19 février 2012

Présidentielle française: Bayrou, l’autorité naturelle

Suite à mes réflexions sur l’autorité je me suis demandé qui, parmi les candidat-e-s à l’élection présidentielle, dispose d’une autorité naturelle? Chacun a ses qualités, mais sur le plan de l’autorité naturelle, c’est le déficit. Qui a-t-on spontanément envie de respecter?


presidentielle-dossier.jpgJe ne donne qu’un avis subjectif et intuitif et l’on peut le mettre en question. Ne connaissant pas les candidat-e-s en lice personnellement je ne peux que m’inspirer d’indices, d’impressions et de la représentation d’eux-mêmes qu’ils donnent. Allons-y avec cela.


Nicolas Sarkozy:

Il n’inspire pas le respect. Son dynamisme aurait pu le faire mais son style gâche tout. On respecte une cohérence. Or où est la cohérence entre l’étalement de la richesse au Fouquet’s le soir de son élection, et le «Casse-toi pauvr’ con» des banlieues? Comment respecter un président qui mouche ostensiblement les journalistes, prenant apparemment plaisir à les enfoncer? Ce n’est pas digne de respect et ce n’est pas faire preuve d’une autorité naturelle. Le malaise avec lui est permanent: trop de «bad vibrations» accumulées. Il a d’ailleurs lui-même renoncé au respect de soi qui va de pair avec une autorité naturelle. Par son attitude hautaine envers les autres Nicolas Sarkozy est quelqu’un qui se blesse lui-même, de manière constante. D’ailleurs même la photo de son affiche est ratée: inexpressive et pâle.


François Hollande:

Il a beau essayer de faire son président, n’est pas François Mitterrand qui veut! Le ton ne fait pas l’autorité. Son phrasé, certes un peu moins coupé et haletant qu’auparavant, ne fait pas illusion. La manière dont il a mouché les américains en refusant de rencontrer Hillary Clinton, pas assez bien pour lui («Not good enough»)... C’est le signe même du morveux qui n’accepte pas ce qu’il ressent comme une humiliation. Un Sarkozy bis. Aussi anxieux et agité que lui malgré les apparences, et la même arrogance. Aucune autorité naturelle.


Jean-Luc Mélenchon:

Non, aucune vraie autorité. Mélenchon est l’exemple de l’agressif qui ne cherche qu’à punir. L’autorité par la punition ne suffit pas à asseoir une personnalité, du moins pas en politique. Ou alors il faut avoir la force de persuasion d’un vrai dictateur. Mélenchon en est loin (heureusement). Il pourrait faire mieux. Plus calme il montrerait probablement davantage d’autorité naturelle. Mais il s’est donné comme rôle d’agiter la gauche et de faire campagne dans la tension: le calme ne convient pas à son image de marque. C’est son choix.


Marine Le Pen:

Elle n’a certainement pas l’autorité de son père, qui mélangeait bien le côté force tranquille et le discours punitif. Il lui manque une assise. Elle est presque trop gentille et trop interactive. Le rôle de passionaria semblerait lui être dévolu, ne serait-ce que parce qu’elle est femme et capable elle aussi de faire monter la tension dramatique. Mais cela ne suffit pas. L’autorité qu’elle peut revendiquer est d’être au service de son mouvement, à défaut de disposer d’une dimension d’autorité naturelle.


Eva Joly:

J’ai déjà eu l’occasion de souligner (comme ici) la cacophonie de son discours et celui des Verts, et le peu de signification de ses interventions. Il y a un évident et profond manque d’autorité naturelle. Elle ne gouverne pas ses troupes.


bayrou2.jpgFrançois Bayrou:

C’est à mon avis le seul à montrer un semblant d’autorité naturelle. Le seul dont on pressent qu’il a envie de remettre les choses en ordre, à leur place, et qui assurerait un peu plus de paix sociale. Ses thèmes, son parler, son attitude vont dans ce sens. C’est peut-être aussi le moins visiblement arriviste.


Ces candidat-e-s semblent être des humilié-e-s en quête d’une hypothétique revanche, d’une démonstration  à faire, sauf Bayrou. S’il fallait choisir selon le sentiment de l’autorité naturelle et de la stabilité intellectuelle et émotionnelle, ce serait Bayrou. Mais apparemment les français ne recherchent pas cela: il ne décolle pas vraiment dans les intentions de vote. Les français veulent probablement encore se faire mal.

Quant aux autres candidats ils ne sont guère convaincants.

Commentaires

ça vous gêne le Fouquets ?
Pas moi.
Qu'est ce que c'est à coté de tout l'argent public que Mitterand a dépensé pour entretenir sa fille illégitime et sa maitresse en titre ?
:Peanuts.

Écrit par : Patricia | 19 février 2012

Bayrou n'a pas vraiment d'autorité naturelle. Mais c'est un rassembleur. La France pourrait enfin sortir de la guégerre PS-UMP avec ce centriste. Le seul moment où j'ai vu de l'autorité par ce monsieur c'est lorsqu'il avait giflé un gamin qui lui faisait les poches en banlieue. Sinon, il me parait intègre et honnête chose rare en politique.

Écrit par : Riro | 20 février 2012

Moi aussi, je serais assez pour Bayrou, ne serait-ce que parce que je crois que l’avenir est au centre.

Il y a ras le bol de cette guéguerre continuelle droite-gauche avec des arguments qui, à forcent d’être usés, deviennent ridicules.

Il n’y a qu’à lire, par exemple. l’intervention de Patricia qui reproche à Mitterand sa fille illégitime, c’est n’importe quoi mais pas plus, en effet, que de reprocher à Sarkozy d’avoir fêté sa victoire au Fouquet’s. Dans les deux cas, on s’en fou !

Quoi qu’il en soit, il est grand temps de passer à une vision politique sans vieilles rancunes ni attaches dogmatiques pour donner un nouvel élan qui se distinguerait, enfin, par des prises de position et des décisions simplement pragmatique et constructives.

Vive le centre donc !

Écrit par : Vincent | 20 février 2012

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