600’000 kilomètres de plus sont visibles

On ne peut pas vraiment dire où nous sommes dans l’univers. Sauf bien sûr dans la galaxie de la Voie lactée. Mais sommes-nous près du centre, de l'univers, s’il y a un centre? Ou en bordure? Et dans ce cas qu’est-ce qu’une bordure d’univers?

univers1_g.jpgCe que l’on sait: à la vitesse de la lumière 300’000 kilomètres d’univers se dévoilent à chaque seconde. Soit environ 600’000 kilomètres le temps qu’il faut pour lire le titre de ce billet. C’est peu de chose, 600’000 km. Un peu moins de deux fois la distance Terre-Lune.  En une minutes nous découvrons 18 millions de km. Je vous laisse compter pour une heure (60 minutes), un jour (24 heures) ou une année. Une année-lumière. La distance parcourue par la lumière en 365 jours.

En un jour un photon parcourt 25 milliards 920 millions de km. Notre galaxie mesure environ 100’000 années-lumières de diamètre. Elle contient plus de 100 milliards d’étoiles. Le système solaire, dans le bras d’Orion, en fait le tour en 225 millions d’années.

On n’a pas encore vu d’extraterrestres. Certains disent les avoir vus. Il n’y a alors pas de raison que nous ne les ayons pas tous vus. Voudraient-ils rester discrets? Indéfendable car inutile. Quelle technologie utilisent-ils? Vont-ils plus vite que la lumière? Car les voyages dans l’espace nécessitent cette hypothèse pour se réaliser sur de très grandes distances. Mais est-ce physiquement possible? A moins de découvrir une nouvelle réalité, cela semble improbable.

Nous avons bien exploré l’infiniment grand: ses lois sont connues. La vitesse de la lumière est possiblement la limite dans le monde physique. Après il faudrait passer à un autre état. Et aller dans l’infiniment... je ne sais quoi. L’infiniment petit? Le monde quantique, où les lois de l’attraction et de la gravitation semblent ne plus correspondre à celles que nous connaissons. Mais peut-on voyager entre les étoiles par les lois quantiques?

Dans la physique du monde connu les voyages dans l’espace, s’ils étaient possibles, s’étaleraient sur des générations. Les vaisseaux resteraient soumis aux lois physiques habituelles. Ils ne pourraient par exemple pas faire du sur-place comme c’est parfois raconté.

Selon divers chercheurs, il y a de bonnes chances pour qu’une forme de vie intelligente et aussi développée que la nôtre puisse exister ailleurs. Selon d’autres, c’est très peu probable. De toutes façons cela fait partie de spéculations, pas de certitudes ni de vérifications dans la réalité. De même le divin ne peut être démontré. Par nature et par définition il échappe à toute investigations dans le réel. Dieu n’est pas de l’ordre du réel et du mesurable. Toute définition de Dieu est destinée à échapper aux considérations humaines, aux mesures humaines. C’est fait exprès. C’est franchement gênant. On peut ainsi attribuer à Dieu n’importe quoi.
univers-telescope-hubble-590605.jpg
Dieu étant situé hors de nos concepts, tout ce qui se dit de lui prend force de vérité relative. Dieu ne peut pas être absolu,ou omnipotent, ou omniscient. Pourquoi? Parce qu’il est une vérité relative. Il dépend de la croyance que nous avons ou non en lui. Pourquoi dépend-il de notre croyance en lui? Parce que son existence n’est pas démontrable. Donc pour avoir une forme d’existence il dépend du fait que nous y croyions. C’est une faiblesse fondamentale de toute philosophie théiste: l’existence de Dieu dépend de la croyance des humains. Dieu est donc relatif à nous, et limité par nous.

Certains croyants affirment que Dieu existe même si nous ne croyons pas en lui. Cela, ce n’est pas prenable. Une démarche intellectuelle honnête ne peut admettre une telle assertion.

La science ne peut pas vraiment entrer en matière avec les phénomènes de la foi ou de la croyance. Même si l’on nettoyait ces deux phénomènes - foi et croyance - des besoins affectifs inconscients et des schémas parents-enfants, voire aussi des schémas de domination et de toute-puissance que l’on attribue à Dieu ou Allah comme à un tyran, que resterait-il de prenable? Pour la science physique, rien, selon l’astrophysicien français Christian Magnan. Parce que la science physique et astrophysique s’occupe du réel et de ce qui est mesurable. Elle pourrait donc s’intéresser à Dieu, puisqu’il est supposé être au ciel. Or il en s’y montre pas. Ou alors que l’on désigne dans quelle galaxie il se trouve. Mais aucun livre religieux ne le dit. Je ne vois donc pas comment on peut croire en un Dieu extérieur et si ressemblant aux humains.

