21 février 2012

Au commencement était le matriarcat

L’hypothèse d’un matriarcat originel ayant précédé le patriarcat est apparue en Europe au XIXe siècle. Elle a été explorée et développée par le sociologue suisse Johann Jakob Bachoffen puis reprise par des féministes qui y voyaient une réhabilitation du pouvoir féminin, lequel pouvoir était - dans les textes - mis à mal par le Code Napoléon.


Vénus-ancienne-sculpture.jpgA l'origine: un matriarcat?

Pour mémoire celui-ci avait assujetti l’épouse au mari. Il lui était par exemple interdit de travailler ou de tenir de l’argent sans l’accord explicite de l’époux. Ce code misogyne, reflet de la misogynie crasse de Napoléon, a influencé une large partie de l’Europe. Il n’a de loin pas été mis en pratique de manière généralisée puisque dans la société paysanne, la femme travaillait autant que l’homme à l’exploitation familiale et tenait très souvent les cordons de la bourse. Ce code a cependant laissé une empreinte culturelle forte, comme si en réalité il avait mis en tutelle et réduit au silence l’ensemble des femmes. L’étude des mouvements sociaux du XIXe siècle montre que c’est essentiellement la bourgeoisie d’alors qui a mis ce code en pratique.

Il y a d’ailleurs un vrai questionnement à tenir sur les périodes de la Renaissance puis post-révolutionnaire: pourquoi les femmes ont-elles subi une disgrâce sociale et une perte de droits et d’influence dans la société? Chez les Celtes leur place sociale était forte. Chez les Francs la loi salique originelle organisait les héritages des femmes et des hommes. Elles pouvaient disposer des biens familiaux. Il y eut de nombreuses reines dans les royaumes européens comme en Espagne et en Angleterre, la France devenant elle de plus en plus masculine dans la transmission de la couronne.

Bachoffen s’est donc intéressé à l’hypothèse d’un matriarcat originel, soit une transmission des biens et du nom de famille par les mères. Pour cela il a étudié les sociétés pré-hellénistiques comme les Lyciens, les Arcadiens et autres. Dans ces groupes les individus ou les clans étaient fréquemment représentés par des animaux ou en prenaient le nom. Lyciens signifiait d’ailleurs «loups». Ces sociétés étaient largement de culture spirituelle chamanique, culture dans laquelle la femme est prêtresse et socialement puissante. Les mythes grecs font état d’animaux côtoyant les dieux comme des égaux. Les religions sémitiques ont pour leur part subordonné les animaux aux humains et chassé le chamanisme de leurs terres.

D'après l’étude à la fois des mythes considérés comme des traces des formes sociales en vigueur dans une lointaine antiquité, et les traces mémorielles de ces sociétés, Bachoffen conclut que le matriarcat a été originellement la forme d’organisation sociale dominante. Il va plus loin en supposant que ces gynécocraties se sont montrées violentes et guerrières.

 

La répartition: une des clés de l'organisation sociale

Est-ce réel, ou seulement plausible? Réel, on n’en sait encore rien. Il n’y a pas de trace écrite laissées par ces sociétés. On sait par contre que dans les tombes datant de la préhistoire les femmes et les hommes étaient enterrés avec les mêmes honneurs, signe d’une forme d’égalité depharaone.jpg reconnaissance dans les clans d’alors. La répartition des rôles existait-elle comme cela s’est produit par la suite? Les membres des clans étaient-ils répartis en hommes chasseurs de gros gibier (puis guerriers) et femmes cueilleuses et chasseuses de petit gibier? Une forme de répartition est certaine puisqu’elle tient à la différence biologique fondamentale des sexes: les femmes portaient les petits, accouchaient et en principe les nourrissaient.

Une telle activité est-elle compatible avec un matriarcat guerrier? Disons que cela ne l’empêche pas: il y a eu des femmes guerrières et des reines cheffes de guerre. Mais cela ne s’est jamais installé durablement. Pourquoi pas? L’hypothèse la plus probable est le risque encouru par l’espèce. Si les femmes meurent à la guerre la reproduction s’achève. Il y a moins besoin d’hommes pour se reproduire quantitativement que de femmes. Un homme peut féconder des dizaines de femmes dans l’année alors que la femme n’accouche que d’un enfant. N’était la consanguinité un seul mâle suffirait à féconder un clan de femelles.

