15 mars 2012

Se faire entendre

Certaines personnes ont du mal à se faire entendre. Dès qu’elles sont dans un groupe, même petit, elles ont tendance à laisser la parole aux autres. Elle écoutent, opinent ou non, parfois glissent un mot ou une phrase courte. Mais leur courte parole se perd comme l’eau dans le sable du désert.


communication3.jpgIl peut y avoir différentes raisons à cela. Une grande timidité. On sait combien la timidité peut inhiber l’expression. Il y a aussi, parfois, l’impression que les autres savent mieux que soi, ou même qu’ils valent mieux que soi. Cela peut encore être accentué si les autres personnes parlent sur un ton assuré et ne formulent que des affirmations, jamais de questions. Notre avis semblerait alors inapproprié, insuffisant, bête peut-être. Et se trouver bête n’est pas particulièrement agréable!

Parfois, selon avec qui l’on se trouve, les choses vont trop vite. Les personnes présentes parlent rapidement, de manière volubile, se coupent mutuellement. Il n’y a guère de place pour glisser une phrase dans ce déversement de paroles. Evidemment si ce sont deux amis qui se revoient après une longue absence ou deux personnes qui se découvrent de nombreuses affinités, cette volubilité à deux est compréhensible et ne laisse pas de place à autre chose. Il n’y a rien à faire contre cela.

Parfois, surtout si l’on n’est pas d’accord, on peut craindre d’exprimer un avis qui va choquer par sa différence d’idée ou de ton. On entrerait alors dans une dynamique conflictuelle. Pourquoi pas? Mais ce n’est pas facile à soutenir, il y faut de l’énergie et une certaines assurance ou audace, ce qui n’est pas le cas de tout le monde.

Quand dans un groupe on parle de ses vacances, ou d’un livre que l’on a lu, il y a normalement peu de possibilités d’entrer en conflit et la prise de parole n’est pas conflictuelle. Mais si la discussion tourne sur la politique ou sur une théorie sociale par exemple, il est normal que des divergences apparaissent.

Comment dès lors exprimer son point de vue sans faire trop de vagues? Il y a des manières simples. L’une d’elle est de poser des questions avant de formuler toute affirmation. Faire préciser le point de vue des partenaires les recentre sur eux et les rend moins projectifs, moins absolus dans leurs affirmations.
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Une autre manière est d’écouter très attentivement, de bien montrer que l’on suit, sans rien manifester, sans tenter d’interrompre. Il y a généralement un moment où l’on vous demandera: «Et toi, qu’en penses-tu?»

Une autre manière est de demander carrément la parole: «Est-ce que tu veux mon avis?» Cette question a l’avantage de ramener l’attention sur vous. On sait que vous avez un avis mais on ne sait pas encore lequel. La curiosité va donc être aiguisée. On vous écoutera avec plus d’attention.

L’assurance vient aussi avec la posture physique. Un dos droit, une respiration profonde, facilitent le sentiment de sa propre légitimité.

Pour se sentir plus d’aplomb quand on intervient dans une discussion faut aussi se dire qu’un avis n’engage pas votre vie. Vous pouvez évoluer à partir du moment où vous l’exprimez et ne pas rester fixé sur la parole d’un instant. Si, ayant donné votre avis, une autre personne tente de vous dévaloriser, c’est son problème, pas le vôtre. S’en prendre à une personne pour dévaloriser son point de vue est déplaisant et montre surtout le peu d’arguments de celui ou celle qui utilise cette méthode.

D’une manière générale il faut aussi accepter de n’être pas compris immédiatement. Il n’est écrit nulle part que les autres doivent vous comprendre de suite. Auquel cas il faut revenir sur le sujet aussi longtemps que nécessaire. Il faut aussi accepter que l’on ne soit pas d’accord avec vous. Nous avons tous besoin de reconnaissance, et l’accord de l’autre sur notre avis sert parfois de reconnaissance. Mais son désaccord devient alors un déni de nous-même. Ce sont là des résidus de l’enfance où l’approbation parentale était si importante pour se sentir une valeur. Le jugement du parent était formateur.

Entre adultes ce que dit une personne concerne d’abord elle-même. Le jugement n’a pas lieu d’être, ou alors sur les idées mais pas sur la personne. Que l’autre soit d’accord ou non avec vous ne devrait rien changer. Attendre une approbation c’est donner du pouvoir sur soi à une autre personne. L’admiration et les loyautés parasites peuvent nous mettre dans cette situation de dépendance. La difficulté d’expression vient alors de la réaction, positive ou non, que l’on attribue par anticipation à un tiers.

Il faut savoir parfois prendre le risque de parler, de dire les choses comme on les pense. C’est ainsi qu’on évolue. Que cela plaise ou non, que cela rencontre ou non l’assentiment, est secondaire et fait partie d’une communication normale entre humains.

 

 

 

Une belle histoire:

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Vient de paraître:

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Commentaires

J'ai lu votre billet avec un grand intérêt, oui, vous avez dit vrai, parfois la timidité peut nuire la personnalité, un remède pour vaincre ce grand maux: il faut vaincre le complexe d'infériorité. C'est tout! merci

Écrit par : faire part | 15 mars 2012

susurrer des mots politiques à l'oreille, j'adore ça ;))),
bizzzouxxx!!!

Écrit par : Sarah | 15 mars 2012

J'si, moi aussi, lu ce billet avec intérêt. A vous lire Hommelibre on dirait que ceux qui ne la "ramène" pas sur tout avec une voix de stentor sont malheureux.

Etre réservé ne veut pas dire que l'on soit timide, préférer écouter plutôt que parler n'est pas forcément vécu comme "frustrant". Quant à faire des interventions brèves, être concis ce n'est pas plus mal. L'auditoire ne perdra pas le fil de discussion.

Il y a assez de gens qui parlent haut et fort tout en n'ayant rien à dire. Pour avoir un équilibre faut qu'il y ait les contraires nan ?

J'attends une approbation de votre part ;o))

Écrit par : Loredana | 15 mars 2012

Je vous approbe, Loredana, je vous approbe! Mais je suis écoeuré: encore une fois vous avez raison... Pfffffffff.... Votre oeil de lynx, votre patience de louve, votre réserve de renard, votre à-propos de gazelle, vous avez tout pour soutenir n'importe quelle discussion.

Ecoeuré, je vous dis.......


:-))))

Écrit par : hommelibre | 15 mars 2012

Sarah... vous préférez quoi sur l'oreiller (oui, on est plus près de l'oreille): avant, la retraite à 30 ans, 14 semaines de vacances, un 19ème salaire pour tous; et après: la taxation des produits solaires, la proportionnelle, la limitation au demi-mandat?

Ben oui quoi, faut que je me prépare...

:-))))

Bizzzouxxx!!!

Écrit par : hommelibre | 15 mars 2012

Hum .. J'sais pas trop quelle posture adopter pour vous répondre Hommelibre.
J'hésite entre montrer les crocs Grrrr.... et piquer la mouche Pffff....

Et pis j'me dis que vous devez avoir un rhume plus carabiné que le mien et que votre "approbe" est dû aux médocs. J'vais donc passer du coq à l'âne et vous souhaitez une belle soirée.

Prenez soin de vous ... Lol hein !

(o_~)

Écrit par : Loredana | 15 mars 2012

coucou Loredana,
mdrrr Homme Libre, retraite à 30 ans, 14 semaines de vacances,19ème mois,c'est 14 juillet là, flonflon, flambeaux et feu d'artifice ;)))!!!
bizzzouxxx à vous deux!!!

Écrit par : Sarah | 16 mars 2012

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