Affiches du 11 mars (4 et fin): la petite fille dans la lumière

L’abondance d’affiches et de sujets pour la votation du 11 mars fait goulet d’étranglement. J’en terminerai donc aujourd’hui avec trois affiches supplémentaires. Avec mes excuses pour les autres. Plusieurs des autres ont des points communs avec celles que j’ai déjà traitées, ou sont très classiques dans la manière de délivrer leur message. Le classique n’est pas une chose insignifiante mais j’ai préféré traiter l’originalité. Voici donc les dernières, avec ma préférée - car je l’avoue, j’en ai une...

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A4_Plakat_franzoesisch1.jpgLa petite fille dans la lumière

Oui, l'affiche avec Heidi est ma préférée. Le mouvement du trait, l’élan du dessin, l'italic du "oui" qui prolonge l'inclinaison de la jambe et du bras (quelle puissance visuelle, cet axe penché) la rendent particulièrement vivante. Et cet espace vers les montagnes: l'affiche respire. Comparée à d’autres avec des enfants, où l’on a voulu créer une dynamique artificielle, il n’y a pas photo comme on dit. Non seulement le trait est beau mais le dessin est émouvant. Image de la Suisse heureuse. La Suisse où il fait bon vivre et lire.

Les couleurs donnent envie, la luminosité est contagieuse, le rouge est chaud sans être agressif.

Et quelle belle victoire que ce bras d’enfant portant haut le livre, comme un trésor conquis et dévoilé. Quelle bonheur sur son visage.

Quel professionnalisme dans le concept et la réalisation. Chapeau, l’artiste!

 

 

Photo070.jpgLes ailes mortes

Non, non, non! Non! Pas ça. Le slogan, avec ces ailes dessinées pour le souligner comme si l’on n’était pas sûr de ce qu’il signifie, ou comme si l’on vous prenait pour un benêt: «T’as vu les ailes?». Ces ailes qui ne portent rien ni personne, comme mortes. L'affiche manque d'air et de portance. Ces ailes maigres dessinées faute de mieux. Cette ado qui bondit pour la photo, comme les gamins derrière le reporter télé à la mi-temps du match.

Non. Non.

 

 

 

Affiche11-3-921.jpgNon

Là, oui. Univers menaçant, orwellien, barreaux, prison, gardien, limitation, enfermement. L’image est excessive: on sait que l’Etat policier n’est pas derrière la grille du jardin. Mais elle dit clairement les choses. Ici on ne respire pas mais c'est voulu. Ce militaire flou que notre cerveau doit en partie reconstituer est puissant: il nous rend actifs. En reconstruisant la photo nous entrons dans l’image, nous nous l’approprions.

Texte clair, sobre.

Affiche esthétiquement très réussie.

J’ai par contre des doutes sur son efficacité. Elle pourrait ne convaincre que les convaincus.

 

 

Et pour le plaisir, un rappel de Heidi, avec les pieds nus cette fois.

Et oui, la version française la montre pieds habillés. Quelle drôle d'idée. Et merci pour votre gentillesse à me lire.

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