Cette différence biologique (sexuelle) fondamentale a possiblement marqué et préparé les rôles sociaux et la définition des genres, lesquels sont comme le versant culturel du biologique, ou l’étape éducative de la réalité psycho-corporelle. Le sexe construit le genre, puis le genre fait évoluer la fonction sociale du sexe.

S’il y a un matriarcat à l’origine de nos sociétés on peut se demander pourquoi il a disparu. Les quelques organisations matriarcales actuelles, comme les Mosuo en Chine, ne laissent aucune vraie place aux hommes. Ceux-ci sont exclus de tout héritage et même de l’espace familial. L’homme géniteur n’y est qu’une réserve de sperme interchangeable sans place ni rôle dans la communauté puisqu’il n’y a pas de notion de père. Mais les hommes y adhèrent, c’est donc aussi leur choix, de même que les femmes ont longtemps adhéré à la forme patrilinéaire d’organisation sociale.

 

reine-Isabelle-Castille.jpgSpécialisation ou non?

On peut comprendre que la société choisisse des formes qui lui conviennent et qui assurent au mieux d’abord sa pérennité et ensuite la satisfaction de ses membres. Quelle qu’elle soit une société a besoin d’une organisation. La différenciation, puis la spécialisation et la répartition des fonctions, font partie de toute forme d’organisation familiale, sociale, économique. Dans son aspect le plus basique la différenciation concerne la reproduction sexuelle. Dans les sociétés humaines elle est plus complexe.

Dans tout domaine la spécialisation est destinée à améliorer les prestations d’une personne ou d’un groupe de personnes. Dans une entreprise les activités spécifiques sont cloisonnées afin de permettre à chacun de prendre sa responsabilité et d’éviter les mélanges d’activité nuisibles à la bonne marche professionnelle. Dans n’importe quel groupe les activités sont cloisonnées. L’informaticien qui crée un programme d’aide au pilotage d’un avion n’est pas en même temps pilote. Il faut s’y faire: le temps n’est pas aux esprits multi-tâches et aux compétences additionnées.

Mais dans la société humaine, en particulier dans la famille, un cloisonnement strict des spécialisations n’est pas souhaitable. Si la spécialisation des rôles donne à chaque parent un espace de pouvoir où il règne et est reconnu de manière spécifique, des circonstances (maladie, guerre, décès) peuvent imposer un décloisonnement au parent survivant. De plus des compétences peuvent être associées à un groupe particulier - par exemple les hommes ont plus de force physique et sont attachés aux travaux pénibles - mais pas systématiquement.

La question de l’organisation sociale matriarcale ou patriarcale est à considérer d’abord sous l’angle d’une différenciation et spécialisation utile au développement du groupe social et de l’espèce. Son évolution est liée aux conditions historiques, économiques et culturelles. Ainsi après la Renaissance pendant laquelle les femmes ont perdu du pouvoir, le XVIIe siècle a vu une importante féminisation de la société, avec des hommes à perruques, poudrés et en habits moins virils. Puis la Révolution et le XIXe siècles auraient dû être une période favorable aux femmes. Ce ne fut pas le cas. Etrangement toute période féminisée de la société est suivie par une autre période plus virilisée, et vice-versa. Les excès dans un sens déclenchent une réaction dans l’autre sens.

Actuellement le système de stricte égalité aboutit à des situations confuses. La garde alternée des enfants devrait être la règle mais elle est très peu appliquée et n’est pas toujours la meilleure solution. Les quotas de parité sont dans le sens de l’idéologie actuelle mais ils s’opèrent au détriment des compétences et motivations individuelles. Il est possible qu’à terme un système de répartition différenciée soit à nouveau choisi, mais sans cloisonnement définitif et sans les excès du passé. Ce ne serait ni un patriarcat, ni un matriarcat, ni une égalité indifférenciée. Il n’y a peut-être pas encore de nom pour définir cette forme d’organisation sociétale.


