18 août 2010

Pakistan: la désolation, la maladie, la mort

Les conséquences des inondations au Pakistan sont terrifiantes. La destruction de maisons, des cultures, des animaux d’élevage, les populations chassées hors de leurs villages, l’école qui ne pourra pas reprendre, l’eau contaminée: les habitants vivent un cauchemar. Et s’il y a moins de morts qu’en Haïti ou que lors du tsunami, la désolation qui prévaut n’est pas moindre. Il faut imaginer ce qui s’est passé cet été dans le Var en France, en des centaines fois plus grand!


pakistan_flooding_01.jpgIl faut savoir qu’une grande partie des villages et des habitants se trouvent dans la vallée fertile de l’Indus, qui est au Pakistan ce que le Nil est à l’Egypte. Le fleuve et ses affluents, qui traversent le pays dans toute sa longueur, ont débordé et inondé et détruit des surfaces immenses. Dans les régions rurales, les familles pakistanaises, souvent pauvres, n’ont plus rien. Ils doivent lutter pour leur survie avec une aide minimale. Pendant l’inondation il fallait boire, boire l’eau à disposition, souvent contaminée. Le résultat est la dysenterie et sa forme grave, le choléra, qui a commencé à se manifester.

Les stocks de médicaments et de nourritures baissent rapidement. Dans les camps, des millions de sinistrés ne peuvent rien qu’attendre une aide. Inutile de se mettre en route pour trouver un dispensaire souvent dévasté par l’eau, ou d’aller dans les grandes villes où l’entassement de millions pakistan4.jpgde personnes supplémentaires ne créerait que plus de misère et de risques sanitaires. Si tant est d’ailleurs qu’un tel déplacement soit possible sur des routes improbables ou effacées. Et dans une exode à pieds qui ne serait qu’une forme de pélerinage vers la mort.

Les habitants doivent donc attendre, attendre un coup de pouce. La plupart des pakistanais sinistrés vivent de très peu, au jour le jour, et n’ont pas de réserves financières. Or il faut reconstruire, acheter de quoi se nourrir pour compenser la perte des récoltes.

pakistan3.jpgLes pakistanais ont besoin d’aide, de notre aide. La presse mentionnait l’activisme d’organisations islamistes sur place, qui ont toute latitude d’intervenir vu l’incurie des autorités du pays. Ce sera peut-être une raison pour certains d’aider ce pays, comme Madame Calmy-Rey l’a suggéré. Mais la première raison est l’extrême détresse et dénuement de cette population.

Sur les images de la Nasa 2 et 3, on voit du ciel une partie de la vallée de l’Indus, d’abord au début des inondations, puis au plus fort. Le fleuve a tout ravagé. Voilà la situation.

Aujourd’hui la Chaîne du Bonheur recueille les dons. C’est à nous de jouer.


https://www.bonheur.ch/fr/collectes/inondations-asie-pakistan.html


Images: 1: Chaudhry MK / EPA. 2-3: Nasa. Cliquer pour agrandir.


08:49 Publié dans Environnement-Climat | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : pakistan, mousson, inondation, indus, var, égypte, nil, islamistes, calmy-rey | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Les catastrophes naturelles démultiplient une corruption déjà endémique.

Toujours est-il que d'ores et déjà une bonne partie de l'argent alloué au Pakistan par la communauté internationale a paraît-il été détourné par les "élites" locales.

A qui profite le crime ?
Aux talibans bien sûr, qui pourront ainsi et dans un premier temps s'arroger les vertus bienfaisantes d'un civisme sauvegardé par les aspects les plus rigoureux de la religion. Ils risquent ainsi et avec le temps de devenir majoritaires dans un pays aussi meurtri dans la durée.

Écrit par : Santo Cappon | 18 août 2010

J'ajoute que la Tribune a fait un excellent article aujourd'hui sur le drame du Pakistan.

Écrit par : hommelibre | 18 août 2010

Je vais passer pour le méchant de service, mais quand on voit le budget militaire du Pakistan, ils ont largement de quoi faire face...

Écrit par : Yves | 20 août 2010

Bonjour,
Dommage que le Pakistan investisse mieux dans leur budget militaire et quand il s'agit de leur survie en cas d'inondation, ils sont en difficulté.

Écrit par : Alptis Sublima | 28 mars 2013

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