Planter du cannabis à Fukushima?

On sait - ou on ne sait pas - les multiples applications du cannabis. Une plante franchement extraordinaire. Avant de parler de Fukushima, un bref rappel est utile, histoire d’inciter les producteurs et les autorités à développer cette culture. Il est étonnant que l’on ne voie pas plus de champs couverts de ces belles feuilles vertes sur leur longues tiges.

cannabis-1.jpgRappel:

- dans la construction, le chanvre est un excellent isolant, imputrescible et inoffensif pour les habitants;
- l’huile de chanvre est utilisée en soins cosmétiques ou en alimentation pour sa grande richesse en acides gras insaturés; en friction elle a aussi une action anti-inflammatoire;
- on peut l’utiliser pour l’alimentation animale ainsi que les litières;
- c’est un biocarburant intéressant vu la quantité de biomasse produite;
- on l’associe au plastique pour réduire la facture pétrole.

N’oublions pas son usage thérapeutique dans les problèmes de douleur liés des maladies graves, l’effet sédatif très puissant en cas de fibromyalgie, et son action contre l’inappétence lors de traitements médicaux lourds.

Ce que l’on sait moins: le cannabis est une plante d’une grande efficacité en phytoremédiation.


Cékoissa?

C’est l’usage de végétaux pour dépolluer les sols. Certains d’entre eux, cannabis et tournesol en tête, fixent les métaux toxiques dans leurs feuilles et donc nettoient la terre.

«La phytoremédiation peut se faire via plusieurs mécanismes:

- la phytostabilisation: les polluants sont précipités, absorbés ou piégés par la plante, ce qui diminue donc leur mobilité dans le sol;
Fuku1-shima-1.jpg
- la phytoextraction : les polluants sont absorbés par les racines, puis sont amenés vers les parties aériennes où ils sont accumulés (plantes hyperaccumulatrices);

- la phytodégradation : les composés organiques polluants sont transformés en substances non toxiques par des réactions enzymatiques dans le sol ou dans la plante;

- la phytovolatilisation : le polluant est volatilisé sous une forme non toxique;

- la rhizofiltration : utilisation de plantes pour absorber les polluants de l'eau.»


On peut aussi enlever la couche de terre la plus contaminée. Le volume de terre à stocker est toutefois très important. La fixation des toxiques dans une plante demande un traitement après récolte puisque la plante est devenue radioactive, mais après combustion elle produit un volume beaucoup plus faible de déchets à stocker.

L’idée est donc loin d’être farfelue. De plus qu’il n’y a au Japon aucun obstacle légal à la plantation de cannabis. Bien évidemment ce cannabis ne pourra pas être consommé. A moins de chercher un effet plutôt... explosif!...


Tiens, à propos de cannabis, retour sur le lapsus du premier ministre français voulant citer le gaz de schiste et qui dit: «Gaz de shit». Le plus étonnant est la réaction des députés. Dans un pays aussi autoritaire que la France, où parler du cannabis à la télévision est un tabou, on voit les députés en rire. A croire qu’ils connaissent bien, ou qu’au fond le cannabis ne leur paraît pas quelque chose de bien grave.


Catégories : Environnement-Climat 6 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Shit = merde. Rien à voir avec le cannabis.

  • @ Nando: shit c'est le nom donné à la résine de cannabis. Quand on dit shit en français on ne pense pas à dire merde mais à cette résine. Tapez donc shit dans google.

  • entre le volcan fameux yodelan et le fuck machiwawa maintenant le pschitt du chit en schti,on n'ose imaginer la prononciation faite par Giscard pour sûr qu'il se serait brouté lui aussi!

  • Les députés ont éclaté de rire en pensant à la signification anglaise du mot.

  • Bonjour,
    C'est surprenant de remarquer comme on parle beaucoup plus de cannabis en période d'élections... Coïncidence ? ou peut-être essaye-t-on de nous enfumer avec des belles promesses ?

  • Planter du cannabis pour enlever les dépôts radioactifs ? Je trouve cette solution très insolite !

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