Images. 1: Vénus de Willendorf, 23’000 ans. 2: Pharaonne Hatchepsout (environ 1450 avant JC). 3: Isabelle de Castille, Reine de Castille et Leon (1474 à 1504).

09:31 Publié dans Féminisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : société, patriarcat, matriarcat, femmes, hommes, reines, napoléon, révolution, renaissance, bachoffen, grecs, mythes, sexualité | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Le magazine Grands Reportages de décembre 2011 était consacré aux "sociétés de femmes". En introduction, le rédacteur en chef affirme "que 15% de la population mondiale est concernée par un mode d'organisation matrilinéaire". Une estimation qui montre qu'il s'agit de beaucoup plus que des exceptions anachroniques.

Écrit par : Antisthene | 21 février 2012

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Ce qui est marquant avec les sociétés matriarcal c'est leurs niveaux techniques très faible.

Écrit par : lasu | 21 février 2012

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"matrilinéaire" n'implique pas "matriarcat".
Merci à homme libre pour cette intéressante contribution au débat d'idées.
L'idée du matriarcat originel ressemble à un certain nombre d'autres fantasmes qui hantent notre imaginaire et nourrissent toutes les formes d'expression, artistiques ou non. Les thèses de Bachhofen ont assez rapidement été invalidées, par les spécialistes de la Grèce antique (en particulier son usage du mythe des Lemniennes). Cependant l'idée principale qu'elles véhiculait ont trouvé des pseudo-confirmations par les récits sur les Amazones d'Amérique du Sud et d'ailleurs, qui ont fait le bonheur aussi bien du cinéma hollywoodien que de la bande dessinée.
La psychologie explique en partie cet engouement, qui fournit aux hommes un espace propice à divers aspects de leurs
fantasmes sexuels et aux femmes une revanche imaginaire bienvenue contre la réalité de domination masculine, dont plusieurs religions ont justifié autrefois et justifient encore aujourd'hui les méfaits.

Écrit par : Mère-Grand | 21 février 2012

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"matrilinéaire" n'implique pas "matriarcat".

Écrit par : Mère-Grand | 21 février 2012

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Exact, "matrilinéaire" n'est pas "matriarcal". Mais "matrilinéaire" implique en tout cas une forte dose de pouvoir féminin, permanente dans l'histoire du monde et qui se maintient malgré la mondialisation.

Si l'on ajoute à cette estimation les sociétés strictement égalitaires comme les Celtes, on comprend que la "domination masculine" universelle et éternelle est un concept purement idéologique porté par les sexistes anti-hommes.

Écrit par : Antisthene | 21 février 2012

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Mere Grand,votre commentaire a quelque chose d'impitoyable dans cette remise en place sous l'angle psychologique. Mais c'est sans doute un peu vrai. Toutefois le reservoir de nos connaissances peut etre si facilement remis en question.
Le code Napoleon a laisse sans nul doute des traces. Je crois qu'aujourd'hui encore une epouse en France doir presenter l ' accord de son mari pour ouvrir son propre compte en banque. Cela dit, avant Napoleon, il y eu l'empire romain qui a aussi ete un grand promoteur de cette culture d'inegalite.
J'ai meme envie de me risquer a dire qu 'un contentieu homme/ femme s'est cristallise dans la societe greque. L'emergeance du raisonnement, de la maitrise de la pensee initiee par les philosophes, puis par les mathematiciens, Pythagore, Euclide etc ...tout cela est une creation exclusivement masculine. Les hommes se sont crees un domaine propre qui exclue le monde plus feminin. Pire ,les qualites feminines etaient percues comme parasites dans ces sciences maniant la pensee. Un clivage culturel s'est veritablement constitue. avec des jugement de valeurs typiquement mentaux. Les racines de conflit des valeurs homme/ femme se situent dans ce genre de choses.

