Rappaz: le Valais obscurantiste assassine Baudelaire

J’ai fumé l’herbe de Rappaz. Elle ne m’a rendu ni schizo, ni dépendant, ni asocial, ni dangereux, ni apathique. Mon originalité ne date pas de là et ne dépend pas de ce genre de produit. Elle m’a aidé à retrouver le sommeil dans une période très éprouvante pour moi. Sa légèreté me convenait bien.

Rappaz1-chanvre.jpgJe l’ai arrêtée du jour au lendemain, sans besoin de substitut, sans aucun trouble. Quand j’ai connu Rappaz il y a une quinzaine d’années il cultivait en plein champs, comme d’autres en Suisse, à Fribourg par exemple. Il cultivait au vu et au su de tous, de la police, des juges, de l’Etat. Ces autorités n’ont pas trouvé à redire pendant longtemps, jusqu’à cette condamnation qui fait de lui un narcotraficant digne des cartels mexicains.

De qui les juges se moquent-ils? Accusation inepte, peine démesurée, volonté de le casser et de le faire rentrer sous terre. Qui a décidé ce retournement de la tolérance par rapport à il y a 15 ans? Qui est assez hypocrite parmi les juges valaisans pour justifier une condamnation quand ils acceptaient cette culture par le passé, culture qui rapportait à l’Etat valaisan par les impôts?

Je les ai vus ces patients sidéens, fibromyalgiques, sclérosés en plaques, qui ont utilisé l’herbe de Rappaz. De 20 à 80 ans ils découvraient l’herbe, et n’étaient ni des drogués ni des asociaux. C’étaient des mamy à cheveux blancs, des papys avec leur canne, des cancéreux sous chimio, et tant d’autres. C’était le seul médicament qui les ait soulagés. Certains venaient en Valais depuis Paris ou plus loin, avec une recommandation de leur médecin. J’ai vu leur soulagement.

Bien sûr que rien n’est inoffensif. Mais il y a des degrés et il faut savoir raison garder. La prohibition date de 50 ans, l’utilisation de plusieurs milliers d’années. Les poètes que l’on étudie à l’école, comme Baudelaire et d’autres en consommaient régulièrement et ont écrit sur l’herbe. Quand donc la justice valaisanne va-t-elle brûler les livres de Baudelaire? Ou le traduire en justice de manière posthume? Ou dénoncer ses écrits comme oeuvres criminelles? Mais bon, les autorités valaisanne s’en moquent, qui ont décidé de faire rentrer le canton dans l’obscurantisme.

Je lis aujourd’hui que 46% des romands seraient d’accord de laisser mourir Bernard Rappaz. Combien sont-ils parmi eux qui ont, comme moi, comme beaucoup, fumé quelques joints à 20 ans sans devenir de sales drogués détruits et fainéants? Tous ceux que j’ai connus ont fait leur vie normalement, mené leur activité professionnelle sans problème, fondé des familles. Je ne peux pas en dire autant de certains qui ont sombré dans l’alcool.
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Combien parmi les 46% ont fumé un joint occasionnel mais n’osent pas l’assumer? Quand on sait le pourcentage de ceux qui fument peu, ont fumé ou fument régulièrement entre les 20-50 ans, on peut se demander où est leur courage.

Combien de temps encore cette hypocrisie des élus face à une substance moins dangereuse que l’alcool? Combien de temps encore d’incohérence? Combien de temps encore cette prohibition qui enrichit les mafias? Combien de temps cette schizophrénie officielle, où l’on voit des artistes, des politiques, etc, sourire de manière entendue quand on parle de cannabis à la télé, et de l’autre côté des petits juges en mal de reconnaissance s’acharner sur le nouveau Farinet comme le surnomme Christian Brunier dans son billet du jour?


Puisque Rappaz va mourir, qu’au moins on mettre sur la table enfin la dépénalisation, ou alors que l’on se dépêche d’interdire toutes les drogues, y compris alcool et tabac.

Allez, les petits juges hargneux et les élus obscurantistes, un peu de courage que diable!

Et pour vous ouvrir l'esprit, cette petite info pour la route:

"Le principe actif du cannabis, le tétrahydrocannabinol, permettrait de réduire la taille des tumeurs, selon une étude internationale parue en ligne dans la revue Journal of Clinical Investigation. Cette nouvelle propriété thérapeutique a été identifiée chez la souris, mais aussi sur des cellules cancéreuses humaines !"

Catégories : société 39 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Effectivement, ça donne à réfléchir !....La preuve, même le Docteur RIELLE (anti-tabac convaincu) est venu soutenir le fumeur de "H" !!!!!????????
    ;o)))))))))))))))
    Trop drôle notre monde !

