25 mai 2012

Business si, idéologie no!

Le commerce est-il préférable à l’idéologie? J’en doute de moins en moins. Le commerce est facteur de liberté là où l’idéologie est synonyme de répression culturelle. Pas besoin d’être au pouvoir pour pratiquer la répression culturelle: une petite librairie peut être un arrière-poste des maîtres à penser.


booksburn.jpgJ’ai ainsi reçu l’info d’un internaute: une librairie genevoise ne veut finalement pas vendre mon livre, bien qu’elle l’ait commandé à cet effet. Cette librairie vend des livres sur le féminisme, entre autre. Apparemment elle ne vend que des livres en faveur du féminisme, et non pas sur.

Chacun est libre, nul n’est contraint. Je comprendrais toutefois cela mieux dans le cadre d’une association qui vend quelques bouquins sur un sujet pour le promouvoir, sans faire de pub pour les auteurs qui critiquent ce sujet. Une librairie installée comme telle est supposée être un commerce généraliste. Si un client vient y commander un livre et que le commerçant s’y refuse, ôtant même la trace informatique dudit livre - ce qui semble avoir été le cas ici - ce commerce ne remplit pas sa fonction.

Il devient une officine idéologique et non un lieu de libre commerce. L’esprit critique et la liberté de controverse ne marche que dans un sens. Les maîtres à penser ont décrété ce qui est bien et ce qui ne l’est pas, privant les clients de la possibilité de réfléchir par eux-mêmes. Le déformatage idéologique auquel je me livre ne me fait pas que des amis. Il révèle surtout l’intolérance des soutiens à l’idéologie dominante.

La Librairie du Boulevard est donc à supprimer de la liste que j’ai donnée ici.


Cette anecdote me fait réaliser ceci: le business n’a pas d’idéologie et vend ce qui se vend. Si la controverse fait vendre le marchand soutiendra la controverse. Ce faisant il donne aux auteurs et à la culture une bien plus grande place et liberté que l’idéologue.

Le business est une liberté alors que l’idéologie n’est que la pensée des maîtres dominants.

D’ailleurs dans le passé déjà les époques très marchandes ont été associées non seulement à une prospérité économique mais aussi à un grand développement culturel et scientifique. Par exemple les échanges commerciaux et les nouvelles techniques d’agriculture et de transport ont été décisifs dans la prospérité du Moyen-Âge entre les XIe et XIVe siècles.

Alors que l’on s’acharne sur le libéralisme et sur la société marchande, cette anecdote me fait penser qu’il y a décidément plus de liberté dans ce libéralisme que dans les idéologies gauchisantes ou droitisantes actuelles.

S’il faut choisir un camp, je ne choisis certainement pas celui de la répression intellectuelle et de la valetaille qui sert les maîtres à penser. Freedom! Libertad! Business si, idéologie no!



21:10 Publié dans Liberté | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : féminista, féminisme, liberté, culture, commerce, business, libéralisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Il faudrait lancer une pétoche au nom de la liberté d'expression, ce n'est pas normal qu'au 21ème siècle nous soyons contraints d'être normé dans notre pensée. Sinon je ne donne pas cher de la longévité de la culture.

Il arrive que certains auteurs ou humoristes soient censurés sans même que les gens sachent pourquoi, ce qui les empêche de réfléchir par eux-même.


"Il révèle surtout l’intolérance des soutiens à l’idéologie dominante."

Ce que je peux confirmer via les commentaires hostiles et stériles des adeptes de cette idéologie.
Nous ne sommes plus en liberté

Écrit par : kasilar | 25 mai 2012

Je terminerai par une petite phrase ""Hasta la victoria siempre" " :-)

Écrit par : kasilar | 25 mai 2012

oh, à ce point,grave,un autre coup de ratm par les oreilles au censeur, ça lui remettra les idées en place!!!
http://www.youtube.com/watch?v=gsN3nptiz3M
bizzzouxxx!!!

Écrit par : Sarah | 26 mai 2012

Nous n'aurons pas la pétoche de commenter, en tout cas! Nous savons HL, que vous n'aimez pas la contradiction, encore moins lorsqu'elle est aussi... virulente?, méchante?, et autres termes gratifiants, que la votre.

Vos fans le prouvent régulièrement! Nous alllons nous faire suspendre à des crochets de bouchers, droit dans le M.U.R, s'pas celààà?

