La fin des demoiselles

Et voilà. Sarkozy s’est déculotté. La France a plié devant les femrads d’Osez le Féminisme. Le mot «Mademoiselle» va disparaître. Il serait discriminant. Mais au vrai sens du terme qui est de différencier avec à-propos, non de subordonner. Et c’est normal puisqu’il désigne initialement deux situations sociales différentes, soit le fait d’être ou non mariée. Cela correspondait à un rite de passage social.

demoiselles_davignon_picasso.jpgMais alors pourquoi les hommes n’ont qu’un seul mot: «Monsieur»? Oh, il est fréquent d’appeler «Jeune homme» un homme jeune. Mais un homme marié, même à 18 ans, devient un «Monsieur», comme une demoiselle devient «Madame». Anciennement le mot «Damoiseau» était le pendant de «Damoiselle». J’ignore pourquoi l’usage s’en est perdu. Les demoiselles d’antan étaient supposées pucelles. Vrai ou pas, peu importe aujourd’hui où le mot a évolué vers un sens plus large.

Bref, le groupuscule de féministes à cervelle d’oiseau, ou d’oiselles (dame!) fait plier sans peine un pouvoir aux ordres avec son diktat. Mais ce n’est pas spécifique au gouvernement actuel. A gauche comme à droite ils feront pareil. SakHoll® est la même marque de fabrique: la soumission aux femrads. Plus aucun débat sur le sujet: seulement un Amen.

Pourtant ce mot «Demoiselle» ou «Mademoiselle» porte une grâce délicieuse, un rêve, une danse particulière. Il n’enlève rien à «Madame», il ajoute simplement une touche de douceur pétillante. Et cela à n’importe quel âge: c’est fou le charme de dames plus âgées qui revendiquent l’appellation «Mademoiselle», comme de vieilles profs célibataires qui ont gardé fidèlement leur idée de la vertu contre vents et marées.
demoiselles-grotte.jpg
Le modernisme a parfois des allures de rouleau compresseur. C’est vrai qu’avec Osez le féminisme, les mots «grâce» et «rêve» ont eux aussi disparu du langage courant.

On politise, on continue à politiser tout ce qui touche de près ou de loin aux femmes et aux hommes. Pour être politiquement correct faudra-t-il renommer le tableau de Picasso: «Les demoiselles d’Avignon» (cliquer pour agrandir)? Faut-il brûler le film «Les demoiselles de Rochefort»?

Et la Grottes des Demoiselles, ancienne Grotte aux Fées au bord de l’Hérault, deviendra-t-elle la Grotte aux Madames ou faudra-t-il la murer? Les demoiselles d’honneur disparaîtront, englouties dans le déshonneur d’une appellation devenue maudite par la seule volonté politique d’un groupuscule gauchiste qui fait la loi en France.

demoiselles-theus.jpgLes Demoiselles de Theüs, ces piliers de roches calcaires surmontées d’un rocher que l’on trouve dans la région de Gap, seront décapitées à coups de pioches. Quant au Grand Cru des Côtes-de-Beaune «Les Demoiselles», il faudra le boire jusqu’à la lie dans cet hallali qui sonne la chasse aux restes de pucelage.

Il faut aussi brûler le CD qui contient «Mademoiselle» de la chanteuse Berry. L’autre chanteuse, Mademoiselle K, sera pendue haut et court après examen gynécologique, même si ça la vexe. Et pour le parfum «Mademoiselle» créé par la traîtresse Coco Channel, on y mettra de l’eau bénite pour effacer le péché de genre.

Le plus triste sera de rayer du répertoire la chanson de Murray Head, Mademoiselle. Mais il faut espérer que d’irréductibles gauloises garderont l’usage du mot, et en feront un emblème de la résistance et de l’indépendance d’esprit face au rouleau compresseur de la pensée unique.

 

 

 

 

 

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Catégories : Humour 41 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Jusqu'où va se loger le féminisme et la féminisation à outrance des mots!? Et ce n'est pas tout! J'ai lu que, le 6 mars prochain, une manifestation est prévue devant la Comédie française pour tenter de révolutionner la grammaire où le masculin ne devrait plus l'emporter... http://www.7sur7.be/7s7/fr/1522/Societe/article/detail/1399355/2012/02/24/Meme-en-grammaire-le-masculin-ne-doit-plus-l-emporter.dhtml. N'y a-t-il donc pas d'autres combats plus importants? Quel dommage de vouloir chambouler à tout prix une si belle langue!