En parallele de ces civilisations, plus a l'ouest notre monde etait Celte, avec des valeurs et des fonctionnements entre les genres de toute autre nature. On s'enrichirait beaucoup d'aller puiser un peu a ces racines que l'empire romain a anihiler completement. Les Celtes etaient tres creatifs, des champions de la decentralisation, des reseaux de communication, du commerce. Le rapport local en lien avec le global semblait tres naturel. Ce sont aussi nos ancetres .

Écrit par : Aoki | 21 février 2012

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@ Aoki

"Je crois qu'aujourd'hui encore une epouse en France doir presenter l ' accord de son mari pour ouvrir son propre compte en banque."

Extraordinaire ! Informez-vous un peu, vous retardez de cinquante ans !

Écrit par : Antisthene | 21 février 2012

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"Je crois qu'aujourd'hui encore une epouse en France doir presenter l ' accord de son mari pour ouvrir son propre compte en banque"

Mazette !!!! C'est fini depuis longtemps.

La Loi salique : elle a été modifié par les Valois il me semble, histoire de justifier l'éviction des femmes au Trône de France.
Il nous faudrait un spécialiste pour nous expliquer tout ça en détail.

Écrit par : Patricia | 21 février 2012

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@ Antisthene

Oui , notez bien que j'ai ecris " je crois". En fait une amie, m'avait racontee une mesaventure du genre qui relevait d'un reliquat assez archaique, mais je ne souvenais plus du detail. ce n etait donc pas celui- la ... Desole :-)

Écrit par : Aoki | 21 février 2012

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"la "domination masculine" universelle et éternelle est un concept purement idéologique porté par les sexistes anti-hommes."
Veuillez remarquer que je n'ai pas pas utilisé les deux adjectifs "universelle et éternelle", puisque les islamistes sont là pour mettre ces demi-personnes à leur place ;-). De plus je vous assure que je ne suis de toute manière pas un "sexiste anti-homme", ne serait-ce que parce que je suis un homme (enfin, c'est ce que j'ai toujours cru et ce que me font croire ceux qui m'entourent, dont mon épouse et mes nombreux enfants) et ensuite par ce que je ne me vois pas comme sexiste.
P.S. D'ailleurs, pour ce que cela vaut, si un ami qui vient d'avoir une déception sentimentale dit "toutes des salopes", je ne m'adresse pas à une quelconque ligue de défense des droits "humains" et je suis même capable de surenchérir avec un léger sourire (généralement vite partagé, d'ailleurs). Pas plus que si une amie se plaint d'un copain qui la fait souffrir en disant "les hommes sont tous des salauds et des cochons" je lui souris et essaie de la consoler de ses déboires (parfois je me laisse aller à surenchérir là aussi, selon ma fantaisie).

Écrit par : Mère-Grand | 21 février 2012

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Je crois que les jeunes hommes comme Grégoire et Julien Cart ont une approche de l'égalité homme-femme plus objective et plus saine.
Je ne sais si le titre "au commencement était le matriarcat" est une boutade, une provocation.
Certains craignent que les femmes prennent le pouvoir. Alors, ils élaborent une thèse pour tenter de défaire ce que les féministes ont patiemment construit: une juste égalité.
Alors puisons dans nos sources et regardons d'une manière objective le rôle de la femme:
Dans les sociétés primitives, les femmes remplissaient leur rôle de mère et le plus souvent ne vivait pas avec le géniteur, mais avec sa propre famille, car elle était la propriété de son père, de son frère, de son clan.

Il y eut quelques exceptions. Des femmes devinrent chefs de tribus et chez les Iroquois, les squaws avaient le droit de parler, de voter.

Mais dans l'ensemble, les conditions de la femme étaient très dures, comme disait un chef de tribu "Les femmes sont faites pour travailler. Une seule peut porter ou tirer autant que deux hommes. Elles dressent nos tentes, fabriquent nos vêtements, les raccommodent et elles nous tiennent chaud la nuit....Elles font tout et ne coûtent pas grand-chose.."
Ce matriarcat-là équivaut plutôt à un esclavage.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 21 février 2012

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Julien Cart, une approche objective ?