Dieu au ciel, c’est une allégorie, diront certains. Soit. Alors si la localisation  précise de Dieu est une allégorie, comment Dieu lui-même ne serait-il pas une allégorie?

Le langage religieux est fait d’allégories. Il n’est pas fait pour démontrer du réel. Dieu n’a pas besoin d’être réel. Soit il nous gouverne par la terreur issue de nos pire cauchemars (le Jugement dernier), soit il sert à mettre en oeuvre une introspection et une conscience éthique. Auquel cas, sa réalité virtuelle suffit: il n’a pas besoin d’être réel. Il se nourrit de nous. Pour moi ce concept de Dieu, qui désignerait une forme de conscience d'être et non pas un être extérieur récompensant ou punissant, voire même créant l'univers, est davantage prenable. Il n’y a donc pas non plus besoin du diable et de l’enfer. D’ailleurs, l’enfer, les humains s’en chargent avec talent, non?


Extrait d’un courrier des lecteurs de Christian Magnan au magazine Ciel et Espace d’avril:

«La science nous apprend que notre univers est totalement inhospitalier et inutile pour l’espèce humaine. Face à cette absurdité, et à la stérilité de nos efforts pour y répondre, la seule attitude de raison est d’accepter ceci: l’être humain est à jamais incapable de comprendre ce qu’il fait là. Le jour où nos chers philosophes en métaphysique et théologie consentiraient à la modestie et à la simple raison et s’accorderaient sur ce point, les religions pourraient disparaître faute de clients, et l’humanité pourrait enfin respirer et passer à autre chose de plus créateur.»




Catégories : Univers 13 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Il est absolument fascinant d'imaginer que notre Univers visible s'agrandit de 300'000 km chaque seconde...d'après plusieurs sources, l'étendue réelle de l'Univers serait située entre 45 et 80 milliards d'années-lumière. Nous avons recensé une centaine de milliards de galaxies (voir l'image incroyable de Hubble Ultra Deep Field), dans l'Univers visible...je paraphrase l'article de Wikipedia, mais il est plus ou moins écrit 'L'Univers semble contenir un nombre immensément plus grand de galaxies'. Imaginons qu'il existe mille milliards de galaxies, qui contiennent elles-mêmes des centaines de milliards d'étoiles. Je vous laisse faire le calcul : 1'000 mia x 100 mia = 100'000'000'000'000'000'000'000 étoiles. Ne me dites pas qu'il n'est pas possible qu'un système solaire comme le nôtre existe quelque part !

  • @ Courant alternatif:

    Fascinant, oui. En ce qui concerne les chance d'une autre vie - organisée et consciente, capable de créer des outils et des technologies perfectionnées, je ne sais pas. Il a fallu un tel concours de circonstances pour que nous existions. Une chance sur combien? Et qu'en plus cette supposée vie ET soit présente autour de notre planète...

    En fait on n'en sait rien, mais les possibilités sont probablement très faibles. Personnellement je ne veux pas croire sans voir, ni alimenter un mythe non validé par des observations indiscutables.

    Récemment une des vagues du tsunami au japon était filmée du ciel par un hélico. A un moment on voit un objet presque au ras du sol et de l'eau, et des internautes en ont déduit mordicus que c'était un ovni. Mais un autre internaute a donné un lien vers un autre film du même coin au même moment, et de meilleure qualité: c'est un hélico!

    Notez qu'être seuls dans l'univers ne me dérangerait pas. Mais s'il y a qqn d'autre, et que nous nous rencontrions (ça fait une chance sur... beaucoup) ben en plus il va falloir commencer à se comprendre! Vu déjà comment c'est sur Terre, je vous dis pas...

    :-)

  • Vous remarquerez que j'ai parlé de système solaire, et non pas de vie organisée :-)

    A vrai dire, je ne sais pas si ces probabilités (de Vie tout court) sont vraiment si faibles. Il a été mis en évidence que des conditions extrêmes, voire réputées impossibles pour le maintien de la vie, ne sont finalement pas un obstacle.

    La question ultime, à mon avis, est de savoir comment la vie est apparue sur Terre. La théorie de la 'panspermie' propose que les briques essentielles du vivant sont provenues de l'Espace. L'hypothèse de la 'Terre rare', au contraire, imagine des probabilités si incroyablement faibles qu'il n'est pas imaginable, mathématiquement, que ces conditions apparaissent à deux endroits différents.

    On peut donc dire que la première hypothèse tend à dire que la Vie est somme toute banale dans l'Univers, vu le nombre inimaginable d’astéroïdes, comètes, poussières, etc qui sont présents, la seconde nous imagine bien seuls ici bas.

