Malawi, pet non

Les gens heureux n’ont pas d’histoire, dit-on. Ou alors des histoires insignifiantes, dérisoires en regard de la famine, des guerres, des épidémies et autres catastrophes. Des histoires même amusantes. Comme cette nouvelle qui vient du Malawi, petit pays d’Afrique situé entre la Tanzanie au nord, le Mozambique au sud et la Zambie à l’ouest et un grand lac à l’est.

Malawi1.pngJe citais dans un précédent billet ce sénateur américain qui veut interdire les téléphones portables dans la rue. Et bien le ministre de la justice du Malawi, Monsieur Georges Chaponda, veut interdire le pet en public.

Et tout cela à cause de la démocratie!

«C'est à nous d'imposer l'ordre», a-t-il insisté. «Voulez-vous que les gens pètent n'importe où?»

«Ce n'était pas le cas pendant la dictature (de Kamuzu Banda, de l'indépendance en 1964 jusqu'en 1994, ndlr) parce que les gens avaient peur des conséquences», semble regretter le ministre. «Maintenant, à cause du multipartisme et de la liberté, les gens s'arrogent le droit de se soulager n'importe où (...) Les besoins de la nature peuvent être contrôlés. (les Malawites) «peuvent très bien aller aux toilettes au lieu de péter en public».


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C’est vrai, quoi, le bruit, et l’odeur, c’est insupportable! Et les danger d’incendie de forêt: les pets sont très inflammables. Le ministre est formidable: il faut contrôler ses orifices et faire remonter les pets le plus haut possible en attendant de trouver des toilettes.

Les malawites pètent-ils donc autant? Que mangent-ils pour être des usines à gaz?! Le ministre de la justice devrait peut-être signaler la chose au ministre de la santé. Et lancer une grande campagne sur le thème: «Je mange mieux, je pète moins». On peut aussi imaginer une nouvelle forme de méditation: retrousser son intestin pour emprisonner le pet dans une circonvolution assassine. Ou lancer une nouvelle danse, la danse du pet refoulé. Je vous laisse imaginer les trémoussements...

malawi-pet-rino.jpgMais d’où vient cette idée d’interdire les pets sous pei-ne d’amende? D’une simple nostalgie de la dictature? Non, mieux: d’une vieille loi de l’époque coloniale:

«La loi de 1929, sous le titre de «Souiller l'Air», stipule: «Toute personne viciant l'atmosphère en tout endroit où telle activité s'avèrant nocive pour le public ou pour la santé des occupants du domicile ou des personnes commerçant dans le voisinage ou bien empruntant une voie publique, se rend coupable d'un délit».  Aucun Malawite n'a jamais été condamné au titre de cette loi, la police ne l'ayant jamais appliquée.»

Le parlement devra se prononcer prochainement sur le projet du ministre. Qui, paraît-il, envisage de réécrire le roman célèbre de Tolstoï: «Guerre et pet». Vise-t-il le ministère de la cul-ture?...



Catégories : Humour 6 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Moi qui rêvais d'une soirée poétique:))

  • ... aïe... hum hum... :-)))

  • Morte de rire! Ca décoince, merci!

  • C'est vrai, quand j'ai lu ça je me suis dit que dans un pays pauvre, il était plus qu'indispensable de faire une loi pareille, on ne peut économiser que ce qu'on a...
    Non?

  • Merci Ambre, je me suis bien amusé à l'écrire!

  • Fabienne, en effet: il devrait envisager des récupérateurs et stocker dans des cuves à gaz, et rediriger le tout pour un usage domestique. Et donc vendre ce gaz à l'Etat. Un moyen de lutter contre la pauvreté.

    Mais comme souvent nous ne sommes pas égaux: les gros péteurs se feront des c... en or...

    ;-))

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