Ainsi donc, une librairie qui décide de ne pas diffuser votre oeuvre, est une ennemie de la liberté d'expression?
Vous qui êtes libéral, HL, (pas nous non, vous!) vous VOUS plaignez et personne d'autre remarquez-le bien déjà celààà!
Et la liberté de votre commerce soit-disant non idéoligue devient quoi?
Une librairie est une entreprise privée, ce qui signifie selon votre idéologie de marché, qu'elle est en droit de décider de quelle marchandise elle occupe ses rayons n'est-ce pas celà?
Car celà c'est du bizness celà, sa spécialisation lui permets de faire du bénéfice, et le bénéfice c'est... Car vous n'êtes pas marxiste HL! Ne l'oubliez pas! Vouez au capitalisme vous DEVEZ vous soumettre au lois d'icelui, sinon cessez de défendre clàà, le capitalisme,d'arrière poste, ou l'avant-garde néo-libérale!
La seule chose qui est interdite et que vous ne défendrez JAMAIS, c'est de vendre des livres... censuré par la loi!
La censure par le commerce existe depuis... fort longtemps! il à fallu attendre qu'elle vous touche, pour que vous en ayez conscience?
Par l'inversion? Comme Celàà?
"Cette anecdote me fait réaliser ceci: le business n’a pas d’idéologie et vend ce qui se vend. Si la controverse fait vendre le marchand soutiendra la controverse."
C'est marrant c'est exactement ce qu'a écrit Lutwak dont nous vous avons fait profiter dans un commentaire récent!
"Ce faisant il donne aux auteurs et à la culture une bien plus grande place et liberté que l’idéologue."
Mais il concluait à peu près le contraire... Et pourtant c'est un "pro" capitaliste.
Pourquoi ne nous étonnez-vous jamais HL?
Bon week-end.

Écrit par : Trio-octet Infernal | 26 mai 2012

Ah, ajoutons, que si CETTE librairie ne veut pas diffuser votre bouquin, il y en a d'autres... Et si vraiment aucune n'en veut, le système que vous défendez vous autorise à en ouvrir une! Même spécialisée! Il paraît que c'est facile "d'entreprendre"! Alors celààà ne devrait pas être hors de vos "compétences". Montrez l'exemple HL, convainquez nous que ce monde n'est pas qu'une falsification.
C'était un post script homme

Écrit par : Trio-octet Infernal | 26 mai 2012

Une librairie qui renonce à vendre un livre ne porte pas atteinte à la liberté d’expression. Elle montre simplement qu’elle n’est ne veut pas que le débat d’idées ait lieu en son sein, ou qu’elle ne veut pas y contribuer. Elle prend alors le risque de laisser laisse supposer que les arguments développés dans un ouvrage qui conteste ses choix idéologiques sont convaincants la mettent dans l’embarras. A contrario, c’est donc de sa part un hommage à la liberté d’expression (dans la mesure où elle ne s’oppose pas à la vente du livre en question dans d’autres librairies).

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 26 mai 2012

Inutile de trouver des excuses en carton, le fait est que des personnes qui publient un ouvrage comme celui d' Isabelle Alonso, une atteinte à la dignité des hommes, alors que hommelibre ne fait que critiquer un certain courant féministe, on est oú et surtout quand là ?
Des siècles de combats pour des libertés qui ne sont toujours pas acquises.
Plus sérieusement, à quand une expédition de la femrad dans une ile entouré de requins et de crocodiles
?
On aura en outre réglé le problème de surpopulation

Écrit par : kasilar | 26 mai 2012

Je voulais dire que celui d' hommelibre est censuré t
andisque celui de l' autre tarte est publié, j' ai peur de l' avenir de la démocratie.
va falloir refaire la révolution des droits de l' homme à la lanterne la feminista, vous finirez comme Marie Antoinette

Écrit par : kasilar | 26 mai 2012

@tof

Quand le peuple vous arrachera les tripes vous n' aurez plus besoin d' avoir la petoche chiens de progressistes intégristes. Vivement le réveil du peuple

Écrit par : kasilar | 26 mai 2012

@ Jean-Paul:

Je dis bien que nul n'est contraint. Un commerce vend ce qu'il veut. Le constat que je fais est qu'une librairie devrait être un commerce qui encourage l'expression de la pensée, avec des contenus et des formes différents voire contradictoires. Dans les librairies que je connais pour chaque thème il y a des livres présentant des approches contradictoires.

Heureusement que la concurrence existe et que la pensée ne dépend pas d'un commissaire politique. Mais je ne suis pas certain que la liberté de vendre ou même d'écrire un ouvrage contradictoire serait possible dans un système politique non libéral. Je fais peut-être un procès d'intention, mais l'exemple donné ici pose question.

