16 septembre 2011

Marche des salopes et paroles de policier: un étudiant témoigne

Le débat n’est pas fini. Les paroles du policier canadien à l’origine de cette controverse peuvent-elles laisser penser à un encouragement implicite au viol? Cette idée est saugrenue. Je n’arrive pas à imaginer que quelqu’un encourage le viol, à moins d’être malade. Mais j’entends le ressentiment de certaines femmes à l’égard du policier et des propos qu’il a tenus.


slut2-1-Marche-des-salopes-slutwalk.jpgLa phrase qui a déclenché la campagne de réaction

Mon premier billet est loin d'avoir épuisé le sujet.

Pour bien évaluer ce que le policier a dit, et comment il l’a dit, il faudrait avoir une vidéo, parce que selon le contexte, selon le ton, et après quoi cela venait, cela peut prendre diverses connotations. J'ai cherché s'il y avait une vidéo ou un enregistrement. Je n’ai rien trouvé. Par contre il y a quelques compléments sur lesquels je reviens plus loin.

L’encouragement au viol peut-il tenir la route? Pour rappel voici la phrase d’origine:

«I’ve been told I’m not supposed to say this, however, women should avoid dressing like sluts in order not to be victimized.»

Trad: «Je ne suis pas supposé dire ceci, mais les femmes devraient éviter de s’habiller comme des (sluts = traînés/salopes/souillons) pour ne pas être victimes».


La connotation de la phrase

J‘explore 4 pistes de lecture.

1. On peut supposer un encouragement au viol et une culpabilisation des victimes.

2. On peut y voir un constat dans un monde donné qui n'est pas celui des bisounours.

3. On peut aussi faire la lecture d'un conseil donné par le policier, d'une remarque préventive, parce qu'on n'est toujours pas dans le monde des bisounours.

4. Enfin on peut faire une lecture cynique, du genre: "vous l'avez bien cherché".


Je reprends point par point, en sachant que toute interprétation est fragile:

1. Cette lecture de l’encouragement au viol me semble manquer d'un point d'appui: pour qu'elle soit prenable il faudrait y voir d'une part l'intention d'encourager au viol, ou au moins l'idée que pour ce policier le viol est le prix normal à payer, et que d'autre part il pense que des étudiants auxquels il s’adresse vont l'interpréter comme un encouragement. Cela pourrait bien sûr être inconscient. Mais rien dans la phrase citée, très laconique, ne permet de le penser. Telle quelle la phrase prête à toute interprétation - y compris erronée, mais l’accusation d’encouragement au viol est si grave qu’elle doit, pour être prenable et démontrée, être étayée  par d’autres propos du policier. Ce n’est pas le cas.


2. La deuxième lecture serait un constat, sans forcément juger (il n'y a pas de jugement direct contre les personnes auxquelles il s'adresse ou contre les femmes). Pourtant slut, ou traînée, salope, souillon, est un mot péjoratif. Il participe, dans l'imaginaire, d'un personnage qui traîne dans la rue à la recherche de client, donc une prostituée - dont on sait que l'habillement est aguicheur et tout sauf neutre. Mais ce mot dérange. A lui seul il résume une problématique ancienne à laquelle sont confrontées les femmes: être la maman ou la putain. Entre ces deux stéréotypes l’espace de liberté est mince.
slut2-2--marche-des-slapes-SlutWalks-londres-1_reference.jpg
Donc une traînée traîne dans la rue pour du sexe et ne pose pas trop de limites relationnelles. Cette deuxième piste de lecture est ambiguë parce que partagée entre un constat qui se voudrait neutre et un mot qui ne l’est pas. Dans cette lecture on a un double message, entre la neutralité et la charge.

