20 décembre 2011

La gravitation amoureuse

Etrange chose que la gravitation. Deux corps, par exemple deux astéroïdes ou deux étoiles, s’attirent en se rapprochant. A leur proximité l’espace est déformé. Ils se précipitent l’un sur l’autre. Rappelons-nous le coup de la pomme de Newton. Depuis des millénaires tout le monde trouvait normal que les pommes tombent de l’arbre. Jusqu’à ce que Newton formule cette intuition formidable: la pomme ne tombe pas, elle est attirée par le Terre. D’ailleurs s’il n’y avait pas la Terre elle ne tomberait pas. Il faut dire qu’il n’y aurait pas de pomme non plus.


gravitation1courbure.jpgLa pomme attire aussi la Terre. Mais celle-ci est trop grosse pour que cela se voie.

On pensa longtemps que l’attraction était une force. Jusqu’à Einstein, qui n’en ratait pas une pour démonter l’univers connu. A partir de lui on sait que «La gravitation n'est plus une force mais la manifestation d'une déformation de l'espace par les corps massifs qui y sont plongés. Pour expliquer cela, on peut imaginer l'espace comme une grande toile plastique tendue. Chaque objet posé dessus va créer une dépression (un creux). Si on lâche une petite bille sur cette toile, elle va forcément être attirée par un creux.»


Il serait pour le moins téméraire de penser que l’attraction amoureuse obéit à des lois analogues à la physique. Ce serait inexact. Tous les corps (humains) ne s’attirent pas. Si l’on fait le test de marcher dans la rue sur 1 kilomètre, combien de personnes croiserons-nous susceptibles de nous attirer? En général c’est peu. C’est encore moins si l’on ajoute les limites que l’on se pose à soi-même.

Et heureusement. Phéromones affolantes ou non, trouver une personne attractive tous les cinq mètres est peu ou pas gérable.

Mais alors comment expliquer le mystère de l’attraction amoureuse, sorte de gravitation des corps, du désir et des sentiments? Comment décortiquer cette envie de rouler dans tous les sens vers l’autre, se s’en approcher au point de s’y coller serré, comme si un creux dans la toile des relations bouleversait toute notre physique personnelle?

Il n’y a peut-être pas à expliquer: seulement constater. On peut certes trouver des raisons. Si l’image corporelle d’une personne correspond à celle que l’on a en soi, le courant s’allume. Ce peut n’être que le visage, la voix, les gestes, pourvu qu’une certaine concordance s’établisse. Mais cela n’explique pas tout. On peut trouver des affinités intellectuelles sans que le désir ne se mettre de la partie. Il y a aussi des attractions très physiques, sans sentiment particulier.

La gravitation amoureuse est un mystère. C’est aussi un fait très inégalitaire. L’idée est de Pascal Bruckner. Dans «La plus belle histoire de attraction-.jpgl’amour», livre intéressant sur la relation d’amour à travers les âges mais véhiculant certains clichés, Bruckner décrit l’amour comme une préférence. Une personne obtient notre attention d’une manière telle que personne d’autre ne l’obtiendra (en principe). L’égalité serait de considérer tout le monde avec la même bienveillance. Mais l’amour échappe à cela. Nous préférons une personne à toutes les autres. La gravitation nous rapproche de cette personne précise et nous fait partager avec elle des moments, des activités, des discussions que nous n’aurons pas avec d’autres. L’amour est inégalitaire.

Cette attraction - et la gravitation qui en est la cause - ne peut vraiment s’expliquer. Mais elle se constate et se dit, simplement: «Je l’aime». Parfois c’est: «Je désire cette personne, elle me manque.»

Dans tous les cas nous pourrions dire: «Je suis entré en gravitation avec cette personne».


N’est-ce pas plaisant de comparer les rencontres amoureuses à des événements cosmiques? Dans l’idée de la gravitation le manque pourrait être considéré comme le fait de remonter le creux dans la toile plastique. Ce qui n’est pas aisé. En général, un corps qui se rapproche beaucoup aura tendance à fusionner avec l’autre. Mais imaginons ce qu’il advient si l’un des deux astres disparaît: l’autre reste piégé dans la mémoire de cette courbure. Son mouvement, mis en danse et concordance avec le mouvement de l’autre astre, est pris dans une trajectoire dont on ne devine que les ombres. On sait qu’il y a eu la présence d’un autre astre à cause du mouvement de celui qui est encore visible. Les physiciens savent bien mesurer les attractions fantômes.

Les poètes, eux, mesurent la démesure d’une rupture d’attraction. Les fantômes, ils connaissent: la poésie est remplie de tout ce qui ne se dit pas.

L’attraction des corps appelle à la fois le discours scientifique et le discours poétique. Mais ce ne sont pas les mêmes corps.

 

 

 

 

Un cadeau agréable pour les fêtes:

CouvDiable.jpg

08:10 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : amour, attraction, passion, gravité, corps, newton, einstein, espace, temps, bruckner, égalité, désir, sentiment | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Les relations amoureuses vu sous l'angle de la physique, c'est le buzz du moment ou quoi? ;o)

Une part de mystère cela fait partie de l'attraction ressentie. Il me semble nan?
A trop vouloir décortiquer, ya plus de mystère. Et on risque de passer à coté de l'attraction

Et pis j'sais pas pour vous HL mais j'me vois mal dire à l'homme que j'aime "je suis entrée en gravitation avec toi" Pas sure qu'il comprenne. Les explications compliquée ça les ferait plutôt fuir les hommes ;o))

Écrit par : Loredana | 20 décembre 2011

Loredana: MDR!!!!!

