Mini Big Bangs au LHC: Alice au pays des gluons

- Alors ça y est? demande le Lièvre de mars en soulevant sa tasse de quarks. On est pourtant en novembre!

- A presque la vitesse de la lumière, voudriez-vous tuer le temps? s’interroge le Chapelier fou.

Le sourire du chat de Chester s’étonne des interrogations de ses amis.

cern3-e541464-3dv2.png- Réalisez-vous, chers vous, que la re-création de la Création n’est pas une récréation? En laboratoire, certes, j’en conviens sans inconvénient, mais quand-même: quel camouflet pour tous ceux qui prétendent qu’hors du Jabberwocky point de salut! Les slictueux toves perchés sur l’alloinde et les vergons fourgus semblent avoir berluandé l'anacaplandée dans un custinieux semblémentaire.

- Vous êtes bien nostalgique Monsieur le sourire de chat, dit Alice.

- Mais me répondra-ton enfin! s’impatiente le Lièvre de mars.

- On vous pondra et pondra encore, dit le sourire de chat, vous re-pondant avec la force d’une bigorneau caché sous l’écorce d’un bouleau.

- Oui, oui, dit Alice, ça y est.

- Ça y est?! dit le Chapelier fou en haussant le ton.

- Oui, oui, dit Alice.

- Me dira-t-on quel est ce mystère? demande le sourire de chat.
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- On a réalisé de petits big bangs en mon sein! Je vais probablement accoucher at home.

- Vous devriez lire les journaux, dit le Lapin blanc.

«Les physiciens du Large Hadron Collider (LHC), le plus imposant accélérateur de particules au monde installé à Genève, ont remplacé jeudi les protons, ces petits bouts de matière qui constituent le noyau des atomes, par des atomes entiers de plomb. Ce sont les premiers pas d'Alice (A Large Ion Collider Experiment)...

L'objectif des chercheurs est de recréer expérimentalement les conditions extrêmes qui ont régné juste après le big bang il y a 13 milliards d'années, au moment de la naissance de l'univers. (...) Lorsque les deux faisceaux se rencontreront, les collisions entre noyaux vont permettre d'atteindre des températures 100.000 fois plus grande que celle régnant au centre du soleil - 15 millions de degrés. On retrouvera alors une pression équivalente à 100 fois le poids de la Terre sur une tête d'épingle...


Il n'en faut pas moins pour obtenir la soupe de particules élémentaires (quark et gluons) qui ont suivi la grande explosion primordiale. (...) Le passage d'un mélange désordonné de particules à un univers organisé reste encore très largement incompris et de nombreuses théories s'affrontent...»


Extraits de l'article de Tristan Vey

Journaliste web, lefigaro.fr

Article original et autres articles de l'auteur ici.


L’expérience Alice donnera-t-elle des réponses sur les premiers instants de notre univers? C’est en tous cas l’ambition inouïe des chercheurs, ces rêveurs des temps modernes.

Si Victor Hugo rêvait de la paix et d’une mondialisation libératrice, les physiciens ne rêvent pas moins qu’à percer le secret des origines!


Catégories : Science 13 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • J’adooore ! Mais les quarks ont toujours été le sourire du chat ! ♥

  • C'est le quantique des quantiques, Barbie...

    B-)

  • Alors, c'est pour quand la connerie généralisée par ces scientifiques ? On reste le cul posé sur nos chaises et on regarde la fin du monde en eurovision ? Super mais non merci.