    Si vous voulez mon avis, la vérité doit probablement se situer entre les deux : certes, la Vie ne doit pas être courante, elle est peut-être même rare. Mais rare dans un Univers probablement peuplé de milliards de milliards de milliards d'étoiles ? Même si 0.00000001% des étoiles produisent un système planétaire 'viable', ça en fait toujours un sacret paquet, dans l'absolu !

    Deux dernières observations : si on trouve de la Vie dans le système solaire, le nôtre, par exemple sous la banquise d'Europe, ce sera alors encore plus grandiose que la révolution copernicienne. Et si cette vie existe et qu'elle se développe selon nos 'standards' terriens, alors cela veut dire que l'évolution se produit partout de la même façon, à condition 'égale'.

    Nous pourrions donc nous dire que nous avons probablement des humanoïdes, quelque part, et qu'un contact radio ou autre se produira tôt ou tard, ce qui, à l'échelle de l'Univers, pourrait bien se produire dans...400 millions d'années :-)

  • Des bactéries sur Europe, oui: possible avec la théorie de la panspermie. Cette théorie se fonde d'ailleurs sur la création de molécules complexes dans l'espace (voir Ciel et Espace de ce mois d'avril).

    Imaginer une vie bactérienne, oui, possible. Qui se développe, oui. Jusque là c'est comme vous dites, entre les deux: possible et rare à cause de l'ensemble de circonstances nécessaires à cela.

    Après on imagine une forme de vie complexe et autonome: donc avec des moyens de bouger: Pattes ou membres (si les ET ne sont que des tiges fixes unicellulaires, ils perdent de l'intérêt). La complexité est déjà d'associer ensemble des fonctions de base: reproduction, nutrition, mobilité, adaptation à différents milieux (forcément, s'il y a mobilité). Et donc, si complexité: organisation de l'ensemble, cohérence. Qui dit adaptation et mobilité dit aussi capacités sensorielles et interprétation des signaux. Capacité à déterminer où l'on va. De communiquer avec les autres. Donc d'élaborer une culture, une pensée, un mode d'abstraction.

    (Parenthèse: il y a dans le désert de Namibie, sauf erreur, une taupe qui n'a pas d'yeux. Mais ce n'est pas très pratique pour construire un vaisseau spatial...).

    Alors oui, peut-être qu'à partir des molécules, on peut anticiper le développement vers l'humanoïde, ou au moins vers un être complexe, organisé, autonome, mobile, capable d'abstraire et d'imaginer l'existence d'autres être, et de pousser la fabrication d'outils jusqu'à une technologie très perfectionnée. Ce qui signifierait que notre forme d'être est une sorte de standard (avec quelques adaptations).

  • Une petite réflexion que je me faisais à l'instant, John :

    Ne seriez-vous pas victime d'anthropocentrisme dans votre raisonnement ?

    La mobilité n'est pas nécessairement requise au développement d'une forme de vie complexe, selon moi. Les végétaux se reproduisent, s'adaptent, mutent, se croisent, sans mobilité intrinsèque.

    Ne limitons pas notre imagination à des formes de vies évoluées qui ne seraient possibles que si elles ressemblent à celles que nous connaissons.

    Nous n'avons même pas encore compris l'alchimie subtile de nos cerveaux qui fait que nous maitrisions un langage abstrait alors que les singes n'y sont pas parvenus. Bien que leur cerveau soit commun au notre pour bien plus de 99% de l'alchimie en question.

    Alors, qui diable sait à quoi pourrait ressembler un extra-terrestre aux connaissances supérieures aux notres...

    Fin de me réflexion. Bon week-end à vous !

  • C'est vrai qu'il y a un brin d'anthropocentrisme, Greg. Mais pour voyager dans l'espace, se déplacer hors de leur planète d'origine (s'ils existent), il y a, me semble-t-il une nécessaire mobilité, donc des moyens de se déplacer et de construire des engins.

    Faudrait arriver à leur téléphoner pour savoir, mais le réseau ne marche pas bien...

    ;-)

  • La superbe femme regarda John qui, comme d'habitude, la dévorait des yeux, et elle lui dit :

    Tu m'aimes ?

    Oh oui je t'aime !

    Prouve-le moi !

    Et bien il me semble que je te l'ai encore prouvé tout récemment, non ?

    Faire l'amour prouve simplement l'attirance physique, pas l'amour !

    Ah oui bien sûr tu as raison, mais tu as remarqué que j'apprécie et recherche ta compagnie plus que celle de n'importe quelle autre femme, n'est-ce pas une preuve d'amour ça ?