3. Dans la troisième lecture, soit l’idée d’une prévention, le mot traînée est moins chargé puisqu'il sert d'élément de référence pour démontrer autre chose: que le monde n’est pas sans danger. Le trait est grossi pour mettre en garde sur le fait que, justement, le message de l'habillement étant ce qu'il est, les femmes ont intérêt à en tenir compte pour leur propre sécurité. Ici on est dans le message paradoxal. Je ne sais pas si ce policier a lu Paul Watzlawick, ni si la technique du paradoxe est un outil rhétorique qu’il manie à dessein. Un message paradoxal veut montrer l’inverse de ce qu’il dit. Il prêche le noir pour dire le blanc. De nature souvent provocatrice il est risqué pour celui qui en fait usage: un malentendu, et c’est la cata.

4. Dans la quatrième hypothèse, cynique, il faut mettre des baffes au flic.


L'habillement envoie un message. On ne peut l'oublier. Ce n'est pas parce que Rihanna et d'autres stars s'habillent comme des strip-teaseuses sur scène que le message change: au contraire il est utilisé et renforcé. Certains habillements sont des appels sexualisés, ou peuvent être perçus comme tels. Avec, en prime, le rapport marchand: je suis sexy, achète mes disques, paie pour me voir sur scène, tu en auras (presque) pour ton argent. Les concerts tous publics deviennent des shows de cabaret érotique. Pourquoi le font-elles, sinon pour exciter et fixer l’attention sur elles? Sauf qu'elles ont des gardes du corps. Franchement, imaginez-vous la chanteuse Barbara, belle femme, chanter en dessous sexy? Rihanna est clairement dans un registre de provocation sexuelle. L'espace public que représente la scène est le lieu où les limites relationnelles et sexuelles sont abolies.

 


Les excuses du policier

La phrase est donc trop détachée de tout contexte pour être certain de la connotation. Par contre quand je lis dans "auféminin.com" cette interprétation je ne peux que me hérisser contre cette systématique réductrice:

«Car selon ce policier canadien, les femmes s’habillant de manière trop sexy chercheraient à se faire violer.» On n’est plus là dans l’analyse mais dans l’exagération habituelle d’un certain féminisme et dans le procès d’intention - ce qui est certes une des marques majeures de notre époque mais qui n'est pas à encourager. L’inconvénient est que le procès d’intention brouille les pistes et clive le débat.

Le policier a écrit un courriel où il regrette ses paroles.

«“I made a comment which was poorly thought out and did not reflect the commitment of the Toronto Police Service to the victims of sexual assaults,” Const. Michael Sanguinetti wrote on Thursday to Osgoode Hall Law School where he made the comment.

“Violent crimes such as sexual assaults can have a traumatizing effect on their victims. . . . My comment was hurtful in this respect.”
...

“I am embarrassed by the comment I made and it shall not be repeated. I apologize for any ill feelings my comment may have caused.”


Trad: J’ai fait un commentaire qui était mal pensé et qui ne reflète pas les services de police. (...) Les crimes violents comme les agressions sexuelles peuvent traumatiser les victimes. Dans ce sens mon commentaire était blessant. (...) Je suis embarrassé par ce commentaire qui ne se répétera pas. Je regrette d’avoir pu blesser.»




slut2-4-spread.jpgL’éclairage d’un témoin

Un témoignage vient nous aider à déterminer quelle est la connotation la plus plausible. Un étudiant résident au Osgoode Collège qui assistait à l’intervention avec une dizaine d’autres étudiants a déclaré:

«I don’t think he was sarcastic or malicious. I think he thought he was being helpful».

Trad: «Je ne pense pas qu’il était malveillant ou sarcastique. Je pense qu’il croyait être utile».


Faute d’autre éclairage, et dans la mesure où il s’agit d’un témoin direct, sa déclaration est à prendre en compte. Elle fait pencher la lecture vers la piste 3: le policier aurait voulu, par ses propos provocateurs, faire de la prévention.

Dans un sens il a atteint le résultat souhaité! Même si c’est par un rejet de ses propos. Soyons d’abord très clair: il ne s’agit à aucun moment de justifier une agression de ce type. C’est un crime et un crime grave. Tenter de comprendre ce qui se joue n’est pas excuser le crime ni se jouer de la victime.

