Il n’est pas le père biologique: le TF casse la paternité

La Tribune de Genève rend compte de cette décision du Tribunal Fédéral: il accepte de briser le lien de paternité d’un homme qui n’est pas le père biologique de l’enfant.

adn3.jpgCet homme croyait donc être le père biologique d’un garçon âgé de 14 ans aujourd’hui. Suite à des doutes il fait faire un test ADN en Bulgarie: et là il découvre qu’il n’est pas le père biologique.

Il entreprend une démarche en désaveu de paternité, qui prend du temps car en particulier il faut faire traduire les documents et en obtenir l’équivalence. Le tribunal de son canton estime qu’il a pris trop de temps et refuse de briser la paternité juridique. Recours au TF: celui-ci admet le désaveu, estimant que l’homme a fait les choses en délai normal.

Aujourd’hui il n’a plus de lien avec cet enfant qu’il a élevé depuis 14 ans. Voilà bien un sujet à débat et à polémique! Et s’il s’engage un débat sous ce billet je doute que l’on trouve un consensus. Quelques réactions d’internautes sur le site de la TdG illustrent bien la polémique:


«Enfin une décision rationnelle qui redonne des droits aux pères au lieu de les considérer comme des arbres à fric dès qu’un problème de couple se termine au tribunal. J’en connais quelques unes qui doivent stresser en ce moment. Rien qu’avec quelques bases en génétique (gènes dominants, récessifs, couleur des yeux, des cheveux, type sanguin), beaucoup de pères pourraient déjà avoir de gros doutes…»

«Quelle chose répugnante? Ce "père" à un coeur de pierre, il est méprisable. Comment peut-on "répudier" après tant d'année un enfant, en ayant appris qu'il n'est pas le sien? Je suis écoeurée.»

«Tout comme le père a du se sentir écœuré par 14 ans de mensonge de la mère... mais bon ca c’est pas important…»

«Quel choc pour le gamin de se voir répudier par celui qui a été son "père" pendant 14 ans. Le gamin n'a pas demandé à venir au monde. Les histoires de couple de ses parents, il n'y peut rien.
Quant à l'homme ... Petit le mec! Très très petit!!!»

«Parce que cette mère en ressort grandie? Faites moi rire...»

«En effet, je n'ai lu que très récemment un article sur ce sujet, selon lequel il y a peut de choses qui peuvent autant heurter un homme que d'avoir passé des années et des années à élever un enfant pour finalement apprendre qu'il n'est pas le sien.
Personnellement, je pense qu'une femme peut faire deux choses pour détruire un homme: Lui accuser de pédophilie ou de violence contre son enfant, ou lui cacher pendant des années qu'il n'est pas vraiment le père de ceux qu'il croit être ses enfants...»

«Comment peut-on entreprendre pareille démarche envers un enfant que l'on élève depuis si longtemps? Ce Monsieur ne pouvait-il pas le considérer comme son fils adoptif?
Ne serait-ce pas pour ennuyer son ex et ne pas payer de pension que ce monsieur a fait ces démarches?
Où est l'intérêt de l'enfant?
Je le plains, moi, cet enfant.»

«Je plains, moi, le père.
J'espère que cette catin ne va plus toucher un seul centime.
En ce qui concerne le fils c'est dramatique mais rien n'empêche ce monsieur de continuer a voir son fils et de lui donner de l'argent, argent que la vilaine ne verra jamais.
Voila mon point de vue.»

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Bref, tout ou presque est dit!

D’abord, aucun doute que ce soit un choc pour l’enfant. Un rejet de son identité - à laquelle il croyait et avec laquelle il s’est construit. Se penser aimé seulement s’il a les gênes du parent doit être une forme violente de déni. Car un enfant n’est pas aimé simplement pour sa filiation biologique, même quand elle est réelle. Il est aimé pour lui-même en tant qu’être humain. Le devoir éducatif reste par exemple le même, qu’il s’agisse d’enfant biologiques ou d’enfants adoptés.

D’un autre côté il y a selon des études américaines, 5 à 15 % d’enfants dont le père n’est pas le père biologique et ne le sait pas. C’est énorme. Que se passe-t-il là? A quoi jouent ces mères? Comment peuvent-elles mentir à ce point et utiliser sans scrupule leur conjoint? On peut imaginer que le monde de l’homme s’effondre quand il apprend cela. Vivre dans le mensonge. De plus, la filiation biiologique est pour le père un peu le pendant de la grossesse pour la mère: la certitude d’appartenance et donc de la légitimité de la place qu’il a pour l’enfant.

On peut passer au-dessus de cela, c’est le cas dans l’adoption: le coeur et la loi priment alors sur la biologie. Mais on ne doit pas sous-estimer les fragilités des hommes et leur besoin de cette filiation biologique. Après tout, dans le contexte du couple monogame auquel les femmes aspirent aussi, cela paraît normal.

Alors ce père a certainement été très choqué. Cependant un adulte devrait plus prendre sur lui qu’un enfant. Devrait... Il a possiblement demandé ce désaveu de paternité pour ne plus rien avoir à faire avec la mère et ne lui donner aucun argent. 14 ans de mensonge, et de CE mensonge, cela fait des dégâts. Elle va en payer une partie.

