Peut-on cracher sur la photo du pape?

Peut-on cracher sur une photo du pape? La question est pour le moins iconoclaste et un tantinet provocatrice. L’idée ne viendrait à personne. Cracher sur la photo du pape? Quel anticlérical hargneux serait encore capable de faire une chose pareille? Personne. On peut librement s’opposer à la religion sans avoir besoin de montrer une telle violence. La religion fait partie des choses que l’on discute.

urinoir.jpgDans les pays d’imprégnation chrétienne, le débat est ouvert et libre. On peut même être fâché avec la religion et l’exprimer. On ne va pas en prison pour autant. Personne n’est contraint, personne n’est empêché. Donc on ne crache pas sur la photo du pape, ni sur la bible. On n’en verrait pas l’intérêt.

Il y a parfois des tensions. Par exemple quand un homme présente un crucifix plongé dans l’urine et le sang et affirme que c’est une oeuvre d’art. Des chrétiens se sentent insultés et niés dans leur foi, et vont détruire cette supposée oeuvre d’art. Entre parenthèse, si un crucifix dans l’urine est autre chose qu’un moyen de faire parler de soi, si c’est une oeuvre d’art, alors le célèbre urinoir de Duchamp est comparable à une Joconde du 20e siècle. Mais en 1917 Duchamp avait pour lui la justification du dadaïsme. Le Piss Christ d’Andres Serrano ne s’inscrit dans aucun champ signifiant particulier. Même pas à titre de provocation. Provocation à quoi, d’ailleurs?

A moins qu’il n’ait récolté l’urine dans les urinoirs publics. Ce qui, à défaut de l’élever au niveau d’un Léonard de Vinci, le relierait au moins à Duchamp. On peut bien sûr chercher, se dire que l’être humain est fait de liquides rouges, jaunes et transparents, et qu’il doit bien y avoir un sens caché. Mais cela devient compliqué. L’artiste devrait payer le spectateur: c’est un vrai travail de donner un sens à son oeuvre.

Je ne suis pas fétichiste et je ne vois pas d’injure aux chrétiens dans ce «tableau». Juste une ineptie. Mais si les chrétiens l’entendent autrement c’est leur réalité. Au fond, détruire ce «tableau» est un acte de création artistique chrétienne qui renouvelle l’ancien dadaïsme. La liberté d’expression, dans l’art, ne s’arrête pas au respect de la propriété intellectuelle. Ce tableau appartient à quelqu’un, mais ce qu’il signifie, ce qu’il provoque et ce qu’il subit n’appartient à personne, ou à tout le monde. Y réagir est son prolongement et son accomplissement.
pisschrist.jpg
A moins qu’il ne s’agisse que d’une insulte. L’insulte n’est pas une bonne chose. Il n’y a pas de vraie pensée élaborée dans l’insulte. Insulter le crucifix, ou un religieux, ou un politicien, c’est au minimum une faute de goût, comme dirait Me Bonnant.

Si donc on veut une paix civile qui permette l’évolution des idées, l’insulte n’est pas de mise. Par exemple brûler le coran est délibérément une insulte aux musulmans. On peut regretter le fétichisme du livre ou du prophète, comme on peut regretter le fétichisme du crucifix. Les objets ne sont que des objets. Un prophète n’est pas Dieu (s’il existe). Et dans 5 à 10’000 ans j’espère que l’on s’étonnera d’avoir pu faire des guerres au nom des religions. Mais en attendant, si pour préserver une faix fragile il faut éviter de s’invectiver, évitons.

Par exemple, cracher sur la photo du pape serait de toute évidence une violence, un mépris, une agression. C’est pourquoi personne n’irait cracher sur sa photo. Chez nous. Parce qu’ailleurs il y en a qui ne pensent pas ainsi.

«Extrait de l’émission «Envoyé spécial»:   “Pakistan l’arme du blasphème”. Au Pakistan, une loi punit l’offense au Coran à l’emprisonnement à vie, et l’offense au prophète à la peine de mort. Le gouverneur du Penjab avait baptisé cette loi la “black law”, la loi noire, obscurantiste, car n’importe qui peut-être accusé de blasphème sur la foi de dénonciations invérifiables. Les chrétiens et les minorités religieuses musulmanes sont les victimes de cette loi, et ceux qui les défendent la cible des extrémistes. Carnet de route au Pakistan, dans ce pays déchiré entre les partisans d’un islam ouvert et éclairé, et les organisations religieuses radicales de plus en plus influentes.»




DES ISLAMISTES CRACHENT SUR LE PAPE par trossy2

Catégories : société 10 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Bof... cracher sur la photo du pape, la belle affaire! Jean-Paul II bavait bien dans sa soupe.


