Maman!

Bon sang de bonsoir! Voilà pas un drôle de rapprochement?

La symbolique de la chose n’est guère des plus sympathique. On l’aurait associée à, je ne sais pas, par exemple: la chèvre pour sa ténacité. Non, pas la chèvre. L’odeur... Ou à la vache pacifique qui allaite si bien ses petits. Non pas la vache: elle n’allaite plus ses petits qui sont déjà sur l’étalage des supermarchés pendant qu’on lui prend son lait pour nourrir des humains allergiques!

araignée1.pngOn aurait pu l’associer à un oiseau. La poule, par exemple. Que ferait-on sans la poule et ses oeufs: il y a un paquet de gâteaux et de biscuits qui n’auraient jamais été inventés! Non, pas la poule: ça peut faire vulgaire.

Quand-même: une araignée! L’animal suscite en général des réactions de rejet, de dégoût ou de peur. Au secours, la mygale nous guette! L’épeire diadème nous met des fils pleins les pattes dans les sous-bois. L’araignée est une prédatrice. Elle figure ainsi dans de nombreuses histoires ou films d’épouvante.

Alors appeler une araignée «Maman», associer la mère à la bête mythique à huit pattes, c’était osé.

Ce serait oublier que l’araignée est aussi un architecte inspiré quand elle tisse sa toile. Ou comme le disait Louise Bourgeois:

« L'araignée, pourquoi l'araignée? parce que ma meilleure amie était ma mère, et qu'elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable et indispensable qu'une araignée. Elle pouvait se défendre elle-même. »

L’artiste donnait ainsi une connotation positive à l’arachnidé géant, aujourd’hui exposé à Genève sur la Place Neuve. Pour donner une meilleure image de son gigantisme (hauteur de 9 mètres) on aurait pu lui trouver une place plus dégagée.

«Maman», à voir jusqu’au 28 août.


En vidéo, la bande annonce du film «Louise Bourgeois : l'araignée, la maîtresse et la mandarine», de Marion Cajori et Amei Wallach


 

 

 

 

 

Ecrire, c'est comme sculpter_: prendre la pierre brute d'un texte et le travailler, dessiner ses nervures, lui donner forme, relief et caractère.


CouvDiable.jpg

Catégories : Art 15 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Je trouve cette sculpture grandiose. J'ai fait une video aérienne avec un petit drone de cette araignée sur la place de neuve. Elle est visible ici:
    http://www.youtube.com/watch?v=NUtebQsQl40

  • @Pierre-Alain

    Génial les images prises par le drone ! Peut-on les faire circuler ?

  • @ Pierre-Alain: C'est un plus de la voir de haut! Super, et merci de partager ici.

  • Avec plaisir, oui vous pouvez la faire circuler, elle est publique. C'est avec joie que je la partage.
    Salutations
    Pierre-Alain

  • Oops, je me suis désabonné par erreur, j'en profite pour vous donner le lien de ma playlist de drone.
    http://www.youtube.com/playlist?list=PL2206AAC324D7DBD2

  • Merci Pierre-Alain
    (o_~)

  • Oui Pierre-Alain, ça vaut le visionnement. J'aime beaucoup.

  • Ah, ben non alors! moi je l'avais vue à la mer du Nord en Belgique lors de Beaufort 2006 à Mariakerke elle couvrait la tombe de James Ensor (sans son consentement je présume)... et depuis elle fait le tour du monde, pour moi l'araignée c'est rédhibitoire et même avec toutes ses qualités naturelles, elle reste dehors dans sa toile et fait son boulot d'araignée... sûrement pas sa place à la maison, place de la mère dans la plupart des cas, même la mère qui travaille dehors.
    Je dois passer par la Place de Neuve et j'en frissonne d'avance, car en plus elle est monstrueuse, même une belle mygale velue c'est beau (dans mon poste télé, pas en vrai ça je pourrais pas) mais cette mère giacomettique de la Bourgeois, berk!
    Du fond des tripes.

