21 novembre 2010

Holodomor: le communisme comme le nazisme

Quand on parle du devoir de mémoire on pense essentiellement à la Shoah. Aux millions de juifs massacrés par les nazis pendant le seconde guerre mondiale. Plus récemment ce devoir de mémoire s’est étendu au génocide arménien par les Turcs en 1915-1916. Il s’étend aussi aux victimes de l’esclavage.


holodomor 102.jpgLe devoir de mémoire est le rappel de la souffrance de peuples ou de larges parties de populations qui ont souffert et ont été massacrés à cause de leur religion, leur ethnie, leur nationalité.

Ce rappel de la souffrance a pour but de faire en sorte que personne n’oublie, en particulier que les jeunes générations apprennent le passé afin si possible de ne pas le reproduire. Il est fait par les pays ou populations qui ont participé aux massacre. Mais il pourrait être rendu collectif car les massacres pour les raisons citées plus haut sont de tous temps et de tous pays.

Certaines souffrances du passé sont aujourd’hui désamorcées. Si l’on pense au degré de haine entre allemands et français, ou aux guerres passées entre français et anglais, les choses ont bien évolué. D’autre restent comme des plaies, par leur ampleur, leur systématisation, leurs méthodes.
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L’Holocauste est au premier plan de la mémoire. On a atteint malheureusement un degré inimaginable dans la souffrance et l’horreur. Mais d’autres massacres du 20e siècle et des siècles précédents doivent aussi rester en mémoire. Non pour la saturer d’images d’horreur mais pour peu à peu créer un profond rejet de cela dans les consciences afin qu’un jour, peut-être, l’humanité tourne une page sur sa capacité à commettre des atrocités et sur les nationalismes qui les ont justifiées.

Au 20e siècle on pense aux balkans et au massacre systématique des musulmans. Aux populations khmers sous Pol Pot. Au génocide du Ruanda.

En ce qui concerne la première moitié du 20e siècle et la deuxième guerre mondiale on parle surtout des nazis et du génocide des juifs. On oublie de parler des génocides communistes. Le communisme, comme le nazisme, a commis des atrocités. Il n'y a pas eu que Katyn. L’antisémitisme, bien sûr, avec les pogroms anti-juifs (60’000 morts), les polonais massacrés, les massacres et déportations des lituaniens, le massacres de chrétiens, les 7 à 10 millions de morts (selon les sources) en Ukraine en un an 1/2 entre 1932 et 1933. Ce fut le génocide par la faim - ou Holodomor.

ukraine-holodomor-campaign-small.jpg.w424.h.keepAspecty.jpgIl est surprenant, devant les chiffres des morts, que l’on en parle si peu. Le communisme tel qu’il fut appliqué partout, dans la Russie de Staline ou dans la Chine de Mao, a commis des massacres inouïs. Le monstre Staline n’a guère à envier au monstre Hitler.

Le communisme doit être mis au même rang que le nazisme dans les systématisations de l’horreur, dans les modes politiques prédateurs de grande envergure. On dit souvent que le communisme tel qu’il a été appliqué n’était pas un vrai communisme.

Mais c’est pourtant bien le visage qu’il a montré de lui-même. Je cite ici un homme de gauche, ancien ami de Mitterrand, auteur de "La tentation totalitaire", dans un article paru en 2000 dont voici le début:

 

"Jean-François Revel, Le Figaro Magazine, 12 février 2000
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Le refus vigilant de toute équivalence, de toute comparaison, même, entre nazisme et communisme, malgré la parenté de leurs structures étatiques et de leurs comportements répressifs, provient de ce que l'exécration quotidienne du nazisme sert de rempart protecteur contre l'examen attentif du communisme.