    De plus, il y a certainement certain(e)s cathos qui doivent jouir sur la photo du pape... non? ;o)

    Quand on constate que ces même groupies croient dur comme fer au miracle qu'aurait "réaliser" le cadavre de Jean-Paul II... C'est du charlatanisme pur sucre. Cela reste dans la droite ligne des ayatollahs du buisson ardent, de la parole matérialisée d'allah ou de la "procréation assistée" de la Mère Marie. Toutes les religions reposent sur les mêmes mécanismes fallacieux.



    =:oB

  • Gloser sur les religions le matin ? J'ai pas très envie.

    Mais j'admets que l'oeuvre d'Andres Serrano m'est plutôt sympathique et me parait relever d'un vrai élan artistique qui ne se soucie pas d'une affiliation à un mouvement quelconque.
    Il n'est pas si compliqué d'y trouver du sens et le résultat n'est pas dénué d'esthétisme.

    Il aurait peut être dû la nommer Pi-Peace Christ ?

  • Il faut distinguer nettement l'insulte faite à un humain, laquelle doit demeurer interdite pour des raisons évidentes de paix sociale, de la notion fantaisiste et dangereuse de blasphème, soit la prétendue offense à une divinité.

    La notion de blasphème a été inventée par des prêtres avides de pouvoir mais spirituellement peu développés, dans le but de dissuader leurs peuples superstitieux de remettre en cause les dogmes souvent absurdes que ces prêtres édictaient au nom de la divinité qu'ils prétendaient représenter.

    Le postulat de base de cette notion est donc l'existence d'une Cause première, que j'appelle Cela (peu importe que l'on nomme Cela Adonaï, Dieu, Allah, Jehovah, Krishna, etc ...).

    Lorsqu'un humain subit un malheur comme la perte d'un être cher par exemple, cet humain réagit d'abord en se disant "qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça", et c'est en observant cette réaction que certains prêtres ont décidé de l'utiliser à leur profit.

    (On peut déjà relever à cet égard que s'il est naturel pour un humain superstitieux de réagir de cette manière, l'humain plus expérimenté pousse sa réflexion un peu plus loin et se demande s'il est logique de considérer a priori ce malheur comme une punition sanctionnant une faute, alors qu'il pourrait aussi bien s'agir non pas d'une punition mais d'une épreuve, destinée non pas à le sanctionner pour une faute passée mais à lui permettre de s'améliorer pour le futur.)

    La notion de blasphème présuppose d'une part que Cela pourrait être offensé par certaines paroles ou actions des humains, et d'autre part que Cela pourrait provoquer le malheur de ces humains afin de se venger de ladite offense.

    Une telle notion est dangereuse parce qu'elle crée une peur artificielle empêchant tous les humains dont la superstition passe avant la réflexion d'exercer leur esprit critique au sujet des dogmes religieux, et surtout parce qu'elle interdit aux humains qui placent la réflexion avant la superstition, de communiquer aux autres humains le fruit de cette réflexion et des expériences non seulement spirituelles mais aussi scientifiques, qui peuvent en résulter.

    L'invention même de la notion de blasphème constitue un affront irrespectueux envers Cela puisqu'elle présuppose que ce dernier, décrit comme éternel et tout-puissant par les prêtres précités, pourrait "se sentir" atteint et gêné par les paroles ou les écrits des humains faibles et mortels que nous sommes, ce qui revient à faire bien peu de cas de cette toute-puissance, à la nier et donc à "blasphémer" en ramenant Cela au rang de simple humain faible mais très orgueilleux, très susceptible et très rancunier.

    La notion de blasphème est en outre une invention fantaisiste, car prétendre que Cela pourrait se sentir offensé et pourrait vouloir se venger, c'est le considérer comme un être ce qui est illogique au vu des affirmations de ces mêmes prêtres, et c'est en plus lui attribuer des émotions et des sentiments humains, ce qui est présomptueux et stupide.

    Ces prêtres affirment en effet que Cela est infini, sans se rendre compte de l'impossibilité logique pour l'infini de constituer un être.

    Les humains définissent un être comme ce qui est conscient de sa propre existence: le fameux "cogito ergo sum", je pense donc je suis.

    Avoir conscience de quelque chose, fût-ce de sa propre existence, implique donc la dualité, soit quelque chose qui est conscient et quelque chose dont ce quelque chose est conscient, or la dualité est logiquement incompatible avec l'infinité, car il ne peut y avoir deux infinis.

    Il en résulte que si Cela est infini, alors Cela ne peut pas constituer un être au sens où les humains définissent ce terme, Cela ne peut d'ailleurs pas avoir conscience de quoi que ce soit et ne peut donc pas éprouver des émotions ou des sentiments humains, lesquels présupposent la dualité.