    PS : ma mère aimait les araignées, car ma mère détestait les mouches. Moi je suis arachnophobe...

  • Plaisir de vous retrouver Fabienne. Je pensais justement à vous il y a quelques jours. Je repassais sur des paysages de la mer du Nord, ou sur une chanson, je ne sais plus, et je me suis dit: tiens, ça me rappelle Fabienne, que devient-elle?

    C'est amusant d'avoir ce petit bout de monde en commun, Mariakerke, Oostunkerke, et d'habiter Genève sans se connaître, mais d'avoir la même affection pour ce bout de terre.

    Alors voilà je suis heureux de vous lire à nouveau. Les araignées, je n'aime pas trop non plus. J'aurais des anecdotes à raconter mais je crois qu'après cela vous ne m'écrirez plus! je préfère m'abstenir...

    :-)

    C'est étrange les peurs viscérales. Parce que la Maman de Bourgeois n'est que du métal, ce n'est pas une vraie. Mais cela ne se commande pas. J'ai une amie, il suffit qu'elle voie une mue de serpent à trois mètres et elle est malade...

    Bien à vous.

  • Je retourne à Oostduinkerke début septembre, voir les chevaux qui pêchent à marée basse...
    Cette année je serai accompagnée, partiellement dépendante d'un fauteuil roulant... et de cannes pour marcher dans le sable...

    Ca fait plaisir de se dire "quelqu'un pense à moi quand il pense à la mer du Nord" ; souvent j'ai des copines qui me disent "j'ai pensé à toi aux Seychelles" ou même sur le lac ici à Genève (il y en a de terribles le soir sur les quais!) et là je sais qu'elles ont vu une araignée!!!
    J'ai aussi beaucoup d'histoires d'araignées, elles m'aiment car où que j'aille j'en vois, peut-être parce que je regarde en pensant que je vais en voir...

  • Ah, le "i" de Oostduinkerke", il me semblait bien que je l'avais oublié!...

    Je vous souhaite beaucoup de bien pour ce voyage. Il y a là-bas une nourriture spéciale pour l'âme et l'esprit. Enfin, vous le savez aussi bien que moi. Les peintres, les poètes, les rêveurs, y sont un peu chez eux.

    Mais je vois que vous y allez dans des circonstances particulières. J'en suis désolé pour vous. Mes voeux de santé vous accompagnent.

  • Et bien, Fabienne, j'ai depuis ces jours une forte envie d'aller revoir cette mer si belle, ses plages si grandes, ce vent, cette écume d'argent, ces bateaux lents...

    Je ne peux pas actuellement. Mais elle m'habite, cette mer, et là elle se réveille, ou me réveille à elle.

    Bon voyage pour vous!

  • Et de Ferré "la mémoire et la mer" ce chef d'oeuvre qui prend aux tripes, je suppose que vous connaissez aussi...
    Je vous donnerai des nouvelles, mais quoi de nouveau!
    La couleur, le ciel, l'horizon?... tout ce qui peut changer c'est les vagues qui se succèdent et les dessins du sable à marée basse, au coucher du soleil de préférence... "la mer, la mer toujours recommencée" Je ne suis pas fan de Valéry mais cette citation me convient.
    A bientôt.

  • Quoi de nouveau?


    Votre sentiment.
    Les rêves qui passent, et repassent, mêmes et si différents.

    Les odeurs.

    Le vent, ce vent toujours et encore, et ses haleines.

    Les oiseaux, Fabienne: combien? Lesquels? Comment volent-ils? Vers quel ailleurs?

    Et les chevaux. Leur couleur, et les hommes sur les chevaux. Et la mer sous les hommes, la mer et sa couleur, et sa tendresse peut-être.


    Tout cela Fabienne. Et tant encore.
    Ramenez-moi un poème de là-bas...



    Ah, oui, la Mémoire et la Mer... oui. Les tripes, oui.
    Tiens, voilà:

    http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2010/02/04/la-memoire-et-la-mer.html

  • ... et la lumière... la lumière comme vous la voyez.

Les commentaires sont fermés.