Contre les grincheuses: pour la liberté en publicité

L’affaire de la publicité pour le Jura, qui n’en est pas vraiment une, à peine une averse dans un verre d’eau, sert visiblement des intérêts divergents. Des intérêts antinomiques dont on connaît les uns - faire connaître un produit - mais moins les autres: instaurer une police de la pensée autour de tout ce qui concerne les femmes.

pub-4-bebes-evian-pub_456.jpgEn clair: enfermer peu à peu les femmes dans une sorte d’aura d'intouchabilité, au même titre que les catholiques ont enfermé Marie dans une image inaccessible de vierge-mère fécondée par un esprit. C’est bien joué de la part des catholiques: ce qui aurait dû soulever un tollé pour des millénaires, soit la justification spirituelle de l’adultère féminin, est devenu objet de culte et d’admiration. En miroir, le père est évacué de la filiation biologique et ne garde qu’un rôle de parent pourvoyeur, interchangeable, rôle diminué dont personne ne s’étonne vraiment et qui continue aujourd’hui à fragiliser la fonction paternelle.

Cette mythologie autour de Marie a diverses fonctions, comme celle de la valorisation de la mère dans la famille et dans la société. En terme de communication c’est une image vendeuse. Aujourd’hui la présence de femmes dans des publicités irrite les milieux féministes grincheux. Les copines de la Féminista veulent bien qu’il y en ait mais seulement si leur image a un lien direct avec le produit. Notion floue et contradictoire avec le fonctionnement de l’esprit humain et la liberté de créer.

L’amusant est que la publicité pour la lingerie féminine est acceptée, alors même qu’elle est souvent érotisée, mais celle pour les voitures est rejetée au nom de l’orthodoxie idéologique du refus de la femme-objet. Le communiqué de presse des Chiennes de garde suite au spot promotionnel sur le Jura le rappelle:

«Le Comité départemental du tourisme du Jura utilise une femme-objet pour faire sa pub !» et plus loin: «Mais quel rapport avec le Jura ? Quel rapport avec le tourisme ? Et les familles ou les femmes et les hommes touchés par ces spots publicitaires ? Il utilise les méthodes publicitaires courantes des sites de rencontres (voix de femmes chuchotantes, "rejoins-moi sur [le site du Jura]"…).»
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Cette association a pour slogan: «Contre les insultes sexistes publique». Soit. Encore faut-il qu’il y ait insulte et que cette insulte soit intentionnellement orientée de manière à stigmatiser, dénigrer, sous-estimer le sexe concerné. Insulte sexiste dans ce spot? Où donc? Et la femme-objet: pourquoi seulement elle? Le sexisme, quand il existe, serait-il à sens unique? Pourquoi ne pas s’élever contre les hommes-objets? Et les enfants-objets? Les animaux-objets? En fait contre tout ce qui n’a pas un rapport direct avec le produit?

La créativité, celle que demande aux publicitaires l’adjudante-cheffe d’Oser le Féminisme, Caroline de Haas, est très développée contrairement à ce que ses lunettes idéologiques lui imposent de voir. Faisons fi du féminisme grincheux. La pub met les produits en valeur parfois pour eux-mêmes, ce qui passe très bien dans certains cas. Mais elle utilise aussi l’allégorie, l’analogie, l’évocation, pour mettre en valeur les qualités d’un produit, ou pour faire rêver, pour associer le produit à quelque chose de particulier ou d’agréable en nous ou susceptible de captiver notre attention.

Le langage de l’image permet des collisions de genres et d’objets de nature à stimuler notre imagination et à accroître notre désir de l’objet. Ce n’est pas nouveau. De tous temps hommes et femmes, auteurs, peintres, ont su développer des stratégies pour faire passer un message. Et puis que de femmes-objets dans ces statues nues de l’antiquité soumises à tous les regards et aux intempéries! Ah, mais c’est de l’art! Donc la nudité et la sexualisation est admise dans certains cadres. Mais pas dans la pub, qui pourtant est fille d’un grand courant artistique du 20e siècle: le surréalisme.

Prenons l’exemple de l’image d’une cascade ou d’un vaste paysage de plage, de mer et de ciel bleu pour illustrer une voiture: il n’y a pas de lien direct entre la voiture et le paysage. Une cascade évoquera la pureté, donc une voiture plus propre. Ici la plage et la mer évoquent les grands espaces et l’évasion: c’est une rouleuse. Mais rien à voir directement avec le produit sinon par ce qu’il suggère. Et les bébés de la pub Evian, qui nous ont tant amusés: ce sont des bébés-objets. Quand à la pub Toyota, si la diminution des gaz d’échappements est bonne pour la nature, on ne voit pas ce que vient faire ce tronc en forme de bras humain. Aucun lien: on a donc un bras-objet.