  • Oups! Voici le lien correct : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1522/Societe/article/detail/1399355/2012/02/24/Meme-en-grammaire-le-masculin-ne-doit-plus-l-emporter.dhtml

  • Oups! Voici le lien correct : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1522/Societe/article/detail/1399355/2012/02/24/Meme-en-grammaire-le-masculin-ne-doit-plus-l-emporter.dhtml

  • Je regrette que tu soutiennes encore ce point de vue, qui ne peux qu'affaiblir tes prises de position contre les discriminations anti-hommes. Tu donnes du grain à moudre aux critiques : voyez comme il est attentif à certaines discriminations quand il s'agit des hommes, et complaisant avec celles qui concernent les femmes !

    Je préfère dire qu'il s'agit d'une victoire conjointe des féministes et des hoministes, car la "demoiselle" est incontestablement un résidu de la société bourgeoise, et de sa conception bisexiste des hommes et des femmes. Ce n'est pas une décision de circonstance, mais l'aboutissement d'une revendication de plusieurs décennies !

    Ceci dit, les résidus peuvent avoir une dimension poétique, et aucune loi n'interdit à ceux qui le souhaitent de l'employer encore dans cette dimension-la.

  • Bah,ce n'est pas si grave et puis je pense qu'elles ont raison sur ce point,y'a même pas à faire débat là dessus,cette distinction n'est pas nécéssaire .
    Elles l'ont voulu autrefois elles l'ont eu,elles n'en veulent plus eh bien on la met plus,tant pis pour les fleurs bleues.

    Par contre on peut se préparer pour la peut-être-futur décision sur l'accord du genre ( "que les hommes et les femmes sont belles" ),car ce n'est plus une question d'égalité,ni même une question de logique grammaticale,mais bien une question de paranoïa de leur part,car elles voient dans l'usage du masculin une marque de "domination masculine",ce qui ne l'est plus depuis belle lurette.

    Ou bien se pencher sur ce néologisme "féminicide" qui est assez insultants envers les morts n'étant pas femme et envers le principe d'égalité lui même.
    Peut-être que le terme "homicide" ,car il fait trop penser à "hommes",est aussi une preuve de domination masculine pour elles...

  • Pas d'accord Antisthène. Le mot Demoiselle ou Mademoiselle est riche de plusieurs définitions successives depuis des siècles. Dans le billet j'ai indiqué la dernière officielle.

    Mais il y a bien plus. A voir ici:

    http://www.cnrtl.fr/definition/mademoiselle

    - A. − Vx. [Titre employé pour désigner toute femme mariée qui n'était pas noble ou qui était noble mais non titrée ou pour s'adresser à elle] Dans cette pièce se tenaient le respectable bourgeois et sa femme, mademoiselle Lecamus (Balzac, Martyr calviniste, 1841, p. 58).On l'appelle mademoiselle, quoiqu'elle ait été mariée. Le nom de dame était encore réservé aux femmes nobles (Michelet, Insecte, 1857, p. 395).


    Ici Dame est un mot réservé alors que Mademoiselle est le mot courant pour désigner toute femme mariée. En tant que désignation sociale de la femme mariée (hors noblesse), ;Mademoiselle est antérieur à Madame.

    Le mot est semble-t-il davantage lié à la noblesse qu'à la bourgeoisie:

    - B. − HIST., au sing.
    1. [Titre employé pour désigner la première princesse de sang tant qu'elle n'est pas mariée ou pour s'adresser à elle (d'apr. Ac.)] «Ce duc de Parme [Charles de Bourbon] avait épousé à Frohsdorf (Autriche) le 10 novembre 1845, «Mademoiselle», c'est-à-dire la fille du duc de Berry, petite fille de Charles X, la princesse Louise de France» (Point de vue, 6 févr. 1970, p. 8).
    2. [Titre employé pour désigner la fille de Monsieur, frère du roi, tant qu'elle n'était pas mariée ou pour s'adresser à elle]


    Par la suite il désigne principalement une femme non mariée par rapport à une femme mariée. Il est donc signifiant d'une position sociale et civile. Au même titre que marié ou célibataire. Il a en fait désigné pendant longtemps un état civil.


    Reste à savoir s'il est discriminant ou s'il est le prétexte à faire avancer une théorie misandre. Je n'y vois pas de discrimination au sens excluant du terme.


    Ce qui se passe avec cette décision est qu'aucun débat n'a eu lieu collectivement, ou par les instances linguistiques comme l'Académie Française. Elle est imposée par un groupuscule qui manie la langue à son besoin, avec sous-jacente une politisation du langage. Tout changement de ce type n'est actuellement que le résultat d'un rapport de force culturel. Je n'adhère pas à cette démarche, surtout quand en plus l'idée d'un rapport de force entre les sexes est dénoncée par ces même groupes qui pourtant en imposent un ici.