    Je dirais que c'est surtout la preuve de ton caractère possessif, et aussi du fait que tu t'ennuies quand tu es seul !

    Mais enfin je t'ai proposé de faire des enfants, ça tu admettras quand-même que c'est une preuve d'amour, non ?

    Ton envie de faire des enfants prouve simplement ton désir de laisser quelque chose sur terre après ta mort, ton désir de les faire avec moi plutôt qu'avec une autre prouve simplement que j'ai été la première à remplir les conditions qui t'ont semblé nécessaires pour te décider, désolée ça ne prouve pas encore que tu m'aimes.

    Mais je fais tout ce que je peux pour toi, j'ai changé certaines de mes habitudes qui te déplaisaient, je vis à ton rythme, nous voyons surtout tes amis, je participe aux tâches ménagères, tous ces efforts de ma part montrent bien que je t'aime bon sang !

    Pas vraiment en fait, ils montrent que tu es faible, facilement influençable, qu'il suffit de contrôler ta petite tête pour contrôler la grande comme chez la plupart des hommes, voilà tout ce que ça prouve.

    Mais je t'offre tout ce que je peux te payer, je me suis même privé d'acheter cette guitare l'autre jour pour que nous puissions partir en vacances dans les îles cet été, je ne ferais jamais un tel sacrifice si je ne t'aimais pas !!!

    Tu penses vraiment que l'amour peux être prouvé par des cadeaux ? Est-ce que par hasard tu me prendrais pour une putain, ta pute privée peut-être ?

    Je ne me permettrais jamais voyons, mais là j'avoue ne plus trop savoir quoi dire, alors explique-moi, quelle preuve pourrait te convaincre de mon amour ?

    Ton amour est un sentiment purement subjectif, il n'existe que parce que tu y crois, et je constate que tu ne parviens pas à me le prouver de manière objective, c'est pourquoi je doute que tu m'aimes et je dirais même plus, je doute que l'amour puisse exister !


    Cette conclusion
    De la belle
    A votre raison
    Suffira -t-elle ?
    Cogitez encore, John
    N'y a t-il pas maldonne ?

    L'amour et la Cause Première
    Présentent certaines analogies
    La vie et l'univers
    Sont leurs enfants ici
    Car à la matière
    S'est uni l'Esprit.

  • Fabula,

    Si j'étais le John de l'histoire, je ne tenterais pas de convaincre. La dame ne veut rien entendre. Il faut la laisser. Une autre qu'elle saura apprécier d'être désirée, et tout le reste.

  • C'est justement ce que son texte cherchait à démontrer !!!

    A savoir qu'une certaine manière de douter avec des arguments froidement logiques amène finalement un cercle vicieux qui fait fuir la vie elle-même.

    Très jolie fabulette "Fabula"


    Cher John, je me fais rare sur ce blog en étant très occupé, mais je le suis souvent, et là ... j'ai pas pu m'empêcher ... ;-)

  • Aoki, grand plaisir d'avoir de vos nouvelles! Mon roman va sortir en mai en principe. Je l'annoncerai et ferai une petite fête.

    La fable de Fabula résonne en partie à mes propres doutes. Et ma réponse est aussi inspirée de mes doutes!

    Tout de bon pour vous aoki!

  • @ Fabula:

    Dans un deuxième temps je me dis que je pourrais réagir autrement. Si je suis assez proche de cette dame, je pourrais par exemple la prendre dans mes bras dès sa deuxième ou troisième question et l'embrasser. Parfois le corps parle mieux que les mots.

    Dans une troisième hypothèse ("fais le tour, disait le Courbe" - référence à Peer Gynt de Henrik Ibsen, et à la Gestalt qui fait rechercher l'option qui parle le plus intérieurement) je l'interromprais au bout d'un moment et lui poserais moi-même des questions:

    - De quoi a-t-elle besoin en me questionnant?

    - De quoi elle-même doute-t-elle?

    - Qu'attend-elle de moi?

    et bien d'autres encore...


    En quatrième hypothèse, je reviendrais peut-être à l'argumentation, en disant que l'amour est par nature subjectif, qu'il nous rend "sujets" de la relation, que c'est sa noblesse et que je l'assume. Je lui demanderais si sa subjectivité rencontre assez la mienne pour envisager quelque chose ensemble.


    Je pourrais aussi lui dire que l'amour est une énergie, une fête, une frénésie des neurones, une légèreté, un ciel, et lui demander si cela lui plairait de l'explorer ensemble.


    Mais au final, je pense que je ne chercherais pas à prouver. Je lui proposerais de transformer sa question, à laquelle je ne serais très embarrassé de répondre, et de me demander "comment" je l'aime, en présupposant qu'elle admet que je l'aime. Si elle n'admet pas cela en premier lieu, je crois que le reste n'a pas trop de sens pour moi.

