Les vacances? Pas sans mon diable!

D’ailleurs, quand on l’a vu, on sent mieux la part d’ange qui est en nous... Mais... qui est donc ce diable? Est-ce un diablotin malicieux ou un grand diable terrifiant? Un pauvre diable errant ou un mauvais diable? Est-ce le diable au corps? Tire-t-on le diable par la queue? C’est bien le diable s’il n’y a pas une réponse à toutes ces questions! Ce qui est sûr c’est qu’il y fait une chaleur du diable...

Alors encore un extrait du Diable en été:


CouvDiable.jpg«    Ce sont d’abord quelques boules d’eau qui soulèvent une couronne de sable aussi large que la paume. Le Colorado est une ancienne carrière d’ocre, face au village de Rustrel. Falaises jaunes et blanches, collines rouges, une plaine beige, et des arbres le long d’un ruisseau. Un paysage décalé dans cette Provence des hauteurs. Le plateau du Vaucluse est plus habitué au sec épeautre et aux cystes transpirants qu’à se prendre pour un américain. Les plic ploc lourds des grosses gouttes déchirent les feuilles. Elle dessinent au sol des plaques foncées. Je montre à Elsa des cratères formés dans le sable. Des dizaines de cônes en creux qui indiquent la présence d’une colonie de fourmilions. Une odeur de terre, d’herbes et de racines sauvages se répand dans l’air. Le vent a faibli. Le ciel est si sombre que la lumière semble venir du sol. La pluie s’arrête mais au loin, derrière une crête, des traînées grises approchent déjà. Une spirale tourbillonnante soulève la poussière au milieu de la plaine ; hésitante elle s’effiloche, danse, monte, se courbe et s’allonge. Elsa frissonne.
— Tu as peur ?
— Non.
De quoi aurions-nous peur ? Nous sommes prêts. Nos corps se rapprochent lentement. C’est un vertige. Le contact est comme la foudre. Elsa déboutonne ma chemise et ouvre la boucle de ma ceinture. Je caresse ses épaules. Les bretelles de sa robe glissent, la robe descend, tombe a ses pieds. Bientôt nous sommes nus. Il n’y a plus de résistance. Un feu tendre serpente entre ses seins et mon ventre, et l’eau brûlante qui va de mes lèvres à son cou est déjà presque une fièvre. Ici commence la maladie douce. La maladie d’amour. Ici, dans ces collines dansantes, un pont de chair est bâti.
Je me soude à sa peau. Un double sentiment prend forme. Celui du commando porteur d’une mission : aller au-delà de moi. Dépasser mes craintes. Je ne suis jamais sûrs d’être à la hauteur. Comment assumer ma différence? Car c’est bien là, dans mon pénis, que réside ce qui me différencie le plus de la femme. Là où je ne ressemble qu’à moi-même. Je crains d’être évalué sur mes performances sexuelles. Affectives aussi. Sur le plaisir complet que je donnerai ou comment  je saurai être doux et fort à la fois. L’enjeu est considérable. D’où vient cette mise en demeure de réussite que j’éprouve parfois au début d’une relation ? Cette crainte d’être jaugé et de l’échec ? Les attentes des femmes sont mystérieuses et complexes. Même avec de l’expérience je n’avance jamais en terrain conquis. Que devrais-je dire à Elsa ? Que je suis un prince quand la femme m’accueille en prince. Quand elle ouvre ses portes au chevalier. Ma recherche et mon plaisir son liés à mon anatomie. Je ne sait pas ce que signifie accueillir. C’est la femme qui me le montre. Moi je vais en avant, je frappe à la porte. Je suis accueilli. Les psychologies diffèrent tant les positions anatomiques sont asymétriques. La communion des corps ne s’atteint, quand elle s’atteint, qu’après la reconnaissance des mouvements différents. Cet acte si simple qu’est l’acte sexuel est comme une montagne à gravir. C’est anxiogène. Je regarde Elsa. Que comprendrait-elle de tout cela ? Je ne dis rien. Ce n’est pas le moment. Elle est devant moi, elle m’ouvre ses portes. Je peux encore reculer.
L’autre sentiment est d’entrer dans la plénitude. L’unité retrouvée. Le lieu en moi où la femme me désire et m’attend. L’abandon, enfin. J’oscille entre ces deux sentiments : la peur et le désir. La division et l’unité. J’avance, je n’avance pas. Je connais bien ce double mouvement : aller et revenir. Mon corps avance, mon ombre recule. Incorrigible fragilité qui m’a fait rencontrer la femme du train, elle-même si près et si loin. Les semblables s’attirent. Avec elle je n’ai pas eu le temps de guérir ma fragilité : elle est partie quand le port était en vue. Je suis resté là, oiseau tiré en plein vol. Ma fragilité a empiré. Rien n’est gagné. Moins que jamais.»


Pour rappel, le roman peut être commandé en ligne chez Publibook.com ou amazon.fr, ou dans certaines librairies (liste des librairies genevoises où il peut être commandé ci-dessous). Il faut savoir qu’un premier roman d’un inconnu ne se trouve pas tout de suite en rayon, à moins d’être édité par Gallimard. Et Publibook vendant aussi en ligne, certaines librairies ne le prennent pas pour cause de concurrence.


Bon, je crois que c’est le dernier extrait que je mets en ligne. Ah ça, m’enfin, faudrait quand-même voir à l’acheter!...

:-)))

 

Au paradoxe perdu
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Commentaires

  • Ce qui est certain, c'est que vous m'avez donné envie de lire ce livre !

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