25 décembre 2010

Marine Le Pen et le FN: le nationalisme a-t-il de l’avenir? (2)

La reconnaissance mutuelle que se donnent les habitants d’une même région est naturelle. Elle contribue à fonder une identité commune qui rassure et facilite les échanges. Un peu comme dans une famille. L’étranger, lui, apporte un langage et des repères qui ne sont pas forcément ceux du groupe déjà présent. Et il vient prendre: que donne-t-il en échange? Son travail? Son savoir-faire? Son cerveau?


Au niveau local: quartier, commune, sa présence est visible demande une adaptation. Qui doit s’adapter à l’autre? La coutume donne la priorité à l’ancien dans presque toutes les cultures. L’ancien est ici celui qui occupait les lieux en premier. La règle coutumière veut donc que le nouvel arrivant s’adapte à l’ancien. La loi l’impose en ce qui concerne les affaires publiques: une seule règle pour tous. Il y a donc, malgré l'égalité républicaine et démocratique, une différence de position entre l'autochtone et l'étranger, qui peut être une chance ou une menace.


Empire byzantin au temps de justinien.gifLa privatisation de la terre

Avec l’apparition de l’agriculture la sédentarisation est devenue le mode de vie dominant. Peu à peu la terre a été privatisée: elle s’est mise officiellement à appartenir à quelqu’un qui la travaillait ou la faisait travailler, ou à une autorité politique. La notion d’appartenance s’est renforcée et avec elle la notion d’identité, soir de pouvoir s’identifier comme appartenant à un territoire, un groupe ou des valeurs. Les territoires se sont organisés, une gestion s’est mise en place. Des Etats-royaumes se sont ainsi créés, ont reçu des noms. Il y avait désormais, et il y a toujours, un «dedans» et un «dehors» du territoire. Les limites territoriales étaient placées. Pour aller d’un territoire à l’autre il fallait - il faut toujours dans une majorité de pays - une preuve d’appartenance (passeport) et une autorisation (visa). (Cliquer sur les images pour les agrandir).

Le monde libre, le monde où l’on va sans frontières vers d’autres espaces, ce monde était fini.

La fixation de limites territoriales et la multiplication des humains suppose une gestion de l’espace et une administration. Voyager, s’établir quelque part est réglementé. La naissance délimite les possibles: on est d’un pays et pas d’un autre. Les déplacements, en temps de paix, ont donc fait l’objet de règlements. Cela n’a pas empêché les conquêtes, les guerres ni les exterminations. Mais peu à peu a émergé ce que l’on nomme la civilisation, soit un ensemble de coutumes, de principes et de règles qui donnent unité et cohésion à un territoire et qui réglementent les relations entre humains selon un droit.

empire-1580.gif
Empires et liberté

La civilisation et ses empires politiques ou culturels nivelle en partie les différences locales de  coutumes et de croyances. Des populations entières changent de religion, volontairement ou par contrainte. L’identité locale se dilue dans une appartenance plus vaste qui a ses avantages: puissance, sécurité, prospérité. Les grands empires ont assuré en interne plus de paix et de prospérité que le morcèlement en petits pays. La paix est facteur de prospérité. Ces empires ont donné une stabilité et une circulation plus libre des personnes et des marchandises. L’Union européenne renoue avec les grands ensembles. Mais elle fait sans la force, sans la guerre, par l’adhésion des pays concernés. C’est peut-être un effet de la démocratie.

La tendance au groupement des petits territoires en Etats puis empires est constante depuis au moins 3’000 ans. Les empires se sont succédés régulièrement, les populations devenant à tour de rôle l’occupant ou l’occupé. (Voir vidéo 1)

empire2-islam.jpgIl y a donc longtemps que l’on ne peut plus aller et venir sur la Terre comme on en a l’envie. Cela se fait par la guerre ou par une autorisation. Pour tous les pays il en est de même. En temps de paix les autorisations ne se font jamais en masse. On ne peut envisager le déplacement non régulé de la population d’un pays vers un autre. Plusieurs raisons à cela: les possibilités de logement et de subsistance, les différences de coutumes et de repères. Le fondement unitaire d’une culture rend difficile la cohabitation pure et simple de deux cultures. L’exemple de l’Angleterre montre que là où c’est tenté les cultures communiquent peu ou pas et le communautarisme s’installe. Or le communautarisme est une forme de nationalisme, qui a pour référence la religion ou la nationalité.

