04 janvier 2011

Une idée moderne: la fin des parents biologiques

On n’arrête pas le progrès. Les socialistes français ont dans leurs institutions internes un sorte de caverne d’Ali Baba: le laboratoire d’idées. Et l’une des idées qui y a germé - hors sol probablement - est la fin de la parentalité biologique.


famille0.jpgLe parti socialiste français fait un constat: le modèle traditionnel de la famille, fondé sur un père et une mère en principe biologique, a vécu. Les familles recomposées ou monoparentales, ainsi que les familles homosexuelles, ont signé l’arrêt de mort de la famille biologique.

En conséquence le PS propose l’abandon de la référence biologique au profit du seul engagement parental, celui-ci pouvant être réalisé par toute personne affirmant vouloir être parent. On peut donc imaginer un transfert de parentalité suite à un divorce et à un remariage.

- Tu diras à ton père que je veux le rencontrer, dit la maîtresse d’école.
- Quel père? Le troisième, celui qui a épousé ma deuxième mère? répond l’enfant.

On pourrait ainsi se retrouver avec des parents pour lesquels l’enfant n’avait initialement aucune existence et aucun intérêt, et qui ne sera devenu un projet familial que presque par le hasard des rencontres amoureuses.

On pourrait dire que c’est déjà un peu le cas. Lors d’un remariage, le beau-père ou la belle-mère d’ont pas choisi l’enfant dès le début ni même avant la conception. Ils le prennent parce qu’il est là. Mais la différence est qu’il y a toujours un père ou une mère biologique - sauf en cas de décès. Et même dans ce cas, le beau-parent ne devient pas le parent à moins de lancer une procédure d’adoption.

Qu’adviendrait-il d’un enfant avec des parents successifs? On sait qu’un enfant ne doit pas appeler «papa» son beau-père ou «maman» sa belle-mère. La balise, le repère durable que constitue de parent biologique reste le référent. Il maintient une sorte de fil rouge dans la construction de l’enfant. C’est le modèle dominant, même s’il y a des exceptions, et même si parfois le parent biologique est un «mauvais parent». Que ce soit en identification ou en rejet, le parent de référence demeure le point majeur de la hiérarchie intérieure. L’enfant connaîtra d’autres personnes dans sa vie: beau-parent, professeur-e, parents de copains, et élargira ainsi son modèle. Mais il ne donnera pas à tous la même valeur. Un seul parent détient une autorité donnée par la loi et par les faits.

Cette autorité peut-elle être transférée sur d’autres personnes en cours de vie de l’enfant, comme s’il n’y avait plus de référence de base? Je n’en suis pas convaincu. Pas d’une manière habituelle en tous les cas. Cela se passe dans l’adoption, procédure longue et difficile dont la difficulté a d’ailleurs pour objet de garantir l’engagement des parents adoptifs. Quels tests, quelles garanties et sous quelle forme demandera-t-on aux «nouveaux parents» d’un enfant? Quelle garantie a-t-on que l’enfant ne sera pas perturbé par un tel transfert d’autorité, par cette équivalence parentale ôtant tout lien particulier et privilégié avec le parent biologique? Et l’abandon même de la référence biologique est-elle sensée, alors qu’il y a des maladies ou des particularités transmises génétiquement qui font de nous l’enfant de certains humains et pas d’autres? Le projet socialiste veut justement gommer la référence biologique. Le mieux serait sans doute de faire appel au saint-esprit pour toute procréation: on en aura fini avec cette biologie si mal assumée.
Famille2.jpg
Sans compter que les nouveaux parents choisiront probablement de préférence les enfants en bonne santé. Combien voudront devenir les nouveaux parents d’enfants trisomiques ou diabétiques, ou leucémiques? Les parents biologiques supportent des situations difficiles parce que la biologie de la filiation renforce l’engagement moral, affectif et légal. Avec des nouveaux parents on risque d’assister à des choix parentaux vers les «bons» enfants, créant ainsi de nouvelles inégalités et exclusions. Là où la filiation biologique donne aux parents une force parfois inouïe (enfants génétiquement malades), il y a fort à parier que le seul choix intellectuel opérera une sélection des plus douteuses et favorisera une forme d’eugénisme de fait.

