Madame Ben Ali, la Régente de Carthage

Le sit nawaat.org a publié des extrait d’un livre sorti en 2009, et qui détaille l’emprise de Leïla Trabelsi-Ben Ali et de son clan sur la société et l’économie tunisienne. Il s’agit d’un pillage en règle et de pratique mafieuses. En voici quelques paragraphes, dont la lecture éclairent singulièrement la grande révolte des tunisiens. Tunisiens qui aujourd’hui continuent à manifester contre le gouvernement et les ministres issus du parti de Ben Ali. Le risque de reprise en main par les hommes de paille de Ben Ali est réel.

trabelsi.jpgA retrouver dans La régente de Carthage. Main basse sur la Tunisie. Ed. La Découverte, 177 p, 13€.

«Pendant les quatre années qui ont suivi le mariage en 1992 de Leila avec Ben Ali, le clan Trabelsi s’est fait relativement discret. A partir de 1996, leurs appétits se manifestent de manière plus ostensible et vont progressivement sonner le glas des ambitions des Eltaief, Mabrouk ou Chiboub. Cette année-la, le frère aîné et bien-aimé de Leila, Belhassen, met la main sur la compagnie d’aviation qui va devenir Karthago Airlines. C’est lui qui devient le pivot des affaires financières de la famille, comme on le verra dans le chapitre 4.

Le verrouillage commence, car les Trabelsi ne sont pas partageurs… Pas un secteur qui ne leur échappe ; pas une transaction avec un groupe étranger dont ils ne sont parties prenantes ; pas un beau terrain, ou presque, sur lequel ils n’ont des vues. Et personne, dans le clan, n’est oublié ! Après Belhassen, Moncef ! Cet ancien photographe de rue a connu une belle carrière. Dans le passé, la Société tunisienne de banque lui a consenti un crédit pour devenir agriculteur.

Son premier fils, Houssem, a crée une association, la Jeunesse musicale de Carthage, qui a la réputation de ne pas honorer ses contrats. Le deuxième, Moez, et le troisième, Imed – le neveu préféré de Leila -, ont eu a partir de 2008 de serieux ennuis avec la justice française dans la fameuse affaire des yachts volés (voir infra, chapitre 5). A Tunis, Imed fait la loi. D’un coup de fil, il peut faire embastiller un adversaire ou au contraire libérer un trafiquant. Personne ne se risquerait à s’opposer frontalement à ce protégé du palais.

Une des sœurs, Djalila, est devenue la reine des buvettes, qu’il s’agisse de celle de l’école HEC à Carthage ou de celle de l’Ecole nationale d’architecture. Son époux, El Hadj, qui possédait un kiosque à essence, est devenu entrepreneur dans l’immobilier. Un de ses immeubles est loué au ministère des Transports, qui a été contraint de lui signer un bail avantageux.

Beaucoup de ces coups tordus se font sans l’aval du président. En 2002 encore, Ben Ali tentait de maintenir un semblant d’ordre. Ainsi, cette année-la, réunissait-il les principaux membres de la famille Trabelsi : « Si vous voulez de l’argent, soyez au moins discrets. Trouvez des hommes de paille et des sociétés écrans. » En d’autres termes, professionnalisez-vous !»


Il ne s’agit là que d’un petit aperçu des nuisances de la femme de l’ex-président et de sa bande de voyous. Ce qui n’enlève rien à la responsabilitzé de Ben Ali qui a couvert tout cela quand il a appris l'étendue du gangstérisme, et qui est l’homme du flicage de la société tunisienne, de la non-liberté politique, de la torture. La vidéo ci-dessous fait état des investigations d'Amnesty International relayée par le TJ.



La torture en Tunisie
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Commentaires

  • "Elle dirigeait le pays." Paroles d'un ministre!
    J'ai pensé juste en disant "Cherchez la femme" et le Ministre l'a confirmé!

    Ne lapidons pas Ben Ali. Des spécialistes ont tout de même reconnu qu'il a fait beaucoup pour la Tunisie. Mais que depuis 2003 le clan maffieux de sa femme a racketté le pays...

    J'ignore de quoi souffre Ben Ali, mais depuis quelques années il est bien malade. Sa femme a près de 30 ans de moins que lui. Sans doute se voyait-elle à la tête du pays....

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