    En lisant le lien proposé ci-dessus par Kissa on voit que la démarche est évidemment politique:

    "La règle du masculin qui l'emporte apprise encore aujourd'hui à l'école, inscrit la domination phallocratique dès l'enfance et conduit à l'invisibilité du féminin."

    Pour moi, sans débat, je ne peux reconnaître une décision dictée par quelques groupes. Mon billet est plutôt humoristique et sarcastique mais la réflexion va plus loin. On peut faire évoluer la langue comme on veut dans une fiction mais l'inscription de règles durables pour l'ensemble d'une société demande un long débat d'ensemble.

    Pour moi l'accord de l'adjectif avec le masculin n'implique à aucun moment une subordination et une infériorité du féminin.

    Donc, pas de décision de changement de règles sans un débat collectif.

  • Décidément, on ne se comprend pas. Dans ce débat et dans le décret récent du Premier ministre :

    - il n'est pas question de la langue
    - il n'est pas question du féminin ou du masculin
    - il n'est pas question des différents sens du mot

    Il est question d'une procédure administrative, de l'emploi d'un mot dans les formulaires administratifs. Ce mot contraint les femmes célibataires à s'autodéfinir officiellement comme telles (avec tout ce que cela peut connoter pour les esprits tordus : mal baisées, lesbiennes, frigides, etc, etc.), c'est-à-dire à dévoiler une dimension importante de leur vie privée. Que je sache, les hommes ne sont pas contraints à cet autodévoilement : il y a donc bien discrimination.

    Même si le mot existait avant la société bourgeoise, cette procédure traduit parfaitement et conforte la conception bourgeoise de la femme : soit mariée et mère (et donc dans la norme), soit non-mariée et non-mère (et donc anormale).

    Il n'y a pas eu de débat spécifique, tout simplement parce que ce débat a eu lieu dans la deuxième moitié du 20è siècle, et que le mouvement antisexiste qui a révolutionné nos sociétés a effectivement gagné la partie : on a supprimé une à une les diverses discriminations contre les femmes. J'ai l'impression que la majorité s'en est réjouie et s'en réjouit toujours, non ? Ce qui est surprenant, c'est que le "mademoiselle" soit resté en place si longtemps.

    Cette réforme (tardive) ne doit pas être confondu avec les diverses actions misandres menées par ailleurs. Ca n'a rien à voir.

    Enfin, je le répète, le "mademoiselle" peut toujours être employé partout ailleurs que dans l'administratif. Ca laisse de la place !

  • Oui, possible que l'on ne se comprenne pas. D'où l'importance d'en discuter. D'abord les personnes les plus opposées à l'abandon du "Mademoiselle" que je connaisse sont des femmes. Certaines s'en sont exprimées ici, d'autres en parlent en différents lieux et occasions.

    J'entends ce que vous dites. Et autant je suis d'accord avec l'abandon de caractéristiques expressément sexistes, autant ici je ne la vois pas. D'accord, les hommes ne sont pas astreints à la même exigence puisqu'il n'y a plus de mot correspondant pour eux.

    Mais je ne vois dans le mot Mademoiselle pas de vraie différence administrative d'avec le mot Célibataire, par exemple. Célibataire, Marié, Divorcé, Avec ou sans enfant, ce sont des désignations discriminantes (sans sens négatif) qui désignent des situations dans la société, et qui ont des implications administratives évidentes. Peut-être que le terme Mademoiselle est mal ressenti par certaines. Ok. Moi je n'y vois rien d'autre administrativement qu'un autre mot pour célibataire.

    Il est possible que je fasse fausse route sur ce point, je n'en suis pourtant pas convaincu. D'ailleurs comme je m'attache avant tout à l'être, sa définition sociale passe pour moi au second plan. Et je ne suis pas convaincu qu'il n'y ait pas là un enjeu politique, comme l'intention de réforme du langage le montre, ou comme le langage épicène en est une autre démonstration. Qui, réellement, femmes comme hommes, peut imaginer que la règle de grammaire implique une réalité relationnelle? Qui penserait réellement en écrivant: "Les hommes et les femmes sont beaux", que la femme est inférieure à l'homme? A mon avis personne, sont les dominants et dominantes de caractère.

    L'égalité a certes une traduction en actes et en lois mais elle est d'abord un état d'esprit. On peut faire changer la grammaire à une personnalité dominante, femme ou homme, il ou elle reste dominant ou dominante.

    Je prône davantage un partage qu'une imposition de force par la loi. La loi contraint mais ne change pas l'esprit. Le partage peut changer l'esprit.

