Violence domestique et misandrie (1)

Suite à mon billet incendiaire d’hier sur le clip honteux projeté actuellement sur les écrans télé en France, j’entame une courte série pour tenter de faire le point sur cette question, minime quantitativement mais montée en épingle dans les médias et biaisée depuis des décennies.

feminisme3.jpgRapide retour d’abord sur mon billet d’hier, qui a déclenché un petit orage en particulier sur le site de Mediapart au point qu’il a été supprimé par la direction. Il est amusant de constater que le «Faites ce que je dis mais pas ce que je fais» a toujours un bel avenir. Mediapart clame haut et fort son droit à la liberté d’expression. Mais d’un côté il censure un billet dont le thème a réellement du sens mais laisse des propos outranciers sur certains hommes politiques sur ses blogs ou des agressions voire des diffamations évidentes sans les supprimer. Mediapart fait dans le deux poids deux mesures. Il faut juste le savoir et ne pas demander plus à une structure qui supprime de façon autoritaire un billet et qui n’en avertit l’auteur qu’après coup, sans lui demander au préalable s’il peut éventuellement changer certains termes. C’est juste du stalinisme ordinaire. C’est très français.

Certes le titre était provocateur, ainsi que certains passages. Mais parfois dire les choses haut et fort est plus efficace qu’être modéré. Et puis, il s’agit de montrer comment un homme peut être blessé par une campagne misandre violente et malsaine. Comment donc ne pas avoir tenu compte l’intention, la légitimité de la colère? Le billet avait du fond, à preuve le long débat qu’il a initié. Traiter des féministes de … n’est certes pas le plus élégant. Pas plus que quand des femmes traitent des hommes de connards. Mais il y a encore de la marge pour atteindre le niveau de certaines féministes:

« Tous les hommes sont des violeurs et c’est tout ce qu’ils sont. » Marilyn French, Auteur; (plus tard, conseillère lors de la campagne présidentielle de Al Gore)»

« Je veux voir un homme battu en bouillie sanglante avec un talon haut dans la bouche, comme une pomme dans le groin d’un cochon. » Andrea Dworkin»


Ou une des nombreuses sortie de feu Valérie Solanas:

« Le mâle est un accident biologique ; le gène Y (mâle) n'est qu'un gène X (femelle) incomplet, une série incomplète de chromosomes. En d'autres termes, l'homme est une femme manquée, une fausse couche ambulante, un avorton congénital. Être homme c'est avoir quelque chose en moins, c'est avoir une sensibilité limitée. La virilité est une déficience organique, et les hommes sont des êtres affectivement infirmes.

« Les hommes irrationnels, les malades, ceux qui essaient de nier leur sous-humanité, en voyant les SCUM arriver sur eux comme une lame de fond, hurleront de terreur ... »

Féminisme2.jpg
Elles datent un peu mais appartiennent à l’époque où les féministes ont posé des bases idéologiques largement inspirées d’un marxisme recyclé. On peut lire à ce sujet la page «féminisme radical» dans Wikipedia: ce marxisme est assumé et revendiqué.

Il continue à servir de base à une théorisation idéologique du féminisme, théorisation qui passe ouvertement par une rupture d’avec la société capitalo-libéralo-sexisto-patriarcale (en vrac et en résumé).

Selon Béatrice Vincent, des associations comme La Meute (contre la publicité sexiste) ou Mixcité « partagent le même désintérêt pour l’analyse des rapports de pouvoirs et des rapports de classes » et « c’est peut-être justement parce que sa capacité subversive est nulle et son idéologie consensuelle que ce « renouveau féministe » bénéficie des faveurs des médias ».


Dans cette courte série j’aborderai la question de la violence domestique sous l’angle de la réalité des chiffres, et je crains que cela ne déplaise car le chiffre des 95% de femmes victimes de coups et blessures est un mythe qui s’effondre un peu plus année après année. Je démonterai l’idéologie misandre qui règne actuellement et montrerai les intérêts qu’elle alimente. Je ne compte pas faire une thèse exhaustive mais aller à l’essentiel. Les débats qui pourraient suivre les billets permettront de développer les points utiles.