  • Bonjour John. Merci de votre saine réaction à une grande injustice.

  • N'ayant jamais fumé d'herbe, je ne peux guère me prononcer sur ses vertus ou ses dangers. Si le cannabis de Rappaz ne servait qu'à des fins thérapeutiques, on doit effectivement se demander si la peine infligée à cet homme est - comme disent les juristes - proportionnée. Je ne suis néanmoins pas complètement persuadé que les fumeurs utilisent "l'herbe à Rappaz" pour leurs seules vertus thérapeutiques.
    Je ne suis pas un fan de Rappaz ni des produits que lui - et beaucoup d'autres -mettent sur le marché. De là à le laisser mourir, il y a un pas que je ne franchirai pas. On ne peut jamais se réjouir de voir une personne se détruire, fut-ce pour une bonne cause ou qu'il considère comme telle.
    Il y a de nombreux condamnés qui "en ont pris" pour des durées trop longues par rapport à leur crime. Combien ont fait la grève de la faim ?

  • Schizophrénie
    «…perte de contact avec la réalité…»
    Expression valable si l’on tient compte d’une seule réalité.

    Ceux qui n’ont jamais été en contact direct avec le milieu des consommateurs de cannabis et en contact avec le milieu de consommateurs d’autres drogues, eux ils se prononcent naturellement avec un décalage immense – acceptable; même les propos agressifs et les amalgames les plus tragiques ne devraient être retournés à ceux qui les profèrent pour avoir été éduqués et/ou formés sur une assiette incohérente.
    Michel SOMMER n’a jamais fumé d’herbe, mais une autre raison lui fait admettre la possibilité d’une Valeur à défendre dans la grève de Monsieur Rappaz.
    Après, il fait un mélange qui apparemment vient de l’éducation/formation parce qu’il n’a jamais fumé d’herbe:
    «…des produits que lui - et beaucoup d'autres –mettent sur le marché…» et il ouvre encore la possibilité à que sa cause soit la bonne.
    Pour finir, si Michel SOMMER pense que d’autres prisonniers ont subit des sanctions judiciaires trop lourdes, si l’on pouvait tous en être sûrs de cela, que nous importerait à présent que sa cause soit la bonne ou pas?
    Notre bonne cause à tous serait de défendre un système judiciaire; (je n’ajoute rien parce par définition, un système judiciaire est digne).
    Notre bonne cause à tous serait de défendre un système judiciaire et un système politique digne, avant que Bernard Rappaz décède et la cause du cannabis devienne alors défendue par d’autres protagonistes même sans que 5 ans et 8 mois se passent.

  • "J’ai fumé l’herbe de Rappaz. Elle ne m’a rendu ni schizo, ni dépendant, ni asocial, ni dangereux, ni apathique. Mon originalité ne date pas de là et ne dépend pas de ce genre de produit. Elle m’a aidé à retrouver le sommeil dans unBien sûr que rien n’est inoffensif. Mais il y a des degrés et il faut savoir raison garder. une période très éprouvante pour moi".
    L'inconvénient c'est que tout le monde ne réagit pas comme vous, dans les cas de maladie douloureuse (cancer, sida etc...) je suis parfaitement d'accord mais arrêter de chanter les louanges de BR, ce n'est pas un bienfaiteur de l'humanité, les "combien de tonnes" déjà" gratuites bien sûr, ont servis a soulager les souffrances des malades, les autres infractions et délits sont passés comme chat sur braise, vous n'ètes peut-être pas un fan de Rappaz mais vous apportez de l'eau a son moulin. C'est un peu facile, avec un grand merci de la part des gens condamnés, moins médiatiques peut-être mais tout autant altruistes.

  • @ M. Sommer

    Vous écrivez :

    "N'ayant jamais fumé d'herbe, je ne peux guère me prononcer sur ses vertus ou ses dangers."

    Vous vous méprenez. Il n'est nullement besoin d'être pu d'avoir été consommateur pour juger des vertus ou dangers du cannabis. Tout comme l'expérience d'un consommateur ne saurait lui permettre de juger des vertus ou dangers du cannabis.

  • @ Hommelibre

    Quelles est la quantité annuelle de cannabis nécessaire en Suisse afin d'assurer les besoins médic(in)aux des résidents suisses ?

  • Bravo pour cet article plein de bon sens. L'herbe est un produit beaucoup moins dangereux que l'alcool !
    Que tous ceux qui pensent le contraire S'INSTRUISENT !!!