  • Merci Aoki, vous avez parfaitement compris le sens de mon premier post : Homme libre a déjà déploré dans plusieurs billets anciens, qu'aucune preuve ne soit donnée quant aux questions métaphysiques, mais il indiquait néanmoins que s'il ne croyait pas à l'existence d'un dieu personnel et antropomorphique, il croyait à l'existence d'une Cause Première se rapprochant plus d'une loi ou d'un principes abstrait que d'un être, ce qui me semble exact.

    Dans le billet ci-dessus toutefois, il m'a semblé qu'Homme libre modifiait sa position en estimant désormais qu'aucune preuve n'était possible dans le domaine métaphysique, et que par conséquent non seulement le dieu personnel et antropomorphique mais également la Cause Première abstraite et semblable à une loi, n'existerait pas, et là je ne suis pas d'accord, d'où mon premier post.

    Homme libre, je dirais à la belle sophiste que sa conclusion est erronée car une des prémisses de son raisonnement est erronée : contrairement à ce qu'elle soutient il est possible de prouver un amour subjectif de manière objective.

    C'est le cas par exemple lorsqu'un humain se sacrifie pour éviter la mort de l'être aimé lors d'une catastrophe naturelle, d'un naufrage, etc ... ou sans aller jusqu'au sacrifice ultime, lorsqu'un humain donne l'un de ses organes à l'être aimé sans être rémunéré pour cela mais uniquement pour lui permettre de survivre, car dans ces cas il devient difficile de trouver une motivation plausible autre que l'amour désintéressé, pour expliquer le sacrifice total ou partiel consenti.

    Il serait même possible grâce aux progrès de l'imagerie médicale notamment, de prouver l'existence de l'amour par ses effets physiques sur nos organes et en particulier sur notre cerveau, car ces effets ne sont pas les mêmes que ceux provoqués par la simple attirance physique ou par le seul désir sexuel (bien entendu il faudrait choisir un amour platonique comme sujet d'expérience, car si le sujet est à la fois amoureux et sexuellement attiré on ne pourra rien différencier :).

    Nous pouvons d'ailleurs nous en rendre compte par nous-mêmes en écoutant une musique particulièrement belle ou en admirant une oeuvre d'art qui nous touche profondément, car le frisson caractéristique et parfois durable qui se diffuse alors dans tout le corps est très proche de l'émotion et des sensations que provoque un amour désintéressé, mais est très différent de l'émotion et des sensations que provoque la simple attirance physique ou le seul désir sexuel : son point de départ dans notre corps et ses effets, notamment en ce qui concerne les substances chimiques que notre corps produit alors, ne sont pas les mêmes dans un cas et dans l'autre.

    Apparemment les femmes préfèrent ressentir les deux choses de manière distincte, de sorte que leur offrir des fleurs en attendant un câlin en récompense n'est pas très malin car ça les "chosifie" comme une marchandise sans qu'elles puissent savoir si on les aime vraiment, il vaut mieux leur offrir de temps en temps des fleurs sans rien attendre en échange et sans que cela soit motivé par une fête officielle (pour manifester l'aspect amour platonique) et leur demander un câlin sans rien leur offrir au préalable (pour manifester l'aspect désir physique sans le côté marchandise), car ainsi elles peuvent comprendre qu'on les désire et qu'on les aime.

    En réalité, si un homme fait vraiment tout ce que dit John dans mon post ci-dessus pour une femme, cela suffit en général pour que cette dernière admette qu'il l'aime (même si cela ne suffit pas forcément pour qu'elle l'aime), mais j'ai fait dire le contraire à la belle sophiste pour qu'elle considère l'amour de John de la même manière qu'Homme libre considère la Cause Première dans son billet.

    J'ai initialement écrit le texte qui suit à propos d'un ancien billet d'Homme libre intitulé sauf erreur "la naissance de l'univers" et finalement je ne l'ai pas posté à l'époque (ceci dit pour expliquer la conclusion du texte).

    Il serait parfaitement possible de prouver de manière objective certaines réalités et certains phénomènes occultes, n'en déplaise à nos scientifiques et religieux de tous bords.

    Il est évident que pour prouver la possibilité de la télépathie, un télépathe pourrait demander à un scientifique de cacher un objet dans un endroit connu de ce scientifique seul, "lire" cet endroit dans ses pensées et le lui indiquer.

    Mais savez-vous ce qui arriverait ensuite ?