En l’état actuel, un enfant vivant dans une famille recomposée avec habitation principale chez l’un des deux parents (donc pas en résidence alternée) garde ses deux parents biologiques comme référence. Si le projet du PS devait un jour prendre force de loi, il y aurait d’abord l’abandon progressif de la résidence alternée (détestée et combattue par les féministes radicales) car elle maintiendrait un lien dérangeant avec les parents biologiques. On en resterait au système de la garde à un parent principal, l’autre s’effaçant progressivement comme on le sait trop bien. Et comme l’habitude inchangée des tribunaux est de confier la garde à la mère dans 90% des cas, malgré l’évolution des moeurs et l’égalité parentale, ce seront les pères biologiques qui seront progressivement éliminés. Venant d’un parti qui a érigé le féminisme en dogme, cela ne surprend pas.

Un autre aspect doit être mis en lumière dans ce projet. La famille biologique est un clan dont la force est justement en partie liée au sang. L’héritage d’un patrimoine renforce ce clan. La biologie est un repère relativement stable et durable par rapport à un engagement intellectuel. Le projet constate implicitement que l’engagement peut varier au cours d’une vie. La biologie non. Elle est donc un élément d’une société à développement durable. Le fait d’avoir des parents interchangeables affaiblira probablement la famille. Et quand la famille est affaiblie c’est l’Etat qui se renforce et impose ses directives aux citoyens. La famille reste donc un espace de résistance à la toute-puissance de l’Etat.

Et bien, si aujourd’hui j’étais en situation de faire une famille, j’hésiterais plutôt deux fois qu’une en voyant le peu de cas que l’on fait d’une part des pères, d’autre part des deux parents biologiques dans ce projet socialiste.

Confier définitivement mes enfants à des parents artificiels, «hors-sol», sorte de PGM (parents génétiquement modifiés), non merci. L’engagement moral, affectif, légal, renforce la filiation biologique, elle ne la remplace pas. Je suis d’ailleurs surpris de voir que Serge Hefez, psychiatre intelligent et engagé auprès des hommes, ait fait partie de l’élaboration de ce projet.

10:47 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : famille, parents, biologie, enfants, socialistes, féminisme, femme, homme, parentalité | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

suite logique du cobayage humain commencé déjà en 1818,comme tous les médecins qu'ils soient psychiatres ou non ils prennent leurs rêves pour des réalités,ne nous laissons pas duper!dieu le nombre de sornettes entendues depuis la fin de la guerre,sans doute aussi pour obtenir des fonds pour la recherche,nous ramenant toujours au trou noir,et ce depuis Mathusalem!
bien à vous Hommelibre et bonne journée

Écrit par : lovsmeralda | 04 janvier 2011

Ils ne s'arrêteront donc jamais...

Écrit par : Courant alternatif | 04 janvier 2011

Un de mes lecteurs vient de me signaler que mon blog est de nouveau partiellement censuré par la Tribune de Genève. Il ne figure plus sur la page principale des blogs de la Tribune de Genève après la levée de la censure partielle pendant deux jours! Mes lecteurs sont donc priés de se référer directement au site http://blogdesamialdeeb.blog.tdg.ch/. S'agit-il d'un problème technique, ou d'une censure préméditée?