Quelqu'un qui ne fait (volontairement) pas la différence entre hominisme et masculinisme, qui considère qu'une femme violente est une victime (s'appuyant sur le discous du suicidé Léo Thiers Vidal), qui oublie les mensonges féministes à propos des violences et des écarts de salaire, qui colporte à tout va une théorie patriarcale qui s'effrite un tant soit peu pour peu qu'on s'interesse sur le sujet est objectif ?

Larousse doit s'en retourner dans sa tombe ...

Écrit par : Nash | 21 février 2012

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Par rapport a quoi et a qui l'approche de JulienCart serait plus objective et plus saine .
Vous pourriez developper ?

Écrit par : Aoki | 21 février 2012

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Scoop: Les Amazones d'Amérique Latine étaient des mecs. Une tribu vivant en amont d'Iquitos, au Pérou, sur les bords de ce que Francisco de Orellana va nommer "Amazone" parce que les indigènes portaient de longues jupes et des perruques en rafia qui donnaient l'impression qu'ils étaient des femmes. En plus ils décochaient des flèches empoisonnées qui firent des ravages au sein de l'expédition. Orellana et ses conquistadors auraient cependant du s'apercevoir que les fléchettes étaient tirées à la sarbacane et non à l'arc. Il subsiste quelques-uns de ces indiens qui revêtent encore à l'occasion leurs costumes en raphia pour les touristes de passage, moyennant quelques pièces...
La matrilinéarité n'est en effet pas forcément du matriarcat. On parle plutôt de matrifocalité ou encore de "mâle voyageur". Elle était notamment fréquente aux Antilles parmi les populations d'anciens esclaves. La mère élève ses enfants, à qui elle transmet son nom, dans sa propre demeure. Le mâle géniteur n'est là que pour un temps, celui de la conception ou au plus quelques années. Il contribue parfois aux finances du foyer, mais pas forcément. Le fait qu'il n'ait qu'une importance très relative dans la famille n'empêche pas les comportements violents lorsqu'il rentre chargé de rhum. Mais cela permet à la femme de s'en débarrasser plus facilement.
Il se trouve qu'en tant que journaliste, j'ai fait un reportage sur les sources de l'Amazone et visité les-dits indiens. Tandis que j'ai étudié l'ethnographie des Antilles françaises, dont la matrilinéarité.
Sur la loi Salique, en revanche je ne peut que confirmer qu'une historienne française a récemment remis en cause son fondement macho. Une historienne isolée ne faisant pas le printemps, même sur Wikipedia, cela demande à être corroboré. En complément de sa thèse, on peut relever que les fils de Clovis ont cru bon pouvoir s'emparer de la Burgondie sous prétexte que leur mère était une princesse burgonde. Mais s'ils ont laissé la lex gumbatta en vigueur en burgondie, c'est peut-être précisément parce que celle-ci reconnaissait davantage de droits à l'héritage aux femmes que la loi salique ?

Écrit par : Général Tapioca | 21 février 2012

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Je m'étais en son temps intéressé à la loi salique, mais il faudrait rafraîchir cela. J'ai jeté un coup d'oeil sur Wiki et le commentaire me semble assez recoupé par d'autres sources que j'avais lues. Un article de la loi salique a en effet été invoqué pour barrer la route à une possible reine mais surtout pour renforcer l'aspect français de la monarchie et éviter à la France de devenir propriété de familles non françaises.

En quelque sorte la loi salique a préservé une identité française. Le fait qu'une femme ait été refusée à la royauté était un prétexte à refuser la mainmise d'une famille étrangère, anglaise en l'occurrence. Au point où l'on a préféré un hérétique (Henri IV, protestant). Quand on connaît un peu le contentieux franco-anglais de l'époque, rien d'étonnant: l'anglais était l'ennemi juré.

Par ailleurs la loi salique d'origine (du temps de Clovis), très teintée de loi romaines, a servi à renforcer l'autorité centrale du roi, à organiser les relations hommes-femmes (une sorte de début de code pénal qui condamnait déjà l'abus physique), à réglementer les successions (toujours dans le but de renforcer le royaume).

Selon Wiki l'éviction des femmes à la succession d'héritage est un mythe, démonté par un historien.