Je commencerai par me situer. Certains ont déjà quelques informations me concernant. Pour mémoire je rappelle ce qui motive mes prises de positions sur ce sujet.

Je suis coach, naturopathe et formateur d’adultes. J’ai suivi une vocation précoce et créé mon propre environnement professionnel dans un contexte parfois difficile. Je suis sensible au courant anti-autoritaire européen, je pratique une pédagogie responsabilisante et je pense et agis selon mes convictions, non selon un calcul d’intérêt ou une appartenance particulière. Je pense qu’il vaut en général mieux parler, même de manière approximative, que se taire.

J’ai été victime d’une fausse accusation de viol par une ex-compagne. L’histoire est résumée ici. J’assume ouvertement, je témoigne et je dénonce, car j’ai réalisé que c’est loin d’être exceptionnel, que c’est même devenu un business avec des innocents en prison ou suicidés, ayant perdu famille, travail respectabilité. Une fausse accusation d’ordre sexuel est un viol moral.

Cela m’a ouvert les yeux, en particulier sur le féminisme que j’avais largement soutenu il y a 30 ans. J’ai dû me défendre d’une juge féministe qui zone dans des milieux glauques, d’une avocate féministe militante, et j’ai appris encore récemment par une personne de la famille de l’accusatrice que celle-ci a été coachée par des féministes pour lui faire prendre les bonnes attitudes et dire les mots qui font mouche lors de l’instruction et du procès. Je me disais depuis le début que les mots étaient trop bien choisi: un résumé de ce que disent les journaux.

7 ans d’instruction, 3 jours d’Assises, plus de 40 témoins, pour un acquittement décidé en 20 minutes, total et sans appel (ni l’accusatrice ni le parquet n’ont fait appel). Des jurés sont venus me serrer la main à la fin du procès. Mais les dégâts sur mon travail (je suis indépendant) et ma vie sont considérables, dramatiques même. Je suis en sursis physiquement et professionnellement. Ce genre de choses est une tentative d’assassinat.

Le lien avec le féminisme est bien sûr la juge d’instruction, l’avocate, le groupe qui soutenait l’accusatrice et voulait faire un exemple avec moi, et l’idéologie misandre alimentée par le féminisme radical pour quoi les hommes sont coupables par définition.

féminisme4.jpgMa résilience a été de prendre la parole, de continuer à le faire - car on ne sort pas d’une monstruosité pareille d’un claquement de doigt. J’ai donc écrit un livre, «La femme est-elle vraiment l’avenir de l’homme?», lancé les congrès Paroles d’hommes sur la condition masculine, tenu un site, et je tiens un blog généraliste où je parle aussi bien d’astronomie et de poésie que de questions de société ou d’humour, tout en continuant périodiquement à dénoncer les errances misandres du féminisme quand l’occasion se présente.

Par ailleurs j’écris, je termine actuellement un deuxième roman que je diffuse sur mon blog de la Tribune de Genève, j’écris et compose des chansons.

Mes yeux se sont donc ouverts et mes positions quant au féminisme sont assez tranchées - du moins pour le féminisme radical. Mon expérience personnelle m’a sensibilisé, et c’est bien car j’ai un signal d’alarme qui m’avertit des violences faites aux hommes. Ma lecture sur cette question est devenue pointue. Ceux qui partagent cette lecture sont encore minoritaires mais peu m’importe: je ne lâcherai pas. Quand je vois casser de l’homme comme dans le clip honteux, je ne peux ni ne veux rester silencieux ou zen.

Mais je fais bien la part des choses. Pour moi le féminisme radical ne représente pas LES femmes, mais seulement quelques femmes et une idéologie. Je ne suis pas misogyne. J’aime les femmes et j’ai eu la chance de rencontrer jusqu’à ce jour des femmes magnifiques.

Politiquement, la gauche soutient le féminisme radical. J’ai donc viré ma cuti après mon affaire, quand j’ai vu comment l’idéologie misandre a pris le dessus sur la réalité dans les milieux de gauche. Ce qui pourrait me rapprocher de la gauche c’est la notion de justice, mais je ne suis plus sûr que la gauche ait encore à voir avec ce thème. Ce pourrait être aussi la créativité, mais il y a belle lurette que la gauche est devenue conformiste et langue de bois. Ce qui peut me relier à la droite, c’est la liberté et la responsabilité individuelle. Mais par-dessus tout je refuse de me ranger une fois pour toute d’un côté ou de l’autre. Il y a des bonnes idées partout et le clivage français qui pousse à refuser une bonne idée parce que sa définition serait de droite ou de gauche m’insupporte au plus haut point. C’est la sclérose intellectuelle française. Je ne suis pas preneur.