    Et puis, sur le plan de l'analyse de la société, je ne peux faire abstraction du fait que beaucoup de démarches féministes politiques sous-entendent explicitement ou implicitement une vision misandre. Je regrette d'ailleurs d'avoir à passer moi aussi par cette approche assez politique. Je ne le fais que faute de mieux.

  • Dernière intervention, ensuite j'arrête :

    - "les personnes les plus opposées à l'abandon du "Mademoiselle" que je connaisse sont des femmes"

    Et alors ? Il y aussi des hommes qui sont contre la résidence alternée, parce qu'ils trouvent que les femmes sont meilleures pour élever les enfants !

    - "je ne vois dans le mot Mademoiselle pas de vraie différence administrative d'avec le mot Célibataire, par exemple"

    Exactement, il n'y a pas de différence. Mais sur ma carte d'identité et sur mon passeport (je viens de vérifier !) il n'y aucune mention "célibataire" ou "marié" ou "avec ou sans enfant". Pourquoi y aurait-il une mention spécifique pour les femmes ?

    - "beaucoup de démarches féministes politiques sous-entendent explicitement ou implicitement une vision misandre"

    Tout à fait. Mais il y a aussi de vraies féministes, antisexistes. C'est pourquoi l'antiféminisme systématique n'est pas une bonne manière de se positionner. Face à un problème, ce qu'il faut se demander c'est s'il y a ou non une injustice, une discrimination, du sexisme, etc. Quand on a répondu à cette question, c'est beaucoup plus clair.

  • Je continue, considérant que la discussion n'est pas finie.

    En Suisse la question des divorcés va bientôt venir sur le tapis. Il semble que les autorités fédérales veuillent abroger ce statut, parce que cela "susciterait une gêne". Le but serait d'indiquer Célibataire pour une personne divorcée

    Je me suis déjà posé la question de l'utilité du statut de divorcé, qui est le mien. Je ne me suis pas remarié et ai vécu en union libre. Au début cela semble normal: le terme divorcé indique que l'on a passé par un statut de marié et que l'on a changé de statut. C'est donc une mémoire de notre itinéraire personnel. A un moment cet état de divorcé me dérangeait. J'avais envie de me vivre sans ce passé. Et puis, réflexion faite, non, je dois assumer mon histoire et mon statut. Divorcé n'est pas célibataire: il peut y avoir des problèmes liés aux finances, aux enfants, au nom de famille, etc.

    Que la mention Monsieur ou Madame, ou Marié ou Célibataire, ne figure pas sur la carte d'identité est une chose. En Suisse aucune mention de ce type n'est faite sur la CI. Sur le passeport seul le sexe est indiqué. Par contre sur d'autres papiers administratifs il y a utilité à indiquer le statut.

    Peut-on simplifier? Indiquer uniquement le strict nécessaire, soit le sexe et Marié ou Non-marié? Pourquoi pas. J'aime les simplifications. Mais je n'ai pas le sentiment que ce soit la raison invoquée pour la suppression du Mademoiselle. Je suis même sûr du contraire. Que l'on me parle de simplification, je suis d'accord avec les arguments. Que l'on me parle de discrimination, je ne suis pas d'accord.

    Voilà, il y a plus de débat que l'on n'imagine derrière la suppression de ce mot. Après, dans notre démocratie qui est un rapport de force organisé, le plus fort en nombre ou en lobbying ou en autre chose l'emporte. Ce qui n'oblige pas à être d'accord. Après, c'est un débat sur notre forme de démocratie mais ce n'est pas le but ici.

    Pour répondre à ton questionnement de fin, je ne vois pas d'injustice ou de discrimination puisque je vois un statut au même titre que célibataire ou tout autre statut.

  • En Suisse, le "Mademoiselle administratif" a été aboli depuis un moment déjà. Le courrier adressé à mes filles mineures est libellé "Madame".
    Ca me fait bizarre, parce qu'elles sont ainsi élevées au même niveau que moi, alors que j'ai moi-même été appelée Mademoiselle pendant très longtemps, d'autant plus que je vis en union libre.
    Il me semble que j'ai cessé d'être "Mademoiselle" pour l'administration il y a au moins 10 ans.
    Grâce à votre billet, je réalise que je suis encore dans la logique du 20ème siècle : en tant que mère, je voudrais que mes enfants-filles soient nommées autrement que moi. :-)
    (N'ayant pas de fils, je ne peux pas tester le pendant masculin de la chose.)

  • Calendula, merci pour ce commentaire. La question de la désignation des adolescents est en plein dans le sujet.

    Cela m'inspire deux réflexions.