  • Je rappelle que 63 % des votants et tous les cantons ont refusé une initiative visant à libéraliser le cannabis. Et cela il y a moins de 2 ans.

    http://www.admin.ch/ch/f/pore/va/20081130/det538.html


    A la même occasion la prohibition a été renforcée. La culture en est complètement prohibée. Il n'est plus possible d'en cultiver même sans intention d'en extraire des stupéfiants. C'est bien sur cette ambigüité que Rappaz en a cultivé. Il en a cultivé à des fins à des fins prétenduement ornementales ou pour permettre de mieux dormir ... en le mettant dans des oreillers.

    La condamnation que vous mettez en cause fait état de transformation par Rappaz (et non d'acheteur d'oreillers indélicats) du chanvre à fin d'en extraire les substances stupéfiantes ? S'agit-il d'une erreur judiciaire ?

    Rappaz ne conteste-t'il pas la démocratie ?

  • @ bender_79

    Moins dangereux que l'alcool. Et alors ? Moins dangereux que très dangereux ne veut pas dire sans danger !

    Si vous voulez mettre en avant le manque de nocivité du cannabis, il faudrait élaborer quelque peu votre argumentation.

  • « Il n'est nullement besoin d'être pu d'avoir été consommateur pour juger des vertus ou dangers du cannabis. Tout comme l'expérience d'un consommateur ne saurait lui permettre de juger des vertus ou dangers du cannabis. »
    Voici l’exemple parfait d’un thème de discussion très important, à lancer urgemment!
    J’aimerais tellement pouvoir participer à un échange, disons à partir de Janvier prochain ?

  • On ne peut nier que la condamnation de Bernard Rappaz soit d'une extrême sévérité, qui croit trouver sa justification dans la culture du cannabis et dans le caractère frondeur du chanvrier. À l'origine de cet acharnement se trouve cet obscurantisme valaisan notoire qui se manifeste notamment par une rigidité mentale qui sert de frein à l'innovation, par une anxiété face à des comportements hors normes, par un souci de conservatisme même lorsque le monde se transforme alentour et par une application étriquée des textes de loi. Même si l'on constate que le Valais est resté en partie à l'écart de l'évolution générale de la société, les valeurs universelles de respect de la vie et de l'individu ont largement cours dans ce canton, soutenues par l'obédience catholique en vigueur. Dès lors comment comprendre qu'une majorité des citoyens y soient prêts à abandonner Bernard Rappaz à son sort sans même lui tendre une main fraternelle ? Ces valeurs ne serviraient-elles que de décorum ? Elles ne serviraient qu'à masquer des sentiments ou des actions douteuses ? Des règlements de comptes méprisables ? On a froid dans le dos quand on y pense ....

  • @ hortensia

    "On ne peut nier que la condamnation de Bernard Rappaz soit d'une extrême sévérité"

    Pourquoi donc ? Motivez donc votre prétendue évidence !

    Rappaz est un récidiviste et avait au moins à son actif : un brigandage (attaque à main armée d'une banque") et 16 mois fermes en matière de stupéfiant. Ces antécédents peu favorables justifient une augmentation de la peine. Ce n'était pas un primo délinquant mais un criminel endurci qui savait qu'il agissait mal au vu de sa précédente condamnation à 16 mois ferme en matière de stupéfiant

    Rappaz s'est il plaint de la lourdeur de la peine dans son recours au Tribunal fédéral ? Sinon, pourquoi ?

    Rappaz prétend à une peine qui soit compatible avec la semi-liberté ou le port du bracelet. Quelle peine maximum revendique-t-il ? Le savez-vous seulement ?

  • @ CEDH
    Je n'apprécie pas le ton de vos commentaires et encore moins l'attitude sous-jacente. Vous vous comportez en unique détenteur de la Vérité et fonctionnez à la manière d'une inquisition. Vous ne cherchez pas à compléter des informations mais à prendre en faute les auteurs des commentaires, je l'ai déjà constaté envers différents participants. Ceux-ci interviennent de bon gré et permettent de faire survivre ce site. Attention à ne pas faire le vide autour de vous. Pour ma part je m'abstiendrai désormais de tout commentaire et vous prie de ne pas commenter ce texte.

  • Rappaz n'a pas à revendiquer:
    La sanction pour tout un tas de malversations et autres violations des Lois Fédérales est parfaitement justifiée et confirmée à réitérées reprises par les autorités judiciaires fédérales.
    Après ça, il a même le culot de prétendre que le problème se situe en Valais.
    En fait, si: Le problème se trouvait aussi en Valais, en sa propre personne et celle de son comparse au sujet duquel passablement de questions commencent être posées.
    .
    Quand à Saint Farinet, il faudrait peut-être songer à s'informer ailleurs que dans les films.
    Sa légende est bien mignonne, mais ce n'est qu'une légende.

