On ne tue pas l’honneur

Très bel article dans Le Matin dimanche de ce jour. Ecrit par Anne-Sylvie Sprenger il résume avec émotion et intensité un livre de Pierre-Louis Basse: «Gagner à en mourir». C’est l’histoire vraie de l’équipe du FC Start sous l’occupation nazie en août 1942, et de l’héroïsme des joueurs de foot locaux contre la sélection du IIIe Reich.

kiev-bataille.jpgEn 1942 l’Ukraine est occupée. Hitler en a fait l’un des bras de tenailles pour encercler la l’URSS et attaquer Moscou. Il tente aussi par cette occupation d’affamer la capitale russe et ses armées. L’autre bras fort passe par le nord et Stalingrad. Une année plus tôt avait eu lieu la bataille de Moscou, qui avait limité l’avance allemande sur l’axe direct mais avait épuisé l’armée russe et détruit quasiment tout son matériel de guerre. Celui-ci sera en partie remplacé par du matériel anglo-américain.

De juillet 1942 à février 1943 la bataille de Stalingrad fut une des plus terribles de la guerre. Affamés, écrasés, les habitants et les combattants résistent pourtant à l’envahisseur nazi, parfois mètre par mètre dans une ville sacrifiée. Leur courage leur apportera la victoire sur les troupes occupantes. Cette bataille fut un tournant dans la seconde guerre mondiale et marqua le début de la fin de l’empire.

L’Ukraine ancienne fut le plus grand Etat d’Europe au XIe siècle. La culture, l’éducation et le droit y étaient développés. Cette région passa ensuite sous de nombreuses occupations étrangères. Au XXe siècle, colonisée par les rouges, sa richesse finança en bonne partie l’économie étatique de l’URSS de Staline.

En 1941 Hitler décida d’envahir l’Ukraine dans le cadre de l’opération Barbarossa qui devait anéantir la Russie. La bataille de Kiev a vu la défaite de l’armée rouge (près d’un million de mort). Les ukrainiens et en particulier les habitants de cette ville, humiliés par les armées nazies, subissaient une nouvelle occupation. L’épuration des juifs en particulier qui s’en suivit fut terrible. Après avoir déjà été persécutés par les russes, ils l’étaient par les nazis.
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C’est dans ce contexte que, le 9 août 1942, un match de football opposa donc d’anciens joueurs de l’équipe du Dynamo, des joueurs affamés, sortis d’un camp de prisonniers, à l’élite des joueurs allemands de l’époque. L’enjeu symbolique était très fort. Tout le pays s’était mobilisé derrière son équipe. Leur honneur, leur envie de vivre, étaient en jeu.

L’équipe du FC Start avait déjà gagné la première rencontre. Les allemands devaient gagner celle-ci pour prouver leur hypothétique supériorité morale et raciale face à ces sous-hommes, ces Untermenschen selon le terme nazi de l’époque.

A la mi-temps les ukrainiens mènent 2 à 1. Pendant la pause des soldats nazi vont dans le vestiaire des ukrainiens et menacent de les tuer s’ils ne laissent pas gagner l’équipe du Reich. C’est donc en toute connaissance de cause qu’ils entament la deuxième partie de ce match terrible. Lucides, déterminés, porteurs de l’espoir et de l’honneur d’un peuple, ils s’amusent des allemands, tournent en dérision leur soi-disante supériorité morale par un jeu gagnant, et remportent le match 5 à 3.

La foule présente exulte. Ce sera une onde de choc porteuse d’espoir qui galvanisera le moral des ukrainiens pendant longtemps. L’honneur était retrouvé. On pouvait battre symboliquement la bête nazie.

Quelques jours plus tard les joueurs furent arrêtés et transférés dans un camp de la mort. On sait seulement que trois d’entre eux reçurent une balle dans la nuque. On sait aussi que l’un des trois refusa de mettre le genou à terre au moment de son exécution par les soldats nazis. Des autres, plus aucune nouvelle.

Ces hommes avaient, en conscience, donné leur vie pour l’honneur d’un peuple. Comme l’écrit si bien la journaliste à la fin de son article: «On peut tuer des hommes, pas leur honneur».


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Catégories : Divers 9 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • et pourtant c'est bien ce que fonts nos journalistes actuels par rapport aux soldats français qui onts combattus en algérie et en indochine ils piétinent leur honneur.

  • oui c'est bien ce qu'on fait nos journalistes, issus du terrorisme intellectuel de gauche ils onts tuezr l'honneur de nos guerriers.

  • http://www.cncombattants.org/artic/50/Honneur_soldat_indo.pdf

    "Pour ne pas être en reste avec leurs collègues français du temps de notre guerre d’Indochine, des journalistes « américains » du New York Times, toujours prêts à calomnier leur pays, publient les dossiers secrets du Pentagone, des dossiers qui ont d’ailleurs été volés. Personne ne sera condamné ! "

    c'est bien toujours la même merde ces journalistes, une bande de fumiers pas autre chose, ils onts réussis eux à tuer la notion d'honneur dans les pays occidentaux, pays humanistes maternants qui méprisent leurs soldats, hônte à ces fumiers de journalistes, et leur copains gauchistes communistes genre Sartre jean paul, nos pays occidentaux sonts descendus bien bas.

  • je pense que c'est difficile de parler de l'honneur par rapport aux soldats en suisse, puisqu'il n'y a pas de soldats en suisse que des militaires.

  • "Des autres, plus aucune nouvelle."

    Vous devriez vérifier vos sources.

    http://en.wikipedia.org/wiki/The_Death_Match


    "et pourtant c'est bien ce que fonts nos journalistes actuels par rapport aux soldats français qui onts combattus en algérie et en indochine ils piétinent leur honneur."

    Comme si des assassins et des tortionnaires avaient un quelconque "honneur". Ils n'avaient rien à faire là-bas.

  • Johann exagère. Et Leclercq dit des idioties. Les soldats français en Algérie et en Indochine n'étaient pas tous des assassins et des tortionnaires. Certains ont même dénoncé ces scandales et le FLN, comme le Vietminh ne respectaient pas non plus vraiment les conventions de Genève. Cependant les bidasses français étaient une troupe d'occupation et là, clairement, l'honneur n'était pas de leur côté.
    HL, il me semble que vous faites erreur lorsque vous parlez du bras passant par le Nord et Stalingrad... Vous devez confondre avec Léningrad, qui subit un siège lui-aussi héroïque, mais qui fut contournée par la Wermacht.
    La bataille de Stalingrad fut effectivement décisive, mais elle concernait le bras sud de la tenaille.

  • Lorsque l'on salit l'honneur des soldats, de la résistance comme l'a fait PDC dans son blog on est moins qu'une m...e.

    Les soldat exécutent des ordres.

    Combien de morts? Aucun dieu pour éviter le carnage,uniquement pour se libérer du fascisme que les politiciens de l'époque n'avaient pas venu venir...

    L'histoire se répète d'une autre manière.L'honneur aujourd'hui, est bafoué pour l'argent.

  • @ Mon légionnaire:

    Merci d'avoir corrigé. En effet, erreur: interversion des deux villes.

  • "Et Leclercq dit des idioties"

    quelles idioties !!!

    il y avaient deux types de troupes en algérie les unités d'intervention qui étaient les seules à être des anciens combattants j'usqu'a récemment et les autres, ces unités là n'occupaient pas et se sonts battues avec courage et honneur.

    johann dit des bêtises comme d'habitude c'est un troll, il salit l'honneur des anciens combattants français hônte à lui, c'est le même fumiers que les journalistes gauchistes, comme les porteurs de valises même merde.

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