  • Enfant, je me rappelle notamment d’un cours de mathématiques. Rien jusqu’alors, en mathématiques, ne m’avait véritablement convoqué au registre de l’absurde, de l’imparfait, de l’exigence voir de l’arrogance intellectuelle. Toutes les connaissances acquises s’inscrivaient alors dans un cercle à géométrie variable dont le centre était l’individu lui même mais autour duquel tout était lié pour peu qu’il veuille apprendre et qu’il aime vivre.
    J’arrangeai ma composition pour l’inscrire à une certaine forme de logique tout en m’efforçant d’entretenir le doute du tout pour chaque nouvelle bouture de connaissance. Une lutte perpétuelle qui devait m’obliger à accepter de remettre en cause ce tout et donc mes propres fondements.
    Ce jour là, pourtant, il m’a semblé devoir choisir précisément entre l’arrogance d’une autre géométrie, parfaite, ou le greffon d’une bouture, dont je crois deviner aujourd’hui, toute la dimension matricielle.
    J’écoutais donc avec attention ce professeur dont la fougue de la jeunesse donnait à rêver. Il tenta de nous enseigner Pi. Le plus doué de la classe ,Eric, était un jeune homme que je considérai comme complexe et troublé. Il vivait replié sur lui-même, finalement comme moi, mais je le devinais préoccupé de ne pas déplacer le centre de son tout. Pour cela, courageusement, il chercherait toute sa vie s’il le faut. L’inverse, croyait il, lui aurait été fatal.
    Pi était donc le greffon proposé ce jour là. Le professeur nous y sensibilisait aussi par l’émotion et la passion qui enrobait ses dires. Ainsi, le cercle était absolu mais pourtant imparfait à cause d’une constante qui finalement de l’était pas ! Une réalité que le compas opère difficilement à partir d’un point résolument fixe.
    Je crois que j’ai souri. Le professeur nous engagea à nous poser la question le soir sur cette énigme circulaire. Je devinais que je ne serai pas le premier de la classe à ce jeu là si j’en croyais les calculs qu’Eric avait commencé avant que nous ne soyons sorti du cours. Il revint le lendemain, ou quelques jours après, avec une feuille qui alignait une quantité invraisemblable de chiffres après la virgule comme pour confirmer de pouvoir un jour en trouver le chiffre et de lui en donner un sens. La théorie avait déjà commencé inconsciemment à constituer son tout avant que la constante, que je supposais matricielle, ne lui soit soumise à calcul. Sans doute, avait il entrevu l’arrogance, mais il s’est instinctivement préservé de la simplicité pour ne pas reconstruire ses fondements.
    Le cercle était absolu et pourtant l’homme ne pouvait parvenir à en donner un sens précis, mathématique et rationnel. J’inscrivis alors cette énigme au registre du matriciel. Je confirmais cette géométrie intellectuelle lorsque je lus un jour « La plus grande invention de l’homme a été la roue ». Je réalisais que celui qui avait inscrit cela, même s’il ne semblait pas être allé plus loin, permettait logiquement d’encourager l’archivage dans l’exceptionnel.
    La roue introduisait la naissance du mouvement de la boucle causale. Nous avions donc décidé, à la vue de son efficacité cinétique, de tenter d’atteindre les preuves qui nous prouveraient la perpétuité du mouvement circulaire comme conduisant au progrès indiscutablement humain. La rotation planétaire nous indiquait pourtant que seule l’érosion de la matière liée au temps en permettait l’approche : « Et pourtant elle tourne. » Parfaitement ronde peu importe, nous décidions d’oublier son degré matricielle, assumant tous les antagonismes comme étant humainement possible même concevable et que la religion puis la philosophie nous confirmeront ensuite. Une sécurité intellectuelle se mit en place.
    Ainsi, les sciences se développèrent sur les bases d’un mouvement circulaire que chacun qualifia tout d’abord de presque parfait pour finalement l’inscrire au registre de la relativité. Une constante extratemporelle devenait l’objet de toutes les recherches pour justifier l’introduction d’un doute. En lieu et place, puisqu’il fallait avancer, l’introduction du temps et de l’espace dans nos recherches saurait définir notre vitesse, notre progrès : un but.
    Aujourd’hui, le Grand Collisionneur de Hadrons (LHC - Large Hadron Collider) en ait le plus récent progrès. Il associe des prouesses scientifiques et les plus puissants calculs que n’ait jamais réalisé l’homme pour confirmer le principe de révolution circulaire : le temps et l’espace vont donc s’affronter pour créer la cause et l’effet jusqu’à révéler, pense t’on, le centre de ce cercle : l’anti-matière, le boson de Higgs, voir même la « particule de Dieu » …
    La reconsidération du centre d’un cercle à géométrie variable n’est, je crois, pas humainement concevable. Cela nous ramène également au rang expérimental, complexe dans sa simplicité et peut être aujourd’hui si simple que cela en devient complexe.
    Le carré est un cercle que le temps restreint, le cercle : un carré que le temps étire. Notre zone d’existence se situant précisément, je crois, entre ces 2 lignes : le sens de nos 4 saisons peut-être…

  • Avant de percer le secret des Origines, ne serait-il pas judicieux de s’interroger sur l’objectif de notre Origine, consistant, je pense, à préserver et perpétuer la Vie.

    Avons nous la certitude que la Vie nous autorise à en révéler ses causes sans que cela n'ai d'influences sur les effets de sa propre Origine ?

    Le silence est d'or.

    La recherche d'une énergie de substitution n'autorise pas l'Homme à violer les règles qui ont permis son avènement sur Terre. Sa vie ne s'exprime pas, pour l'essentiel, en watts, en joules ou en équivalent-pétrole mais en secondes et en millimètres.

