2011 vous a plu? 2012 sera pire!

«Toujours plus!» est une des grandes devises de l’humanité. Rares sont les populations ou groupes qui s’en affranchissent. A part quelques peuples aborigènes ou amérindiens d’Amazonie, la plupart des sociétés en veulent toujours plus. A une époque où l’on parle de décroissance, l’envie du Toujours plus touche tous les domaines.

2012-1.jpgToujours plus de richesse. Personne n’aime vivre dans la pauvreté et le dénuement. Il faut être moine pour se contenter du bol de riz quotidien. La plupart des gens veulent plus, avoir une marge, pouvoir prendre des vacances, acheter un écran plat, etc.

Toujours plus de bruit et de gigantisme. Les concerts de rock ou les festivals pop se sont livrés pendant des années à une concurrence sur la taille. Plus le lieu est grand, la scène démesurée et les effets spéciaux bluffants, plus cela marque les esprits.

Toujours plus de puissance dans les moteurs de voiture, dans la vitesse des avions (par rapport au tout début), dans l’éloignement des contrées spatiales à explorer, dans la puissance des télescopes pour aller toujours plus loin dans la découverte des origines de l’univers. 

Toujours plus de possibilité dans les jeux vidéo, de réalisme des graphismes, de complexité des mouvements à contrôler. Toujours plus de points à marquer.

Toujours plus de records à battre dans tous les domaines: le french kiss le plus long est de 30 heures, 59 minutes et 27 secondes! On ne sait pas comment ils sont allés aux toilettes...

Toujours plus d’argent pour acheter toujours plus, avoir une voiture toujours plus grande, une maison toujours plus belle.

La liste pourrait s’allonger. Cet aperçu signifie que les humains vivent très majoritairement avec cette poussée vers le plus, cette compétition entre eux ou avec eux-mêmes. Elle est même un moteur d’évolution, de motivation et de dépassement de soi. On peut estimer que tout cela n’est que superficiel, que les vraies valeurs sont ailleurs que dans la compétition ou que dans une croissance effrénée; mais combien d’entre nous sont prêts à vivre comme les aborigènes?

Une certaine limite s’impose naturellement. Par exemple la vitesse maximale des voitures est relative aux possibilités de rouler et de tenir la route. Cette des avions est liée au coût du voyage pour le plus grand nombre.

Malgré cela «Toujours plus!» est la règle. On se rend moins compte que le «Toujours plus!» existe aussi dans la catastrophe. Combien de personne se disent: «Jamais deux sans trois»? Combien attendent le pire quand les choses vont pourtant plutôt bien?
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Et bien si 2011 a amené son lot de catastrophes: humanitaires, écologiques, financières, famine, tsunami, parmi d'autres, que les esprits chagrins se réjouissent: 2012 devrait être pire à leurs yeux. D’abord bien sûr à cause du flip causé par le calendrier Maya. A mon avis c’est typiquement le genre d’angoisses millénaristes que l’on connaît déjà. L’an 1000 a eu les siennes. L’an 2000 n’y échappe pas. Et à voir le nombre de livres et sites internet qui relaient et commentent cette supposée fin du monde, les cohortes de la peur sont fournies!

Franchement je me fiche pas mal du 21.12.12. Il ne se passera rien de plus ou de moins que d’habitude, et dans un an nous en rirons bien. La fin du monde ne se décrète pas ainsi. Une planète venant heurter la Terre? Ok, cela fait un bon scénario de SF. Certains se sont tellement plongés dans ce scénario qu’ils y croient. Rappelons-nous comment la comète Elenin était supposée déclencher des tremblements de terre et des éruptions volcaniques généralisées en octobre dernier...

On peut aussi se dire que vu tous les accablements de 2011 l’année prochaine devrait aller forcément mal. D’accord l’économie est fragilisée et le chômage pourrait encore augmenter. D’accord Fukushima n’est pas maîtrisée et continue à poser problème. D’accord les tensions sociales sont fortes, et de nombreuses personnes souffrent d’exclusion ou de pauvreté.

Tout cela n’est pas facile à vivre. Je n’imagine pas les foules dansant dans la rue aux cris de «Tout va bien!»

Mais tout ne vas pas toujours plus mal. Nous n’avons pas la maîtrise de l’ensemble des phénomènes de la vie mais nous pouvons décider d’envisager l’avenir avec foi et détermination. Une partie des choses de la vie est en notre pouvoir, et en premier lieu le fait de garder confiance et espoir et de travailler à ce que la vie s’améliore dans notre entourage. Si chacun fait un petit bout là où il est, cela devient vite une masse.

Donc en 2012 nous avons toujours le choix: subir le monde et penser que cela va toujours plus mal. Ou bien décider de faire ce qui nous est possible pour que le monde soit plus souriant et accueillant, et voir une touche de beauté quelque part.

Il y a des choses à déplorer, à critiquer, qui suscitent l’indignation. Il ne s’agit pas de faire comme si de rien n’était. Mais il y a notre propre force et foi pour y faire face. Et un peu de joie au coeur pour nous donner l’envie et le courage.

2012 sera donc, en partie, ce que chacun de nous en fera.






 

 

 

 

 

 

Bon pour la tête:

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Catégories : Psychologie 4 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Pour un moment se prendre pour le Roi, la Reine des fées, voilà un souhait tout à fait plaisant!
    Ici le "toujours plus" a disparu depuis tout un temps déjà et la créativité, parfois assez joyeuse, surgit un peu partout. La solidarité surtout.
    Bon, bon, passons la page sans faire tant d'histoires...
    Amicalement.

  • Ambiance propice à l'évangélisation
    Texte inspiré du 31 déc. 2011:

    Nuages

    "On va vivre dans une ambiance de fin des temps!!"
    ...
    Réf. Bible de Louis Segond Marc 16.15
    Jésus dit : "Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création".


    Séphira

  • Je partage cette réflexion. L'apocalypse n'est pas dans un évènement à venir. Elle est plutôt dans la révélation que les hommes auront quand la désacralisation et les conséquences du toujours plus, du gigantisme (tour de Babel), de la course à la performance et à l'efficacité et à la surconsommation créeront une situation de non-retour. Ils découvriront peut-être que la valeur essentielle est l'amour (l'être peut-être?) avant le "faire" ou l'"avoir".

  • Fêtons le dernier jour de 2011.
    Demain sera fait d'un début de guerre mondiale III avec bien plus de technologie de destruction massive de l'espèce humaine que par le passé.

    On aura tout donné. Il restera nos vies usées et malmenées, celles de nos enfants et petits enfants. Plus utiles que chair à canons, elles seront chair marquée de l'esclavage moderne pour le bonheur d'une oligarchie sans visage.

    Fêtons ce soir sans restriction, rêvons une dernière fois!

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