  • CEDH, je ne connais pas la quantité à produire pour subvenir aux besoins de cannabis thérapeutique. Et si je soutiens fermement et de manière fondée expérimentalement cette application, je suis aussi libéral en ce qui concerne le cannabis récréatif. J'en ai consommé à 20 ans, sans dommages ni addictions, ni passage à autre chose; j'ai arrêté d'en consommer au bout de 2-3 ans. Il faut donc en produire assez.

    Je sais que la prohibition crée des ghettos et met le consommateur sous la coupe de trafiquants pas toujours nets avec des produits pas toujours de qualité. Je vois que la prohibition enrichit des mafias ou des trafics. Je vois que l'on a criminalisé à outrance un produit moins dangereux que l'alcool. Je vois que le cannabis a déjà été en vogue et qu'on lit des auteurs ouvertement consommateurs dans les écoles. Je vois que la situation est surréaliste: 50% des ados et 1/3 des 20-24 ans ont touché au cannabis (plus les anciens fumeurs depuis les années 60, cela fait du monde!) et cela n'a pas fait exploser les problèmes de santé publique, contrairement à l'alcool.

    Je vois qu'au début des années 2000 ont était sur le point de dépénaliser en Suisse et qu'il y a eu un repli sécuritaire et répressif comme dans d'autres domaines, repli que la situation sanitaire ne justifiait pas. Je vois que l'initiative a refusé la dépénalisation, avec toujours beaucoup d'arguments liés à la peur.

    Mais je vois aussi que "La Commission fédérale pour les questions liées aux drogues (CFLD) continue à se mobiliser pour la dépénalisation de la consommation de cannabis. ... A ce jour, la répression de la consommation n’a pas pu apporter la preuve de son efficacité, et les expériences faites avec l’alcool et le tabac montrent que les mesures de réglementation peuvent améliorer la protection de la jeunesse." Qui souhaite la dépénalisation doit aussi régler la question de la production et du commerce.

    http://www.legislation-psy.com/spip.php?article1858

    La prohibition renforcée va enrichir un peu plus les mafias. Tout le monde le sait! Cette prohibition est inefficace et coûte cher pour aucun résultat. La prohibition est la meilleure pub à faire pour rendre le cannabis attractif! Les pays qui ont dépénalisé n'ont pas vu une augmentation de la consommation.

    Traiter Rappaz de narcotrafiquant comme cela a été fait tient du délire sécuritaire. Le fait que la question du cannabis fait régulièrement l'objet de débats, que des parlementaires prônent la dépénalisation, que les études montrent une moindre dangerosité que l'alcool, aurait dû faire réfléchir les juges. Quand la loi n'est plus applicable ni adaptée, il faut changer la loi ou faire une jurisprudence. Va-t-on défendre l'assassinat des femmes à coups de pierre en Iran parce que la loi justifie la lapidation?

    Je me suis moi-même mis hors la loi dans les médecines douces, qui étaient poursuivies quand j'ai commencé à pratiquer. Inculpé d'exercice illégal de la médecine, j'ai obtenu un non lieu et la loi a été changée après cela vers plus de tolérance.

    La Suisse privilégie l'alcool comme drogue officielle. On en connaît l'énorme coût financier, social et humain. On s'en fout. On admets donc que les humains ont le droit de se droguer. Laissons-leur le choix. Sommes-nous ou non en régime libéral? Qu'est-ce qui a motivé une prohibition dans les années 60 alors que la consommation ne posait pas de problèmes jusque là (contrairement à l'alcool qui faisait déjà des ravages)?

    L'affaire Rappaz laissera des traces dans la rigidité d'un système qui s'accroche à quelque chose qui a déjà foutu le camp: l'idée du soi-disant fléau social du cannabis.

    Il faudrait aujourd'hui lancer une initiative en vue de prohiber l'alcool et le tabac. Pour faire une Suisse vraiment propre, pure et pleine de bonne conscience. La population qui a refusé la dépénalisation du cannabis sur des arguments émotionnels, refusera la prohibition de l'alcool sur des arguments émotionnels. C'est la démocratie de l'émotion. Et ça marche.

  • Je suis intimement persuadé de la authenticité de l’écrit par : hortensia | 13 novembre 2010, ainsi que de celle de l’écrit par : hommelibre | 14 novembre 2010

    Et je souhaite intensément que tous ceux qui ont entendu parler de Bernard Rappaz puissent avoir une conviction si forte et paisible que celle que me laisse apparaître ces deux textes.