Nationalisme

L’Europe a connu de nombreuses variations en deux mille ans d’histoire. Les 2’000 dernières années en très accéléré en donnent une idée (vidéo 2). En remontant plus loin des cultures et des religions se sont remplacées au fil des conquêtes. L’Europe fut celte avant d’être largement romanisée, en partie germanisée, entre autres. L’élément culturel le plus continu fut le christianisme. Il assura un sentiment d’appartenance collective malgré les guerres de religion.
empire-francais-1939.jpg
La perte d’influence de la religion fut-elle en partie la cause des nationalismes des 19e et 20e siècles? Faute de référence commune les populations se sont-elles laissées entraîner dans un repli sur l’identité de Nation? Dans cette identité on trouve la préférence nationale, qui suppose la vindicte contre les étrangers, et le rejet de tous ceux qui pensent que les limites nationales sont trop étroites. Cette préférence nationale va entraîner des mesures isolationnistes et des rétorsions. Le renforcement du pouvoir nationaliste fait forcément monter la tension contre l’étranger. De plus la réduction des échanges commerciaux oblige le pays à renforcer sa propre industrie, ce qui mène à la guerre, meilleur moyen de donner un plein emploi et de disposer des richesses d’autrui sans avoir à négocier.

Le nationalisme est une réponse politique à une peur, peur qu’un autre prenne ce qui devrait nous revenir: travail, nourriture, religion, etc. Il est une colère: c’est sa force. Il culpabilise forcément l’étranger. Pourquoi? Parce que dans une région ou un pays à fort taux de chômage, l’étranger est perçu ou montré comme celui qui prend ce qui devrait nous revenir, ou celui qui déstabilise notre système de vie. Et au ras des pâquerettes cela marche, parce que celui qui n’a plus de travail et ne peut plus payer ses factures pense qu’avec moins d’étrangers il retrouvera du travail. S’il y a du travail. Ce qu’un repli nationaliste ne garantit pas.

Le nationalisme donc, en voulant privilégier la préférence nationale, va en sens contraire de l’objectif, car le travail et la richesse viennent des échanges, pas du repli sur soi. Cette loi de l'échange se retrouve dans les écosystèmes, dans la physiologie, dans la communication.


A suivre: dernier volet.





20:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : homme, société, hominidés, empires, territoire, nationalisme, le pen, fn, gauche, droite, histoire, étranger, coutume | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

je me trouve en situation malsaine: journellement je constate que des étranger grace à la complicité de double papier: Francais et autre nationalité: ou inverse débarquent en France trouvent un logement et un emploi sans tarder:(avant les résidents FRANCAIS DE SOUCHE. Au chomage ,et sans emploi. Je ne peut plus supporter qu'un personnage me prenne mon emploi et, prétende être double papier et prioritaire!! Situation insupportable et dangereuse menant à l'insécurité civile actuelle... et pour un proche avenir dangereux.

Écrit par : ANTONI | 25 décembre 2010

Dommage parce que votre travail est par certains aspect intéressant. Mais vous y mettez aussi une belle dose de dogmatisme. Un peu comme ces intellectuels qui croient tout savoir, tout connaître.

"Le nationalisme est une réponse politique à une peur, peur qu’un autre prenne ce qui devrait nous revenir: travail, nourriture, religion, etc. Il est une colère: c’est sa force."

Pourquoi parlez vous de peur ? Qui a peur ? Vous êtes vous demandé seulement si le nationalisme pouvait avoir une autre signification ? Par exemple le rassemblement autour d'une culture, de traditions, de valeurs morales, de styles de vie ? Pourquoi le nationalisme ne serait-il pas vu sous un aspect positif ? Il n'est pas une colère, terme restrictif, il est beaucoup plus que cela. Il est la défense de certaines valeurs, dont l'histoire montre que tous ne les partagent pas.
On a mis des siècles et fait des guerres pour s'accorder sur ces valeurs. Croyez vous que ce soit le moment de tout bazarder ?