    1. Pourquoi les adolescents ne seraient-ils pas désignés différemment des adultes? Ou pourquoi seraient-ils désignés à l'identique? Pourquoi donne-t-on des marques identitaires différentes selon le statut? Je pense que c'est justement pour connaître ce statut, quand c'est utile. Il peut y avoir plusieurs raisons à cela, dont le statut juridique de mineur et donc de niveau de responsabilité sociale et juridique différente que les adultes. Si on ne le fait pas, à partir de quel âge commence-t-on à nommer comme les adultes? Va-on dire Monsieur à un garçon de 5 ans? A un nouveau-né?

    Monsieur, Madame, sont des titres qui, par rapport aux adolescents, ou par rapport au fait d'être mariés ou non, peuvent indiquer des statuts différenciés, des places sociales, des niveaux de responsabilité, avec des implications sociales, juridiques, économiques. Si l'on donne le même titre pour tous et toutes il faudra une autre marque identitaire pour différencier tout cela quand c'est nécessaire.

    Si l'on suit l'idée de non-différenciation de manière extrême, on peut aussi se demander pourquoi donner des titres différents dans une entreprise, ou dans une équipe sportive.

    Je ne sais pas si le XXe siècle a tout faux. Je ne le pense pas. Et à vrai dire je crains la dictature et la violence du même, de l'identique, de l'indifférencié qui ne donne plus aucune place spécifique où l'on soit reconnu et respecté, et qui supprime tout rite de passage d'un état à un autre.


    2. Dans le cas où un prénom est féminin et masculin, il faut avoir une marque pour les différencier, pour plein de raisons. Si un organisateur de camp de vacances doit loger des ados à deux par chambre et séparant les sexes (ce qui est assez courant!) il doit savoir si deux Dominique sont de même sexe ou non.

    Le Mademoiselle distingue les filles, ce qui distingue automatiquement les garçons qui ne l'ont pas. On pourrait décider de donner une marque distinctive au garçon et pas à la fille. Dans tous les cas cela pourrait être perçu comme une inégalité de traitement.


    Donc voilà. Plus de questions que de réponses. Ce qui est plutôt bon signe.

  • Si "Mademoiselle" devait disparaître, cela devrait être "faute de combattants": j'entends par là, non pas "faute de demoiselles", mais faute de gens qui emploient le terme. J'entends de moins en moins souvent le "Monsieur" qui accompagnait dans ma jeunesse des termes comme "bonjour", et cela même si je l'emploie moi-même pour saluer quelqu'un. Le "Monsieur", comme le vouvoiement, va probablement mourir de sa belle mort dans l'usage courant. Il m'aurait plu qu'il en fût de même pour "Mademoiselle" ... si c'est inévitable.

  • moi je ne pousserai pas très loin la réflexion :
    Je commence juste à en avoir ras le bol qu'une poignée de bonnes femmes paranoïaques se permettent de cadrer ma féminité et décident à ma place de ce que je suis sensée tolérer ou non en tant que femme dans cette société.

  • Patricia, je vous ressens bien là!

    Basiquement, même si j'aime pousser l'analyse pour trouver le fond des choses (vous aussi souvent), j'ai aussi cette réaction vitale: je ne supporte pas que des gens, hommes ou femmes d'ailleurs, me disent quoi penser et quoi être.

    Je pense que nous sommes allergiques à la collectivisation du "même" qui se profile pour ce siècle. C'est comme un instinct vital.

    J'ai oublié de vous répondre sur la cohérence ou les contradictions. Oui, j'accepte les contradictions internes (j'en ai assez pour ne pas y échapper!!! :-))). Mais la notion de cohérence est pour moi l'effort d'alignement entre les pensées et les actes. Je ne dis pas y arriver toujours autant que je voudrais. Ce n'est pas non plus une manière de nier les contradictions, mais de donner une direction utile aux tensions nées de ces contradictions.
    Eih... j'espère être clair...

    ;-))

  • Je rejoins nemo on en a que faire de "mademoiselle " . Certaines aiment d'autres pas
    Pour moi j'ai clairement rien à dire en tant que mec. Cependant il faudrait demander à toutes les femmes
    du pays concerné, en l'occurrence la France.

  • Kasilar,

    Sorry, le langage de votre dernier comm est too much. Je ne le laisse pas en ligne.

  • Johann,

    Vos procès d'intention (c'est une maladie mentale chez vous) et vos remarques perfides, c'est poubelle, directement.

  • "Je ne sais pas si le XXe siècle a tout faux."

    Il était bien plus cohérent et responsable que ce XXIème siècle ou le monde a perdu les pédales. C'est dans ce siècle qu'on a dit que même les mouches toussent...
    On s'égare dans des broutilles pour occulter les évènements graves qui se préparent.