  • @ Homme libre

    La prohibition est un échec. J'en conviens et, d'ailleurs, n'en disconviens pas depuis des dizaines d'années. Le type de prohibition que nous connaissons a pour effet économique d'optimiser les prix et quantités commercialisées au bénéfice des mafias.

    De là à passer à la libéralisation il y a un pas que je me refuse à franchir. Rien ne sert de passer d'un excès à l'autre. Il y a lieu à réglementation. Réglementation de la production et de la distribution d'une substance qui n'est pas sans danger, notamment au vu des perturbations irréversibles du développement neuronal que sa consommation est susceptible d'engendrer chez les jeunes.

    En premier lieu, il me semble urgent de rendre possible et réglementer sérieusement l'usage médic(in)al du cannabis. Votre position en faveur d'une libération simultanée de son usage récréatif est de nature à étouffer toute distribution médic(in)ale réglementée, qui est pourtant humainement nécessaire au vu de la souffrance de certains malades.

    Votre position est irréaliste et reflète le refus de prendre en compte la société telle qu'elle est. Je reconnait qu'elle n'est pas toujours glorieuse, y compris côté alcool, mais il faut bien faire avec.

  • Que Rappaz crève ! La mort d'un trafiquant de drogue ne m'empèchera pas de dormir.

  • Rappaz est un détenu et donc être en principe maintenu en détention. Il doit être soigné (y compris alimenté) et dans toute la mesure du possible en détention.

    S'il s'avère que cela soit impossible, quelque soit les causes de l'impossibilité, sa peine DOIT être suspendue si cela peut lui sauver la vie.

    Ne pas la suspendre constitue, une violation crasse de l'article 92 du Code pénal suisse. Certes, il doit en priorité maintenu en détention et alimenté, mais s'il ne peut être soigné pour quelque raison que ce soit alors sa peine doit être suspendue.

    Les autorités cantonales valaisannes, qui sont compétentes en la matière, ne l'ont pas fait en temps utiles.

    Aujourd'hui la balle est dans le camp du Tribunal fédéral. Plus exactement du Président de l'une des Cours du Tribunal fédéral qui devra déterminer quelles mesures provisionnelles il y a lieu de prendre.

  • Moi aussi, j'ai fumé du H, lors d'une visite chez des amis à New York. Je me rappelle que j'ai superbement dormi cette nuit. Et le lendemain, après un joint avec le café matinal, on est allé s'asseoir dans l'immense coupole du Planetarium pour écouter la musique spatiale. J'en ai gardé un bon souvenir, mais je n'ai jamais eu ni la moindre envie ni le besoin de me procurer des joints.
    On souhaiterait que nos politiciens fassent un essai avant de juger dans une matière dont il ne connaissent que ce qu'ils ont appris par les médias.

  • "Je rappelle que 63 % des votants et tous les cantons ont refusé une initiative visant à libéraliser le cannabis."

    Parce qu'on leur a menti sur les effets du cannabis. De la même façon que le Dr. Rielle et consortes ont menti sur la nocivité de la fumée passive.

  • "Si vous voulez mettre en avant le manque de nocivité du cannabis, il faudrait élaborer quelque peu votre argumentation."
    Il vous arrive de traverser la route, prendre un avion, pratiquer des sports, vous buvez de l'alcool ? Quels arguments pouvez vous mettre en avant pour démontrer que ce n'est pas plus dangereux que de rester au lit et de ne boire que de l'eau (qui contient de l'arsenic) ?

  • "La sanction pour tout un tas de malversations et autres violations des Lois Fédérales est parfaitement justifiée et confirmée à réitérées reprises par les autorités judiciaires fédérales."

    Vous diriez la même chose par rapport aux femmes condamnées à la mort (pour avoir eu des rapports extraconjugales) par lapidation ? Pourtant, ces femmes savent qu'elles violent la loi et que leur peine est confirmée par les autorités judiciaires.

  • @ benpal: Dans le planétarium, ce devait être chouette. On oublie trop souvent l'aspect méditatif du cannabis. Très différent de l'alcool.

    @ CEDH: Il est clair que toute substance psychotrope a des risques, plus ou moins forts. Cela dépend aussi de la consommation. Personnellement je suis opposé à la consommation des mineurs, comme pour l'alcool. Il faut d'abord former sa personnalité et son système nerveux, ensuite on verra.