Certains disent que l'habillement n'est pas une raison de ce genre d'agressions. On peut contester le lien entre habillement et agression sexuelle. Je pense que cela dépend du contexte, des personnes avec qui l’on est, du quartier où l’on va, de la culture dont on est issu, bref, les choses me paraissent complexes et doivent être contextualisées. La liberté d’être soi-même, fondamentale, n’exclut pas le fait de tenir compte du réel et des personnes avec lesquelles on vit. Il ne s’agit pas de blâmer les femmes ni de les culpabiliser, pas plus qu’il ne s’agit de criminaliser les hommes par doctrine ou par réflexe, mais seulement de rendre chacun attentif à sa propre sécurité.

Au-delà de la question du vêtement je pense que toute agression suppose une rupture dans la relation normale et dans le dialogue. Si l’on pouvait être certains que l’humanité est à un point de conscience où il n’y a plus de violence, de vol, de mensonge, de crime, donc de rupture dans la relation normale faite de confiance, nous pourrions laisser notre porte-monnaie sur une table de café, revenir une heure plus tard et le retrouver, ou laisser notre ordinateur portable sur le siège de la voiture avec les fenêtres ouvertes.

Si quelqu’un peut le faire, je m’incline. Mais si vous laissez votre argent et que quelqu’un s’en empare pendant votre absence, vous avez une part de responsabilité - non dans le délit, mais dans la situation qui a contribué à la réalisation du délit.

Quand nous en serons à laisser nos porte-monnaie sur la table des cafés et à les retrouver quelques heures plus tard, il n’y aura plus besoin de faire de prévention contre les autres crimes.


D’ici là, je rappelle ce proverbe arabe: «Crois en Dieu mais attache ton chameau».



Tiens, il y aurait un débat à faire rien que sur ces images de Rihanna.

Commentaires

encore une preuve de la mauvaise foi féministe.
une simple phrase de prévention d'un policier canadien, sorti d'u contexte
est le prétexte d'émeutes dans le monde entier.
le féminisme actuel est vraiement en plein délire, dans son accusation globale des hommes, tout est récupéré, sorti du contexte, déformé amplifié, ça ressemble à des commérages de village au niveau mondial. les comméres ce qui les empêche d'agir c'est un contre pouvoir dans leur couple, le féminisme actuel c'est ce qu'il a besoin un contre pouvoir, le policier ce n'est pas des excuses qu'il fallait qu'il fasse mais un procés pour diffamation, ces harpies sonts en train de pourrir les relations entre les hommes et les femmes, avec leurs mensonges et mauvaise foi, leur manque total d'objectivité, avec leur loi, leur égalitarisme forcené, elles crées un monde malsain dictatorial, où régne en maitre la délation. dernier exemple en suéde

http://www.forumfr.com/sujet433968-condamne-pour-avoir-tire-les-cheveux-de-son-fils.html

"adriennedu56, le 14 septembre 2011 - 15:20, dit :

lorsque j'étais enfant, le "maitre" (d'école) nous tapait régulièrement sur les doigts avec sa règle en fer...(Oulala ça faisait mal) et si on se plaignait en rentrant chez nous le soir, les parents en remettaient une couche... en argumentant que si le maitre avait donné un coup de règle, c'était surement justifié... Bon, il est vrai qu'à l'époque, les enseignants étaient des sortes de "notables" dans les villages et villes et leur parole était écoutée et respectée... et l'enfant n'était pas encore le "centre du monde".
Aujourd'hui, si un prof fait la moitié de ça, le soir même, il se retrouve en garde à vue... plus d'écoute, plus de respect, plus de considération pour son statut... Seule la parole de 'l'enfant roi" est reconnue, même si elle est cousue de fils blancs !

Nous sommes passé en effet de l'école traditionnelle à l'école du pédagogisme idéologique. C'est tout le drame et la décadence de l'éducation nationale et de l’éducation en général."

"Éduquer un enfant est important,il doit connaitre les limites,si vous grondez vos enfants quand ils font une bêtise,c'est très bien,mais parfois ,gronder ne suffit pas,une fesser alors s'impose ,moi quand je vois le nombre d'enfant qui se fiche de leur parents malgré le remontrance et qui adolescent ,les insultes,je me dit qu'une petite torgnole plus tôt aurais était judicieux..

