Déjante-moi un lapin

Ça commence, on a à peine trois pommes. De hauteur. On sait pas encore lire. D’ailleurs les yeux ça sert pas à lire. Pas encore, quoi. Ça viendra plus tard. Pour le moment on se tortille devant le camescope sans savoir qu’un jour un père offrirait un montage de nos tortillements les plus niais à notre futur-e la veille du mariage. La honte!

Mais celui qui assume pas sa honte ne vit pas. Il dort dans une boîte en carton le long des rails. Bon, donc on assume la danse des canards et Chantal Goya. Bécassine, la robe tellement moche qu’on n’ose pas le dire, et ses mimiques... Pfff... faut vraiment être un enfant pour supporter ça. Ils oseraient pas faire la même chose avec un adulte en bonne santé. D’ailleurs ce serait de la non assistance à oreilles en danger.

Oreilles2.jpgEt encore, nous les oreilles elles ne sont pas trop grandes. Enfin cela dépend. Si on porte des boucles d’oreilles en cailloux, elles s’allongent. Chez les lapins elles s’allongent aussi. Pourtant ils portent pas de boucles d’oreilles en cailloux. Il paraît que chez eux c’est normal d’avoir des longues oreilles. Ça ne leur évite pas d’être mangés par les renards mais ça embête bien les renards. Les oreilles ça leur reste en travers de la gorge, ils toussent, vomissent des boyaux de lapins à peine chauds. Pour peu qu’il y ait une hyène dans le coin c’est elle qui finit le plat. Mais il n’y a pas de hyène par chez nous. Enfin, pas celles qu’on voit en Afrique.

En Afrique ils n’ont pas Chantal Goya. Mais ils ont des lapins. Des fois ils les tuent. Pour manger. Des fois ceux qui tuent les lapins ils sont eux-mêmes tués. Par des autres qui ont des habits verts et des gros fusils. Les lapins n’ont pas de fusil en Afrique. Ce serait trop subversif. Rendez-vous compte: un lapin qui tue un chasseur! Le monde à l’envers. Si ceux qui se font d’habitude tuer se mettent à tuer leurs tueurs, plus personne ne sera à l’abri.

Des lapins avec des fusils. Non mais... Manquerait plus que Chantal Goya en Afrique. Mais ils sont pas fous les africains. Ils nous la laissent Chantal. Bon, on grandit, quatre pommes, cinq pommes, et bientôt on a enfin fini de faire le singe sur Bécassine. On se prend au sérieux. Et on grandit encore, on fait de la politique en métaphore, on parle du lapin qui tue un chasseur, c'est beau comme Jules César agonisant, et voilà ce que ça donne.

Chantal Goya, je suis pas sûr qu’elle savait que c’était un hymne révolutionnaire:

 


un lapin bang bang par noochprod

Catégories : Humour 2 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Je bois mon café en lisant ce billet qui s'annonce déjanté et ...
    Wahou pour être déjanté c'est déjanté !! J'avais préparé mes oreilles (nan pas de lapin) a, pas écouter, entendre Chantal .... mais j'avais pas préparé mes yeux ! Pour le coup j'ai failli les refermer ;o)))
    Bonne journée Hommelibre !!

  • Loredana: MDR!!! :-)))

    Bonne journée!

Les commentaires sont fermés.