  • Jean, merci pour cette digression philosophique. Le rapport entre science et philo est un thème dont on ne sait quel terme mettre en avant, en encadrement de l'autre. Le chercheur cherche. C'est une quête. Je ne pense pas qu'il viole les règles, je pense qu'il les explore comme peut-être les premiers hominidés ont exploré la Terre, sortant de leur village, allant au-delà des collines connues.

  • Merci pour votre écho.
    Mais au fait, qu'elle est donc cette quête ?

    L'exploration n'est pas reine des reines.
    L'homme ne viole pas ainsi que les règles, vous avez raison, mais également les rêves ... Mais peut être avez vous vos raisons pour nous faire rêver derrière d'autres collines ...

    Mon fils se plaira t'il dans votre vallée ?

    En attendant et pardonnez mon insistance, j'aimerai tant, Hommelibre, avant que nous n'appuyez sur le gros bouton rouge, que vous répondiez à ceci :

    Avons nous la certitude que la Vie nous autorise à en révéler ses causes sans que cela n'ait d'influences sur les effets de sa propre Origine ?

    Cela nous permettra ensemble d'étudier plus sérieusement et particulièrement cette exploration. En amateur éclairé.

    Respectueusement,

  • Oui Jean, j'avais oublié cette question dans mon commentaire. Et elle est importante. Car que trouverons-nous, si nous trouvons quelque chose? La manière dont la matière désorganisée et indifférenciée (plasma) s'est différenciée et organisée? La manière dont la vie en tant qu'ensemble complexe a pu prendre forme?

    Verrons-nous une forme de conscience à l'oeuvre - enfin, conscience ou action-réaction d'où naît la conscience? Car la loi de cause à effet, ou sa déclinaison loi du talion, ne sont-elles pas ce qui amène aux humains la conscience de l'autre, du non-soi, du bien et du mal? Partant, de l'éthique même, que des formes organisées (religions) ont repris à leur compte en en attribuant l'origine à un Créateur? Verrons-nous le "Créateur", non plus en tant que chose vaguement anthropomorphe dotée de tous les mécanismes et sentiments humains: colère, récompense, punition? Verrons-nous le "Créateur" en tant qu'émanation des interaction?

    Cela n'expliquerait pas l'origine de notre univers, le Big bang n'étant qu'un instant, qu'un état de la matière. Très concrètement les physiciens, dans leur quête, n'expliqueront que ce que les faits démontrent. Ils n'en tireront pas de philosophie. Mais en déchiffrant un rêve ils ouvriront la porte à d'autres rêves. Enfin peut-être. Ce pourrait être la fin de la quête humaine: voir dieu sous les trait de l'interaction des forces et l'organisation émanant des interactions. Mais tout étant cyclique sur Terre, pourquoi ne le serait-ce pas aussi ailleurs? A savoir que la compréhension de l'origine pourrait être la fin d'une boucle et le début d'une nouvelle.

    Comme par exemple associer la science à la recherche de sens telle que la philosophie et la religion la proposent.

    Je crois que j'ai débordé et pas entièrement répondu à votre question. Non que j'aie la prétention d'avoir LA réponse, mais parce que je sens que quelque chose n'est pas sorti de moi.

  • Complément:

    "Cela n'expliquerait pas l'origine de notre univers, le Big bang n'étant qu'un instant," je voulais dire: l'origine de notre univers avant le Big Bang.

  • Je vous devine expert éclairé.
    La nuit porte conseil.
    Bonne nuit Hommelibre.

  • Je suis plutôt un amateur qui cherche, pas vraiment un expert, mais cela me passionne.
    Bonne nuit.

  • J'ai mal dormi.
    Ce sont parfois les questions qui donnent précisemment un sens à la Vie.
    Y répondre systématiquement, je crois, ne nous en donnerait qu'un goût fade.
    Il nous faut chercher là où la Vie est.
    Il s'agit d'un préalable aux doux rêves de nos nuits.
    J'essaye, comme vous, avec mon coeur de faire de mon mieux.
    Vous m'avez éclairé. Merci Hommelibre.
    Amicalement,

  • Bonsoir Jean,
    En effet les questions sont comme une lumière. J'apprécie beaucoup votre questionnement. Les bonnes questions éclaircissent l'esprit et dessinent un chemin.
    Très heureux d'avoir pu vous être utile, même si la vastitude de mon ignorance est sans commune mesure avec le peu que je sais. Mais il faut avancer avec ce que l'on a.

    Amicalement.

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