Pub-Toyota.jpgL’association d’un homme avec une voiture ne choque pas. La pub avec l’homme qui frime au volant à un feu rouge à côté d’un autre homme plus âgé, et qui réalise après coup que c’est son futur beau-père, introduit l’amour et l’humour pour vendre une voiture: où est le problème? Cela plaît ou non, rien de plus à dire. La pub Giulietta de 2011, que je repasse en-dessous, associe la voiture à la vie et à la femme. Et pourquoi pas si la femme peut représenter cela? Les femmes prennent en général beaucoup de force dans les pubs! La force du désir, de l’adaptation, de la liberté.

Femme-objet, homme-objet, c’est un débat très pipé. La «correctitude» guette. La police de la pensée s’est incarnée dans la Féminista. En réalité, que les pubs soient teintées d’humour, de tendresse, d’un soupçon d’érotisme, on est en général très loin de l’insulte sexiste. Faut-il considérer les frontons des temples hindous comme des modèles de sexisme avec leurs bas-reliefs de femmes nues copulant dans toutes les positions avec un ou plusieurs hommes? Un minimum de transgression par rapport à la correctitude est nécessaire à la liberté et à la créativité. Que certaines images ou pubs fassent débat c’est très bien. Mais que le lobby des grincheuses veuille faire interdire un spot et rajouter des lois restrictives, non merci. Je ne leur accorde aucune autorité morale ou politique pour pouvoir prétendre à cela.

La police de la pensée voudrait décider à notre place de ce qui est bien ou mal en publicité. Nous ne serions pas assez grands pour le savoir par nous-mêmes. Nous sommes trop bêtes aux yeux de la Féminista, et les femmes qui touchent un salaire pour les pubs seraient forcément des exploiteuses qui participent à l’aliénation généralisée!

Quant à être objets, nous le sommes tous: objet d’amour, de projections, de désir. Un objet consentant devient un sujet. Un sujet grincheux devient un objet.

Sainte Vierge, délivre-nous de la police de la pensée et des grincheuses!

 

Mais que fait Hitchocock à vendre des voiture? De toutes les couleurs? Rien à voir avec le sujet pourtant:








La pub Giulietta:


Catégories : société 29 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Et où est la liberté des citoyens de ne pas devoir subir en permanence des messages commerciaux dans les lieux publiques ?

  • @hommelibre : Super choix de pubs !
    Elles sont vraiment en lien avec le produit, il y a un fil rouge.
    Je regarde toujours la cohérence.
    Cette Giulietta est magnifique, le slogan est bien trouvé (même si je ne rêve pas de bagnoles...). La voiture a un nom de femme, la femme personnifie la voiture. Pourquoi pas.
    On aimerait être aussi belle qu'elle et on pourrait penser y arriver grâce à l'Alfa ? Juste un clin d'oeil : Giulietta pourrait être Madame Toulemonde, mais elle ne ferait pas rêver, c'est clair.

    La pub avec Hitchcock est carrément géniale, du point de vue graphique, visuel. Elle se situe nettement au-dessus de Giulietta, en ce qui concerne l'inventivité et l'utilisation de l'image.

    Les pubs Evian, avec les bébés, les personnes âgées et ces incroyables animations ne sont pas à la portée de toutes les entreprises.

    Je continue à penser que la femme est la solution de facilité pour la pub. Il est clair que pour vendre un parfum, de la lingerie ou des habits, elle est un peu incontournable. Toutefois, une idée originale fera toujours un sacré effet.

  • @ Calendula:

    D'accord avec vous sur le côté "solution de facilité". Tant qu'à utiliser une personne qui n'est pas en lien direct avec le produit, autant que ce soit original. De ce point de vue la pub pour le Jura n'était en effet pas des plus créatives! Mais cela a marché. L'image ou la présence féminine est assez généralement porteuse.

    La pub avec Hitchock n'a aucun lien avec les voitures. Pourtant elle est captivante et la voiture finale reste en mémoire. La première pub était pour la même Citroen toute noire, et cela allait avec un slogan genre "Série noire". D'où Hitchock. A la deuxième il ont directement sauté à la couleur. Bien vu.

    Pour les pubs Evian il est clair que techniquement cela a dû être un très gros travail, en plus du concept. Et le rendu est très réaliste!

