Violence conjugale: un exemple typique

Toute la presse en parle depuis deux jours. Mais pas sous cet angle. C’est un cas typique qui mérite d’être qualifié de la bonne manière. On est en présence de la violence conjugale physique et psychologique, de la volonté de domination la plus évidente, et de cruauté. On est de plus devant un abus de faiblesse et une spoliation.

HommeBattu.jpgJe veux parler de l’octogénaire séquestré pendant un an en France, par sa femme et l’amant de celle-ci. Cette affaire fait la une mais personne ne mentionne la violence conjugale. Parce que la victime est un homme? En sens inverse on aurait déjà vu des mouvements féministes s’en emparer et en faire un exemple.

Certes le couple est atypique: 40 ans de différence d’âge. Mais c’est leur choix. Lui n’imaginait pas qu’il lui adviendrait une telle mésaventure. Malgré les soupçons d’intérêt qu’il aurait peut-être dû nourrir à l’égard de son épouse, il y a cru. Les hommes sont parfois bien naïfs.

L’homme confirme qu’il a été battu par sa femme, mal nourri et humilié. «"Elle me battait pour me punir. Elle me prenait pour un domestique", a-t-il témoigné.

Pendant un an, cet homme a vécu un calvaire, enfermé dans une minuscule buanderie, séquestré par une partie de sa famille qui le violentait et le sous-alimentait. Malvoyant depuis plusieurs années, il a désormais complètement perdu la vue du fait de ses conditions de vie déplorables.

D'importantes sommes d'argent lui appartenant auraient par ailleurs été détournées. Interpellée mercredi, son épouse a été placée en détention provisoire vendredi à la maison d'arrêt de Versailles, près de Paris. (ATS)»


Il y a donc violence physique allant jusqu’à la séquestration. Il y a violence psychologique avec humiliation et volonté de contrôler et soumettre, donc de domination. Il y a la cruauté d’agir avec son amant sous les yeux de son mari. Il y a l’abus de faiblesse, l’homme ne pouvant physiquement se défendre de par son âge mais aussi à cause d’un handicap: il est malvoyant. Enfin il est dit que l’épouse aurait détourné d’importantes sommes d’argent (500'000€) à son profit depuis un an. L’étape suivante était le meurtre.

On est bien devant un cas extrême de violence conjugale commis par l’épouse. C’est une circonstance aggravante aux violences simples et séquestration.

La presse ne le dit pas. La justice ne le mentionne pas.

 

Catégories : société 12 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • la presse française évite soigneusement de parler de violence conjugal, et parle de violence envers les séniors.
    politiquement correct quand tu nous tiens ....

  • .....mais là, bizarrement, il faut prendre pour argent comptant ce que disent les journaux?

    Quelle différence avec le traitement des infos par votre site lorsqu'il s'agit de la situation inverse!

    Et si c'était une fausse déclaration pour se venger de sa femme qui avait pris un amant? Hein?

  • bizarre

    ==> Le mari a été retrouvé enfermé dans une pièce, la police est venue car ils n'avaient plus de nouvelle de cet homme depuis 1 ans.
    La femme a été prise en flagrant délit et en plus elle tente de nier.

  • @ bizarre:

    Vous avez raison de poser la question. Dans ce cas la c'est la police qui a découvert l'homme enfermé: il ne s'y est pas enfermé tout seul. Personne ne l'a plus vu depuis un an. D'après les premiers éléments fournis par la police, l'épouse a reconnu les faits, avec comme argument qu'elle voulait le protéger. Elle nie l'avoir enfermé contre son gré.

    S'il représentait un danger pour lui-même, il y avait la possibilité d'avertir un médecin, une assistante sociale, bref de mettre en place un soutien médical ou paramédical. Ce n'est visiblement pas à cela qu'a servi son argent.

    On peut aussi se demander s'il s'agissait d'un vrai couple. Je me suis posé cette question, et Le Monde rapporte ses propos: ils se sont mariés pour qu'elle devienne son héritière, en remerciement de services rendus. Donc c'est un couple sans en être un. Toutefois la contrainte est établie, quel que soit le prétexte de l'épouse. Cela n'a aucun sens humain d'enfermer quelqu'un depuis un an et de le faire dépendre de votre bon vouloir, tout en le maltraitant comme il l'a affirmé lui-même (dans la situation où les policiers l'ont trouvé il est crédible).

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/08/03/l-octogenaire-sequestre-avait-peur-de-son-epouse_1395033_3224.html

    Comparé avec mon billet sur Al Gore, l'accusation n'est pas faite dans les mêmes circonstances. De plus il s'agissait alors d'avances, non d'abus.

    Dans d'autres cas j'essaie de fonder mon commentaire. Mais je ne commente pas tous les cas annoncés dans la presse, soit pour des affaires de violence conjugale soit pour des affaires de moeurs. Il y a des affaires qui tiennent la route.