Je ne peux dire ce qui est juste. J’entends la souffrance. Celle de l’enfant devrait primer. Mais on ne connaît pas le contexte de la relation parentale. Dans une situation comme celle-là la destruction du couple peut faire autant de dégâts pour l'enfant que de voir son père le renier. Je pense, comme le dernier commentaire ci-dessus, que le père devrait garder le contact avec ce garçon qu’il a élevé, le voir, établir une nouvelle relation, et le soutenir financièrement en direct sans passer par la mère.

Car l’enfant est là et n’a pas demandé de payer pour l’erreur des adultes.

Mais sur un plan sociétal, les 5 à 15 % d’enfants non liés au père biologiquement, cela pose quand-même de sérieuses questions, Non? De plus en plus de test sont achetés sur internet et fait sans décision d’un juge. On n’a pas encore assez tapé sur les pères? Ce cas illustre hélas comment dans notre société des pères sont souvent pris pour de simples pourvoyeurs-payeurs.

C’est à mettre dans la chronique habituelle de la misandrie.

Catégories : société 8 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • si tous les hommes rentré de guerre avaient dû faire un test de paternité ,quel travail pour les tribunaux,de toutes manières l'enfant sera la première victime remettant en cause aussi son existence et qui dit que le monsieur en question n'a jamais trompé son épouse,on était pas avec pour tenir la chandelle!
    bien à vous et bonne soirée

  • En effet, on ne connaît pas le contexte. Peut-être le père (non biologique) a-t-il été pris par la mère pour le simple payeur. On peut alors comprendre que ledit payeur se soit révolté contre elle en apprenant la vérité. Mais quid de l'enfant (qui n'a pas demandé à venir au monde)? C'est lui, pourtant, qui devrait avoir la première place. Les parents (biologiques ou non) sont au service de l'enfant, pas l'inverse.

  • Bonjour à toutes et à tous,

    Hello John,

    si durant 14 ans il a élevé cet enfant et que le seul fait qu'il ne soit pas le père biologique provoque chez lui un refus de paternité, il est à mon sens juste un imbécile.

    Parce que le mome lui, voyait sans doute en lui un père.

    Si demain, pareille aventure m'arrivait, que l'une de mes filles ne soient pas ma descendance biologique, je crois sincèrement que ça m'importerait peu, voir pas. Car depuis leur naissance, je suis ce qu'elles considèrent comme "père" et le seul lien génétique n'est rien face au quotidien et aux liens qui se tissent au fil des années.

    Bien évidemment, si ce sont les considérations financières liées à la paternité qui ont prévalu sur pareil lien, alors, je le répète cet homme est juste un imbécile.

    Il vient de détruire un mome... par pur souci de vanité : celui d'avoir été manisfestement cocu à un moment de sa vie...

    Pitoyable.

    Bien à toi John et si jamais Bonnes Fêtes de fin d'année,

    Stéphane

  • Laissons les côtés affectifs dans cette affaire.

    Je salue haut et fort cette décision du Tribunal fédéral qui a enfin compris qu’il ne faut pas toujours croire, comprendre et porter à bout de bras des femmes qui ne sont que de vulgaires putes.
    J’ai beaucoup d’estime pour les fleurs de pavé qui affichent ouvertement leur métier et n'ont pas l’esprit aussi tordu et malveillant que nombre de leurs consœurs.

    A part cela qu’elle superbe leçon que reçoivent toutes ces féministes urbaines toujours prêtes à casser du sucre sur le dos des hommes et des pères divorcés en particulier.

    Pères divorcés avant de vous plaindre des tribunaux ; commencez par faire des recherches pour savoir si vous êtes bien le géniteur du môme et seulement après attaquez vous aux castratrices féministes urbaines !

  • La première victime est avant tout le père supposé.
    La violence que sa femme lui a infligée est énorme, d'ailleurs où sont les condamnations où sont les dommages et intérêts ?
    Maintenant l'enfant en question doit lui aussi souffrir mais si il veut s'en prendre à quelqu’un c'est a la mère, qui a mentie (manipulé) le père et le fils.

    Si les tests de paternité étaient fait de manière automatique lors de la naissance alors des situations aussi pénible serait évité.

  • Bonnes fêtes à toi aussi Stéphane, et à tous et toutes!

  • Bonjour,
    Désolé de faire remonter le sujet mais une collègue m'a montré votre article, et on a été un peu étonné (voire choqué même ^^) des chiffres de l'étude américaine sur les pères biologiques. Vous auriez la source de cette étude ?

  • Bonsoir, voici une source qui va jusqu'à 30% selon des test systématiques qui ont été faits pour déterminer la paternité. On ne sait pas la représentativité de l'échantillonnage.

    http://translate.googleusercontent.com/translate_c?hl=fr&langpair=en|fr&u=http://www.canadiancrc.com/Newspaper_Articles/ABC_Duped_Dads_02OCT02.aspx&rurl=translate.google.ch&usg=ALkJrhhrB9CWysnKWpllP7KWLF2n6oboYw , sous Racines dans le droit commun.

    Et ici

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