On a fait tout un plat de cette loi, comme on l'a fait avec la supposée absence d'âme des femmes pour l'église catholique. En fait cela ne résiste pas à l'analyse. On n'est pas devant un plan systématique contre les femmes. Par contre on peut se poser des questions sur l'utilisation faite par certaines féministes de ces éléments.

Sur l'objectivité des positions, permettez-moi Noëlle de ne pas partager votre point de vue. Mais à part cela, oui le titre est une boutade, même si la réflexion qui le suit n'en est pas une.

Écrit par : hommelibre | 21 février 2012

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Oui, enfin, la Loi salique a bien aidé à l'époque Philippe V et ses dents qui rayaient le plancher....
Le type s'était collé Régent en attendant la naissance de l'héritier.
Le pauvre Jean Ier le Posthume n'a vécu que 5 jours, quel bol !!! (d'ici qu'on l'aurait un peu aidé à ne pas faire long feu celui là, je serais pas étonnée).

Écrit par : Patricia | 21 février 2012

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Alors, ils élaborent une thèse pour tenter de défaire ce que les féministes ont patiemment construit: une juste égalité.

==> Quand une féministe comme Erin Pizzey qui a consacré sa vie à lutte contre les violences faites aux femmes, sort que le féminisme est quelque chose de pourris, je pense qu'a partir de la on peut légitimement ce posé des question et quand on gratte et qu'on a pas des œillère sur les yeux on voit qu’effectivement c'est bien pourris.

Écrit par : nitra | 21 février 2012

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@Noëlle Ribordy
Je me suis intéressé de près aux Iroquois il y a bien longtemps et ils méritent, en effet, une mention. et cela pour plusieurs aspects de leur moeurs et coutumes, dont celle que vous mentionnez.

Écrit par : Mère-Grand | 21 février 2012

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P.S.
Lire, si l'in peut mettre la main dessus, les oeuvres de Lafitau et Morgan.

Écrit par : Mère-Grand | 21 février 2012

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Mère-grand, merci pour l'information.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 21 février 2012

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Tapioca, vous ici? Je constate que vous êtes de tous les bons banquets.

Écrit par : Mère-Grand | 21 février 2012

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Article pas mal dans l'ensemble mais contenant quelques contre-vérités qui révèlent à quel point notre manière de réfléchir au passé est centrée sur notre patriarcat présent.
1- La question de la guerre est une problématique typique des sociétés patriarcales portées à l'expansion et à la domination. Si vous étudiez de plus près les sociétés matriarcales qui existent encore vous comprendrez que la guerre n'est pas vraiment un problème dans ces sociétés. Comme l'a dit l'anthropologue Françeoise Héritier, le commerce d'êtres humains (enfants, femmes, esclaves) ne s'observe que dans les sociétés patriarcales, jamais on a vu des sociétés dirigées par des femmes commercer d'autres être humains. Voilà qui devrait vous donner à réfléchir.
2- Dans la société des Mosuo les hommes ont un rôle dans l'éducation des enfants. C'est une société sans père ni mari mais pas sans oncles.

Merci de vous renseigner notamment ici : http://matricien.org/geo-hist-matriarcat/asie/moso/

Écrit par : narnacha | 22 juillet 2014

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narmacha, je vous présenterai mon ex et vous comprendrez que la femme non violente est un mythe.

Écrit par : pat | 22 juillet 2014

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" Ce code a cependant laissé une empreinte culturelle forte, comme si en réalité il avait mis en tutelle et réduit au silence l’ensemble des femmes. L’étude des mouvements sociaux du XIXe siècle montre que c’est essentiellement la bourgeoisie d’alors qui a mis ce code en pratique"

en réalité ce code ne correspondait, au quotidien même dans la bourgeoisie.

http://www.huffingtonpost.fr/nicolas-bersihand/lettre-de-george-sand-au-comite-central_b_5542939.html

"Puisque les mœurs en sont arrivées à ce point que la femme règne dans le plus grand nombre des familles, et qu'il y a abus dans cette autorité conquise par l'adresse, la ténacité et la ruse, il n'y a pas à craindre que la loi se trouve en avant sur les mœurs. Au contraire, selon moi, elle est en arrière."

finalement en donnant l'égalité en droit aux femmes, elles se sont lâchées, elles mentent en affirmant quelles ne l'ont pas, elles mentent en affirmant que les femmes étaient soumises avant et en réalité la société entière est devenue maternante, avec les dégâts qui vont avec, le compassionnel est l'émotionnel sont généralisés, avec l'injustice et le manque d'objectivité qui vont avec, l'éducation des enfants est catastrophique, ils n'ont plus de limites.