Rappeler chaque jour les atrocités nazies exercice devenu sacré, désormais, sous le nom de " devoir de mémoire " - entretient un bruit de fond permanent qui ne laisse plus de vigilance disponible pour le rappel des atrocités communistes.
Selon la formule d'Alain Besançon, l' " hypermnésie du nazisme ", détourne l'attention de 1'«amnésie du communisme». Chacun comprend donc que toute analyse, tout travail des historiens minoritaires ramenant l'accent sur leur essentielle similarité soulèvent des ouragans annonciateurs de rages vengeresses. On objectera, certes, avec raison, qu'aucun rappel de la criminalité nazie ne saurait être excessif. Mais l'insistance de ce rappel devient suspecte dès lors qu'elle sert à en ajourner indéfiniment un autre: celui des crimes communistes.

Révélateur du succès obtenu par ce leurre est le sens qu'a pris l'expression " devoir de mémoire " désignant de façon quasi exclusive le devoir de rappeler sans cesse les crimes nazis et eux seuls. On ajoute éventuellement à la liste quelques autres forfaits qui peuvent leur être comparés, à condition qu'ils n'appartiennent pas au champ d'action des grandes maisons mères communistes et ne relèvent pas non plus de la conception socialiste du monde
."

 

En vidéo: le génocide ukrainien.



00:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : nazisme, shoah, holocauste, génocide, hitler, communisme, staline, russie, mao, chine, ukraine, ruanda, arménie | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Bravo pour cet article car, comme vous le dite si bien,les massacres communistes sont rarement relevés. Les massacres communistes ont débutés dès la révolution et ils ont continués bien après la 2ème guerre mondiale.Et dire qu'en 2010 des gens ose se dire communistes...
Ivan Skyvol

Écrit par : Ivan Skyvol | 21 novembre 2010

Bonjour,
vous avez tout a fait raison de dire que les crimes du régime de l'URSS sont largement oublié. Bien qu'une partie ait été connue depuis le début beaucoup ont été camouflé et caché ce qui expliquer l'oubli de l'historiographie. D'autant plus que les archives étaient fermées, et sans archives on ne peut pas travailler...

Il reste à savoir si le communisme, dans sa doctrine pure venant de Marx et des Libertaires, possède vraiment une violence innée? N'oublions pas que le Communisme n'a jamais été atteint puisqu'il doit suivre la dictature du prolétariat, stade auquel s'est bloqué l'URSS selon la doctrine de Lénine et de Staline. Ces deux tristes personnages ont, en effet, déclaré que le Communisme ne pouvait être promulgué dans un seul pays ils ont donc décidé de garder le pouvoir qu'ils avaient. C'est, du moins, ce que je sais sans avoir spécifiquement étudié le sujet.

Je spécifie tout de même que je ne suis pas communiste mais anarchiste (sans avoir la foi). Ce qui implique que je ne croie pas en la dictature du prolétariat comme moyen de purger la société de ses travers bourgeois. Au contraire, je crois que c'est le meilleur moyen de créer un état du type de celui de l'URSS avec une terreur d'état.

Écrit par : Hassan | 21 novembre 2010

Hassan, je pense la même chose quant à purger les dérives hiérarchiques ou de pouvoir de la société. La dictature du prolétariat ne fait que remplacer une oppression par une autre et reconstitue la même structure de domination au profit d'autres gens. Il faut chercher autre chose si l'on veut une société plus juste.

Écrit par : hommelibre | 21 novembre 2010

Les sociétés humaines mentent au sujet de leur propre violence. C'est une constante anthropologique. On ne peut dès lors s'intéresser à l'histoire de la violence sans s'intéresser aussi à l'histoire de la représentation de la violence. On prend assez rapidement conscience que l'enseignement de l'histoire n'est jamais neutre et qu'il cache toujours un enjeu politique majeur.

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 24 novembre 2010

Je suis étudiant en histoire je ne peux donc qu'être d'accord avec vous. Comme on le demande en sociologie: Peut-on vraiment être un scientifique neutre et objectif quand on observe sa propre société? A fortiori quand on le fait avec des subventions étatiques.

Écrit par : Hassan | 24 novembre 2010

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