    Les humains, dont le cerveau peine déjà à gérer le flux d'informations qu'il reçoit à longueur de journées, devraient s'habituer à gérer en plus les pensées de gens qui les entourent et surtout devraient appprendre à contrôler leurs propres pensées s'ils veulent conserver un tant soit peu de vie privée et d'intimité ; en fin de comptes une telle démonstration mettrait fin à toute possibilité de mensonge ou d'hypocrisie dans les relations humaines, or la vie en société deviendrait très difficile voire impossible sans mensonge ni hypocrisie, et le télépathe serait maudit par les humains pour les avoir contraints à supporter les pensées des autres et à contrôler les leurs, avant qu'ils ne soient naturellement habitués à le faire.

    Pour prouver la possibilité de la clairvoyance, il suffirait de vérifier systématiquement si les prédictions d'un clairvoyant se réalisent à propos d'une loterie par exemple, et au bout d'un certain nombre de prédictions exactes le risque statistique que la justesse desdites prédictions soit due au hasard seul, deviendrait proche de zéro.

    Mais savez-vous ce qui arriverait ensuite ?

    A supposer qu'une telle faculté puisse exister, celui qui la démontrerait serait constamment harcelé par des quémandeurs et des truands voulant connaître le prochain tirage gagnant, et il se verrait tôt ou tard contraint de l'utiliser pour faire de l'argent, de sorte qu'il la perdrait.

    Pour prouver la possibilité d'une matérialisation, il suffirait d'en effectuer une dans un local ou un récipient fermé dont la vacuité aurait préalablement été constatée.

    Mais savez-vous ce qui arriverait ensuite ?

    Celui qui donnerait une telle preuve inquièterait fortement tous les gouvernements car il pourrait matérialiser de l'or et destabiliser l'économie mondiale, de plus il serait très vite contraint par les militaires et scientifiques de son pays ou d'un autre, de démontrer l'opération inverse soit la dématérialisation, pour en faire l'arme ultime.

    Pour prouver la possibilité de créér les homunculi dont parlait notamment Paracelse, il suffirait d'en créér un, son existence serait objectivement vérifiable.

    Mais savez-vous ce qui arriverait ensuite ?

    Tous les religieux, bigots et cul-bénis de la planète estimeraient que celui qui a osé créer un être de manière non naturelle s'est pris pour un dieu, pour leur dieu, de sorte qu'ils tueraient ce créateur considéré comme sacrilège et tenteraient de tuer sa créature considérée comme surnaturelle.

    Pour prouver l'existence d'ondes cérébrales et de rythmes cardiaques très particuliers chez les pratiquants de certaines formes de méditation, il suffit de brancher un groupe de méditants sur encéphalogramme et électrocardiogramme (ce qui a d'ailleurs été fait il y a quelques années pour des moines boudhistes, avec des résultats surprenants), etc... .

    La méditation est la seule parmi les pratiques précitées, qui peut et doit être recommandée à l'humanité entière.

    Seuls quelques phénomènes paranormaux ne pourraient pas être prouvés d'une manière suffisamment objective ou reproductible pour être convaincante aux yeux de nos scientifiques (ce qui, au demeurant, ne signifie pas qu'ils ne pourraient pas être prouvés du tout : lorsqu'un Guide boudhiste constate que son disciple est près, il lui montre la nature de l'Esprit de manière subjective, et l'expérience très intime et inoubliable qui en résulte constitue pour le disciple une preuve irréfutable de la réalité de l'Esprit, bien qu'elle ne soit pas objective, cette expérience est d'ailleurs reproductible par le disciple).

    Les vraies raisons pour lesquelles de telles preuves ne sont pas données n'ont rien à voir avec la méthode d'expérimentation envisagée : les expériences citées ci-dessus nécessitent respectivement un vrai télépathe, un vrai clairvoyant, un Initié, des méditants complètement formés, or de telles personnes sont très rares et surtout elles savent distinguer ce qui dépend du libre arbitre humain de ce qui dépend du déterminisme.

    Ces personnes connaissent notamment le risque qu'elles courraient si elles violaient le libre arbitre d'un humain, or prouver un phénomène paranormal à un humain qui était sincérement persuadé de l'impossibilité de ce phénomène, équivaut à violer le libre arbitre de cet humain en le contraignant à "sauter une ou plusieurs étapes" sur le chemin de son développement personnel, et ce même si l'humain a demandé ces preuves (car il ne pouvait se rendre compte de toutes les implications de sa demande).

    Une telle violation est grave car cet humain n'aura pas assimilé ce que ces étapes lui auraient appris s'il les avait parcourues lui-même en bénéficiant du développement personnel correspondant.

    Il saura que le phénomène est possible contrairement à ce qu'il pensait, mais il ne saura pas le produire lui-même et encore moins le maîtriser, de sorte qu'il le rejettera et en aura peur.