  • @ Djinius:

    Le lieu public est par nature quelque chose où nous devons nous adapter.

    Si par exemple on interdisait les affiches ou autres signes publicitaires de la ville, quid des marques dans les vitrines? Des T-Shirts avec des messages publicitaires, politiques ou autres? Des marques de voitures? Des véhicules d'entreprise avec un nom dessus? Des Nike, ou des Adidas avec leurs trois bandes? Des crocodiles Lacoste sur les vêtements? Allons plus loin: si nous n'aimons que le noir, faudrait-il interdire les voitures rouges dans l'espace public?

    Et pourquoi devrions-nous subir dans le tram ou les rues des musiciens dont nous n'aimons pas la musique, par exemple? Si les musulmans demandaient que toutes les femmes d'ici soient vêtues de longues jupes, ras du cou, manches longues, afin de ne pas devoir subir la liberté des gens qui, si elle n'est pas directement commerciale, est une intention culturelle forte?

    Je préfère sélectionner ce que je veux voir plutôt qu'empêcher la pub. D'ailleurs la sélection est automatique. Si nous traversons la ville, quelles images restent dans nos yeux? Très peu.

  • Je parle simplement de pouvoir disposer du choix de ne pas y être soumis dans les lieux publiques. La publicité pouvant s'étaler sur suffisamment de media privé, c'est pour moi une une contrainte des plus normales, que je juge urgent d'imposer. Je pense aussi normal, qu'il faille limiter les messages publicitaire politiques sur la voie publique.

  • Calendula,

    Celle-ci n'est pas mal non plus:

    http://www.youtube.com/watch?v=cpi2IAec9Ho

  • Il me semble que tu confonds la pub avec l'art, la culture, le débat d'idées, etc. Liberté d'expression dans tous ces domaines, d'accord. Mais la pub n'est pas l'art : elle utilise l'art à des fins douteuses, pour enjoliver un produit qui peut-être n'a aucune qualité. Mais au lieu de donner des infos sur les caractéristiques de ce produit, effectivement, elle montre des choses séduisantes, femmes, paysages, etc.

    La pub est par essence une manipulation, à de strictes fins commerciales. Je ne suis donc pas pour cette liberté quasi-totale dont elle bénficie. Je suis pour l'obligation d'une pub purement informative et neutre autant que se peut. Rien à voir avec de la pudibonderie dans ma position, évidemment.

    Pour voir de belles choses, il y a déjà la peinture, le théâtre, le cinéma, etc.

  • Je sais pas trop quoi en penser.
    Je rejoins un peu Antisthène ; la pub n'est qu'un reflet du temps (un reflet qui rend très con d'ailleurs) .
    Si on ne lui met pas de barrière elle ne s'en mettra JAMAIS toute seule.

    Ces grincheuses je le place du même côté que cette pub et toutes les autres,ce sont mes ennemies.
    Et du moment que la pub nous prend pour des abrutis et nous rend abrutis , prétendre réguler les moyens qu'elle a pour le faire me paraît dérisoire et ce serait , je pense , comme passer à côté d'un autre problème .
    C'est comme la guerre et ceux qui veulent "l'humaniser" en prétendant réguler la taille des calibres et en faisant des conventions de principe .

    Je comprend ce qui vous énerves dans cette agitation imbécile de Ni Pute Ni Soumise mais je ne vais en aucun cas défendre la pub , même si on a le droit d'en faire .

    La pub n'est pas de l'expression,ni même vraiment de la "communication" comme le disent ceux qui la font,c'est un coup de matraque qu'on se prend toutes les 2 minutes avec le seul but de nous faire acheter et consommer.
    J'ai envie de les laisser s'entretuer en fait.

  • + 1000 à nemotyrannus il a exprimé tout le fond de ma pensée, laissons les hyènes et les chacals se bouffer entre eux : féminisme vs capitalisme.

  • avant on attendait les pubs comme le messi, ;)))
    http://www.youtube.com/watch?v=awjLH-nBXHs
    bizzzouxxx!!!

  • Pas d'accord sur la différence art-pub. Je pense qu'il y a une forme de créativité et d'inventivité dans la pub, et certains clips sont étonnants de beauté, d'inspiration, d'originalité. C'est orienté vers un produit, certes, c'est peut-être la différence d'avec l'art qui est un système ouvert où chacun prend ce qu'il veut et non ce que l'artiste impose.

    Quoique...

