Doigt dans le c..., doigt d’honneur?

Un doigt de whyskey? Deux doigts de champagne? Non: un doigt dans le c... C’est la tendance actuelle, le trend, le buzz: le majeur pointé vers le haut avec un mouvement ascendant de la main, pendant que les autres doigts sont repliés. On appelle cela un doigt d’honneur. Je n’ai pas encore bien compris où est l’honneur dans ce geste qui rappelle un examen chez le proctologue.

adèledoigt.pngSauf que le proctologue a des gants quand il met son majeur dans les fesses d’un patient. Ici, aucune protection, aucun préservatif digital, aucune vaseline facilitante. A cru, sec, direct, sans préliminaires! Tant pis pour les hémorroïdes mentales. Et sourire plus ou moins sadique aux lèvres. Car il s’agit de faire mal et d’humilier. De mettre bien au fond (parce qu’au fond, ils ne sont pas si bêtes?). C’est donc un doigt de déshonneur.

Des hommes politiques en vue le font ouvertement. La planète pipeule, dont on sait qu’elle n’a pas inventé la poudre, donne le ton. Eric Besson, Benoît Hamon, Henri Emmanuelli, l’obscure chanteuse dont les parents n’avaient pas assez de mots et ne lui ont donné que trois lettre (M.I.A.) à la pause du Superbowl, la chanteuse supertitrée Adèle, Justin Bieber, et j’en passe. Adèle justement, coupée dans ses remerciements après avoir reçu un prix. D’accord ce n’est pas bien de couper les gens. Mais enfin, quel sentiment de sa haute importance développe-t-elle pour traiter avec autant de vulgarité les organisateurs qui viennent de lui remettre deux trophées? Pas à dire, cela lui donne une expression bien plus intelligente et fait ressortir l’éclat de sa beauté...

Donc, beaucoup s’y mettent. Euh... S’y mettent au sens propre ou au figuré? Parce que au propre... Je ne suis pas sûr que le tr.. du c... de con... (je traduis le geste) à qui on fait un doigt d’honneur se soit bien lavé avant d’accepter avec la grâce du gentleman cette intromission symbolique digne d’une seringue du Moyen-Âge. Les symboles aussi peuvent faire mal parfois. Et faire mâle. Car c’est originellement un geste prisé par les hommes. Comme quoi, les femmes qui s’y mettent ne craignent pas de reprendre le pire de leurs compagnons.

Décidément, les hommes restent le modèle: on voit les femmes jurer, cracher, injurier, faire le doigt d’honneur, mais on ne voit pas d’homme laisser ostensiblement tomber son mouchoir pour qu’une belle le ramasse et engage la conversation. Les hommes sont bien le modèle à imiter, et la femme émancipée est un homme comme les autres!

Il faut préciser ici que malgré la proximité phonétique il ne s’agit pas du doigt donneur, qui comme chacun (et chacune) sait donne du plaisir ou compte les billets de banque. Trop gros, il ne sert par non plus à curer les oreilles. Sauf chez les géants à grandes oreilles. Mais revenons à notre mouton.

La vulgarité est un élément de communication marketing. Soit. Et s’il y en a qui s’offusquent de ce que la notoriété s’obtient à si vil prix et qui ne comprennent pas l’intérêt de voir son reflet dans les regards bovins de millions d’internautes saturés d’écran qui ne vivent que grâce à ce que font les autres, ce ne sont que des jaloux (ou - ses).

D’ailleurs Nicolas Sarkozy est un grand communicant avec son «Casse-toi pauvr’ con», qui au fond n’est pas pire que ce doigt de déshonneur.

Et puis, pour terminer sur une note joyeuse et positive comme toujours, il faut constater que le doigt d’honneur est signe de la formidable avancée de l’égalité des sexes: les femmes peuvent être aussi vulgaires que les hommes.

Un petit doigt pour elles, un grand pas pour l’humanité.

 

Catégories : Humour 20 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Avez vous entendu la réponse d'Eva Joly à Corinne Lepage qui lui reproche de déserter la promesse écologique ?
    : "jl'emmerde"......
    Qu'est ce qu'on rigole pendant cette campagne :-)))

  • Le niveau baisse !!!

  • Je voudrais rappeler qu'une dame de 79 ans a été torturée par des algériens et abandonnée dans une baignoire, miracle elle n'est pas décédée, cela dans notre ville de Genève et personne sur les blog TDG n'en parle, serait-ce devenu aussi banal que ça ???

  • Je n'ai pas vu cette répartie d'Eva Joly, Patricia. En effet cela vole bas. Niveau zéro du débat.

    J'ai de la peine à accepter de voir ce style se généraliser.

  • De quoi vous plaignez-vous ? Enfin une candidate écolo qui parle vrai et se révèle sous son vrai visage : nulle à chier. Vous voudriez qu'on boude notre plaisir ?

  • @ Corto:

    Il y a eu un billet sur cette dame, et pas mal de commentaires. Cela n'a certainement laissé personne indifférent.


    @ Géo:

    Vu sous cet angle... :-)

  • Je ne me plains pas, au contraire, j'ai bien ri. Avec un peu d'effort, la prochaine fois elle dira à son interlocuteur qu'elle va lui fumer sa race.
    Je me plaindrais plutôt du fait qu'on vient officiellement de nous supprimer notre joli "Mademoiselle".
    Encore une mesure inutile tout droit sortie du cerveau de vieilles post soixante huitardes frustrées.
    Il parait que c'est discriminatoire de se demander si une femme est mariée ou non.
    Et bien dans ce cas, je demande le contraire, on garde le "Mademoiselle" et on supprime le mariage et le "Madame", couic !