Le bouillonnement intellectuel, créatif et libertaire d'il y a 30-40 ans semble loin aujourd'hui.

Écrit par : hommelibre | 26 mai 2012

@ John. On est d'accord. C'est juste pour pinailler que j'insiste sur la distinction entre la pratique de la censure et de toute sorte d'atteinte à la liberté d'expression, d'une part, qui caractérise effectivement la pensée antilibérale; et, d'autre part, la peur ou le refus du débat à l'intérieur de l'espace publiprivé que représente une librairie. Une peur qui peut, en l'occurrence, donner à penser que ladite librairie ne considère pas, malheureusement, que sa vocation première est de favoriser le débat d'idées.

Mais... connais-tu une librairie spécialisée dans la promotion des médecines douces (comme la naturopathie) qui vendrait un ouvrage dont le principal propos serait d'en démontrer les limites?

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 26 mai 2012

Jean-Paul, sur qu'on n'est pas dans un régime policier! Mais mieux vaut relever ce genre d'attitude avant d'y être. Je crois que les mêmes germes peuvent engendrer les mêmes effets et que l'on n'est à l'abri de rien.

La comparaison avec une librairie spécialisée en médecine douce est appropriée. Je réponds à ta question ainsi: une telle librairie ne devrait pas écarter un ouvrage critique si un client en fait la demande. J'ai longtemps enseigné les médecines douces, et j'en ai toujours montré les limites, ainsi que ce que nous devons à la physiologie, à la biologie, entre autres. J'ai démonté les discours radicaux dans ce domaine aussi. Je demande aux étudiants comme aux praticiens de la rigueur intellectuelle, de la vérification, et l'humilité de connaître leurs limites. Je suis même ouvertement critique face à certaines approches, et "critique" est dans certains cas un euphémisme.

Écrit par : hommelibre | 26 mai 2012

"une telle librairie ne devrait pas écarter un ouvrage critique si un client en fait la demande."

Justement. Dans le cas présent, le libraire ne m'a même pas proposé de commander le livre de John, il avait pourtant la référence et le nom là, sous son nez, sur son écran d'ordinateur (j'oublie de préciser que je suis l'internaute "par qui le scandale arrive"; j'ai fini par acheter Féminista dans une grande librairie).

Techniquement, ce fut un manque à gagner pour ledit libraire, en d'autres termes : business no, ideologia si. Ou plutot : ideologia si, libertad d'opinon no-no-no-no.

Écrit par : Youri Gagarine | 26 mai 2012

Oauh, ouah, ouah, Kasilar! Nous aimons les chiens, donc pas de prob'côté insulte... Quant au peuple, je crois que nous ne risquons rien, sauf des Lumpenprolétaires, et des collaborateurs du système, autrement dit de la classe moyenne.
Et de ceux qui brâmeent par-ci par-là que "l'islam et une religion de paix", à votre instar. nous ne doutons pas un instant que votre genre de personne soit prêt à nous arracher les tripes, au couteau? alors il est temps de les graisser et de les aiguiser.
Avec les dents? Brossez-les soigneusement chaque soir, et surveillez vos gencives
Avec tout l'amour dont nous sommes capables, nous vous saluons ò chef militaire et futur tenancier de la boucherie Hache-elle!
Le Tof
PS: vous ne fûtes pas le "David" du M.U.R, blog conjoint avec la commentatrice "Sarah", qui sauf erreur pourraait être la fille de l'avocat de HL? Nous posons la question car vous avez des points communs avec ce blog disparu, ce goût du "saignage" crade.

Écrit par : Trio-octet fernal | 27 mai 2012

Hl, lorsque vous écrivez "Le bouillonnement intellectuel, créatif et libertaire d'il y a 30-40 ans semble loin aujourd'hui." vous arrangez un peu l'Histoire...
"bouillonnement intellectuel, créatif et libertaire", il y avait, mais du côté de la diffusion officielle, dans tous les sens du terme, heu... On étouffait pas mal, et pour respirer, les gens créaient ce que l'on appelait l"Underground", des librairies spécialisées, des éditeurs marginaux, dea auto-éditions, diffusée à la bricole,etc.
Effectivement, avec durcissement égal que celui de l'idéologie -là capitaliste- qui créait la situation.,
Aujourd'hui, les camps se redessinent, et il y a un net durcissement, mais pas seulement du côté de vos adversaires.
Voilà, c'est tout, bon week-end de Pentecôte.
Trio-Octet Infernal section sans-espoir de retour

Écrit par : Trio-octet Infernal | 27 mai 2012

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