J'en ai vue des parents ne jouer que sur la parole,10 ans plus tard,c'est infernal ,les miens,j'évite de leur mettre une fesser mais ils savent que si la remontrance ne marche pas,je rouste et je vous assurent que mes enfants ne désobeise pas ,la fesser est un outil de dissuasion à employer qu'en dernier recourt ."



et edwige Antier affirme que cette loi signé par nadine Morano si elle était appliquée en France le serait pas avec un tel zéle.

on en est arrivé à un point qu'un homme peut être accusé de viol et être comdanné sans preuve sans rien, il suffit d'une juge malhonnête féministe, d'un juré influençable, une honnête proportion de femmes dedans, ça sera encore plus facile et le compte est réglé.

où est la justice là dedans !!!! disparue.

http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article324

Écrit par : leclercq | 16 septembre 2011

Je trouve que vous vous focalisez beaucoup sur les slutwalks.
La plupart des femmes qui y défilent n’ont pas été touché/désiré par un homme depuis des années (voir des décennies), s’ajoute à cela qu’elles rêvent ce coucher avec un alpha, elles rêvent de ce faire démonter sauvagement en pleine rue (en public) par un alpha, mais aucun alpha n’éprouvent du désir pour elles.
Elles le savent et c’est pour ça qu’elles ont la haine.
Regarder les photos des sltuwlaks les moyennes et jolies femmes y sont quasi inexistante, par contres les femmes pas gâtées par la nature il y a que de ça.
Ses slutwalks n’ont rien de politique, rien d’idéologique, ce sont juste des femmes qui ont la haine envers les hommes parce qu’elles ne font pas sauter par le beau John aux yeux bleus.
C’est tout voila ce que c’est que les slutwalks, une grosse bande de frustrées.

Je ne pense pas qu’attaquer les slutwalks soit vraiment prioritaire dans la déconstruction du féminisme victimaire.

Écrit par : paul | 16 septembre 2011

@Paul

Vous avez peut être raison sur ces slutwalks, il n'empêche que je suis sidéré que ce policier canadien en soit venu au point de devoir faire des excuses publiques.

Il faut quand même, je pense, dénoncer une dérive certaine dans la société, sous la pression de ce genre d'activisme.

Écrit par : aoki | 16 septembre 2011

Le flic canadien à bien fait et c'est vrai ! Bande de trainées !

Écrit par : gazi | 23 septembre 2011

Oui , de quoi se plaint-on ? nous sommes envahis par la provocation on ne peut plus regarder une pub sans que le cul soit le centre du sujet , pas plus tard que hier c'était un savon qui montrait une femme à poil ! de plus tout les clips musicaux montrent quoi ? rien que des fesses et de la provocation alors faut pas pousser ! et surtout ne pas s'étonner si des dingues passent à l'acte Maintenant il y aura toujours ceux qui seront pour un durcissement des loi et des punitions mais je pense que c'est en amont qu'il faut agir et pas en aval