  • Ah, Patricia, le charme du mot "Mademoiselle"...

    J'ai lu aussi cette suppression. Pfff... C'est peut-être un truc pour se sentir mariée sans avoir besoin de l'homme...

    Gniark gniark!...

    Blague à part, le mot restera dans le langage courant et la littérature, je pense.

  • "on vient officiellement de nous supprimer notre joli "Mademoiselle"."
    Bon, pour ma part, hein...
    La question est : comment un prof s'adresse à ses jeunes élèves de 15 ans ? le prénom, mauvaise idée. Il faut de la distance. Madame Machin à une gamine de 15 ans ? Mademoiselle était l'expression parfaite...

  • "le mot restera dans le langage courant"
    Que nenni, pas si sûr..il y en a qui vont en profiter pour faire planer le doute.
    ça va encore vous compliquer la vie pour draguer ce truc là...Plus d'indices, un vrai multiplicateur à rateaux.
    Gniark gniark!
    ça me fait penser à des souvenirs de petite fille,lors de fêtes en vacances quand j'observais de loin les garçons qui s'approchaient des jeunes filles pendant les slows pour les inviter à danser...
    Ohhh mon Dieu certains rateaux. Les pauvres, certains faisaient tout le tour sans succès.
    Quel sale rôle, il faut bien admettre.

  • Patricia, votre compassion vous honore. Sale rôle, oui.

    Pour ce qui est de compliquer l'approche, il n'y a plus qu'à espérer la multiplication des divorces, pour augmenter les périodes de disponibilité des dames...
    Gniark gniark!

  • c'est à cause de Jésus
    http://drobidoux.files.wordpress.com/2010/05/fuck-jesus.jpg
    le premier RATM ;)))!!!
    bizzzouxxx!!!

  • Donc dans le temps, ces pauvre jeunes hommes se prenaient de sacrés râteaux avec les demoiselles. Maintenant que ces dernières ont droit au titre de "madame" nuls doutes qu'elles pourront faire valoir tout le "doigté" féminin ? Enfin, si j'ai bien compris bien sûr !

    Gniark gniark! °~°

  • "Maintenant que ces dernières ont droit au titre de "madame" nuls doutes qu'elles pourront faire valoir tout le "doigté" féminin "
    Excellent, tournée des slows version 2012 : un doigt d'honneur en guise de refus.
    Merci pour le fou rire !!!

  • Excellent!!!

    :-)))))

    La tournée des slows, le doigté, waow. Mais blague à part, faudrait quand-même dire à nos jeunettes - à nos demoiselles, gniark gniark! - que le doigt d'honneur est un geste très violent et méprisant. Il est symbole d'enc..., limite homophobe, et véhicule mine de rien beaucoup de haine. Un geste de dominant qui humilie. Gare aux réactions en face! Faudra prévoir l'infirmerie ambulante avec la tournée des slows!

  • Je ne vois pas pourquoi ce sont toujours les femmes qui font le doigt d'honneur?

  • Je voulais commenter ce billet hier, mais la page des blogs était inaccessible...
    La vulgarité du doigt d'honneur, à mon sens, répond plutôt au comportement de l'adolescent qu'à celui de l'homme, c'est du domaine de la provocation puérile, comme les gros mots, que tout le monde emploie à 14 ans (qu'on soit jeune homme ou demoiselle) pour choquer parents, professeurs, brefs, les adultes en général, avant de rentrer dans le rang. Si ce comportement atteint les adultes et, plus important, s'il est admis dans des contextes plutôt formels, comme une cérémonie de remise de prix, il faut s'en prendre au côté politiquement correct du comportement adolescent. Or, le politiquement correct pourrait être défini comme l'adaptation de toute activité langagière ou culturelle au niveau de l'adolescent. L'adolescent-roi étant, avec la femme, le prescripteur d'achats habituel d'un foyer, la télévision a façonné un discours expressément pour lui, en tant que cible publicitaire, et cela a fini par déteindre sur l'ensemble de la société lorsque la télévision est arrivée dans tous les foyers. C'est un discours simple, binaire, à prendre uniquement au premier degré, (et créant ainsi un tas de tabous langagiers), qui exclut la complexité et donc le cloisonnement, qui confond art et divertissement, qui privilégie l'expression brute sur la réflexion. Bref, le monde comme garderie géante où le caprice et l'explosion de rage sont regardées avec attendrissement. En plus, ces attitudes-là sont socialement sans risques, (bien que culturellement dévastatrices)et par conséquent elles sont empruntés par tous les opportunistes du monde à commencer par les féministes-opportunistes.

    Quant à "Mademoiselle", personne ne m'empêchera de continuer à utiliser cette belle expression.

  • Bonjour Inma,

    Très intéressante réflexion et analyse! Cet angle de vue sur le politiquement correct est inattendu et offre un prisme plus général sur la société.

    "Bref, le monde comme garderie géante où le caprice et l'explosion de rage sont regardées avec attendrissement. En plus, ces attitudes-là sont socialement sans risques, (bien que culturellement dévastatrices)": je vais prendre le temps de regarder les choses selon ce regard.

    Merci et bonne journée.

  • "regardés", bien entendu :-)

  • "Quant à "Mademoiselle", personne ne m'empêchera de continuer à utiliser cette belle expression."


    C'est une jeune fille - féministe (?) - qui en est l'initiatrice ! Elle est passée aux infos.

    C'est le siècle du n'importe quoi! Quelle année y mettra fin?!

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