    Michelange peignant le plafond de la chapelle sixtine est payé par une entreprise (l'église) pour valoriser un produit (dieu). En plus la concurrence était mal vue! A certaines époques les artistes étaient subventionnés et devaient entrer dans un format.

    La pub neutre, purement informative? Pas d'accord. Pas envie. Ce que je trouve intéressant est l'histoire racontée autour. Je suis étonné qu'il y ait autant d'envie d'interdire cette forme de créativité. Je suis peut-être trop optimiste à y voir de la créativité, pas assez grincheux...

    De toutes façons nous sommes de grandes personnes, rien ne nous est imposé, nous pouvons apprécier une pub et refuser le produit.

    Kasilar: je préfère le capitalisme et décider moi-même de ce que je veux consommer plutôt qu'un dirigisme qui m'imposerait mes besoins et donc quelle production doit être privilégiée. Le capitalisme c'est entre autre la concurrence commerciale donc l'amélioration de la production. Il a aussi des faiblesses, il est peu social. Mais est-ce à l'économie d'être sociale?

  • Bien sûr qu'il y a de la créativité. Mais ce n'est pas la pub qui l'a inventée ! Elle est déjà dans toutes les formes d'art, que la pub ne fait que réutiliser. La créativité ne risque pas de disparaître avec la pub.

    Certes, on peut en apprécier telle ou telle forme, mais il n'en reste pas moins qu'elle est au centre d'un vaste système de conditionnement, de tromperie sur la marchandise, d'incitation à la consommation, de création de faux besoins, etc.Et d'idéologie : cf les pubs misandres.

    Toi-même quand tu dis "Pas envie" de "pub neutre" : ça veut dire que tu as besoin de pub, comme si c'était une dimension importante de la vie ???

    "nous sommes de grandes personnes, rien ne nous est imposé" ??? Si c'est le cas, je crois que je n'ai rien compris au fonctionnement des sociétés contemporaines !

  • La pub n'a pas inventé la créativité mais elle l'utilise. C'est un support parmi d'autres, et je ne vois toujours pas de raison de le supprimer ou de le contraindre à un message purement factuel. Elle m'informe de choses à côté desquelles je serais passé.

    Je m'en amuse souvent, j'étudie les images, les mots-clés, le message. Je trouve très intéressant de décrypter, ou simplement de prendre l'info.

    Non, rien ne m'est imposé: je veux dire par la pub. Je choisis ce que je veux acheter, et à quoi je donne mon attention ou du crédit. A moi de décortiquer l'information, de comprendre mon propre besoin de consommer (que la pub ne crée pas mais qu'elle utilise), à moi de connaître mes vrais besoin. La pub n'est pour rien dans tout cela. Une affiche ne m'oblige pas à acheter.

    Il y a des études qui montrent qu'elle peut avoir une influence subliminale. Sauf si l'on réfléchit avant d'acheter: quels sont mes besoins, quels sont mes critères de choix? En ce sens rien ne m'est imposé, je peux réfléchir et choisir.

  • SarahC:

    Merci pour le lien. Encore une histoire de femme et de voiture (enfin de charriot en l'occurrence). En tous cas, Levi's a révolutionné la séduction! Un homme, une femme, deux jeans...

    Bizzzouxxx!!!

  • La pub sert avant tout à vendre. On ne demande pas au consommateur de réfléchir, mais d'acheter. Ça, c'est la base.

    La pub ou plutôt leurs créateur, suivent le concepts des sciences de la psychologie, des typologies humaines.

    Il s'agit, non pas d'envoyer un message au conscient, qui lui peut réfléchir, mais à l'inconscient, siège de la mémoire et des réflexes entre autres.

    Lorsqu'une marque de dentifrice engage une campagne de pub, toutes les études montrent que le chiffre d'affaire augmente de 20 à 30% pourquoi?
    La pub permet de battre le rappel aux bons souvenirs...(mémoire)

    On attend de la pub des résultats. Celles et ceux qui "travaillent" à l'élaboration de celle-ci sont des créateurs, des rêveurs l'objectif est que les "consommateurs aient le réflexe d'acheter. Le réflexe est issus des images, des messages qui vont se loger dans l'inconscient ou la mémoire des information sont "archivées"

    La pub sert aussi à véhiculer une image, un message, donc de l'information. Notre cerveau reçoit des sons (vibrations) et des images (ondes) qu'il transforme en informations. La pub fourni au cerveau du "tout cuit" pas besoin de réfléchir. Vu et revu, (bourrage de crâne) cela devient un réflexe.