Écrit par : Hanan | 23 septembre 2011

Bravo ! Tout est provocation et incitation ! C'est ce que je voulais dire quand j'ai dit le flic à raison ! En fait mon but était de montrer que par la provocation les pires dérives sont possibles, bien sur qu'il n'a pas raison mais il était à bout et à serré un cable et c'est la le drame de notre société tout le monde est à bout on saute en l'air pour un rien, mais finalement il s'est excusé platement et c'est bien. Quand même dans ce Monde au travers de cette démonstration ou l'on fait croire à des choses qui n'existent pas ou on gâve les cervelles de faux rêves , ces pubs qui avilissent les femmes pour le plus grand plaisir des consommateurs, ces non dits qui arrangent tout le monde sous prétexte de gains et de profits c'est scandaleux et nous n'avons pas su nous tous nous arrêter nous consommateurs les premiers, et dans tout domaines.
Alors si les associations de femmes réagissent trop fort parfois eh bien ce n'est pas pour rien n'en déplaise à certains, elles en ont marre de passer pour de la viande à plaisir et à consommation sous toutes les formes possibles!, d'autre part quand j'ai lu que certaines ne semblaient pas avoir leur chance étant donné leur différence physique raison de leur réactions! De quoi parle t'on d'Eugénisme ? Doit on être selon critères pour avoir droit aux valeurs les plus élémentaires dont le droit au respect ??? Les femmes ont raison de se battre et même si les propos sont parfois difficile nous les hommes devront les écouter, et aussi êtres capables de remettre en question ce que l'on nous à mis en tête car nous toutes et tous dans cette société sommes des victimes de ces mensonges qui chaque jour nous déshumanisent un peu plus pour faire de nous des remplaçables et des consommables. Mais nous avons toutes et tout un grand pouvoir, celui de dire oui ou non à quelque chose, ce pouvoir est individuel mais très puissant ! Imaginez que demain personne ne veut plus de tel produit, c'est fini le système tombe L'Apartheid est tombé comme cela il faut s'en rappeler donc quand les femmes gueulent t'endons l'oreille si elle gueulent c'est pas pour rien mais surement parce que leur dires murmurés au début n'ont pas été entendus. Et encore une chose l'habillement mini jupe décolleté ou autre n'a jamais changé l'intérieur d'une personne Chacun à droit de trouver sa propre beauté et son propre bien être comme il le souhaite

Écrit par : gazi | 23 septembre 2011

Euh sauf que l'apparence est la première chose que l'on regarde sur une personne et tant pis pour l'intérieur de la personne si cette dernière n'assume pas sa façon de se vêtir. Quant à écouter les femmes, il fut une époque où je tendais l'oreille mais force est de constater que c'est plutôt la joue que l'on tend. Ouvrez les yeux, c'est bien une époque de vaginocrates corrompues et frustrées que l'on vit et je ne veux pas qu'on impose aux petites filles ces tenues de gogo-girl. Dans quelques années on aura une marche des nudistes :x

Écrit par : kasilar | 03 octobre 2011

pourquoi un tel comportement? le risque de viol ne se fait pas attendre longtemps!

Écrit par : faire part | 01 mars 2012

Monsieur,

Il y a, il me semble, un léger problème de confusion dans votre article.
Quand Rihanna s'habille de manière sexy, elle le fait pour des destinataires multiples, ceux qui composent son public. Pouvons-nous dès lors en tirer la conclusion que toutes les femmes qui s'habillent de manière "provocante" le font pour tous les hommes qui auront l'occasion de les regarder? Il est évident que non.
N'en déplaise à ceux qui pensent qu'une femme a constamment à l'esprit de plaire à tous les hommes qu'elle croise, les raisons de ses choix vestimentaires sont multiples et n'appartiennent qu'à elle. Il peut s'agir d'une coquetterie toute personnelle, d'une tenue qu'elles destinaient à séduire leur compagnon ou un homme de leur entourage qui leur plaît, d'une volonté de distinction vis-à-vis des autres femmes, ou au contraire d'un moyen de suivre les codes vestimentaires dominants (je regrette infiniment, d'ailleurs, que certaines femmes se sentent forcées de suivre la mode, mais c'est un autre débat). Premier problème, donc: les femmes n'essaient pas de séduire tout le monde avec leur tenue, mais uniquement ceux qu'elles désirent.
Mais il y a un autre problème, bien plus important, dans l'amalgame que produit ce policier. Car oui, il s'agit bien d'un amalgame: "une tenue provocante augmente vos chances de vous faire violer" (vous noterez que cette reformulation n'est nullement déformée, et que je n'accuse pas ce policier d'avoir dit quelque chose qu'il n'a pas dit). En effet, absolument rien ne prouve que la tenue de la victime ait quoi que ce soit à voir avec ce qui lui est arrivé. Les propos de ce policier laissent entendre que si les femmes changeaient leur comportement, leur manière de se vêtir, le nombre de viols diminuerait. Or, cette affirmation ne repose sur rien! Le violeur choisit sa victime car elle est isolée, car l'endroit où il se trouve est propice à son méfait; supposer que, si cette même victime avait été vêtue d'un jean plutôt que d'une jupe, le violeur l'aurait laissée tranquille relève de la malhonnêteté intellectuelle. Si l'on pouvait éradiquer le viol en couvrant les femmes, comment expliquer que celui-ci existe dans des pays comme l'Arabie saoudite, où on ne peut pas accuser les femmes de faire étalage de leurs charmes (puisqu'on ne leur en laisse pas le droit) ?
Voilà pourquoi il faut dénoncer les propos de ce policier: il définit, du moins en partie, les causes du viol comme liée au comportement des femmes qui en sont victimes, alors que ce raccourci est totalement infondé. Les causes du viol sont à chercher chez le violeur.
Meilleures salutations