    La notion de blasphème est donc une invention fantaisiste, car elle se réfère à une relation logiquement impossible.

    Ce que la notion de blasphème protège en réalité n'est donc pas l'impossible susceptibilité de Cela, mais l'imbécile susceptibilité de certains humains croyant pouvoir masquer leur ignorance par leur arrogance.

    Je ne vois pas en quoi les dogmes religieux édictés par ces humains auraient plus de valeur ou seraient plus justes que les croyances de n'importe quel autre humain, par conséquent la répression pénale du blasphème contre les religions, quelles qu'elles soient, est une absurdité dangereuse car elle permet aux chefs de ces religions d'établir une véritable dictature de la pensée, de la parole et de l'écrit.

    Si Cela existe, alors en vérité il n'a jamais existé qu'un seul "blasphème", c'est le fait même d'avoir inventé cette dernière notion.

    Et si Cela n'existe pas, le fait pour un humain d'y croire ne mérite aucune protection puisque cet humain se trompe, par conséquent le fait que sa susceptibilité puisse être heurtée par des critiques dirigées contre sa croyance erronée, ne me dérange pas.

    La répression pénale du blasphème telle que pratiquée en Allemagne ou en Suisse (art. 261 CPS) peut certes assurer une certaine paix sociale face à l'intransigeance des bigots de tous bords, mais du point de vue logique elle relève de la plus totale absurdité car elle aboutit soit à sanctionner un résultat impossible (le prétendu affront fait à Cela), soit à sanctionner la critique de croyances erronées et ne méritant donc aucune protection.

    Les humains doivent être libres de critiquer toute religion, toute secte et tout dogme, car comme le dit un ancien adage sanscrit "Satyat nasti paro dharma" : il n'y a pas de religion supérieure à la Vérité.

  • Lorsque le pape dit que l’athéisme mène au fascisme il crache sur des millions de gens à travers le monde qui luttent pour la liberté contre les dogmes religieux ou idéologiques qui asservissent et emprisonnent ceux qui n'y adhèrent pas.
    il crache sur tout ces gens torturés, brulés vifs, tués aux nom de sa religion pendant les siècles noirs de l'inquisition et sans doute parce qu'il perd la tête, il oublie qu'il fut lui-même un fasciste.

  • Personne ne porte plainte contre ce blasphème?

    Si je comprends bien eux ont le droit de cracher sur le pape mais ATTENTION aux "mécréants" de parler sur mahomet attendez-vous à avoir une fatwa aux fesses!

    Je crois que c'est le but de ce billet?!

  • « Personne ne porte plainte contre ce blasphème? »


    N'en déplaise à notre bigote de service, nous ne vivons plus, ou pas encore (sic!), dans une théocratie!

    J'imagine aisément que cette situation vous chagrine... et que vous rêvez de devenir comme ces trous du cul d'islamistes intégristes qui font la chasse aux blasphémateurs(-trices). La boucle serait alors bouclée.


    Quand aux « fatwas » et autres interdits religieux, ils n'engagent que les abrutis qui les proclament... et les cons qui les suivent. Qu'ils soient musulmans, chrétiens ou juifs...

    Si dieu existait réellement, il lancerait ses fatwas ou porterait plainte lui-même... Mais comme ce sont ses suppôts qui le font, cela prouve qu'il nexiste pas!


    Aux oubliettes de l'histoire, les charlatans de tout poil!



    =:oB

  • Incroyable ce que vous pouvez être bête L'avis de Brian!

  • @ Patoucha:

    « Incroyable ce que vous pouvez être bête L'avis de Brian! »


    Ça aussi, c'est écrit dans la Bib'e..?!? MDR!!!


    Plus sérieusement, je faisais juste remarquer que les promoteurs des lois antiblasphèmes, quelle que soit leur religion, sont tous fait du même bois... brandissant les interdits à tour de bras. Vous en êtes la preuve...



    =:oB

  • De toutes façon une loi ou un interdit n'empêchera pas les gens de cracher sur le pape dans leur tête ou dans leur coeur. L'excès de lois ne fait que refouler les comportements sans les changer. La loi n'empêche pas la haine.

    Par contre c'est amusant de constater que des groupes religieux qui reprochent à l'occident le non-respect de l'islam se permettent ce comportement.

