La follasse a gagné

Du moins devant un Tribunal. La faute est reconnue, sanctionnée, une responsabilité est établie. Mais quel déficit en amont pour en arriver là. Et selon le Syndicat National des Lycées et Collèges, trois dénonciations viennent d’être faites pour des faits similaires. L’une d’elle sera également jugée par un tribunal.

VoixDuNord.pngDonc l’enseignante, la follasse, a gagné en justice. Mais pas devant sa hiérarchie. L’affaire jugée en mars dernier par  un tribunal de Lens, dans le nord de la France, commence en juin 2010. Cela se passe dans un lycée réputé difficile. Selon La Voix du Nord:

«Laura n'est pas une représentante de l'ancienne école prompte à dégainer la règle pour taper sur les doigts de ses élèves. Celle qui préférerait « instruire » mais se trouve contrainte à « éduquer » a moins de dix ans d'exercice, et a déjà connu nombre de mésaventures avec ses élèves. Et avec leurs parents.»

On n’en saura pas plus sur elle. Ce que l’on sait et que dit la presse ne semble pas contesté. Juin 2010, un élève lance un appel sur Facebook à foutre le bordel dans la classe de l’enseignante: jets de craie, jets de gommes, fausses bastons au programme. Les élève marchent. Tous? On ne le sait pas. L’article ne mentionne pas de désaccord entre lycéens.

Tout le collège est au courant car le profil Facebook du garçon est semi-public. La prof donc aussi. Elle avertit sa hiérarchie. Qui dit ne rien pouvoir faire en l’absence de flagrant délit. La prof maintient son cours et se retrouve seule en classe. «La pire heure de cours de ma vie» dira-t-elle. La direction du lycée n’envoie aucun observateur dans la classe. Elle n’intervient pas pendant le chahut pour constater le flagrant délit. L'enseignante sera seule pour expliquer ce qui s'est passé. Pourquoi? Rien ne le mentionne.

Sur Facebook l’enseignante constate que la mère du lycéen l’encourage: "Vas-y, mon fils, t’as bien raison, fais-la souffrir, cette follasse (...). Faut pas la pousser au suicide, juste peut-être à l'asile. Lol."

Après son cours l’enseignante fait un rapport à sa hiérarchie. Elle a enregistré le cours. Selon elle, sa direction, au lieu de la soutenir, affirme que c’est illégal. Faux, dit l’enseignante. Nous n’en savons pas plus sur ce point et le tribunal ne lui a pas donné tort. Toujours est-il que sans cet enregistrement elle n’aurait pas pu démontrer ce qui s’est passé.

«Laura produit un récit des faits et obtient, non sans mal, que quatre élèves passent en conseil de discipline. Des exclusions temporaires sont prononcées, mais elle a tout de même l'impression d'être « sur le banc des accusés ».

Elle se sent lâchée. Elle décide alors de déposer une plainte devant les tribunaux. Conclusion de la procédure: la mère de l’élève a été condamnée le 13 mars à 2000 euros de dommages et intérêts.

On peut regretter qu’une telle affaire se termine devant la justice. La judiciarisation de la vie est déjà très poussée et les gens ne savent plus régler leurs différents entre eux. Mais s’il n’y a plus personne pour poser de limites, pour faire respecter les règles, et encore moins pour éduquer, le tribunal reste le dernier recours. Toutefois qui va solder les comptes? La mère et l’élève, voire toute la classe, ont-ils présenté leurs excuses à l'enseignante? La hiérarchie a-t-elle reconnu ses manquements? A part l’argent, y a-t-il dans cette affaire une réparation morale? Rien ne le dit.

L’enseignante a gagné et internet n’est pas tout-à-fait une zone de non-droit. Mais quel déficit d’éducation et de responsabilité en amont de cette victoire.

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Commentaires

  • Prendre ses responsabilités devient de plus en plus rare. Il faut pourtant reconnaître que cela devient de plus en plus difficile, tant les moyens d'intimidations se multiplient et se renforcent.

  • Mère-Grand, c'est une évolution très dans l'air du temps. Les droits priment sur les devoirs,

    Dans le cadre scolaire les intimidations sont désastreuses. J'ai cherché plusieurs articles sur cette affaire pour tenter de comprendre la position de la hiérarchie scolaire face à cette prof, ou pour voir ce que signifie la phrase de l'article: "...et a déjà connu nombre de mésaventures avec ses élèves. Et avec leurs parents."

    Je n'ai rien trouvé. Il semble que le conflit soit conséquent. Il serait intéressant de savoir où est le noeud du problème. La sanction est nécessaire car l'attitude parentale est inacceptable. On n'encourage pas son enfant à foutre le bordel chez un prof, en plus au vu de tous, et en plus dans sa position de déléguée des parents.

    J'espère que l'Education nationale va au moins envoyer un médiateur dans ce lycée ou faire une enquête incluant la direction.

  • "Vas-y, mon fils, t’as bien raison, fais-la souffrir, cette follasse (...). Faut pas la pousser au suicide, juste peut-être à l'asile. Lol."

    Génération de parents "potes à tout prix" avec leurs enfants. ça serait tellement dur de leur déplaire..des fois que leurs enfants ne les aimeraient plus.
    L'égoisme et l'égocentrisme dans son état pur.
    Nos enfants nous sont prétés pour 20 ans.
    Malgré qu'on me le reproche, je répète aussi souvent souvent que nécessaire à mes fils que je suis leur mère et pas une courtisane et que de ce fait, je suis prète à leur déplaire autant de fois qu'il est nécessaire pour parfaire leur éducation, mon but ultime n'étant pas d'être aimée d'eux mais qu'ils soient aimés des autres.

  • Yes Patricia: "...mon but ultime n'étant pas d'être aimée d'eux mais qu'ils soient aimés des autres."

    Ça c'est clairement positionné. Bravo!

  • "qu'ils soient aimés des autres."
    Et surtout des filles..faut pas déconner...:-))))

  • "Et surtout des filles..faut pas déconner...:-))))"


    MDR MDR MDRRRRRRRRR

    Combien d'enfants Patricia? Que des fils?

  • Oui, des jumeaux !!

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