Écrit par : Laura | 08 octobre 2012

@ ni deesse ni maitresse :
Votre réaction est malheureusement loin de servir votre cause.
J'ai argumenté; où sont vos contre-arguments? Je ne vois que des affirmations péremptoires. Si vous préférez les femmes pudiques, libre à vous, personne ne vous en refuse le droit.
Allez, puisque vous ne vous êtes pas privé d'être insultant, je m'autorise un petit écart à mes principes de courtoisie pour vous inciter à consacrer un peu de votre temps à l'étude d'une grammaire française, ce qui vous permettrait peut-être de maîtriser l'accord du verbe (je préférerait, sic), celle de l'adjectif (les jeunes filles désormais victime, sic) et la différence entre "quand" et "quant".

@ hommelibre:
Bien que je sois loin, très loin de partager vos idées, je ne me permets pas de vous taxer de sexiste ou de salaud. Vous avez le droit d'exprimer vos idées, d'autant que vous avez soin de le faire dans un langage respectueux et neutre. J'espère que la présence fréquente d'énergumènes de ce genre sur votre blog vous pousse tout de même à vous interroger sur les effets (indésirés) que peuvent avoir vos écrits et sur le type de délire dangereux qu'ils peuvent, malgré vous, encourager.

Écrit par : Laura | 08 octobre 2012

@ Laura

Il n'y a selon moi aucun fond dans ces manifestations féministes que j'ai cru comprendre que vous approuvez? Aucun, si ce n'est une extraordinaire propension à n'intervenir que sur ce qui va diviser les sexes au lieu de chercher à les fédérer.

J'ai récemment parlé des affiches du film les infidèles censurées à l'initiative de féministes, car jugées dégradantes pour l'image de la femme:
http://www.20minutes.fr/cinema/872262-infideles-affiches-vont-etre-retirees
Elles n'ont pas dit comme vous à propos de la marche des salopes "Il peut s'agir d'une coquetterie toute personnelle, d'une tenue qu'elles destinaient à séduire leur compagnon ou un homme de leur entourage qui leur plaît, d'une volonté de distinction vis-à-vis des autres femmes, ou au contraire d'un moyen de suivre les codes vestimentaires dominants". Elles se sont plutot acharnés sur ces images, machistes selon elles.

Idem pour cette superbe affiche publicitaire de Williams dans laquelle on pouvait y voir un lien affectif presque d'ordre maternel:
http://touslesinsolites.wordpress.com/2012/04/17/les-seins-faits-pour-etre-confortables/
Mais non, il a fallu encore une fois qu'elle viennent souiller quelque chose de beau.

Comment voulez-vous qu'on ne détestes pas les féministes? C'est impossible pour tout individu cohérent, sain d'esprit, capable de raisonnement. Trop d'opportunisme, trop d'incohérences, trop de rancoeur mal camouflée.