  • "Le Le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé le Bischheimois de trente ans qui avait brûlé un exemplaire du Coran et uriné sur ses cendres.
    Selon le tribunal le délit de provocation à la haine raciale, à la discrimination ou à la violence contre les musulmans n’est pas caractérisé. Il estime aussi que les vidéos se moquaient d’actes terroristes « auxquels la communauté musulmane ne peut être assimilée ». Les parties civiles ont été déboutées." -9 Mai 2011-

    lalsace.fr

    Tout est dit on peut brûler le coran et pisser dessus. On a le droit de critiquer les religions et les religieux. C'est aussi normal que de respirer.
    Les inféodés à l'obscurantisme sont en général contre la démocratie, contre la laïcité, cotre la liberté d'expression entre autres, leur croyances ne sont pas des certitudes qui plus est, elles sont largement remises en cause par les véritables scientifiques de toutes les disciplines, qu'ils soient géologues ou historiens etc...

    Les mensonges dans les livres dits "sacrés" ne manquent pas.....Bien avant les Pharaons d'Egypte la naissance, la vie, la mort appartenait au chef tribal (le règne du plus fort et du plus rusé)Nous sommes issus de ce monde qu'on le veuille ou non, c'est comme cela.

    Plus de cinq cent scientifiques de toutes nationalité ont déchiffrés les hiérogliphes des pyramides de la vallée d'Egypte. Les Pharaons (rois-dieux) ont été les seuls à organiser la vie en société basée sur des milliers de divinités de l'au delà. Le pouvoir sanguinaire des chefs tribaux, rois, avec l'aides des prêtres, des scribouillards s'est traduit par l'invention de concepts religieux voués aux dieux, et ce faisant voués aux rois et leurs familles.

    Allez sur le site "Wikipédia" reconnu par toutes les grandes instances, "la naissance des dieux" y est fort bien expliquée et très compréhensive. Des livres sur les dieux ou les divinités existent ils ont été écrits par ces egyptologues, scientifiques de renommée mondiale.

    Certains en sont encore aux croyances par ignorance, et très justement parce que la mort fait peur, il est vrai que les religieux chrétiens ont "sauté sur l'occasion" pour travailler le sujet avec de la complicité dans des -confessionaux- entre autres, ou tout était dit et reporté à qui de droit.Ils nous ont menti et volé cette compréhension de la vie! Ils ont fondé les textes avec ces connaissances usurpées avec ou sans torture. C'est pour cela qu'ils nous racontent qu'ils savent tout...Les religions sont des concepts monarchiques "tu n'aimeras qu'un seul dieu" les "monseigneurs" sont les mêmes il faut s'agenouiller devant le roi ou la reine ils sont les dieux vivants ayant tous pouvoirs sur l'individu. Tous ces seigneurs issus des temps anciens du monde du plus fort et du plus rusé on tué, torturé, pillé, violé, massacré, lapidé au nom d'un dieu, et des conquêtes pour -le ROI-DIEU-et sa famille aidé des amis, des prêtres qui furent les plus grandes -ordures- de la civilisation Egyptienne ou ailleurs.

    Il ne me viendrai pas à l'esprit de "mollarder" par terre, car du point de vue de l'hygiène et du respect des autres, (c'est ma culture) c'est une horreur. Cracher sur le portrait d'un religieux ou brûler celui-ci ou un drapeau, ce n'est pas non plus ma culture, je me situe plus haut que cela.

    Cela dit brûler des bouquins religieux ou non je l'ai fait en d'autres temps à chaque déménagement, car "le bon coin" et l'ordinateur n'existait pas.Je brûle ce que je veux, je pisse là ou je peux, je critique les religieux et les religions, le blasphème je m'en tappe, et je suis devenu mécréant suite de longues années d'études sur les croyances et les civilisations.

    Pour être croyant pas besoin d'étude, c'est un entraînement qui commence dès le bâptème, -à notre insu, et qui va prendre une place importante dès notre enfance, (bourrage de crâne) c'est comme cela que l'on retrouve des gens instruits mais idiots qui croient connaître la réalité du proche orient, des musulmans, des sectes religieuses, etc..Ils ni connaissent rien en général, mais ils causent, et donnent des points de vues FAUX. Ce sont des instruits-idiots, ils sont aussi dangereux que les religions et leurs adeptes dans beaucoup de cas.

    Il y a des rituels et des façons de faire plus simples à mettre en avant pour les naissances, la vie, et la mort. Si on veut croire que le défunt est la-haut en train de boire le coup avec les ancêtres dans une autre dimension, c'est du domaine de la liberté....Prier sur un cailloux taillé sous domination des pompes funèbres, 'qui se gavent) dont les américains sont les principaux actionaires, ma fois c'est aussi du domaine de la liberté...Des rituels auquels je mécarte sans difficulté...C'est aussi ma liberté.Le plus gros problême pour les musulmans, c'est l'islam. C'est leur liberté, mais elle empiète la mienne et là, ça ne va plus.

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