    Ensuite il y a la question des quantités. Quand j'ai fumé de façon récréative vers mes 20 ans, je n'ai jamais fumée 5 ou 8 joints par jour! D'abord je n'aime pas être trop amorti, j'aime être actif. Et c'était en général dans un contexte: musique, discussion passionnée entre amis, relation amoureuse, bon film, concert. Des moments créatifs et agréables. Et c'est vrai que l'amplification des perceptions est intéressante.

    C'est pourquoi je soutiens aussi la dépénalisation du chanvre récréatif, en plus du fait que je pense que les gens sont libres de choisir et que de toutes façons le cannabis est déjà entré dans notre culture. Mais je n'en fais pas une religion et je privilégie depuis des années l'usage thérapeutique.

    Le contrôle serait une bonne chose et la dépénalisation avec un encadrement serait à mes yeux souhaitable. Question qualité, prévention des risques pour les mineurs, et aussi pour désamorcer au moins une partie du crime organisé.

    Donc je soutiens en priorité le cannabis à usage thérapeutique, puis à usage récréatif en considérant que vu sa faible dangerosité par rapport à l'alcool (les gens peuvent gérer eux-même comme pour l'alcool ou le tabac), à son ancrage progressif dans notre culture et aux problèmes de trafiquants.

  • CEDH: "De là à passer à la libéralisation il y a un pas que je me refuse à franchir."
    Personne ne vous oblige à consommer du cannabis, comme d'ailleurs non plus à consommer du tabac ou de l'alcool. Pourquoi vous vous entêtez à vouloir dicter à vos concitoyens ce qu'ils ne doivent pas consommer ? Mais n'avez pas votre propre vie à vivre pour croire devoir vivre la vie des autres ?

  • CEDH: "Rappaz est un détenu et donc être en principe maintenu en détention. Il doit être soigné (y compris alimenté) ..."
    Et vous voulez qu'il soit alimenté de force pendant combien de temps ? Six ans ? Au bout d'un moment quelqu'un devra décider d'arrêter le gavage et ce sera la mise à mort immédiate. Qui voudra se charger de cette responsabilité ? Un juge ? Il risquerait d'être poursuivi pour non-assistance à personne en danger ou même pour homicide.
    Et le droit à son propre corps, à sa propre vie, ça ne vous semble pas être un droit fondamental ?

  • J. M., on voit que vous n'avez rien compris en matière de "drogue". Vous prenez du chocolat avec votre café ? Un petit décapant avec votre fondue ? Ou un verre de champagne pour fêter un anniversaire ?

  • Mes parents m’ont fait connaître un diction il y a long temps, et il dit à peu près ceci:
    «Parle pour t’aider toi-même ou pour aider quelqu’un d’autre; sinon tais toi»
    Lire «Que Rappaz meure ou pas, cela ne m’empêchera de dormir parce il est un trafiquant de cannabis» ne pourrait pas conduire toutes les personnes à penser que ceux qui vendent illégalement du cannabis sont des personnes qui n’ont pas le droit morale de protester avec de tel ampleur.
    L’utilisation (peut-être par manque de connaissances) du mot drogue, permet à l’auteur de se sentir immédiatement accepté par une masse de personnes qui a besoin (naturellement) de se sentir protégés (sans même savoir de quoi – et ceci n’est pas une reproche).

    Je pense que l’auteur pourrait éviter, à mon avis, mot «crève» qui tâche l’acceptable de son discours d’une certaine méchanceté, je dirais presque gratuite.

  • Le mélange et l'amalgame sont au rendez-vous. Rappaz a été principalement condamné pour avoir estourbi ses associés de 2'800'000.--, soit pour gestion déloyale qualifiée.

    Baudelaire est loin.

  • Monsieur Marton,
    Vous venez de publier une affirmation précise avec une valeur numérique à l’appui.
    Je vous en suis très reconnaissant parce que c’est par l’assimilation de ce genre d’informations que mon «devoir» d’expression devrait passer.
    Si d’autres informations ne viennent pas invalider celle-ci, je vous seriez également reconnaissant de me faire lire les éléments qui puissent la valider.
    Merci sincère.

  • @ Jùlio

    Je ne m'appelle pas Marton. Néanmoins vous trouverez quelques informations dans cet extrait d'un arrêt du Tribunal fédéral (6B_986/2009).


    "C.a B.________ a été constituée le 7 novembre 1995 par cinq personnes dont Rappaz qui détenait initialement une part sociale de 10'000 fr., les autres fondateurs se partageant le solde de 10'000 fr. Le but social de cette entreprise consistait à étudier, développer, fabriquer, commercialiser tous les produits dérivés directement ou indirectement du chanvre de manière compatible avec les dispositions légales suisses. De 1997 à 2001, cette société a cultivé ou fait cultiver par des agriculteurs sous contrat environ 6 à 8 hectares de chanvre chaque année.