    La question à se poser est: Qui sont ces gens, que font-ils dans la vie, pour vouloir imposer leurs diktats? Quelles sont les raisons qui poussent les Autorités à les suivre? Y aurait-t-il plus de moutons que de personnes intelligentes et responsables en France?!!!

    Je parle et écris le Français que j'ai appris et n'ai jamais accepté la féminisation des mots qui écorchent les oreilles!

    Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, je vous souhaite une excellente nuit :)

  • La raison pour laquelle les autorités se décident à les suivre,à mon avis,c'est que ce n'est ici qu'une décision qui ne mange pas de pain.
    Ils acceptent sans que ça ne les gênent vraiment et calment ces dames tout en passant pour des gens bien et progressistes.

    Je ne crois pas qu'avec une décision plus important c'eut été aussi rapide.

  • Je vous le rappelle : en Suisse, Mademoiselle a disparu depuis au moins 10 ans du courrier officiel et on ne s'en porte pas plus mal. Ca doit simplifier la vie des secrétariats de toutes sortes.
    On reçoit, certes, des enveloppes avec Monsieur à la place de Madame , et vive-versa, depuis la Suisse alémanique, parce qu'ils ne comprennent pas forcément les prénoms fraçais.
    Ca me semble exagéré d'en faire tout un plat.
    On peut l'utiliser Mademoiselle tant qu'on veut dans la vie de tous les jours et donner du "jeune homme" aux petits garçons qui en seront ravis.
    Et passer à autre chose.

  • Désole pour mon commentaire trop virulent, mais pour le lien publié par kissa plus haut Je me sens touché dans mon orgueil. Je vais partir sans doute dans un autre pays oú le féminisme est beaucoup plus combattu, puisqu'ici aucun homme n'est à la hauteur pour s'opposer aux femrads.
    Bref, j'attend un accord beaucoup plus egalitariste qui prend en compte les deux genres.
    Deux siècles de combat pour les droits de l'homme et on est en train de tout perdre à cause d'une poignée d'idiots.
    Il faut lancer des pétitions, manifestations, associations ... pourquoi ne voyons nous rien du coté des hommes. Nous aussi nous avons des droits à acquérir.

    Le 21 ème siècle est loin d'être un progrès, regardez vous-même nous ne sommes même plus en démocratie

  • "Bref, j'attend un accord beaucoup plus egalitariste qui prend en compte les deux genres."

    ça risque d'être compliqué. On serait sensé faire comment ?
    Le masculin l'importe si ce sont des objets et le féminin si on parle de personnes ou bien l'inverse?
    Les garçons et les filles sont gentilles.
    Je trouve que le robinet et la baignoire ne sont pas assortis.
    Paul et Françoise sont très belles ce soir.
    Pfffff, avec ça, on est sauvé.

  • Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonjour

    Je pense qu'une langue ne se modifie que par l'usage. Un néologisme très utilisé finira tôt ou tard par entrer dans le dictionnaire. Inversement, des mots tombés en désuétude disparaîtront. Cette réalité n'admet pas les contraintes de tel ou tel groupe. C'est valable pour le vocabulaire, mais aussi pour l'orthographe : dans ce sens, un certain conservatisme linguistique garantit qu'un discours soit compris par tous, au lieu de devenir le jargon d'un groupuscule, minorité ou secte. Le masculin sert à généraliser et l'on trouve là un principe essentiel d'économie. Personnellement, lorsque je trouve dans un texte des expressions barbares comme "citoyen-ne-s" "élu-e-s" ou d'autres grossièretés du même tonneau, j'arrête de lire. Comme si le lecteur était incapable de comprendre qu'un texte rédigé au masculin s'adresse également aux femmes! Bref, l'usage d'une langue a du mal avec les impératifs.

    http://inma-abbet.blogspot.com/2010/06/les-charmes-de-lorthographe.html

  • @John :
    En parlant de cohérence, je vous glisse une réflexion entendue concernant l'homosexualité et le problème de la parentalité :
    "Quand on pratique une sexualité qui n'est pas biologiquement compatible avec la procréation, on renonce naturellement à devenir parents. il serait temps que les hommes (général) deviennent cohérents".

    Chacun en pensera ce qu'il veut.

  • @patricia

    Ce n'est pas à moi qu'il faut dire cela, mais aux têtes bien creuses et mal faites qui s'attardent à ces futilites.
    Je ne cherche juste un consensus respectant autant mes droits en tant qu'homme et vous en tant que femme.
    Pourquoi ne pas inventer un adjectif genre au lieu de dire beaux ou belles on prend un adjectif androgyne : magnifique en l'occurence.
    Je trouve qu'ecorcher le vocabulaire francais est détruire tout un patrimoine mais bon

  • @ Patricia:

    En effet chacun met la cohérence là où il veut. La différence que je vois est que des enfants peuvent être éduqués - et le sont - par des hommes ou des femmes sans enfants (tante, oncle, par ex.) et que cela fonctionne.

