24 novembre 2010

Catalogue humoristique des revendications masculines (sérieux s'abstenir)

Je me suis bien amusé en écrivant mon précédent billet où il est question du gruppetto féministe de la Toison rouge. Le catalogue de revendications est digne d’un sketch. Rien que le mot «revendications»: tout un programme! On n’aspire pas à, on n’émet pas un voeux, on ne se donne pas les moyens de, non: on revendique. Tatatatam! Ce qui suppose un droit inaliénable que les autres doivent impérativement nous donner s’ils ne veulent pas passer pour réactionnaires. Ce féminisme-là est doué pour produire sa propre caricature.

(Cliquer sur les images pour les agrandir)


Misandrie2.jpgPar exemple dans les revendications il y a celle-ci: «Une allocation pour toute personne refusant l’exploitation au travail et le système capitaliste dominant. Le travail n’émancipe pas, il aliène !» Mais à qui vont-elle demander l’allocation? A leurs copines? Sûrement pas. A leur mari ou conjoint? Encore moins: dépendre d’eux, beurk, quelle déchéance!

A l’Etat ou l’une de ses institutions alors? Ben, euh, ça devrait: l’Etat-père n’est-il pas là pour payer? Mais le problème est qu’une autre revendication exprimée par ce gruppetto est: «Abolition de l’Etat ! État, patriarcat, même combat ! Non à l’assujettissement des personnes !» Donc pas d’Etat, pas d’allocation. Crotte alors…

Une autre revendication est très intéressante: «Plus de crèches autogérées de jour comme de nuit !» C’est vrai, quoi, ces marmots qui empêchent de sortir en boîte ou de dormir, faut s’en débarrasser. Avec cette revendication on pourra les caser jour et nuit. Enfin la paix!

Quand à celle-ci: «Un stage pratique obligatoire autogéré pour tous les êtres qui ne savent pas manipuler un clitoris, comme pour le permis à points.», il faut lui trouver une revendication symétrique. Voir ci-dessous point 8…

Et cette autre: «… les femmes ou toute personne assimilée comme telle socialement !». Ya ki d’assimilées comme femmes? Ben, il y a… heu… les femmes… et aussi les femmes… et encore les femmes… en effet, cela fait beaucoup… de femmes...


Bon. Je me suis dit qu’il serait amusant de faire un petit catalogue humoristique, ou humeuristique, et un peu déjanté, sur les revendications masculines. Attention: sérieux s’abstenir!

Misandrie4.jpg
1. De par la libre disposition de nos corps, nous voulons faire des enfants partout, à toutes les femmes qui veulent bien, et ne pas les assumer, ne pas les reconnaître, ne rien payer.

2. Au contraire, vu l’exploitation qui est faite de nous quand nous sommes pères et vu qu’après l’inévitable divorce nous ne serons plus que des salauds de payeurs et des violeurs d’enfants, nous demandons à être payés richement pour notre sperme. Nous pourrons ainsi faire des économies et avoir de quoi payer les frais d’avocat quand nous serons au tribunal et aurons perdu travail, logement et enfants.

3. Nous voulons sortir avec nos potes autant que nous voulons, passer des heures à regarder le foot et manger des chips, prendre du bide pour ne pas obéir aux diktats de la beauté masculine superficielle, ne pas faire la vaisselle mais offrir à tous les couples des robots ménagers pour en finir avec cette aberration de partage des tâches.

4. Nous voulons ne pas être obligés de considérer nos femmes comme des princesses, ne pas toujours les écouter, ne pas dire amen à tout, ne pas être coupables d’être des hommes, ne pas être obligés de pleurer, n’être obligés à rien.

5. Nous exigeons qu’on ne nous fasse JAMAIS le moindre reproche et que l’on reconnaisse enfin que (presque) tout ce que nous faisons depuis la nuit des temps est bien. Cela commence très tôt: nous voulons la fin des couches-culottes qui, sous prétexte de nous apprendre la propreté, ne servent qu’à brider notre émancipation et nous empêcher de faire ce que nous voulons comme nous le voulons.