    Cet humain ne sera en conséquence pas prêt à affronter une réalité nouvelle qui lui aura été imposée trop tôt, il se sentira infériorisé et en sera furieux, à juste titre car chaque humain a le droit de développer son esprit au rythme qu'il choisit (contrairement à son développement physique, dont le rythme lui est imposé par son corps matériel et à son développement intellectuel, dont le rythme lui est imposé en outre par la société dans laquelle il vit).

    Je vous rappelle le sort funeste de celles et ceux qui ont démontré l'existence de tels phénomènes à des humains non préparés : Jésus Christ crucifié pour avoir troublé l'ordre public par ses "miracles", Hypathie d'Alexandrie lapidée jusqu'aux os par une foule déchaînée d'ignorants jaloux de son savoir, le soufi Ibn Mansour Al Halladj crucifié à Bagdad pour avoir expliqué certains mystères, Jakob Böhme persécuté par les autorités religieuses depuis qu'il a décrit sa première illumination, Bruno Giordano brûlé vif à Rome pour hérésie, les Cathares, Rose-Croix et autres alchimistes abominablement torturés puis brûlés vifs par la Congrégation du Saint-Office, Franz Bardon déporté en camp de concentration par les nazis pour avoir refusé de collaborer à leur mystique, libéré par les russes puis emprisonné par les tchèques pour exercice illégal de la médecine et mort en prison, etc ... la liste est encore longue et les humains n'ont pas changé à cet égard, le même sort attend toujours l'imprudent qui violerait le quadruple adage des Initiés : savoir, vouloir, oser et ... se taire.

    L'humain qui demande des preuves de phénomènes paranormaux, montre par là-même qu'il n'a pas encore compris ce qui précède et qu'il n'est donc pas prêt : au contraire du savoir qui peut être acquis dans des livres, la Connaissance s'acquiert uniquement par l'expérience personnelle (étymologiquement, connaître signifie "naître avec").

    C'est un peu comme le vélo en fait : vous pouvez savoir qu'il est possible de rouler à vélo en regardant d'autres gens le faire, vous pouvez vouloir l'apprendre vous-même, mais tant que vous ne serez pas personnellement assis sur un vélo avec un pied sur une pédale et surtout tant que vous n'aurez pas osé vous lancer tout en soulevant votre second pied pour le mettre sur la seconde pédale, vous n'aurez pas une réelle connaissance du vélo.

    La recherche des phénomènes pour eux-mêmes n'est pas souhaitable, car elle n'apporte pas la Connaissance qui est le but à atteindre, c'est au contraire la Connaissance qui amène les phénomènes, ces derniers ne doivent pas représenter le but à atteindre.

    Les moines boudhistes qui ont accepté de participer à l'expérience précitée savaient que les scientifiques mesurant leurs ondes cérébrales et leurs rythmes cardiaques si particuliers, ne comprendraient pas quels phénomènes ces ondes et rythmes leur permettent de réaliser, et ils se sont bien gardés de le leur révéler, évitant ainsi de violer le libre arbitre de qui que ce soit.

    Il existe bien d'autres raisons pour lesquelles ceux qui sont réellement capables de produire des phénomènes paranormaux, ne le font jamais dans le seul but de prouver leur existence à ceux qui en doutent.

    Un tel but serait non seulement égoïste mais aussi futile, or "l'énergie" utilisée lors de telles expériences est plus que précieuse et ne doit être employée qu'en dernier ressort, uniquement pour accomplir une tâche importante qui ne pourrait pas être accomplie sans elle et par des moyens normaux.

    A cet égard, le fait de prouver un phénomène paranormal à quelqu'un qui a besoin de preuve pour daigner s'y intéresser, ne constituerait pas une tâche importante mais bien une futilité.

    Plus grave encore serait le fait de non seulement prouver l'existence d'un tel phénomène à un humain non prêt, mais de lui expliquer comment le produire, comment cela fonctionne, car celui qui donnerait de telles explications deviendrait personnellement responsable de toutes les utilisations futures du phénomène par son apprenti-sorcier, et de toutes les conséquences de ces utilisations sur les autres, sur la nature, etc ... une telle responsabilité peut "enchaîner" quelqu'un de manière redoutable et pour très, très longtemps.

    Parmi toutes les raisons pour lesquelles ceux qui sont réellement capables de produire des phénomènes paranormaux, ne le font jamais dans le seul but de prouver l'existence de ces phénomènes à ceux qui en doutent, il en existe une qui est particulièrement importante car elle marque la "frontière " entre le libre arbitre humain et le déterminisme, ou plutôt le déterminé.