    Ensuite, de quoi sont faites les pubs, comment sensibiliser les gens, il existe un univers de possibilités dont le sport, le sexe, la misère, tous les supports sont bons, les scénarios sont du domaine de l'imagination et là.....

    Dès qu'une pub ne se renouvelle pas, elle produit l'effet inverse: la banalisation qui ne produit pas de réflexes. Ce n'est pas valable pour les produits de consommation situés en haut des marchés "pull position" comme par exemple les boissons anisées, certaines revues etc...

  • @Pierre Noël,Antisthene,nemotyrannus et kasilar,
    Je suis d'accord avec votre méfiance basique envers la pub. Elle nous envahit partout et j'ai l'impression, qu'en ce qui me concerne : trop de pub tue la pub.

    Dans mon immeuble, nous sommes 90% à avoir un autocollant "pas de pub" sur leur boîte aux lettres.
    Je n'écoute pas certaines radios, parce que les pubs me rendent dingue.
    Comme j'enregistre la plupart des émissions que je regarde à la télé, je peux accélérer sur les plages -pubs et réussis à m'en préserver un maximum.
    Lorsque je suis au cinéma, et qu'il faut s'appuyer les 10 minutes du début, je cherche ma télé-commande, en vain ...

    Et pourtant! Lorsque je tombe sur une bonne histoire, un petit film bien ficelé ou drôle, j'apprécie.
    A mon avis, il y a un aspect créatif certain : comment faire une histoire très courte avec des contraintes ?
    Certains publicitaires sont devenus cinéastes et certains cinéastes sont d'accord de créer des pubs.
    J'ai appris récemment que l'inénarrable " J'ai 8 s'condes pour vous dire que l'Ovomaltine, c'est de la dynamique "boum !" est de Thierry Ardisson.
    L'ovo me donne la nausée, mais cette pub est toujours un bijou .

  • Calendula j'ai essayé de lire votre commentaire en huit secondes!!

  • Calendula, la publicité radio est celle que j'apprécie le moins. Elle agresse souvent mon oreille et je zappe vite fait. Les radios locales ont pourtant besoin de pub pour vivre.

    Au cinéma c'est difficile de s'y soustraire. Soit j'y réagis très simplement en "j'aime" ou "j'aime pas", soit je regarde comment ils nous emmènent dans le sujet, le parcours de l'idée. Certaines n'ont pas grand chose pour elle à mon avis.

    La pub Ovomaltine: elle est en effet d'une totale surprise et redoutablement efficace en terme de capter l'attention. Je ne la trouve pourtant pas belle à voir mais elle fonctionne.

    Je ne savais pas qu'elle était de Ardisson. Il a trouvé quelque chose, là: faire aussi simple et efficace en si peu de temps!

  • @Pierre Noël : 8 secondes ? Vu que c'est à la fin du commentaire, j'en conclus que vous n'y êtes pas arrivé et maintenant, vous avez la coupe pétard ! Désolée, il ne fallait pas ! :-))

  • @hommelibre : La pub fait vivre, c'est un fait et c'est aussi un problème.
    On sait que les médias peuvent être restreints dans leur liberté à cause de cette dépendance envers la pub.
    Le spectateur, auditeur, lecteur et simple pasant doit donc être bien armé pour ne pas se laisser embobiner. Un adulte est mieux à même d'avoir un regard critique, en revanche les enfants et les ados sont des proies plus faciles. Il faut vraiment les former à résister...
    Autrefois, on ciblait, paraît-il, "la ménagère de moins de 50 ans". De nos jours, on a élargi la palette, et affiné le discours en fonction des publics visés.
    C'est une sorte de science, mais je crois bien que beaucoup de gens sont saturés et qu'il devient de plus en plus difficile de nous capter.

  • Par rapport aux enfants je conviens que la pub peut être un fléau... pour les parents. Et pour eux en activant très tôt le réflexe consumériste. Oui, il faut les former à résister, mais pas qu'à cela: l'influence des vedettes, de la mode, de l'évangile de l'enfant roi qu'ils apprennent vite, etc!

    Sur les pub ciblées selon les publics visés, je trouve cela logique. On étudie les besoins des publics pour faire une pub adéquate. En principe, toute communication, commerciale ou non, devrait s'adapter au public auquel elle s'adresse. On pourrait assimiler cela à une forme de manipulation. Mais alors, tout est manipulation, à commencer par l'éducation.

    Le fait que la pub passe vite lui donne à mon avis moins d'impact que ce que l'on imagine. La plupart des messages publicitaires ont une durée de vie très limitée et doivent fonctionner vite.

