La cathédrale inachevée

85 ans. Sec comme un bout de bois. Illettré, ancien séminariste refusé pour maladie, ni architecte ni maçon, il construit une cathédrale depuis plus de 40 ans. Puisque la tuberculose l’a empêché de vivre une vie monastique comme il le souhaitait, il consacre sa vie à sa foi d’une autre manière.

Cathedral_of_Justo_Gallego.JPGIl n’a réalisé aucun plan. Tout est dans sa tête. Avec quelques images d’édifices existants. Il récupère des matériaux: briques, bois, verre, métal, marbre. Tout sert. Au début un petit héritage lui a permis de commencer, et de créer de solides fondations de 8 m de profond sur un petit terrain familial. Aujourd’hui ce sont les visiteurs qui contribuent financièrement à la poursuite de son oeuvre.


Justo Gallego Martinez n’a pas de femme dans sa vie. Un moine chrétien est célibataire. Une soeur l’héberge à proximité du chantier. Quelque fois un peintre, ou des maçons, viennent l’aider.

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Il parle peu: pas le temps. La cathédrale n’est pas encore achevée, et l’âge avance. Dans le village de Mejorada, dans la banlieue de Madrid, les gens le regardaient comme un illuminé. Aujourd’hui ils se sont faits à lui. D’ailleurs, pas de mysticisme particulier chez cet homme, pas d’illumination psychédélique. Il réalise simplement sa vocation. Et par le gel d’hiver ou la fournaise de l’été, il travaille, travaille sans relâche.

 

Cela mérite un coup de chapeau!

 

A lire aujourd’hui dans les pages centrales de Libération.  Cliquer sur les images pour agrandir.



Et une petite visite dans sa cathédrale:


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Commentaires

  • J'ai vu, il y a quelques années, sur ARTE, une émission sur les cathédrales construites de nos jours et les auteurs du documentaires étaient allés à la rencontre de ce bâtisseur original. La première réflexion que cette histoire m'avait inspiré, c'était que chez nous, il lui aurait été impossible même de démarrer cette œuvre de sa vie! Il lui aurait fallu au moins 2 vies rien que pour obtenir les permissions et lever les oppositions systématiques des voisins!;-) Je me souviens des histoires que ça avait fait quand ma mère a voulu construire une cabane de stockage d'outils dans notre jardin!

    La deuxième réflexion que je me suis faite, c'est qu'il s'agit d'un bel exemple de cohérence, de suivi dans les idées et d'endurance à les réaliser. Aujourd'hui, l'injonction principale de nos sociétés modernes est au zapping constant, que ce soit dans la consommation, ou dans la manière de mener nos vies: on change de profession tous les 3-4 ans, de conjoints au moins 2-3 fois en 20 ans, d'orientations politiques tous les 6 mois, etc. Je ne suis naturellement pas pour un conservatisme rigide, voir la préservationite aigüe qui semble avoir atteint certains de nos contemporains, mais, il me semble que cette instabilité constante des modes de vie n'est pas plus saine, dans la mesure où les gens se contentent de se laisser balloter sans se poser trop de questions. Ils ont ainsi tendance à abandonner si ce qu'ils ont entrepris ne fonctionne pas immédiatement, pour passer à autre-chose, parce qu'il faut du résultat tout de suite.

  • Hitomi: Oui, le côté très organisé de la Suisse a ses avantages, mais on perd en créativité et spontanéité.

    Sur le zapping, entièrement d'accord. J'admire cette opiniâtreté et détermination chez cet homme. Et quelle audace! J'ai aussi développé des choses sur la durée dans ma vie, parce que c'est ainsi que l'on a quelque chance d'aller vers un accomplissement, une réalisation, ou au moins vers un ancrage intérieur nécessaire même pour quelqu'un qui a l'esprit très mobile (j'en suis...).

  • Oui, mais n'oubliez pas une chose: le plus important, ce n'est pas le but, mais le chemin suivi pour y arriver! ;-) [C'est un film d'animation japonaise que j'ai beaucoup aimé qui m'a inspiré cela....si jamais, il s'agit de Millenium Actress, de Satoshi Kon]

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