21 mai 2012

Quand une une foire aux livres devient un lieu de débat

Passé un jour à présenter mon livre avec d’autres auteurs. Météo très humide, public clairsemé. Peu importe. Echanges intéressants. C’est aussi important de communiquer que de vendre.


BDNicolas1.jpgA côté de moi un auteur d’une superbe bande dessinée: Le peuple de l’eau verte, aux éditions du Sablier. Bernard Nicolas a travaillé avec comme scénariste l’ancien directeur du Musée de la Préhistoire des Gorges du Verdon, Jean Gagnepain, décédé l’an dernier. La BD est très fidèle aux connaissances actuelles sur la préhistoire et un comité scientifique a supervisé l’ouvrage au fur et à mesure de son écriture.

Bernard Nicolas nous plonge dans un univers aux teintes émeraudes, à la découverte d’une possible rencontre entre Sapiens et Neandertal. Son dessin est précis, très recherché, et laisse une place au rêve et à une vraie histoire. Si cette BD pourrait servir de support pédagogique à une classe, elle est d’abord une histoire à découvrir, où les enfants dès 6 ans comme les adultes trouvent leur intérêt.


Les visiteurs commencent à arriver. Leurs questions portent sur la genèse d’un livre, sur le point de départ du roman Le Diable en été, puis elles se font plus précises et concernent évidemment Féminista: ras-le-bol !

Le sujet fait discuter. Dans l’ensemble les femmes présentes ne se reconnaissent pas dans le féminisme extrémiste. Mais elles ne réalisent pas son influence auprès des médias, des politiciens et de la justice. Découvrir que les hommes sont objet d’un stéréotype très agressif est surprenant pour plusieurs, sauf quand l’une d’entre elles déclare tout de go que les femmes ont été victimes d’esclavagisme.

Décidément, une certaine propagande a la peau dure.

Je lui demande alors de montrer ces hommes supposés esclavagistes, fils et petits-fils d’esclavagistes autour de nous: à quoi les reconnaît-on? Comment se comportent-il?  Je lui demande aussi de montrer ces femmes supposées stigmatisées par l'esclavage. Puis je demande aux autres femmes si leurs compagnons, pères, frères, aïeux, avaient des comportement d’esclavagistes. Elles rient et disent non.

La première plonge dans l’actualité et cite alors le cas de Valérie Trierweiler, obligée de travailler pour élever ses enfants. Valérie Trieweiler, petite-fille de banquier, est toujours étrangement silencieuse sur le père de ses enfants. A ma connaissance elle n’a jamais cité cet universitaire de haut rang, Denis Trierweiler, professeur, auteur, traducteur, qui probablement gagne très bien sa vie. Ne verse-t-il donc aucune pension? Et ne verrait-il jamais ses enfants?

Je lui fais remarquer que l’on est peut-être encore devant un père évacué dont l’absence apparente justifierait une forme de victimisation.

La discussion s’engage alors sur les pères, sur l’absence des hommes, sur le besoin exprimé de manière quasi générale d’une virilité masculine: de l’initiative, du répondant, pas trop de part féminine, une capacité à s’opposer (même à elles).

Et à part la propagandiste qui reste sur son esclavagisme, les femmes comprennent le pourquoi de mon propos. Il n’y a plus d’enjeu à défendre, mais une écoute mutuelle et un dialogue s’installent.


Prendre le temps du dialogue est décidément un bon plan.

 

 

 


Féminista:

FéministaPanneau.jpg

Commentaires

Bonjour Hommelibre
Si dans une foule on ne reconnait pas les hommes esclavagistes, on ne reconnait pas non plus ceux qui sont spoliés de leurs droits. Sauf à leur coudre une étoile argent sur le coeur. On ne reconnait pas non plus dans une foule les mauvais esprits, les menteurs et les radoteurs.
Dommage que vous vouliez faire passer les femmes pour des féministes et les hommes pour des dorénavant éternels incompris.
Vous devriez réclamer la parité dans cette histoire mais dans quel sens, c'est à vous de décider.

Écrit par : Marie | 21 mai 2012

"Et à part la propagandiste qui reste sur son esclavagisme, les femmes comprennent le pourquoi de mon propos. Il n’y a plus d’enjeu à défendre, mais une écoute mutuelle et un dialogue s’installent."

Bah il fallait bien qu'une propagandiste soit là pour "animer" et faire démarrer le débat. Mais mettez-y deux personnages agressifs et insultant comme ceux qui interviennent régulièrement ici et je ne crois pas qu'il y aurait eu ni écoute ni dialogue ... Elles se seraient barrées et vous vous seriez retrouvé à, uniquement, présenter votre livre ... ;o)

Cordialement

Écrit par : Loredana | 21 mai 2012

Loredana,

Vous faites bien de le dire. Cela fait partie du débat. Je lisse parfois certaines interventions, je demande moins d'agressivité, mais c'est long à venir...

Pour la "propagandiste", je ne sais pas si elle a vraiment été indispensable au débat. Elle est d'ailleurs partie avant la fin. Je comprends que le terme de propagandiste soit quelque peu provocateur... mais pas dénué de pertinence. Parfois je dis tout haut ce que d'autres font tout bas...

:-)))

Amicalement.

Écrit par : hommelibre | 22 mai 2012

@hommelibre:
La couverture de cette bd m'a rappelé des lectures boulimiques : Le saga des "Enfants de la Terre" de Jean Auel, avec son héroïne Ayla, en 6 tomes. C'est l'histoire d'une femme Homo Sapiens qui est élevée par des Néandertaliens et qui me au monde un enfant "hybride". Cette histoire est très romancée, mais Jean Auel s'est documentée de telle sorte qu'elle a obtenu le soutien des scientifiques français les plus éminents.
Depuis ces lectures, j'ai un autre regard sur la Pré-Histoire.

Écrit par : Calendula | 22 mai 2012

Calendula,

Merci pour cette info. J'en ai entendu parler mais je n'ai pas lu. J'ai rapidement regardé sur le net et la démarche est en effet assez proche des connaissances actuelles, avec semble-t-il quand-même certaines spéculations.

Il a fait porter un regard différent sur cette époque, plus "humain", moins sauvage.

Écrit par : hommelibre | 22 mai 2012

Ce domaine est toujours un peu spéculatif et les hypothèses fluctuent.
Jean Auel a commencé sa série à la fin des années 1980.
Pendant quelque temps, les scientifiques ont exclu tout croisement entre Sapiens et Neandertal et cela a discrédité le côté scientifique de la fiction de J.Auel.
Récemment, l'hybridation a été confirmée par des études poussées sur notre génome.

Le premier tome est mon préféré, à mon avis il est le mieux écrit. Je connais d'autres lecteurs qui adorent le tome II. Ensuite, ça devient un peu répétitif et cette Ayla m'énerve, parce qu'elle est trop parfaite ! Non seulement est-elle grande, mince et blonde, mais en plus, elle invente tout un tas de choses. Mais j'ai malgré tout lu les 5 tomes. On croyait que c'était fini, mais le 6ème tome est paru récemment en français.
Jean Auel est américaine, mais elle est venue pour de longues périodes en Dordogne et elle a su se plonger dans l'univers préhistorique de façons exceptionnelle et elle fait réellement oeuvre de bonne vulgarisation.

Écrit par : Calendula | 22 mai 2012

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