:-)))))

Si ça fait fuir les hommes, je crois que ça intrigue les femmes... Franchement c'est pas mimi ça: "Je suis en gravitation avec vous..." ?¿? Ça devrait faire travailler l'imaginaire.

:-)))

A part cela j'ignorais que c'était à la mode actuellement - heu, pardon, le buzz ... (pfff... vous devenez une vraie pro du net, Loredana...)


(^‿^) Bonne nuit.

Écrit par : hommelibre | 20 décembre 2011

Une pro du net? Si seulement le ciel pouvait vous entendre ! ;o)

Bonne nuit itou

(o_~)
pssst c'est uniquement sur Mac que l'on trouve ce sourire pour les smileys hein? Si c'est pas le cas vous me donnerez le truc? siouplait ;o))

Écrit par : Loredana | 20 décembre 2011

C'est chouquet hein? Je ne sais pas si c'est que sur Mac. Dans mon menu Edition il y a les Caractères spéciaux, et là c'est dans la partie Ponctuation.

Il doit bien y avoir qqch comme ça sur PC.

(⁀‿⁀)

Écrit par : hommelibre | 20 décembre 2011

Oui c'est mimi tout plein (☼_☼)

Bin la pro du net et du clavier, elle a beau avoir cherché. L'a pas trouvé Grrrr ... ;o)

Néanmoins elle ne perd pas espoir. Finira bien par trouvé la touche "magique"
;o))

Écrit par : Loredana | 20 décembre 2011

"Dans tous les cas nous pourrions dire: «Je suis entré en gravitation avec cette personne»."

Je trouve la formule un peu scientifique mais c'est une manière de plus pour dire à l'être aimé que l'on est attiré par elle. Ca change.

Devant me produire sur scène demain soir, j'utiliserai peut être bien votre formule.

Dans tout les cas c'est très interessant le rapprochement. Cela me rappelle que j'ai écouté il y a quelques années une interview d'un scientifique qui expliquait que chaque personne (hommes comme femmes) avait un critère de recherche bien défini chez son compagnon. Ces critères, défini par notre subconscient serait en vu de notre mission huamine, c'est à dire : procréer.

Aujourd'hui cette vision est différente dans nos moeurs puisqu'elle dépend de nos moyens financiers dans les pays développés.

Dès lors, j'ose supposer qu'à l'ère du consomable rapide, on ait des critères personnels pour passer du temps et des critères différents pour la future ou le futur mère/père de nos enfants. C'est peut être cette confusion existante dans nos êtres qui nous amène à nous tromper (pour certain) dans nos choix de partenaire. L'amour est une vaste question...

Bien à vous!

Écrit par : plume noire | 20 décembre 2011

Vous vivez -seul ? Non je suis sur orbite de mon épouse

Tu m'atomise !!! Intriquons -nous, là tout de suite !!!

Après la fusion des corps, voici celle des particules, je trouve cela diablement intense ce langage "enphysiqué".
Pour le côté mystère, Loredana, ben ma foi même avec tous les mystères, j'admets que la formule " dévoile-moi ton trou noir" risque d'être vraiment très très mal perçu. (⁀‿⁀)
(non pas sur Mac, si de touche magique... un simple : sélectionner-copier-coller sur ce blog)

Écrit par : aoki | 20 décembre 2011

"Mais alors comment expliquer le mystère de l’attraction amoureuse, sorte de gravitation des corps, du désir et des sentiments? Comment décortiquer cette envie de rouler dans tous les sens vers l’autre, se s’en approcher au point de s’y coller serré, comme si un creux dans la toile des relations bouleversait toute notre physique personnelle?"

Ben... l'explication est dans ce smiley: (⁀‿⁀) Lollllll

Écrit par : Patoucha | 20 décembre 2011

C'en est renversant!

(‿⁀‿)


Il y a aussi ceci... Je n'ai pas très bien compris l'équation... enfin, je crois que ce n'est pas une équation... :


/‿ ‿
⎝ ⎠
⎧▼⎫


..... hum hum hum......

Écrit par : hommelibre | 20 décembre 2011

Bon, c'est un Picasso et ce n'était pas prévu, d'accord...

:-)))

Écrit par : hommelibre | 20 décembre 2011

LOLLLLL il fallait comprendre que ce smiley semble être au septième ciel.... le reversant... est quand il en tombe! :))))))

/‿ ‿
⎝ ⎠
⎧▼⎫ que de ressources... hommelibre :)

Bonne journée

Écrit par : Patoucha | 20 décembre 2011

On pourrait y voir le visage d'un chinois, avec sa moustache et son bouc.

On peut aussi le décomposer:

/‿ ‿, ⎝ ⎠, ⎧▼⎫

et là ce n'est plus tout-à-fait un chinois. Mais je crois que vous aviez compris, Patouche!

:-)))

Écrit par : hommelibre | 20 décembre 2011

Une femme décomposée... LOLLLLL

Dessinez-moi une féministe! :)))))))))))

Écrit par : Patoucha | 20 décembre 2011

Ah Aoki heureusement que vous êtes là pour conforter mon point de vue. A savoir qu'à trop vouloir décortiquer on perd de vue ... l'essentiel.
Bin ouais, suffit de faire un copier-coller et on a un super smiley souriant
(⁀‿⁀)

De quoi me demander si je n'ai pas les neurones à l'envers (‿⁀‿)
Et éviter de réagir au trou noir ;o))

Écrit par : Loredana | 20 décembre 2011

Les commentaires sont fermés.