    Par ailleurs, sans jugement négatif sur l'homosexualité (chacun décide de sa propre vie aussi loin que possible) je pense que l'hétérosexualité est la forme de référence, la forme normative. J'en parle dans mon livre car les théories d'effacement des genres viennent en grande partie des homosexuelles féministes américaines. En refusant à l'hétérosexualité d'être la norme elles échappent au fait de voir leur statut minoré ou rejeté, ou de devoir s'en expliquer. Je comprends bien les souffrances qu'ont vécues les homosexuels hommes et femmes dans le passé. Mais je crois que l'effacement des genres ne résout pas le problème.

    Il faut venir avec sa différence, en débattre et se faire accepter après un face à face cognitif. Passer par la bande noie le poisson mais ne garantit pas une évolution en profondeur des mentalités. Supprimer les différences de genre ne signifie pas que la peur de l'autre et de sa différence est réellement abolie.

    Donc l'homosexualité doit se faire accepter en direct. Je respecte les gens qui s'assument, et qui s'assument malgré les difficultés qu'ils vont rencontrer.


    Après, je pense donc que l'hétérosexualité est la référence. C'est par elle que tous nous existons. L'adoption d'un enfant par un couple d'homosexuels, ou l'insémination d'un couple de lesbiennes, supposent toujours quelque part qu'il y a eu une séquence hétéro. Une lesbienne reçoit le sperme d'un homme, un gay adopte un enfant qui a connu une mère porteuse ou qui a été engendré par un couple hétéro, ou par l'insémination d'une femme par du sperme.

    C'est donc le paradoxe de la parentalité homosexuelle, qui fait forcément appel à une séquence hétéro.


    Ensuite la question qui se pose est: pourquoi les couples homos veulent-ils des enfants? Si l'on en croit certaines théories féministes le désir d'enfant n'est pas instinctif (enfin, au fond on n'en sait rien, peut-être cela dépend-il du parent). De plus un couple homo est forcément stérile s'il ne fait pas appel à une aide extérieure (bon, ça, des couples hétéros aussi). Alors il faut questionner le désir d'enfant. Autant pour le couple hétéro on peut invoquer une évidence biologique (et inévitable avant la contraception), autant ce n'est pas le cas, me semble-t-il, chez les homos.

    Ces couples ont-ils un vrai désir d'enfant, et d'où vient celui-ci? Ou cherchent-ils une sorte de "normalité", veulent-ils ressembler à un bon petit couple traditionnel, bien qu'ils soient tout sauf traditionnels? (On constate d'ailleurs que là aussi le couple hétéro est le modèle référent).

    En fait je n'ai pas d'avis sur la parentalité homosexuelle. Je n'ai pas tous les éléments qui me permettraient d'opter pour une position. Alors par défaut j'ai la position de la liberté en société libérale: chacun choisit sa vie. Si l'on admets que l'homosexualité n'est pas une maladie je ne vois pas pourquoi un couple homo ne serait pas capable d'être de bons parents.

    Mais je pense que l'on est loin d'avoir digéré collectivement ce débat, malgré les sondages récents qui montrent une acceptation de la parentalité homo en France. Entre l'acceptation intellectuelle, parce que c'est tendance, parce qu'on ne veut pas passer pour raciste, etc, etc, et une vraie conviction intérieure durable, il y a un monde.


    Bon, ce n'est pas le débat pour cela, mais je suis responsable de l'avoir introduit et je n'allais pas vous répondre ailleurs!

  • Kasilar, Je comprends votre souhait. Mais les genres vont de toutes façons continuer à exister dans le langage. La langue française est d'une complexité qui fait sa richesse.

    Je rejoins Inma sur l'évolution d'une langue, et je souscris à l'entièreté de son commentaire.

    En anglais la question des genres est plus simple qu'en français mais elle existe aussi. Il y a besoin de notifier les différences dans le langage, ne serait-ce que pour se comprendre tous.

  • Inma: je plussoie sans aucune réserve.

  • @ Calendula et Némo:

    C'est vrai, il y a des questions plus importantes, y compris dans ce domaine. Mais voyez, le thème soulève foule de questions annexes non dénuées de sens et d'intérêt.

    Sur la simplification, je suis d'accord avec vous Calendula. En tous cas là où elle est possible. Et cet argument me convainc davantage que celui de la discrimination.