Voilà pour ce préambule. A suivre.


En vidéo clip home made, une chanson que j'ai écrite et composée deux mois avant le procès. Elle illustre le feeling où j'étais alors.

 

Catégories : Féminisme 9 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Bien le bonjour Hommelibre,
    Etes-vous marié maintenant ou avez-vous une compagne? Un homme saint qui aime les femmes doit avoir des relations stables qui durent dans le temps, combien de temps ont duré vos relations avec les magnifiques femmes dont vous parlez? Dans un conflit, c'est rarement la faute à un seul parti mais bien souvent les deux. A vous lire, vous donnez l'impression d'être injustement traité et que vous n'êtes responsable de rien. Il est étonnant qu'un homme aussi bien sous tous rapports soit à ce point en rogne contre l'autre sexe?? N'avez-vous vraiment rien à vous reprocher?
    Désolé Hommelibre de vous harceler avec toutes ces questions mais on aimerai mieux cerner le problème et mieux vous comprendre!

  • Homme libre je vous donne ces liens peut être qu'ils vous aideront dans votre dénonciation de la misandrie.


    http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-violence-feminine-les-enjeux-76256


    http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-violence-feminine-partie-ii-75915


    http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-violence-feminine-les-chiffres-75591



    Quand au féminisme en lui même il y a plusieurs courant, cependant dans les années 60 un courant majoritaire a été choisi, le féminisme victimaire, dont la pierre angulaire est celle ci :
    Homme = méchant, bourreaux
    Femme = gentille, victime (du bourreau qui est l'homme)
    Comment peut on construire une société ou les hommes et les femmes cohabitent en harmonies avec une base aussi sexiste ?

    C’est un schéma entièrement copié sur le marxisme qui dit:
    Bourgeois (capitaliste) = méchant, exploiteur.
    Ouvrier = gentil, exploité.

    Les rapports entre les hommes et les femmes ne peuvent que ce dégradés car ceux qui parlent d’égalité et qui se disent le faire de lance de l’égalité sont des sexistes de premières ordres (misandres) qui sont en pleines guerres de sexes.
    Si on veut que les hommes et les femmes cohabitent il faut démonter le sexisme victimaire et écouter ce que les hommes ont a dire, levé les tabous sur la violences féminines etc. …
    Avec le féminisme victimaire (appelé aussi misandre) on va droit dans le mur, les hommes vont se réveiller et le retour de bâton fera mal, bref un énorme gâchis que l’on peut encore éviter.

  • @ ph.b.:

    Injustement traité et responsable de rien, en ce qui concerne la fausse accusation, certainement. Mes erreurs ou comportements n'avaient rien à voir avec ce dont j'ai été accusé. Sur ce point il n'y a pas un millimètre d'erreur.

    Cela dit, je peux décevoir, manquer de clarté dans ma manière d'être engagé, prôner une forme de transparence contre-productive, déstabiliser en exprimant mes doutes. Là, j'ai largement ma part. Je suis aussi quelqu'un qui met du temps à tourner les pages passées, donc je suis parfois encombré. Et je suis loin d'avoir une confiance en moi à toute épreuve en matière de sentiments.

    J'ai déjà beaucoup analysé cette part. Liée au sentiment d'avoir trahi mon père et de ne pas savoir ce que doit être l'homme dans un couple. Crainte d'imposer, donc parfois ne tenant pas assez les choses en main. Ou provocateur par défense.

    Et aussi parfois trop d'attente de l'autre, sans l'accepter comme elle est, ou mettant trop de temps à y arriver.

    Mais pour autant je suis aussi très aimant, attentif à l'autre, et je pense que la part des choses n'a pas toujours été faite entre mes défauts et mes qualités.