    Il est difficile de comprendre cette raison parce qu'elle résulte de la chronologie du développement physique et spirituel de l'humanité et parce que ce développement est exposé de manière très incomplète et souvent inexacte par nos historiens et paléontologues : disons simplement qu'un progrès particulier doit accompagner chaque étape du développement physique et spirituel de l'humanité et qu'il est possible pour quelques humains, mais n'est pas souhaitable pour l'humanité entière de réaliser ce progrès-là avant que l'étape correspondante ne soit venue.

    On pourrait dire en quelque sorte, que le libre arbitre de l'humanité n'équivaut pas à la somme des libres arbitres individuels qui la composent, ou encore pour paraphraser une formulation biblique: ne goûtez pas au fruit de la Connaissance qui est destinée aux générations futures.

    Nos scientifiques disposent actuellement des connaissances qu'ils ont méritées par leur travail intellectuel, et ces connaissances outrepassent déjà largement la sagesse dont ils devraient faire preuve pour en maîtriser les conséquences, de plus ils n'ont ni les moyens, ni la position nécessaires pour résister aux pressions que les militaires et politiciens de tous bords ne manqueraient pas d'exercer sur eux pour faire de ces phénomènes des armes, il n'est donc pas utile et serait même extrêmement dangereux pour l'humanité de leur prouver l'existence de tels phénomènes.

    Il n'est pas obligatoire de s'intéresser aux phénomènes paranormaux ou de les expérimenter pour développer son esprit, il s'agit-là d'une voie particulière, accélérée et qui n'est pas destinée à tout le monde.

    Ceux qui expérimentent de tels phénomènes en font plus que nécessaire et courent donc aussi plus de risques que les autres humains, dont le rythme de développement spirituel est plus lent mais permet un développement équilibré, limitant ainsi les risques de "dérapage".

    Pour ces raisons notamment, ceux qui sont capables de produire de tels phénomènes doivent utiliser leurs facultés pour aider autrui, mais sans le dire à autrui, sans se faire remarquer, et cela constitue, de nos jours encore, la seule attitude à adopter pour eux.

    Les personnes qui sont capables de produire des phénomènes paranormaux et adoptent une autre attitude, par exemple les utiliser pour aider autrui mais en s'en vantant, ou les utiliser pour s'aider elles-mêmes, courent non seulement le risque d'être massacrées par des ignorants fanatiques mais se préparent en outre un bien sombre avenir, car elles emploient la très précieuse "énergie" dans un but égoïste, la contraignant à demeurer "canalisée" par ce but alors qu'elle a pour fonction de se répandre pour le bénéfice de tous, et non de quelques personnes seulement.

    Cette "énergie" a une puissance incommensurable et par conséquent même une personne dotée d'un pouvoir de concentration absolument extraordinaire ne pourrait pas résister indéfiniment à la tendance de cette "énergie" à se répandre ainsi, et lorsque cette tendance sera plus forte que son pouvoir de concentration, cette personne perdra la maîtrise de la situation et de son avenir, ce qui lui sera particulièrement pénible compte tenu de son ego hypertrophié.

    Quant à ceux qui réclament des preuves à tort et à travers sans mesurer les implications de leurs demandes, tels des enfants immatures quémandant une récompense qu'ils n'ont pas méritée, qu'ils accomplissent personnellement le long et pénible travail nécessaire pour obtenir ces preuves par eux-mêmes, mais qu'il ne comptent pas sur le travail des autres pour les obtenir, cela n'a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais de cette manière, ni pour les preuves de phénomènes paranormaux, ni pour les preuves de questions plus fondamentales comme l'existence de l'au-delà ou celles relatives à la Cause Première, qu'il serait d'ailleurs préférable de désigner par le terme neutre Cela.

    N'attendez donc pas de preuve d'autrui mais cherchez patiemment et avec grande constance Homme libre, et vous constaterez que chaque humain a le droit et la possibilité de revoir par lui-même la naissance de notre univers, car cette naissance est enregistrée en nous : c'est ce qu'a vu Jakob Böhme lors de sa première illumination, et des descriptions similaires en sont faites par de nombreux Initiés de traditions diverses et ayant vécu à des époques différentes.

    Même si cela paraît paradoxal, revoir la naissance de l'univers nécessite de "regarder" à l'intérieur de soi, pas à l'extérieur, c'est une des raisons pour lesquelles il est gravé au fronton du temple d'Apollon à Delphes, la célèbre devise : "Homme, connais-toi toi-même, et tu connaîtras l'univers", devise que Socrate a faite sienne.

  • Fabula, je digère tranquillement... :-) J'y reviendrai. Mais c'est vrai, j'ai un peu bougé.

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