ne sont plus les élus qui font la politique de la cité? Pourtant le WWF avait déjà eu la possibilité de communiquer PlageGenève1.jpgses remarques aux autorités avant le lancement du projet. Sur l’insistance de ses représentants celui-ci avait même été réduit de moitié. Bref, il est pour le moment bloqué.

Ni une ni deux une association nommée «Les amis de la plage» s’est créée pour défendre le projet. L’association souligne ainsi que le parc de la plage permettrait de dé-bétonner une partie du quai et de créer un lieu de loisir convivial touchant presque le centre-ville. Et recommande le boycott du WWF: «Nous vous demandons de suspendre vos contributions, de vous désinscrire de leur newsletter, de résilier votre abonnement au magazine, de cesser vos achats à la boutique Panda, et de cesser vos dons au WWF Genève.»


PlageGenève4.jpgLes puces et l’odeur

Evidemment, sur quelques centaines de mètres, la beine locale en serait momentanément perturbée. Mais on pourrait imaginer prolonger le remblais nécessaire à la création de la plage au-delà des limites prévues afin de rehausser le sous-sol lacustre et laisser se réinstaller une nouvelle beine. D’autre part le prolongement du port de la Nautique augmentera la surface de la beine. De plus une compensation pour maintenir la biodiversité lacustre est prévue à Chens-sur-Léman, près de Douvaine.

Le WWF n’en veut pas. Il vient de rendre public un contre-projet: une lagune à créer au même endroit, avec peu de place de détente pour les citoyens et un plan d’eau presque stagnant. En effet la faible profondeur du lac à cet endroit, associée au port de la Nautique qui freine le courant du bord et aux goulots d’étranglement de cette lagune font que l’eau y circulera très lentement. Les premières réactions sur les forums sont franchement négatives: cette lagune devrait favoriser la présence de toutes sortes de petites bêtes genre puces de canards et éventuellement moustiques dans les coins où cela ne bougera pas du tout. Sans compter l’odeur due à la décomposition des algues et aux fientes des volatiles accumulés. Et si peu de place que 90% des baigneurs regarderont depuis le bitume du quai, serviette sous le bras, les rares qui auront trouvé un petit peu d’espace pour faire trempette.
PlageGenève2.jpg
Fini le grand espace de détente propice aux jeux avec les enfants. Les familles ou groupes d’amis désirant simplement s’asseoir près du lac squatteront la plage au détriment des baigneurs. En tous cas, ce contre-projet montre un lieu peu accueillant et aux inconvénients prévisibles. Le WWF veut-il vider Genève de l’espèce humaine au profit des espèces lacustres? Non, il veut faire la morale aux genevois. En effet, selon Sylvia Leuenberger: «A long terme, c'est complètement égocentrique de faire primer les loisirs». C’est vrai. On devrait d’ailleurs rétablir le travail pendant le week-end pour empêcher ces vilains citadins d’aller polluer la belle campagne genevoise.

Au fait, ils habitent où les membres de la direction du WWF? Rue des Eaux-Vives? Pas sûr...

Rappelons aussi que l’Association des Intérêts des Eaux-Vives a également fait recours contre le projet. C’est parfois difficile, la démocratie. A force de laisser la parole à des minorités aux intérêts spécifiques, celles-ci en viennent à imposer leur loi à la majorité.

 

Voir aussi la Tribune de Genève du jour.

 

Images: Etat de Genève et WWF. Cliquer pour agrandir.

10:53 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : geneve, plage, wwf, conseil d'etat, puces, lagune, loisirs, beine littorale, eaux-vives | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Ni l'un ni l'autre!!! Lorsque l'on voit l'état de la plage du Reposoir, avec depuis des années, des toilettes immondes, sales, la plage sale où des oies font les déchets (et des gros!) alors que cet endroit pourrait être charmant (combien de gens s'y baignent??), je me demande pourquoi on n'"arrange" pas Baby Plage qui doit être restituée aux enfants (des paumés s'y droguent et y dorment ou reluquent les enfants!)et éventuellement qu'on aménage une simple plage après, sans faire de parc, J'étais hier à la Roseraie, pas temps magnifique, à 11 h et c'était pratiquement vide.... Quant au contre projet WWF, c'est tout simplement stupide.... Des avancées sur la plage pour boire un verre, donnerait un plus à cet endroit, et qu'on arrange surtout le début du quai des Eaux-Vives, qui est vraiment affreux

Écrit par : bellon jacqueline | 25 juin 2012

"le WWF veut-il une plage invivable?"

Est-ce vraiment la question de fond ou bien juste la pointe de l'iceberg ?

Le WWF veut tout simplement imposer son diktat et, comme tout khmer vert, renforcer son pouvoir en abusant de la bonne foi de ses généreux donateurs mais surtout en s'alliant très discrètement voire secrètement avec les plus grands pollueurs de la terre, de la mer ou bien des airs.

Vous serez peut-être abasourdi d'apprendre que la fameuse certification MSC (Marine Stewardship Council) qu'apposent, comme un paratonnerre, les deux grands distributeurs suisses sur les produits de la pêche qu'ils commercialisent complaisamment n'est que l'enfant caché qu'ont engendré le WWF et UNILEVER, cette dernière, qui comme tout le monde le sait, étant une grande protectrice de la nature sur laquelle elle dépose depuis des décennies des centaines de milliers de tonnes de produits chimiques sous forme de lessives en tous genres.

"After years of seemingly failed government attempts to halt the world fisheries crisis, in 1996 WWF together with Unilever, one of the world's biggest buyers of frozen fish, successfully established the Marine Stewardship Council (MSC) to change the way fish are caught, marketed and bought."

http://wwf.panda.org/what_we_do/how_we_work/conservation/marine/sustainable_fishing/sustainable_seafood/

Mon œil ! Et pourquoi pas une alliance avec un quelconque cartel Colombien tant qu'on y est.

Ainsi donc ce "Panda" sournois avance masqué (ceci explique certainement cela) et n'hésite pas à conclure des alliances contre nature dès lors qu'elles lui rapportent les fonds nécessaires pour consolider son emprise "morale" sur les citoyens-consommateurs-captifs, mal informés ou simplement en quête de bonne conscience.

Bref, ce Panda est un voyou, une fraude, un usurpateur !

Écrit par : Giona | 25 juin 2012

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