Oliver Stone, Wall Street et le capitalisme

Réalisateur de «Wall Street 2: l’argent ne dort jamais», avec entre autres Michael Douglas, Oliver Stone se livre à Sonial Arnal dans Le Matin de ce jour. Le réalisateur talentueux rejoint ici ce que beaucoup pensent sur les dérives financières actuelles. Quelques extraits:

oliver-stone.jpg"- Vous pensez que tous les banquiers sont des méchants?

- Non, il y en a énormément qui sont très bien, comme partout. Mais une minorité a quand même inventé des produits financiers que je considère comme des armes de destruction massive, et cela est dû en grande partie aux trente années de totale dérégulation imposées par un Reagan et deux Bush. Même Greenspan (précédent président de la Banque centrale américaine, ndlr) a reconnu qu'il avait eu tort de miser uniquement sur le marché pour s'autoréguler. Incroyable, non?

- Vous êtes ami avec Fidel Castro et Hugo Chávez. Pensez-vous que le communisme soit une solution?

- Sur le papier, le communisme marche mieux que le capitalisme. Dans la réalité, le meilleur système reste le capitalisme. (...) Je crois vraiment à la liberté de commerce. Mais c'est vrai que ce régime est pétri d'imperfections.
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- Par exemple?

- Certaines banques ont pris des positions surréalistes, avec des effets de levier de 40: 1. C'est beaucoup plus grave que ce que mon personnage, Gekko, a fait dans le premier film (un délit d'initié, ndlr). Le capitalisme marche, mais il faut qu'il soit régulé et qu'il ne se limite pas à de la pure spéculation. La finance ne doit pas permettre de créer des profits sans production, sans lien avec de la création de valeur dans l'économie réelle. Et, si vous trichez, vous devez payer.

- Comment?

- Certaines banques ont fait n'importe quoi, et ensuite elles ont été soutenues et sauvées par l'Etat. On aurait dû les laisser faire faillite. Les Etats-Unis seraient dans une bien meilleure position maintenant, avec de nouvelles banques. Pour que l'économie reprenne, il faut avant tout restaurer la confiance, et les gens n'ont pas confiance dans des banques qu'ils ont vues se conduire n'importe comment. L'économie américaine a eu une crise cardiaque, elle est toujours à l'hôpital. (...)"



A lire en totalité dans Le Matin dimanche.

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