Écrit par : leclercq | 22 juillet 2014

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Le Matriarcat
"Vérité ! Eternel sujet des discordes du monde ! cherchée par les uns, cachée par les autres, aimée passionnément, ou persécutée follement, mais revendiquée toujours par ceux qui ont voulu régner sur la terre, alors qu'aucun d'eux ne la possédait.
Et si vous demandez pourquoi elle a ce prestige, on vous dira que c'est parce que tout au fond de l'histoire se trouva un temps où la VÉRITÉ était la base même du pouvoir.
Celui qui SAVAIT enseignait et cela lui conférait une puissance sociale, une autorité. C'était l'âge d'or, l'époque bienheureuse où régnait le Droit naturel (Jus naturale). Cela dura pendant une longue période de temps, toute la première jeunesse de l'humanité, et c'est pour cela que l'atavisme rend à l'enfance actuelle, quand elle n'est pas pervertie par le milieu social, la spontanéité du vrai instinctif. Le mensonge n'a été introduit dans le monde qu'avec l'usurpation et pour la justifier.
Quels étaient donc ces premiers instructeurs de l'humanité qui expliquèrent à l'homme la Nature et ses mystères, la vie et ses lois ?
La tradition de tous les pays fait remonter cette première science à une « race divine ».
Puis, quand vint la religion moderne qui résuma tous les Dieux en un seul, on déclara que « la Révélation vient de Dieu ». Mais ceux qui parlaient ainsi s'appuyaient sur une tradition altérée ; si nous remontons à sa source, nous ne trouvons pas un Dieu, mais des Dieux, et si nous cherchons
quel était le secret de leur nature divine, nous devons remonter plus haut encore, et dans ce passé lointain, nous ne trouvons plus des Dieux, mais des Déesses, et forcément nous constatons que c'est cette primitive Divinité, la Déesse, qui a instruit les hommes. Nous comprenons alors que la source de toute vérité, c'est l'Esprit féminin.
Dans sa primitive adolescence, le jeune homme voyait en la déesse, la Femme, un Etre très supérieur à lui, un Etre bien au dessus de sa nature masculine plus grossière.
En effet, rappelons que dans l'enthousiasme des premiers élans, des premiers désirs, il soupire, il chante, il exhale son âme aimante et joyeuse, sans entraves sociales, sans atavisme générateur d'une timidité annihilante, sans ennemis encore, il marche en avant dans ses passions naissantes sans savoir où elles le mènent, sans crainte d'un danger inconnu. L'enthousiasme poétique de la jeunesse le saisit tout entier. C'est le premier éveil des sentiments qui vont envahir le cœur de l'homme et bientôt jaillir comme un fleuve impétueux.
Et pendant que la jeune fille grandissait en beauté, en esprit, elle prenait aux yeux de l'adolescent primitif un prestige infini.
Elle était donc surnaturelle à lui, et Le surhumain, c'est le féminin." (Evolution de l'idée divine - Céline Renooz 1908)

Céline RENOOZ, née à Liège (Belgique), 1840-1928, naturaliste, physicienne, psychologue, historienne, conférencière.

- L'ère de vérité Livre 1 Le Monde Primitif
- L'ère de vérité Livre 2 Le Monde Ancien
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- L'ère de vérité Livre 4 Le Monde Celtique
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- L'ère de vérité Livre 6 Le Monde Moderne
- Psychologie comparée de l'Homme et de la Femme
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- l'Evolution de l'homme et des animaux

Écrit par : JeanClaudeVandale | 04 décembre 2014

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