Écrit par : Didier | 08 octobre 2012

Ah oui j'ai aussi vu récemment un extrait d'émission qui illustre bien l'incohérence du discours féministe. Le voici:

http://www.youtube.com/watch?v=VF4WYL-0rZk

Dans cet extrait qui doit dater des années 90, à votre avis qui tient un discours féministe? Les deux premières femmes plutot jolies qui disent ne porter presque que des mini-jupes? Ou les deux suivantes qui débarquent vers la fin et qui y sont opposées?
Eh bien pour moi c'est les deux dernières, qui sont pourtant contre le port de la jupe. J'ai cerné la manière de penser des féministes, ça consiste à combattre tous ce qui va pouvoir satisfaire les hommes, et l'harmonie des relations hommes-femmes.

Ainsi quand l'une des deux premières intervenantes déclare que se vêtir en jupe "c'est plus agréable pour le regard de l'homme", selon moi elle est déja anti-féministe, car elle prend en compte l'altérité masculine et agit dans une logique d'interdépendance.

Le féminisme ça consiste à porter des jupes dans des manifs pour emmerder les hommes; tout comme il n'y a pas si longtemps ça consistait à ne pas en porter et à stigmatiser celles qui en portent puisqu'elles ne les emmerdaient pas assez.

Écrit par : Didier | 08 octobre 2012

@ didier

elles onts besoin d'un contre pouvoir quelles n'onts pas elles le cherchent elles cherchent les limites quelles ne trouvent pas, la société actuelle va à fond dans toutes leurs bêtises

Écrit par : leclercq | 09 octobre 2012

Cher Didier,
Merci pour votre réponse.
De mon côté, je suis pour la liberté d'expression la plus totale, donc contre toute forme de censure. Vous noterez néanmoins que c'est l'ARPP, et non une quelconque association féministe, qui a censuré ces affiches. Peut-être leur contenu était-il jugé trop sexuellement explicite pour l'espace public? De mon point de vue, censurer est néanmoins une erreur.
Néanmoins, ce n'était pas ici le sujet. Le sujet, c'est le viol et les propos de ce policier canadien. Vous me répondez en citant diverses dérives de divers mouvements féministes: en quoi cela prouve-t-il que mes propos précédents sont erronés? Je n'ai pas voulu, dans mon commentaire, défendre quelque association féministe que ce soit. J'ai simplement affirmé que le raccourci du policier, qui constitue à définir les victimes comme partiellement responsable du viol, est totalement infondé. Qu'en pensez-vous?

Écrit par : Laura | 09 octobre 2012

@ Laura:

Je comprends que l'on puisse interpréter les paroles du policier comme un jugement ou une culpabilisation de la victime. Toutefois il ne semble pas que cela ait été son intention. C'est plus une mise en garde en vue de se préserver. Le mot choisi est classique. Je constate que nombre de femmes l'utilisent pour désigner d'autres femmes! Moi je n'aime pas du tout ce mot. Parce qu'il est forcément dénigrant. Prostituée est plus clean. Mais salope est un mot courant passé dans les habitudes, comme garce. Pour les hommes il y a macho ou d'autres qui sont tout aussi dénigrant.

Je pense que l'on a à tort amplifié les propos du policier. Quand j'ai écrit mon premier billet sur ce sujet j'ai longuement recherché d'autres témoignages pouvant invalider le témoin que je cite. Je n'en ai pas trouvé. Le policier a donc voulu dire: "Si vous vous habillez à la manière de femmes dont l'habillement est volontairement provocateur il y a plus de risques à être importunée ou agressée." Je n'ai pas vu qu'il ait exonéré les criminels. Un viol reste un crime et le seul coupable est son auteur, quelle que soit l'habillement de la femme. Ma vision est simplement pragmatique.

Quand j'ai voyagé en Afrique, en particulier au Nigéria, il y a certains quartiers où je n'allais pas sans guide et protecteur local. Seul je risquais ma peau de blanc.

Je suis bien d'accord que c'est malheureux de devoir ainsi se protéger, mais il y a des humains pas du tout bienveillants.

Pour ce qui est de l'habillement, je citais Rihanna, je peux aussi citer Madonna et d'autres. Les femmes de spectacles ont bien compris que l'hypersexualisation rapporte gros. Elles chauffent une génération. Je dis cela pour souligner qu'il y a un contexte global.