    Aviez-vous vu la pub de Cartier sortie en mars? Je la trouve de toute beauté:

    http://www.youtube.com/watch?v=WpDssef_Uac

    La pub Spécial T aussi:

    http://www.youtube.com/watch?v=jU7TEjetYZI


    Je trouve que dans les deux cas on transcende le produit, même s'il reste très présent.

  • Je suis d' accord avec calendula, la télévision, du moins son contenu est problématique dans l' épanouissement des plus jeunes. Particulierement chez les jeunes filles cibles de la société marchande. Je soupçonne la télé de jouer un rôle dans le décrochage scolaire . Si en plus on y ajoute jeux-vidéos, Facebook ...

  • @hommelibre : Les deux pubs sont oniriques et un peu baroques. Et bien sûr extrêmement belles.
    Les deux marques ont mis des moyens financiers incroyables dans ces spots.
    Si Nestlé peut espérer un retour sur investissement (initier d'importantes ventes de leur nouvelle machine à thé), pour Cartier, je me pose un peu la question. Certes, ça s'adresse aux nouveaux riches russes et chinois et peut-être que ces images somptueuses vont leur donner envie de justement acheter des bijoux Carier, plutôt que d'autres marques.
    Comme la grande majorité des téléspectateurs, je ne pourrai jamais acheter de pierres précieuses et je n'ai pas la place pour un appareil à thé, ces pubs transcendent effectivement toute dimension commerciale !
    Probablement qu'on ne pourrait pas voir de telles images ailleurs que dans des pubs de luxe. Il n'y n'aurait pas de prétexte d'en mettre dans des fictions (ou alors pour enfants, avec une dimension conte de fées).
    Le format publicitaire oblige à mettre le maximum en un minimum de temps, ce qui donne un aspect un peu boulimique à tout ça. A mes yeux, c'est d'une esthétique orientale et, pour finir, ça tombe très bien. La forme et le fond coïncident.

  • @kasilar : Les filles se font effectivement avoir par les images trafiquées avec photoshop. Elles sentent bien que la beauté est un objectif à prendre au sérieux.
    Les magazines nous ont toujours donné des modèles tellement idéalisés, mais désormais, c'est un peu de la science-fiction.
    Il faudrait pouvoir démystifier tout ça, pour que les plus vulnérables ne croient pas qu'elles ont besoin de chirurgie esthétique ou de régimes draconiens.
    Le décrochage scolaire pourrait effectivement être en partie induit par l'importance excessive accordée à l'aspect extérieur. Comme si les apparences étaient un atout plus fort que les compétences.
    Et face à cette croyance, l'Ecole n'est pas en position de force.

  • @calendula:

    Non il y a j'imagine, bien longtemps que l'éducation nationale n'assume plus son rôle de base.
    Au contraire, j'ai même l'impression qu'on s'enfonce.

  • homme libre je sais que ce n'est pas l'endroit mais je viens de tomber sur ceci dans un blog antiféministe

    http://madame.lefigaro.fr/societe/reseaux-feminins-bienvenue-club-210412-228724

    "Au sein des grandes entreprises, par secteurs d'activité ou par centres d'intérêt, les cercles réservés aux femmes explosent. Accroître ses compétences, doper sa carrière, mais aussi débattre et s'entraider... Que peut-on vraiment attendre de ces nouveaux lieux d'influence ? Comment les choisir et jusqu'où s'y impliquer ?"

    La question que je me pose est y a t il de l'entraide pour les hommes ? Pourquoi personne ne s'émeut face à une mesure que je qualifierais de discriminatoire ?

    Combien de temps va t on subir encore la feminista jusqu'à ce que ça dégénère ?

  • @kasilar : Je ne connais que l'Ecole genevoise . J'espère qu'elle n'a pas démissionné...
    Beaucoup de Genevois sont très critiques envers leur Ecole et il est bien possible que vous trouverez ici des gens pour dire que l'Ecole n'assume pas son "rôle de base".
    En même temps, la société lui donne tant de missions qu'elle est forcément en échec sur bien des plans.
    Le décrochage tient à tant de facteurs. Il me semble que justement l'attractivité des nouvelles technologies pèse passablement.

  • Merci pour le lien Kasilar. Je l'ai reçu de 2 côtés. Cela va peut-être m'inspirer un billet.

  • La liberté d'accord, mais qu'en publicité! Consomme! CONSOMME! Qu'on somme!

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