Misandrie3.jpg6. Nous voulons tous des zigounettes de noirs: longues, très grosses et infatigables.

7. Nous voulons tous être des hommes qui font craquer les femmes: beaux, bruns, ténébreux, et bêtes, ne sachant pas aligner plus de deux mots utiles à la suite (c’est d’ailleurs en général pour cela que nous ne parlons pas…).

8. Des stages obligatoires pour tous les êtres qui ne savent pas faire correctement de longues et sensuelles fellations.

9. Nous voulons des voisines qui simulent même quand ça n’a pris que 30 secondes dans l’ascenseur entre deux étages.

10. Nous voulons des statues en hommage à la virilité masculine à chaque coin de rue.

11. Nous ne voulons pas être des objets: objets de rêves, objets de reproches, objets de plaisir, objets-payeurs.


Le club des vrèzoms me demande d’ajouter ces deux revendications. Je soupçonne ce club d’être un peu provocateur:

12. Demain 25 novembre est la journée contre les violences faites aux femmes. Nous voulons que les autres jours de l’années soient les journées contre la violence faite aux hommes. Violence physique, coups et blessures, etc; psychologiques: dénigrement, contrôle, pression, etc. Fausses accusations, criminalisation systématique. Etc.

13. Puisque nous serions les seuls violents et que certains chiffres inventés par des féministes font de tous les hommes des violents, nous voulons leur donner raison. C’est vrai quoi, ce n’est pas sympa de toujours les contredire et de montrer les vrais chiffres - pas les leurs. Donc nous voulons une journée par année où tous les hommes battent leurs femmes. Comme ça au moins c’est fait: nous sommes tous des salauds et elles ont enfin raison! On est sympas, quand-même...

 

J'ajoute une revendication supplémentaire en mon nom propre: Le droit d'aimer nos compagnes bien, mal, approximativement, tendrement, comme des fous, comme des sages, comme des fonctionnaires, comme des poètes, enfin, de les aimer comme nous aimons.


Misandrie1.jpgVoilà, c’est tout pour le moment. Mais j’en ai sûrement oublié. Donc, à compléter.

L’image qui mime le scandale d’Abou Ghraib est tirée du blog l’Homme Blanc.


Plus sérieusement, vient de paraître le nouveau livre de Patrick Guillot: La misandrie. Patrick anime le site La cause des hommes et réalise un formidable travail de réflexion et de documentation. Pour comprendre le phénomène de la misandrie, qui d’habitude est tue ou prête à rire. Sujet sérieux donc.

Commentaires

. De par la libre disposition de nos corps, nous voulons faire des enfants partout, à toutes les femmes qui veulent bien, et ne pas les assumer, ne pas les reconnaître, ne rien payer.

==> On rigole mais ça fait depuis 35 ans que les femmes peuvent refuser une maternité alors que les hommes aujourd'hui ne peuvent pas refuser une paternité en 2010 (en France), vous avez dit égalité :)

Écrit par : téo | 24 novembre 2010

Téo, je préférerais que l'on tende vers l'équité que l'égalité. C'est plus raisonnable et adapté au réel. L'égalité est un mythe.

Écrit par : hommelibre | 24 novembre 2010

Hommelibre je me moquais de la pseudo égalité qui est en faite un traitement de faveur pour les femmes et qui a moyen termes fera des hommes des citoyens inférieur aux femmes, il suffit de voir l'état du Québec.

Écrit par : téo | 24 novembre 2010

Oui Téo, je vous comprends. L'idée de l'équité est à creuser aussi, j'en ferai un billet. Parce que c'est un principe supérieur. L'égalité - de droits, par exemple - est un des moyens de réaliser l'équité. mais pas le seul et pas toujours le meilleur, ni le plus réaliste. Il pousse à instaurer des dogmes. L'équité est plus vaste et ajustable que l'égalité.

Je connais un peu le Québec, et en effet...

Bien à vous.

Écrit par : hommelibre | 24 novembre 2010

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