Mars: l’incroyable vol de Phobos Grunt en vidéo

Entre aujourd'hui et le 25, et plus probablement le 8, la sonde russe Phobos Grunt s’envole pour la banlieue martienne. Lancée en orbite basse elle va prendre de l’élan et partir vers la planète rouge, et en particulier son satellite Phobos. Cette mission est l’une des plus difficiles à réaliser depuis les débuts de l’exploration spatiale. Son risque d’échec est élevé.

grunt1.pngPhobos Grunt est ce drôle d’engin (cliquer sur l’image pour agrandir) qui ne ressemble à rien de connu. Le faire partir de son orbite basse est déjà considéré comme une étape à risque. le dernier essai russe, en 1996, a échoué.

Elle va ensuite voler jusqu’à Mars, ce qui n’est pas un problème. A proximité de la planète elle larguera le satellite chinois YH-1 d’observation de l’atmosphère martienne, qui est logé au milieu de son armature. Si le largage échoue la sonde est perdue: ses moteurs d'atterrissage seront obstrués par le satellite.

Puis elle devra se mettre en orbite autour de la Lune de mars. Manoeuvre délicate. La gravitation de Phobos est très faible vu sa petite taille: une grosse patate d’environ 27km de long sur 20 km de large. Cette sonde ne pèsera plus que 400 grammes dans la pesanteur locale. 4 plaques de beurre de 100 grammes! Pour rester au sol sans rebondir elle sera plaquée par ses moteurs au moment de l’impact, au printemps 2013. Puis elle raclera quelques 200 grammes de poussière. Là encore on ne sait pas si la force du bras gratteur ne va pas renverser la sonde.



On sait depuis l’expérience de Hayabusa que la phase d'atterrissage sur un corps relativement petit est particulièrement difficile.

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Enfin elle repartira vers la Terre avec la capsule d'échantillons, qui se détachera de son véhicule en juillet 2014 pour traverser l’atmosphère et atterrir au Kazakhstan.

grunt-4-phobos-500wi.jpgOn l’a compris, c’est une mission d’une complexité hors norme. La sonde elle-même est un assemblage d’étages qu’elle abandonnera au fur et à mesure de son périple. Rapporter des échantillons de matière de Phobos permettra de les analyser beaucoup plus finement sur terre, dans le but de compréhendre les origines du système solaire. Présente plusieurs mois autour de Mars avant de se poser sur Phobos elle étudiera l’environnement planétaire et le climat martien.


A retrouver aussi dans Ciel et Espace de novembre.


Encore une aventure spatiale fascinante. Et ici, toute la mission dans une vidéo magnifique.



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