"le travail et la richesse viennent des échanges, pas du repli sur soi. Cette loi de l'échange se retrouve dans les écosystèmes, dans la physiologie, dans la communication."

Non monsieur. Vous inversez les énoncés. La richesse vient du travail ! Et l'échange ne veut pas dire l'envahissement. Qu'est ce que nous gagnons actuellement dans nos échanges avec la Chine ? Et les échanges dans les écosystèmes, permettez moi d'en rire. Les amateur s'évertuent à croiser des souches de roses, pour les faire plus belles, plus colorées, plus odoriférantes, mais ne s'avisent pas de croiser des ananas avec des bananes à ce que je sache.
Encore que Monsanto soit capable du pire.

En fait vous n'êtes qu'un esclave asservi par la mondialisation et l'ultra libéralisme. Un de plus... Vous en vivez, ou c'est simplement pour essayer de raboter la base électorale de Marine Le Pen ?
Vous n'êtes même plus capable de réfléchir objectivement, et c'est triste.
Cessez donc de vous arroger le droit de venir nous faire la leçon.

Écrit par : Eddie Constantine | 26 décembre 2010

@ Eddie Constantine: je réponds dans mon billet du jour:

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2010/12/26/les-deux-nationalismes-3.html

Écrit par : hommelibre | 26 décembre 2010

Pas de marteau sans enclume

Marine : « c’est une histoire insensée non ? Tu m’entends petit mesquin ?
Je suis en train d’enfoncer un clou dans le dos d’un clandestin, autrement dit, je suis dans mon droit …
Et cette givrée, je dis ça avec le temps qu’il fait, arrive de Lille avec une tenaille
et arrache mon clou avec la conscience tranquille.
Tu as dû ressentir de ces douleurs. Mon père qui est un expert en la matière, m’a prévenu :
celui qui te rend service, ne te rend pas service !
Pourquoi est-ce qu’elle l’a arraché ? Pourquoi ? Parce que figure-toi,
je vais devoir le réimplanter. Que je me retape de nouveau cette corvée…
et dire que ce n’est pas mon métier… je ne suis ni juge, ni policier mais un digne représentant de l’Etat nation
qui estime que pour mettre un terme à ce bourbier, chacun a son rôle à jouer.

http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Mediator

Écrit par : le journal des tueursnet | 26 décembre 2010

vive 2012!!!

marine et vite!!! et pensons aux cantonales!!!

Écrit par : solidarite nationale | 26 décembre 2010

je ne suis ni raciste ni xenophobe ni rien qui susciterai l'intolerance envers une communauté française d'origine etrangere et me suis tjrs appliqué à ne pas voter fn . Mais les temps changent et l'on aura beau me dire que tout ces problemes liés au communautarisme grandissant en france de la part de certes peut etre encore une minorité de musulmans , c'est dans ma tête ,il faut arreter de nier l'evidence .le voile , les prieres dans la rue , les aggressions anti français de facies gaulois comme je me suis deja fais insulté aux puces de clignancourt à Paris , menaces de nous envahir comme mon pere l'a entendu dans une gare à melun , menace d'egorgement si un français ( blanc de souche même si je n'aime pas ce terme) devait épouser la fille d'un collegue musulman ,comme je l'ai entendu dire de ce collegue dans l'entreprise ou je travaillais à courbevoie,bientôt ce sera les croix de pharmacies qu il faudra retirer car elles derangent certains fideles musulmans , horaires piscine appropriés pour les femmes musulmanes ,refus de celles cis de se faire ausculpter par un medecin homme , i'alimentation halal imposée sans qu'on le sache , et puis quoi encore ?? faut faire quoi pour que ces populations se sentent encore mieux ??, pendant qu'on ferme la bouche et plions l'echine traumatisés par l'etiquette de colonialiste raciste qu'on ne manquera pas de nous coller sur le dos ,si l on ose dénoncer ces intolerances et afficher notre fierté d'etre français . quelle honte !!! le cas est simple plus il y aura d'immigration plus la communauté musulmane grossira , moins l'on pourra l'enrayer et il sera trop tard si ce n'est pas deja le cas . alors oui je me tate serieusement a voter marine lepen aux presidentielles et pour une fois je n'en ai pas honte .

Écrit par : dje | 05 janvier 2011

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