    Rappaz exploite personnellement la ferme C.________ à A.________ dont il est propriétaire. Dans ce cadre, il produisait et conditionnait également du chanvre pour le compte de B.________ Sàrl. Il a indiqué que les gros clients de la société précitée se présentaient à la ferme C.________ et payaient à cet endroit. Il admis n'avoir jamais différencié, sur le plan comptable, B.________ Sàrl et sa ferme, hormis pour la production de fruits. Il était toutefois conscient que la récolte de chanvre et, partant, l'entier du produit des ventes effectuées à la ferme appartenaient à B.________ Sàrl et que ce produit devait ainsi intégralement retourner dans les caisses de la société à responsabilité limitée. Or, entre 1997 et 2001, X.________ a profité d'environ 2.8 millions de francs sur le total de 4.2 millions provenant des ventes de chanvre par la société commerciale."


    "4.2 De 1997 à 2001, le recourant a mélangé volontairement les avoirs de B.________ Sàrl à ceux de son entreprise individuelle, ce qui lui a permis de bénéficier des montants des ventes du chanvre produit par cette société commerciale. Il a ainsi affecté quelque 2.8 millions de francs au remboursement de certains de ses comptes bancaires personnels, au versement du salaire des ouvriers de la ferme C.________ et de divers employés, à l'achat d'un garage et au paiement de factures et de poursuites concernant sa ferme et son propre entretien, alors que cet argent devait revenir à B.________ Sàrl.
    Certes, le contrat liant la société B.________ et le recourant était nul en application de l'art. 20 CO dès lors qu'il portait sur des produits stupéfiants et que les cocontractants poursuivaient en commun un but illicite. Reste que le fait d'employer à son profit ou au profit d'un tiers une valeur patrimoniale confiée constitue un acte illicite au sens de l'art. 41 CO auquel le recourant ne saurait opposer l'exception de l'art. 66 CO, l'exclusion de la répétition ne s'étendant pas à d'éventuelles prétentions de même contenu fondées sur l'art. 41 CO (cf. ATF 117 IV 139 consid. 3d/dd p. 149; cf. G. PETITPIERRE, Commentaire romand du Code des obligations I, art. 66 n° 10). C'est donc à tort que le recourant soutient que le patrimoine de B.________ Sàrl ne bénéficierait d'aucune protection de la part du droit privé dans les circonstances d'espèce. Que les biens de cette société eussent dû être confisqués par l'Etat n'y change rien. Le dommage est ainsi bien réalisé au sens défini ci-dessus.
    Pour le surplus, la réalisation des autres conditions de l'infraction réprimée par l'art. 158 CP n'est, à juste titre, pas contestée."

    Il convient de relever :

    - Que Rappaz prétendait s'en tirer en alléguant qu'il était en droit de piocher dans la caisse de la sàrl parce que l'argent de celle-ci avait été acquis en suite d'un trafic illicite de stupéfiant.

    - Selon le registre du commerce la sarl Valchanvre avait 20'000 francs de parts dont 10'000 francs étaient détenues par Rappaz jusqu'au 1 février 2001 et 14'000 francs ultérieurement.

  • CEDH,
    Je vous en remercie.
    J’ai pu trouver (la copie) du document, et après lecture intégrale, je m’interroge sur l’affirmation de Monsieur Marton.
    Dans ce document, je crois lire la description de la première condamnation avant recours, comme ceci:
    «…
    B.
    Par jugement du 2 novembre 2006, le tribunal du III ème arrondissement pour le district de Martigny a acquitté X.________ de l'accusation de gestion déloyale. Il l'a en revanche condamné, pour lésions corporelles simples, blanchiment d'argent, violation grave des règles de la circulation routière, violation grave de la loi fédérale sur les stupéfiants, violation de la loi fédérale sur l'assurance vieillesse et survivants, violation de la loi fédérale sur l'assurance invalidité, violation de la loi fédérale sur les allocations pour perte de gain et violation de la loi fédérale sur l'assurance accidents, à 5 ans et 8 mois de réclusion, peine partiellement complémentaire à celle infligée le 22 août 2000 par le Tribunal cantonal valaisan, sous déduction de la détention préventive. Il l'a également condamné à payer à l'Etat du Valais 500'000 fr. à titre de créance compensatrice.
    … »

    Si sa peine finale est de 5 ans et 8 mois, Monsieur Rappaz n’a pas été principalement condamné pour avoir estourbi à ses associés la somme de 2'800'000.— (pour gestion déloyale qualifiée).