  • @Kasilar :
    ça voudrait alors dire qu'on se mettrait à utiliser, selon le cas, des adjectifs spécifiquement liés à leur genre lorsqu'on évoque un seul genre: "un homme beau, une femme belle" et d'autres, unisexes, lorsqu'on pratique le mélange des genres.

    ça va réduire le rythme de la conversation s'il faut se mettre à cogiter sur le genre avant de parler.Bonjour les blancs....
    Pourquoi ne pas suggérer à tous ces fadas de se mettre directement à l'anglais, avec sa grande quantité d'adjectifs neutres, non accordés et son genre neutre?

    @John :
    Désolée, j'étais hors sujet mais la réflexion m'avait interpellée, suite à notre échange sur la cohérence.

  • A l'anglais? Ou à l'allemand, car les diminutifs étant de genre neutre, la demoiselle "Fräulein" est neutre :-)

    Mais les Ridicules non Précieuses ayant sévi là-bas aussi, il n'y a plus de "Fräulein" non plus... Tout le monde pareil, soyons tous aussi ennuyeux les uns que les autres (utopie égalitariste).

    Que faut-il faire des épicènes qui, contrairement aux épices en cuisine, rendent le discours fade, des e-e-e importuns, des féminisations ridicules (auteure, autrice)? Mais les refuser, bien entendu! Je ne les utilise jamais, et je ne porte que mieux.

  • Inma, c'est bien la dictature du "même" qui menace le XXIe siècle.

    Les épicènes, j'en fait usage très occasionnellement, quand j'ai le sentiment que cela peut simplifier une phrase purement descriptive dans un billet. Je ne les utiliserais pas dans un livre: soit je trouverai une phrase qui permette d'éviter le problème soit j'utiliserai les règles de grammaires classiques. Comme vous le dites bien: le lecteur est capable de comprendre qu'un texte rédigé au masculin s'adresse également aux femmes.

  • Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonjour et bonne journée! :)

    Je passais....

  • Inma, votre article mis en lien est passionnant.

  • "Pourquoi ne pas suggérer à tous ces fadas de se mettre directement à l'anglais, avec sa grande quantité d'adjectifs neutres, non accordés et son genre neutre?"

    Oui comme quoi notre langue bien que jolie n'en est pas plus parfaite.

  • Mademoiselle
    Elle porte des ailes
    qu'on lui arrache au coupe-coupe
    parce qu'elle promène sa croupe
    libertine coquine
    libre légère jusqu'en Chine

    Mademoiselle
    Elle rêve de câlins sensuels
    sur son Ile de Vénus
    prêtée pour animer l'angélus
    des garçons fleurs
    fuyant le malheur

    Mademoiselle est rayée de la carte
    du monde par des dames portant Charte
    écrite par la Châtreuse de Petits Garçons
    retenant leur lâche caleçon
    lâchant leur meute de chiens
    sur tout poète baudelairien

    Ali pacha

  • "J'en parle dans mon livre car les théories d'effacement des genres viennent en grande partie des homosexuelles féministes américaines."

    L'homosexualité a toujours existé du temps de l'antiquité les hommes d'alors pensaient qu'ils seraient plus virils en la pratiquant. Depuis le XVIII ème siècle seulement nous en avions parlé

    "Dans "Essai sur la pédérastie", le philosophe anglais Jérémy Bentham s'interroge sur la sévérité des peine sinfligées aux homosexuels. A l'issue de son étude, il ne trouve aucune raison qui puisse expliquer cet état de fait"

    http://therealscandy.free.fr/humeur/history3.htm
    Ils le pratiquèrent également dans certaines tribus rite d'initiation à la virilité : cf. "XY de l'identité masculine" d'Elisabeth Badinter.
    Il est important de souligner également les variantes de l'homosexualité : de la tante, folle et autre pédéraste du XIX ème siècle à l'homosexualité déployant sa virilité dans les années 70.
    Ne pas oublier aussi que l'homosexualité n'est plus officiellement une maladie depuis 1974.

    Pour ma part , de façon personnelle je ne peux l'accepter principalement d'un point de vue religieux, mais aussi parce que je ne peux concevoir le fait de vivre avec une personne de même sexe.

  • J'oubliais que les homosexuels étaient nommés sodomites dans le 18 ème siècle, là où ils commencaient à moins se cacher

  • Je trouve ce blog très intéressant !!
    Les articles écrient sont vraiment analysés dans tous les sens, des commentateurs réguliers, avec de vrais échanges au final avec l'auteur !!
    J'espère que ça continuera ainsi ;)

  • "Ne pas oublier aussi que l'homosexualité n'est plus officiellement une maladie depuis 1974."

    exact suite à un vote, bizarre pour le moins étrange

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