Écrit par : Sami Aldeeb | 04 janvier 2011

"Le parti socialiste français fait un constat: le modèle traditionnel de la famille, fondé sur un père et une mère en principe biologique, a vécu. Les familles recomposées ou monoparentales, ainsi que les familles homosexuelles, ont signé l’arrêt de mort de la famille biologique."

ils vonts un peu vite en besogne. pour faire croire que c'est normal ces dégats faits aux enfants par les divorces, divorces dus en grande partie au bovarysme féminin actuel. le PS est sous la coupe des radicales féministes qui ne pensent qu'a éjecter les péres de leur rôle éducatif.
famille monoparentale beau résultat. 80% des délinquants sonts issus de familles monoparentales mais il ne faut pas le dire, il vaut mieux taire le nombre de voitures brulées en france faire l'autruche.
alors que ça serait peut-être le moment de se poser les vraies questions, sur le couple, la famille.

http://www.fredi.org/index.php/Quelques-pistes/Une-idee-dans-l-air-depuis-10-ans.html

"Ces conséquences sont-elles vraiment si graves? On a voulu croire que le divorce devenaitt plus bénin quand il était partagé par le grand nombre. Or, le déchirement familial est un drame intime, qui a, finalement, peu à voir avec l'acceptation du groupe. Les repères, c'est: qui suis-je? qui est mon père? qui est ma mère? Tenez, je m'occupe beaucoup de la prévention contre la toxicomanie. Il est certain qu'il y a environ cinq à six fois plus d'enfants dont le père n'est pas présent parmi les toxicomanes. Un autre exemple: mon petit-fils a fait son service civil comme éducateur, l'an dernier, à Roubaix dans un collège très populaire. Il y avait une classe de 5e où pas unélève n'avait son père à la maison. C'est le «copain de maman» qui signait les carnets. Ces enfants manquent de repères.
Mais il se peut que ce «copain de maman» fasse réellement office de référent paternel, non? Il ne faut pas opposer à un p&egraave;re qui s'en irait dans la nature un beau-père qui, lui, serait là, attentif, sympa et tout. Les dernières enquêtes montrent l'accélération des séparations-recompositions-séparations. Ce beau-père auquel l'enfant s'attache ne va peut-être pas rester très longtemps dans le foyer. Or un père doit être indéfectible. Combien d'hommes vivent avec les enfants d'un autre, alors que leurs propres enfants vivent avec un autre homme? C'est un des effets énormes du phénomène de divorce: la paternité ne parvient plus à s'exercer.
Les méfaits du divorce seraient davantage liés à l'absence du père qu'à la séparation des parents? Disons que l'adolescent vit une pé;riode «border line», où il change de personnalité . L'existence du référent paternel est alors importante, même si ce père n'est pas là tous les jours. Car il continue d'incarner un peu le bien, le mal, l'interdit. On le voit chez les garçons ¬ plus touchés ¬ car ils vont toujours outrepasser la ligne, y aller de plus en plus fort. Comme s'ils pouvaient inciter, par leurs débordements, le père à revenir leur fixer les limites. Outre la problématique du divorce, nous arrivons aussi au moment où beaucoup d'enfants nés de femmes seules arrivent à l'adolescence. Les garçons surtout, souvent couvés par cette mère, ruent dans les brancards et ne demandent qu'à ficher le camp, ne plus entendre parler de ce duo familial. Les filles ont tendance à reproduire le modèle maternel et à rater leur couple, faute de confiance en l'homme."

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2011

C'est une pathologie sociale et à la mode, un phénomène de la société de consommation actuelle, aidée et même encouragée par une certaine partie de la profession. C'est un fond de commerce. Ne vous laissez pas berner. L'émotion et l'amour ou encore la compassion n'ont aucune place dans ces affaires.
-> Protégez vos enfants.
Quand les tribunaux d'affaires familiales vont-ils comprendre ???? Aie .. c'est vrai ils auraient une grosse baisse d'activité.... Mais il est vrai que la justice est juste... ^^
Bon courage à toutes les personnes qui sont entraînés dans ce labyrinthe malgré eux... Femmes ou Hommes.

Écrit par : moi | 22 janvier 2011

Ha si j'ai une idée : Autoriser l'ouverture de banques de sperme humain avec la distribution dans les boites aux lettres de beaux catalogues en papier glacé avec la tête et les capacités probables de votre future progéniture...

Quel monde de fou...

Écrit par : moi | 22 janvier 2011

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