Alors ok, pourquoi pas, la phrase de ce policier est peut-être un juste prétexte à dénoncer le viol. Mais le ton utilisé, la criminalisation des hommes par principe parce qu'ils sont hommes, n'est que le stéréotype sexiste inverse. Ce n'est pas plus acceptable d'entendre que la supposée "domination masculine" est la cause du viol (ce qui signifie en clair que tous les hommes sont peu ou prou des violeurs) que de dire que les femmes l'auraient cherché. En tant qu'homme je n'endosse pas les crimes de quelques-uns de mes congénères qui ont outrepassé la limite. Et franchement, voir des femmes s'enlaidir à ce point, devenir une pancarte, développer autant de vulgarité, pour moi c'est repoussant. La vulgarité n'est bonne ni chez les hommes ni chez les femmes.

Pour ce qui est du commentaire plus haut, il m'avait échappé. Je sais qui c'est, un troll que j'ai décidé d'écarté et je l'ai effacé. Mais avec moins de violence dans les propos, je laisse aussi des hommes exprimer leur ressenti ou leur point de vue.

Bien à vous.

Écrit par : hommelibre | 09 octobre 2012

Oups, je suis déjà sous l'article cité, pas dans le récent... Excusez-moi!

Écrit par : hommelibre | 09 octobre 2012

@ Laura

Ben oui c'est l'ARPP qui a censuré les affiches, suite à de nombreuses plaintes (parmi lesquels celles de féministes connues ou non):
http://quoi.info/actualite-culture/2012/02/19/affiches-de-films-comment-reussir-a-se-faire-censurer-1124486/
Comme c'est marqué dans le lien et je l'ai entendu partout : "La recommandation de l’ARPP sur l’image de la personne humaine implique en effet qu'aucune affiche ... ne réduise la personne humaine à la fonction d’objet (sexuel dans le cas des femmes représentées sur l’affiche des Infidèles)". C'est bien l'argument habituel des féministes qui a été retenu plus que celui de la décence.

Selon moi ce ne sont pas des dérives de mouvements féministes dont je parle, mais bel et bien leur comportement normal, habituel.

Si j'ai cité des exemples annexes, c'est pour montrer que selon moi toutes ces manifestations (marches des salopes, journée de la jupe, femens...), ne sont que des prétextes pour emmerder les hommes. Je ne suis pas de ceux que ça choque de voir des femmes court vêtues, pourtant même moi j'ai senti que si les féministes se comportaient ainsi c'était pour nous diviser entre hommes et femmes.
A partir de là pour moi tout tombe à l'eau, quand on connait les intentions des initiatrices. On ne manifeste pas sérieusement pour un motif aussi futile que les propos à peine polémiques d'un policier.

Le vrai sujet ce ne sont pas les propos de ce policier canadien, mais puisque vous voulez connaitre mon avis sur cette affaire qui relève de l'anecdote. Il a surement voulu avertir les jeunes filles des dangers qu'elles pouvaient courir à se comporter en allumeuses, étant donné qu'il a deja du en voir défiler plein dans son commissariat. Des filles qui, suite à une soirée chaude et arrosée, se retournaient contre celui ou ceux qui les avaient sautées avant de les jeter comme des kleenex, en les accusant de les avoir violé. Des cas comme ça on en connait tous plus ou moins.

Écrit par : Didier | 09 octobre 2012

@Didier

Merci également de préciser la mise en cause de l'alcool dans ces histoires de viol, nous avons tendance à sous estimer ce fléau qui pousse bien souvent au crime et au meurtre.
D'ailleurs même les couples où sévit la violence conjuguale, que ce soit la femme ou l'homme qui en soit victime, l'agresseur(e) a agit sous l'impulsion d'alcool et de drogues.
A mon avis, le port de la tenue exhibante qui tout de même a une certaine connotation sur la psychologie sexuellement parlant n'est qu'un détail parmi d'autres.

Écrit par : michel gode | 09 octobre 2012

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