    Mais, j’admets ne pas avoir compris tout bien comme il faut, pour cela que je vous prie à tous ceux qui lisent et écrivent aisément de m’excuser, sincèrement.

  • @ Júlio

    S'il est clair qu'il a estourbi 2'800'000 à Valchanvre, il ne faut pas perdre de vue qu'il détenait 50 % de Valchanvre. Mais aussi il ne faut pas perdre de vue que Valchanvre devait avoir des frais et que les montants cités sont du chiffre d'affaire.

    Il faudrait prendre connaissance du jugement cantonal pour y comprendre quelque chose.

    Tout ce que je peux ajouter c'est que la peine maximale pour gestion déloyale qualifiée est de 10 ans et la peine maximale en matière de stupéfiant de 20 ans.

    Enfin, tous cela pue la fraude fiscale.

  • @Benpal, qui a écrit :

    "De là à passer à la libéralisation il y a un pas que je me refuse à franchir."
    Personne ne vous oblige à consommer du cannabis, comme d'ailleurs non plus à consommer du tabac ou de l'alcool. Pourquoi vous vous entêtez à vouloir dicter à vos concitoyens ce qu'ils ne doivent pas consommer."

    Je réponds ce que hommelibre a écrit :

    "Il est clair que toute substance psychotrope a des risques, plus ou moins forts. Cela dépend aussi de la consommation. Personnellement je suis opposé à la consommation des mineurs, comme pour l'alcool. Il faut d'abord former sa personnalité et son système nerveux, ensuite on verra."

    Et je dis :

    Pas touche aux gamins avec le chanvre, l'alcool et le tabac et sachez qu'il est difficile de prémunir nos enfants contre ces fléaux. Et s'il n'est pas possible de protéger les enfants contre ces substances psychotropes autrement qu'en les interdisant : alors interdisons les. Franchement allez expliquer à un ado que ce n'est pas bon pour lui et qu'il devra en tâter plus tard. C'est le meilleure moyen pour le pousser à consommer cannabis, tabac ou alcool.

  • Ne pas la suspendre la peine de Rappaz constitue, une violation crasse de l'article 92 du Code pénal suisse. Certes, il doit en priorité maintenu en détention et alimenté, mais s'il ne peut être soigné pour quelque raison que ce soit alors sa peine doit être suspendue.

    Les autorités cantonales valaisannes, qui sont compétentes en la matière, ne l'ont pas fait en temps utiles et J'EN SUIS HORRIFIE. Relevons que la suspension de la peine n'est pas un cadeau. Puisque dès qu'il se serait alimenté il retournerait en prison. Le temps de suspension n'étant pas une peine, il mettrait dix ans a purger par morceau sa peine de 5 ans et 8 mois !

    Aujourd'hui la balle est dans le camp du Tribunal fédéral. Plus exactement du Président de l'une des Cours du Tribunal fédéral qui devra déterminer quelles mesures provisionnelles il y a lieu de prendre ET JE SERAIS HORRIFIE S'IL NE PRENAIT PAS IMMEDIATEMENT LES MESURES PERMETTANT AU TRIBUNAL FEDERAL DE STATUER SUR LE FOND RAPPAZ VIVANT.

  • Merci pour cet article qui reflète exactement mon sentiment sur cette affaire.

  • Justement, je ne suis pas persuadé qu’offrir un cadeau aussi bien que charger une peine que n’est peut-être pas déjà légère soient des formes d’action dignes d’une société.
    Suspension (action provisoire) avec les quels d’intentions d’écouter, réfléchir, agir (action définitive et bénéfique pour TOUS les intervenants, que après avoir été écoutés demeurent crédibles).

    Existent-ils des arguments, juridiquement parlant, qui puissent excuser totalement ou partiellement un acte illicite du fait que la conviction que les mœurs tendent à le conduire vers l’acception implicite (cette acceptation est bien perceptible) de la société?

    Je suis persuadé que dans très peu de temps beaucoup plus de personnes l’exprimeront avec un esprit plus clair, alors pourquoi ne pas SUSPRENDRE ET faire le nécessaire pour que sa peine soit proportionnelle à la gravité réelle de ses actes.

    C’est inconcevable que la politique influence l’inflexibilité de la justice aujourd’hui et puisse exhorter le changement de l’opinion publique avant même 5 ans et 8 mois.

  • putain de juge mal baisé ,allé mobilisation, fuck autoriti....

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