Quand Harry rencontre Gertraud, qui pêche la baleine

Met26-6-1.pngTout le monde ne peut pas s’appeler Sally. Comment saurait-on à qui on parle? On crierait de loin: «Hé! Sally!» Et tout le monde dans la rue se retournerait et dirait: «Oui?»

Nul ne connaît non plus son destin. Pas même Harry. Lui que l’on disait assez proche de Pippa («The» Pippa, une sans-culotte à la cour d’Angleterre), le voilà à la colle ou presque avec Gertraud. Enfin, pas le même Harry. Un autre. Mais qu’a-t-elle donc de si attractif, cette Gertraud?

(Cliquer sur les images pour les agrandir).

Elle sait créer l’ambiance. Une ambiance chaude, très chaude. Brûlante même. Propice aux étalements langoureux au fil de l’eau ou dans les campagnes légèrement reverdies. C’est vrai qu’elle ont repris un peu de couleur avec les quelques pluies de juin.
Met26-6-2.png
Ah, juin... Les tilleuls envoient leurs dernières salves d’arôme à s’en péter les narines. Ah, les tilleuls... Une trace du paradis. Ils annoncent le début de l’été, du bel été, plus sûrement que les trompettes de Jéricho et de Miles Davis réunies.

Avec certains parfums, dont les tilleuls, je deviens vraiment un gars de la narine.

Mais qu’ouïs-je? Dans la plaine surchauffée les grillons crient «Nous grillons», les lucanes canent, les moustiques tiquent, les tiques tac, et une voix - que dis-je une voix - un choeur s’élève, psalmodiant ce prénom: «Gertraud, Gertraud, ne nous quitte pas, pas trop vite. Reste encore, encore un peu avant d’aller faire ta vie à l’est».

Et Gertraud, l’anticyclone sympa, reste encore un peu. Légèrement décalé quand même. Juste de quoi aspirer par son flanc ouest une grosse haleine du Sahara, une haleine grosse comme une baleine, bien chaude, bien cuisante. Bien rouge. On sait que la France aime le rouge. Là elle est en plein dedans: 39° à Bordeaux. 39° ce n’est plus du vin: c’est du Cognac.

baleine_bosse_07.jpgLa Suisse, elle, respire encore un peu. Les baleines peinent à remonter le Rhône.


«À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
Disait le père d'une voix courroucée
À son fils Prosper, sous l'armoire allongé,
À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
Tu ne veux pas aller,
Et pourquoi donc?
Et pourquoi donc que j'irais pêcher une bête
Qui ne m'a rien fait, papa,
Va la pêpé, va la pêcher toi-même,
Puisque ça te plaît,
J'aime mieux rester à la maison avec ma pauvre mère
Et le cousin Gaston.
Alors dans sa baleinière le père tout seul s'en est allé
Sur la mer démontée...»
(La pêche à la baleine, Jacques Prévert, extrait)

Met26-6-4.png
Mais que vois-je là-bas? Là-bas, sur l’Atlantique, un front plus frais avec ses piquants vers le bas. Poussé par le nord, rattrapé par Harry qui va l’entourbillonner et le lancer sur nous comme un freesbee. Donc logiquement, baisse des températures dans 2-3 jours. Enfin, on verra. La météo n’est pas une science exacte. C’est comme la sociologie.

- Pourquoi la sociologie?

- Oh, pour rien.

N’empêche, d’ici que ça fraîchisse on va pourvoir manger des grillons grillés et de tendres petit agneaux passés au barbecue. C’en est toujours que le loup n’aura pas!


L’été sera chaud.


 

 

Un roman pour l'été:

CouvDiable.jpg

Catégories : Météo 1 commentaire Lien permanent

Commentaires

  • Vraiment bien fait ton article, j'attend d'en lire plus. Bonne continuation et à bientôt :)

Les commentaires sont fermés.