Femme enceinte assassinée: la «faiblesse» du tueur

Premier jour de procès du couple assassin à Genève. Pour mémoire cette sordide affaire s’est déroulée en 2007. Un homme en couple engage une relation avec une autre femme. Celle-ci, 20 ans, très amoureuse selon une de ses amies, croit qu’il va rompre.

tribunal.jpgIl ne le fait pas. Elle devient enceinte. Il lui demande d’avorter. Elle refuse. Sa compagne fait pression pour qu’elle avorte. Lui dira qu’il était amoureux de sa maîtresse et qu’il envisageait de l’entretenir. Ils décident alors de la supprimer. Il faut noter que les accusés reconnaissent les faits malgré de légères variations sur les responsabilités.

Ils ont donc donné rendez-vous à la maîtresse enceinte, puis il l’a étranglée - sans que sa compagne s’y oppose, voire selon lui à sa demande. Ils ont ensuite emmené la victime dans un bois et l’ont brûlée avant de l’enterrer.

Aujourd’hui l’accusé tente de minimiser sa responsabilité.

"J'étais faible psychiquement et physiquement", a-t-il expliqué, racontant qu'il travaillait beaucoup pour subvenir aux besoins de son ménage, incapable de dire "non" à une compagne qui ne lui donnait pas d'amour.

Cette ligne de défense sera-t-elle entendue? Jusqu’où peut-on aller dans la déresponsabilisation en cas d’actes aussi graves, aussi terribles? Comment peut-on se faire passer pour faible quand on a eu la force d’étrangler une personne, de s’y reprendre à deux fois? Et avant cela d’avoir accepté le plan suggéré par la compagne, d’avoir acquis une pelle, d’avoir eu plusieurs jours pour réfléchir?


A d’autres reprises j’ai déjà abordé cette question de la responsabilité. En matière pénale il n’est pas exceptionnel qu’elle soit considérée comme diminuée. Sauf s’il s’agit de réel dérangement mental, et qui doit être assez grave et profond pour être pris en compte, je reste très critique sur cette diminution.

Je conçois que certaines situations soient complexes et difficiles à juger. Mais jusqu’où peut-on rendre les autres responsables de nos propres actes? Cette question revient à chaque fois qu’une telle affaire est jugée. La réponse judiciaire doit tenir compte à la fois du principe, exprimé par la loi, et de la situation particulière où se trouve l’accusé. Et cela malgré la souffrance de la famille de la victime. C’est ce qui rend la justice humaine: son ajustement de cas en cas.

Je mesure la difficulté et la responsabilité morale du métier de juge. Il est plus confortable de parler d’une affaire de l’extérieur que d’être dans la salle d’audience et d’évaluer chaque cas avec le plus de justesse possible.

Catégories : sport 3 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • L'abolition de la peine de mort nous viens droit des religieux -CHRETIENS- qui ont réussit à mettre cette théorie dans la cafetiière des ouailles; et des partisans de la non violence...Glups...

    Motif: "il n'y a que dieu qui décide"

    Dieu de ce ce fait, est l'allié des despotes, des guerriers, des volcans, des tremblements de terre, des tsunamis, des religions et des cow-boys...Des hypocrites et des criminels. Mais miracle il peut laisser en vie quelques personnes...Au hazard comme au loto!

    Tout cela pour dire que dans certains cas la peine de mort doit être rétablie, ce dossier fait partie de ces cas.

    La justice doit se prononcer lorsque tous les éléments sont vérifiés. Les circonstances atténuantes sont vérifiables comme toute les maladies psychologiques, tout autant que les experts fassent un travail sérieux.

    L'alibi "j'étais faible psychologiquement" Ah bon il est psychiatre?

    La peine de mort fait disparaître des criminels, au minimum elle fait réfléchir...

  • "Les circonstances atténuantes sont vérifiables comme toute les maladies psychologiques,"
    Ce qui n'est, par contre, pas vérifiable ou évitable, comme l'ont montré de très nombres exemples, ce sont le faux témoignages, les jurés racistes ou les erreurs techniques des experts. Ces aspects-là n'ont rien à faire avec une foi religieuse (sauf à contrario dans le cas des chrétiens conservateurs du Sud des Etats-Unis), mais simplement avec la condition humaine, qui doit nous pousser à éviter autant que possible des solutions irréversibles. Cela dit, nous voudrions tous (ou presque) débarrasser le monde de certains monstres, qui risquent parfois de récidiver. Encore que la peine de mort est en général remplacée par la prison à vie.

  • @ Mère-Grand

    Je suis parfaitement en phase avec vous! Sauf que la prison à vie dans bien des cas se traduit par la libération de criminels sous prétextes de fin de vie.

    Alors que ces criminels ont ôté la vie définitivement aux victimes, et privé l'entourage d'une vie meilleur, les plongeants également, définitivement dans la colère, la tristesse et autres problèmes psychologiques.

    Le système des jurés populaires, c'est comme les conseillers prudhommaux, ça vaut ce que ça vaut, mais ce sont bien des juristes qui ont le dernier mot pour interprèter la loi en appel, et en cassation. Là, il y a matière à réformer...

Les commentaires sont fermés.