    J'ai été marié 16 ans et j'ai eu une autre relation de 7 ans où je me suis beaucoup investi. Mais depuis l'accusation je n'ai pas pu me réinvestir. Donc des relations plus courtes.

    Ces réponses vous éclairent-elles? Je ne crains pas de livrer cela de moi, car c'est la vie des humains et le partage est une chose utile.

  • @ vlator: J'ai réagi fort hier, mais je crois avoir contribué à ouvrir plus largement le débat.

    Les liens sont intéressants. Sur le premier, ce début de phrase: "La disparition du champ social de la violence féminine" Oui elle a disparu du champ social, officiellement, et le clip que je critiquais hier en est une démonstration très claire.

    Pourtant elle rentre dans le champ presque tous les jours: infanticides, violence des adolescentes, tortures et barbarie impliquant des filles, etc, mais on reste focalisé sur la violence des hommes.

  • "Mais il y a encore de la marge pour atteindre le niveau de certaines féministes:"

    Vous pouvez retranscrire les horreurs écrites ou dites sur les hommes, et c'est tout à fait honorable de les dénoncer. Mais vous ne pourrez jamais, ou du moins j'espère, aligner autant d'horreurs que celles dites pendant des lustres sur les femmes. Sur le concours, vous n'avez pas la durée ;-)
    Ces horreurs là, sur les hommes, sont récentes, (ce qui n'enlève rien à ce que ce soit dramatique, nous sommes d'accord), mais elles semblent bâties sur la révolte et la haine d'horreurs du même genre entendues ou subies par des femmes pendant des siècles.
    Etre anti-misandre, et pointer les sorcières du doigt, à ce point-là a une certaine similitude avec le discours des anti-machistes qui en sont devenues hystériques.

    Il ne faut pas perdre de vue l'objectif qui devrait être de tendre vers le mieux vivre ensemble.
    Je veux bien être l'utopiste de service, mais pour résumer, le moins d'injustice possible.
    Pas que des règlements de comptes... m'enfin!

    :-B

  • Tiens, tiens... justice partisane?

    http://www.tdg.ch/geneve/actu/prive-enfants-pere-enleve-week-end-2010-09-18

    Faudrait en savoir plus, bien sûr. C'est déjà bizarre qu'il "enlève" ses enfants "devant l'école" un jour où il n'y a pas d'école...

    A part ça et d'une manière générale, c'est détestable que des "adultes" se déchirent sur le dos des enfants.

  • @Johann
    Il les a pris un jeudi, il y a l'école le jeudi...
    Dommage, dans cet article pas un mot sur ce qu'en ont pensé les enfants.
    Je croyais que de plus en plus on écoutait ce qu'ils avaient à dire.

    :-B

  • "@Johann
    Il les a pris un jeudi, il y a l'école le jeudi... "

    Pas le jeudi 9 septembre quand c'est le jour du jeûne genevois...

  • Le retour de baton va etre mechant quand la lame de fond masculiniste s'abattra malheureusement sur toutes les femmes a cause d'une minorite ultra-feministe. J'en vois deja les signes un peu partout. J'ai vu une manifestation contre les amazones a Lucerne. Apres avoir endormi les hommes dans les annees 60/70, elles ont declare leur superiorite ! Les qualites d'un etre humain sont individuelles et n'ont rien a voir avec son sexe. Etre polie, intelligente, elegante, respectueuse, classe etc... est loin d'etre donne a toutes les femmes. Et si on prend le cote du bouddhisme zen justement, si l'on part du principe que nous nous reincarnons tous, alors tous les hommes ont ete des femmes dans des vies passees et le seront encore dans des vies futures, et toutes les femmes ont ete des hommes dans des vies passees et le seront encore dans des vies futures. Donc, il n'y a pas de conflit a avoir avec soi-meme. L'homme et la femme sont incomplets. Ils ont besoin l'un de l'autre pour exister. Ils se completent. Oublions les ultra-feministes et les masculinistes et aimons nous les uns les autres, tout en etant pres a se defendre bien sur ;-). J'ai peur que ma fille et ma femme demain se reveille dans un monde ultra macho ou elle n'auront plus leur mot a dire, tout ca a cause des ultra feministes qui auront amene la haine sur les femmes.

Les commentaires sont fermés.