Escargots de mer: les femelles leurrent les mâles...

Et oui. Il n’y a pas que chez les humains que l’on constate ces comportements: le mâle cherche et sollicite, la femelle esquive et repousse. On pourrait se dire que c’est culturel: à force d’entendre leurs mères leur dire que les hommes sont des cochons, les filles gardent leurs distance face aux assauts répétés des groins lubriques.

Les hommes ayant été de tous temps présentés comme les sollicitants, les femmes ont pris le rôle du frein.

escargot-mer2.jpgEt bien, les escargots de mer montrent que cela semble être un comportement que certains animaux pratiquent aussi. Maxiscience fait état d’une étude intéressante et potentiellement humoristique pour nous simples humains:

«Publiée en août sur le site scientifique PLoS ONE, une étude de chercheurs suédois met en évidence la manière dont certains escargots de mer femelles bernent les mâles pour se soustraire à leurs assiduités.

Portant le joli nom de Littorine des rochers (Littorina saxatilis), ce mollusque gastéropode sécrète, comme tous ses cousins, un mucus lors de ses déplacements. Celui-ci, différent selon le sexe, permet aux mâles de pister les femelles afin de trouver une partenaire sexuelle. Or sollicitées par trop de galants, ces dernières ont trouvé la parade : elles sont capables de masquer leur signature sexuelle et de sécréter un mucus à odeur "mâle". C'est ce qu'a découvert l'équipe de Kerstin Johannesson, professeur d'écologie marine à l'université de Gothembourg (Suède).

Simuler pour économiser ses forces

D'après elle, ce subterfuge qui égare les mâles et leur demande deux fois plus de temps pour trouver une partenaire ne compromet pas la prolificité de l'espèce. Même ainsi, la femelle connaît suffisamment de copulations pour fertiliser tous ses oeufs (parfois fécondés par 20 mâles différents). L'utilité, pour la belle, serait d'économiser ses forces, particulièrement durant la période où, précisément, elle porte des oeufs. Toutes les femelles ne sont pas capables de leurrer ainsi les mâles, lesquels sont, eux, toujours à l'affut d'une copulation. Celles qui le peuvent subissent significativement moins d'assauts amoureux coûteux en énergie, et ont plus de chances de survivre : il s'agit d'un réel avantage adaptatif.»


Comment savent-elles que cela marche? Ont-elles un cerveau? Peut-être les jeunes femelles bénéficient-elles d’une transmission par les mères. Auquel cas cela deviendrait culturel. Mais la première femelle qui a utilisé ce stratagème a bien dû l’inventer. Son corps physique a peut-être instinctivement compris que le mimétisme olfactif les préserveraient.

Décidément, où s’arrête la biologie? Le culturel n’est-il qu’un élément biologique fixé et répété au point de devenir un caractère transmissible et objet d’une représentation? Ou bien la biologie, la matière organisée, est-elle "intelligente" d'une intelligence instinctive et non représentative?  Peut-elle se choisir des finalités sans passage par une forme d'abstraction? Auquel cas le «cochon» qui sommeille en l’homme n’est que sa biologie qui s’exprime. Les hommes ne devraient alors pas se soucier d’être considérés comme des cochons: c’est grâce à cela que l’espèce s’est développée. Et ma foi, le vieux mythe de la belle et la bête n'est que le symbole de la lutte immémoriale entre l'instinct sauvage et la civilisation. Quand aux femelles humaines, à défaut de sécréter un mucus à l’odeur de pénis, elles ont la migraine. Ou elles posent plainte pour harcèlement.

Ah, décidément, il y a des différences récurrentes et de ces asymétries plombantes dans le désir entre les mâles et les femelles! Et y a-t-il encore une place pour un peu d'animalité pour le mâle cerné de toutes part par des codes culturels instaurant à la pelle des limitations à l'animalité? Je ne veux pas dire que les mâles doivent être encouragés à poursuivre les femelles systématiquement et en permanence. Mais enfin, si les femelles escagots de mer copulent avec 20 mâles différents, on peut bien laisser aussi de petites fantaisies aux mâles.

Je parle des escargots, bien sûr...

Catégories : Humour 9 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • @hommelibre
    j'aime beaucoup vos commentaires,en effet la copulation de certaines espèces doivent être enviées par d'autres,bonne journée à vous

  • Merci line. J'essaie de mettre un peu d'humour dans un sujet o combien sérieux!

    J'ai d'ailleurs fait une suite que je viens de mettre en ligne.

  • Je trouve au contraire que ce sont souvent les pères qui mettent en garde leurs filles contre les gros cochons... et qui sont bien plus protecteurs à ce niveau là que les mères...

  • Je trouve au contraire que ce sont souvent les pères qui mettent en garde leurs filles contre les gros cochons... et qui sont bien plus protecteurs à ce niveau là que les mères...

  • Raaahhh... Boo! Les hommes seraient-ils des femmes comme les autres?... :)

  • Ou alors, ils savent de quoi ils parlent... :))

  • @hommelibre,n'oubliez pas le fameux jeu du chat et de la souris,à ce jeu maitre chat est champion,et vous seriez étonné des fantasmes de certains pères mettant en garde leur fille contre les hommes cochons,souvenez -vous de cette phrase ,on ne parle que de ce qu'on connait bien...et si je dis à certaines femmes vous savez à quoi pensent vos maris,oh jamais ils ne sont comme ça,mais vous savez le fameux journal franc-rire de l'époque nous enseignait exactement ce qui se tramait très souvent dans le regard de ces messieurs,comme quoi le monde ne changera jamais,parcontre ce qui m'étonne c'est de constater le peu d'intéret au sein du couple comme par exemple le fait de ne rien savoir du passé du conjoint,je ne parle pas de ses conquêtes féminines,mais comment peut-on vivre avec quelqu'un sans s'intéresser à lui ou elle,tout ceci me dépasse,peut-être dû est-ce dû à ma génération

  • Et ben moi, c’est bien ma mère qui a « flingué » ma curiosité à propos des messieurs…c’est bien pour ça que j’ai fini par faire mes griffes sur des gays…elle me disait : « Flirter avec un gay…c’est valorisant et sans danger… » J’ai suivi le conseil à la lettre ! Après coup je ne comprends pas son étonnement quand j’ai poussé mes recherches jusqu’à mes semblables féminines ! La boucle était bouclée ; )

  • Ah, Barbie, vous m'auriez connu... Mais je sais, c'est trop tard, et chaque soir je consomme un paquet de kleenex... (Un paquet... vous savez, les gros paquets dans lesquels il y a 24 paquets normaux...).

    ;-)

    Bonne soirée.

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