09 mai 2012

Les promesses de Hollande pour les femmes

Le magazine Elle en ligne rappelait hier les promesses du candidat François Hollande en faveur des femmes. A plusieurs reprises pendant sa campagne, il a pris l’engagement de mesures en leur faveur.


Les voici en résumé.


egalite-1.jpeg1. Création d’un ministère des droits des femmes.

Eu égard au fait que pendant longtemps les lieux de pouvoir des hommes et des femmes étaient différents, les femmes étaient peu présentes dans la sphère politique. De plus leur arrivée dans le monde de l’industrie leur a fait quitter l’artisanat et la ferme et changer de rôle. Enfin le code Napoléon les avait en théorie subordonnées à leurs maris. Le focus mis sur la condition féminine a du sens.

Toutefois les droits des femmes ne sont pas différents des droits des hommes. Des disparités existent dans les deux sens, et les droits tant des hommes que des femmes sont des droits humains. Créer un ministère des droits des femmes contribue à alimenter un différentialisme. Il part du principe que les hommes auraient tous les droits et pas les femmes, et néglige donc les discriminations dont les hommes peuvent être l’objet. Il amplifie implicitement le stéréotype de l’homme tout-puissant et de la femme reléguée.

Faudrait-il par exemple créer un ministère des droits des pères? Il y aurait du boulot. Mais cela n’a pas de sens. Les questions paternelles doivent être traitées dans le cadre des lois valables pour tous les citoyens.  En démocratie toute identité de genre, d’origine, de corporation, doit être traitée également aux autres. Un gouvernement central doit s’en tenir à cette stricte égalité et veiller à ce que chacun et chacune dispose des mêmes droits et mêmes chances. Il n’y a donc pas lieu de créer un ministère des droits des femmes.


2. La parité

Le candidat Hollande a annoncé qu’il veut imposer la parité. Il a proposé que les partis qui ne la pratiqueraient pas ne toucheraient plus un centime de l’Etat, et ceux qui ne parviendraient pas à placer 50% d’élues pourraient être pénalisés.

Etonnant quand on sait qu’aux dernières élections régionales, les femmes n’étaient têtes de liste (donc éligibles au poste de présidente de région) au PS qu’à hauteur de 12,5%, contre 20,8% à l’UMP (image 2, cliquer pour agrandir). Il semble donc que le soutien aux candidatures féminines est plus fort à droite qu’à gauche. Pourtant pendant la campagne électorale une lettre ouverte signée par de nombreuses féministes proclamait que l’évolution de la condition féminine passait par la gauche. Etait-ce une mauvaise lecture de la réalité ou un parti-pris idéologique?

La parité est à mon sens une atteinte directe au principe de liberté, sans compter ce qu’elle contient d’électoraliste et de démagogique. EParité.jpglle empêche le mouvement naturel des sociétés. Il pourrait un jour y avoir plus d’élues que d’élus. Pourquoi pas? Si c’était le cas je ne verrais pas de raison à contester cela - sauf si les lois votées étaient ouvertement anti-hommes. Et puis, faudrait-il également élaborer des listes en proportion des classes d’âge ou des professions? Non: le principe de la démocratie est que l’élu oeuvre au bien commun, sans discrimination (en principe).

D’autre part la parité force la main. Les femmes sont à mon avis déconsidérées par cette mesure, qui les met en dépendance d’une loi et non de leur propre capacité à faire leur place. Les femmes sont très présentes dans différents partis. Elles peuvent participer à l’élaboration des listes électorales et proposer leur candidature. C’est à elles en interne de se faire entendre. C’est déjà le cas pour les hommes: ils doivent aussi apprendre à se faire entendre. La politique n’est pas une émission des bisounours et il vaut mieux être aguerri.

Enfin cette idée de pénaliser les partis qui n’auront pas réussi à placer 50% d’élues est une atteinte directe à la liberté de vote des citoyens. Un parti représente une tendance ou une sensibilité et les citoyens choisissent librement la sensibilité qui leur correspond.

La parité est une mesure anti-démocratique, un diktat idéologique.

Une loi sur la parité existe déjà depuis l’an 2000 en France. En réalité il faut commencer à théoriser son abrogation. Il ne s’agit évidemment pas d’empêcher des femmes d’être élues. Il s’agit d’une part d’un principe fondamental de liberté et d’autre part d’un respect pour les femmes. Car si on considère qu’elles ont besoin d’une loi pour être en politique cela signifie que l’on ne les pense pas capables d’y être par elles-mêmes.

De plus les compétences doivent primer - et les femmes compétentes sont très nombreuses. Mais la compétence en politique ne suffit pas. Il faut savoir se battre pour une idée, convaincre, et cela ne s’apprend pas par une loi qui vous fait élire automatiquement.

Je repense ici à Simone Veil dont on sait comment elle s’est battue pour une idée. Un modèle de courage et de conviction. Les modèles ne sont pas les gens élus automatiquement. Ce sont les gens de conviction et d’énergie, comme l’ont aussi été Robert Badinter et Pierre Bérégovoy.

Ce n’est pas le système ou la loi qui donne vie au système démocratique, ce sont les individus qui donnent vie au système.


A suivre.

15:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : france, élection, francois hollande, égalité, féminisme, parité, femmes, hommes | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Bonjour John, eh bien les 6 mois d'abstinence, que vous promettiez en attendant que Hollande fasse ses preuves, en prennent un sacré coup dans l'aile de coq:) Deux articles qui font bling-bling et blague-blague sur la sauce hollandaise et ses débuts. Vous avez pris une sacrée avance sur votre timing. Bien à vous.

Écrit par : pachakmac | 09 mai 2012

Bonjour Pachakmac,

Raaahhh... J'ai une explication!!! :-)
Quand je disais vouloir m'abstenir de critiques trop frontales, je pensais aux mises en causes plus personnelles comme je l'avais fait dans le billet en question. A ce moment c'étaient les personnalités qui étaient visées, puisque Hollande lui-même valorisait sa personnalité ou son comportement face à Sarkozy (Moi Président, je... serai tout ce que vous n'êtes pas).

Mais ici ce n'est plus la personne. Je ne veux pas m'empêcher de critiquer une action ou un projet législatif.

Je pense que ce n'était pas assez clair. Je le précise donc ici.

Merci de me l'avoir fait remarquer.

Écrit par : hommelibre | 09 mai 2012

Moralité dans tout ça .... que la gôche n'ait pas les sièges des législatives qui lui donnerait l'immunité de faire passer toutes les lois les plus farfelues les unes que les autres.

Écrit par : kasilar | 09 mai 2012

Hommelibre,
Vous vous faites trop de mal en vous souciant autant de ce qui se passe en France.
Si François Hollande a promis monts et merveilles aux Françaises cela ne le sera jamais au détriment des Suissesses et encore moins des Suisses et des Belges. Donc laissez à la France et à son Président le soin de veiller au bien-être de ses administré e s.
Parlez donc des Suisses et des Belges et de leurs soucis avec les femmes. On en parle que trop peu, surtout dans votre tribune suisse.
Parlez nous donc pour une fois du féminisme à la Suisse ou à la Belge;

Écrit par : Macadam | 09 mai 2012

@macadam :

parce que la France pourrait servir de "modèle" à d'autres pays en l'occurence la Suisse, à l'instar de pays comme la Suède

Écrit par : kasilar | 10 mai 2012

oh!!!!!!!! je ne voit même de quoi je peut commenter mais

Écrit par : mbueni | 27 septembre 2012

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