16 octobre 2010

L’orgasme féminin selon Freud

On peut se demander si le Dr Freud pratiquait le cunnilingus. Probablement pas. Il jugeait que le plaisir et l’orgasme du clitoris étaient à proscrire. Il n’allait certainement pas l’encourager, ni par la bouche ni par les mains.


freud_femme.jpgOn peut se demander d’où lui est venue cette dévalorisation du plaisir clitoridien. Freud avait une théorie. En 1920, il écrivait dans son «Introduction à la psychanalyse» que les petites filles éprouvaient un désir inconscient de pénis. Elle développaient le plaisir clitoridien comme un prolongement à ce «complexe du pénis», et le clitoris devenait chez elles un proto-phallus. En 1927 il en rajoutait une couche en affirmant que la vraie féminité passait par le plaisir vaginal et qu’il fallait supprimer le plaisir du clitoris.

Il allait même plus loin et, faisant fi de toute véritable démarche scientifique qui consiste à comprendre et non à juger, il affirmait que le plaisir clitoridien était fruit d’une névrose et que les femmes qui s’y adonnaient étaient des immatures ou des déviantes! Porter un jugement de valeur est tout sauf scientifique. Cela montre que l’on fait bien de garder une bonne part de sens critique à l’égard du médecin autrichien.

Car porter un jugement aussi général sur l’orgasme clitoridien est rien de moins qu’un abus intellectuel. Et d’abord, de quoi se mêlait-il? Il n’était pas une femme. Et quel piètre amant pour délaisser cette zone éminemment érogène. Pourquoi a-t-il eu besoin d’opposer le vagin et le clitoris? Cela allait bien avec sa manière de disséquer l’humain en morceaux, en stades (anal, oral, génital). Bref, de la théorie.
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Mais une théorie utile pour tenter de régler ses propres problèmes personnels. Une réponse à de possibles traumatismes qu’il aurait subis. Il a en effet accusé son père de perversion et d’abus sexuels sur ses frères et soeurs, leur imposant des fellations. Pourquoi lui-même y aurait-il échappé?


On peut imaginer l’effet de culpabilisation que la théorie de Freud a produit sur des millions de femmes, leur causant peut-être des traumatismes qui avant n’existaient pas. Il est souvent dit qu’il a bridé la sexualité féminime parce qu’il était un homme, donc un supposé dominant qui ne pensait qu’à son plaisir. Je pense que la question n’est pas là: il limitait aussi le plaisir masculin, l’imagination masculine, le partage et l’excitation mutuelle au sein du couple. Car sa théorie fait implicitement l’apologie du pénis dur, presque brutal et réduit à un simple mouvement d’aller-retour. Il prive l’homme d’un contact plus élaboré et complexe avec la femme, le coupant ainsi d’une part de sa sensibilité.

La femme culpabilisée et jugée comme déviante, l’homme réduit à un tas de viande en mouvement alternatif: elle est triste la sexualité selon Freud.

 

PS: si Freud avait lu le sonnet que colette a traduit pour nous sur son blog, que n'aurait-il pas dit... (:-)

PS2: à lire dans la Tribune de Genève papier l'article sur: "Le plaisir féminin, un ami qui vous veut du bien" par Estelle Lucien.



13:58 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : sigmund freud, orgasme, clitoris, vagin, sexualité, plaisir, nu, fellation, buccal, génital, psychanalyse | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Pourquoi ce sont (presque) exclusivement des hommes qui s'intéressent à la sexualité telle qu'elle est vécue par les femmes ?
Je rappelle qu'il fallait un M. Graefenberg pour "découvrir" des zones érogènes et excitables (point G) jusque-là inconnues. Comme si la femme ne savait pas de quoi est fait son corps et comment s'en servir.

Écrit par : benpal | 16 octobre 2010

on sent derrière l'analyse de Freud un jugement culpabilisant sur les femmes avec l'orgasme et leur désir.

Écrit par : l'orgasme féminin | 07 avril 2015

Bonne question benpal. Je n'ai pas de réponse, mais j'imagine qu'il y a heureusement des hommes que cela motive.

Écrit par : hommelibre | 16 octobre 2010

Serait-ce le côté passif féminin qui aime que l'on parte à sa découverte ? Ou les femmes vivent les choses simplement, sans en faire de théories ?
Ou encore n'en causent qu'entre elles, en se gaussant de nos verbiages orgasmistiques ?

Écrit par : aoki | 18 octobre 2010

«Le diable n'est pas autre chose que l'incarnation des pulsions anales érotiques refoulées.»
[ Sigmund Freud ]



«Les qualités de l'objet sexuel, nous les nommerons : excitantes.»
[ Sigmund Freud ] - Trois essais sur la théorie sexuelle


Hommelibre, je suis étonnée que vous donniez crédit à un tout petit qui se la joue pseudo analyste dans la lignée (mêmes procédés) d'un Gilles Bonafi, Philippe Laporte pour ne pas le nommer. Aussi, je vous recommande Wiki et vous saurez comment il s'y est pris pour alimenter torchon!

Bonne soirée

Écrit par : Patoucha | 20 octobre 2010

Err:

..... alimenter son torchon

Écrit par : Patoucha | 21 octobre 2010

Tenez ! Je viens de le mettre dans mon Twitter cet article :

http://www.tetu.com/actualites/people/christina-aguilera-bientot-divorcee-parce-que-bi-18112

ça devient presque une mode ! ; )))

Si je vous avais dit que je voulais attendre que vous soyez très très vieux, c'est parce que comme ça votre "Alien" ne bougera plus!

C'est ça ce que cet affreux bonhomme de FREUD n'avait pas compris : Toutes les femmes (sans exception) sont cliptoriennes, le rapport classique est une arnaque avec l'excuse de la procréation! Mais bon! L'amour les anesthésie, tant mieux! Dans le cas contraire, il n'y aurait plus de bébés!

Meilleures salutations

Écrit par : Barbie Forever | 22 octobre 2010

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