  • Normal que l'on n'ait pas classifié cette affaire dans la rubrique "violence conjugale". Cela n'a rien à voir. Ce n'est pas parce que cela implique un homme et une femme que c'est une histoire de "couple".

  • Loredana, même si ce couple est atypique, c'est un couple, et ce qui est rapporté contient les signes de la violence conjugale:

    - Votre mari, votre compagnon vous isole de vos ami(e)s, de votre famille, de vos voisins ou de vos collègues ?

    - Votre mari, votre compagnon vous ignore ou vous critique à tout propos, vous dévalorise en public ou en privé, ne tient pas compte de votre avis ?

    - L’attitude agressive de votre mari ou de votre compagnon vous donne l’impression de ne plus avoir de contrôle sur votre propre vie ni sur celle de vos enfants ?

    Objectivement, c'en est. Même si ce couple est atypique, et si cette violence n'est pas la plus typique non plus. La maltraitance dans le couple en est, c'est même cela qui la définit juridiquement et qui l'aggrave. Et la dame ne se serait pas comportée comme cela si elle n'était pas mariée avec lui.

    Alors, ne peut, pour moi, diminuer la gravité des faits.

  • @Hommelibre,


    Un couple ce sont deux personnes qui ont choisi et décidé de faire un bout de chemin main dans la main. Si par la suite l’un ou l’autre impose sa vision de la relation que ce soit par violence physique ou psychologique, c’est une violence conjugale.

    Dans ce cas « atypique » comme vous le nommez, je ne vois pas de désir de partage. Si cette « dame » est passée devant le maire c’était uniquement dans le but de s’approprier les biens d’un vieil homme… Je dirai que c’est un abus de pouvoir et torture sur une personne sans défense. Pour faire main basse sur ses biens. Et que ce n’est pas parce qu’ils sont passés devant Monsieur le Maire que cela en fait de la violence conjugale.

    p.s. : « Il y a la cruauté d’agir avec son amant sous les yeux de son mari. » Cette phrase mal inspirée m’a fait sourire …. Vu l’handicap du monsieur :o)

  • "Si cette « dame » est passée devant le maire c’était uniquement dans le but de s’approprier les biens d’un vieil homme… ".

    Il en faut deux pour que le maire conclue un mariage. Le "monsieur" n'est certes pas passé devant le maire dans le but de se faire séquestrer et malmener. Il voulait former un couple.

  • Il voulait former un couple? C'est un crétin. Il s'est mis lui-même dans cette situation. Une erreur de jugement, ça se paie. Il a payé. Amen.

  • ce qui est bizarre c'est que si c'était un jeune homme marié à une dame agée
    pour son argent et que cet homme ai torturé cette dame avec son amante de la même maniére qu'a été torturée ce viel hommme, les féministes et consoeur aurait déjà crié à la violence conjugale, personne n'aurait dit que c'était une imbécile, quelle avait fait une erreur de jugement donc que ça se payait .
    et que ce n'était pas parce qu'ils étaient passés devant monsieur le maire.
    que c'était un vrai couple donc qu'il ne fallait pas considérer ces faits comme violence conjugale.
    on peut en conclure que dans le domaine de la violence conjugale il y a deux poids deux mesures.

  • en aparté un avis féminin lucide sur la corrida.

    "Corrida: arène ou abattoir, quel est le plus barbare?
    Aliocha - Blogueuse associée | Jeudi 29 Juillet 2010 à 16:01 | Lu 9521 fois
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    L'interdiction de la corrida en Catalogne reflète l'époque aseptisée dans laquelle nous vivons, selon Aliocha. A choisir, entre l'abattoir et l'arène, la blogueuse préfère l'arène et le combat pour la vie qui s'y déroule.




    (wikimedia commons - Creisor)
    Petite leçon de corrida
    Corrida: face à l’«animalitaire», argumentaire d’une passion
    A défaut d'Europe sociale, une Europe de la rue Ah, la belle victoire que voilà ! Ainsi donc la Catalogne a décidé d’interdire la corrida. Du côté des « Antis », on se félicite. Attaquer la tauromachie sur ses propres terres et vaincre de surcroît, quelle jouissance ! Drôle d’époque. Comme j’aimerais croire que la corrida soit en effet l’ultime barbarie humaine à éradiquer, la dernière survivance d’une époque sanguinaire à jamais révolue. Comme j’aimerais penser que l’animal une fois sauvé de l’homme permettra enfin à l’homme de se sauver de lui-même. Plus de corrida, donc plus de sang versé, jamais, nulle part, ni celui des bêtes ni celui des hommes.



    Du combat singulier entre le toro et le matador bientôt sans doute il ne restera plus que quelques images couleur sang et or, et des faenas de légende gravées dans les mémoires des plus anciens. Bienvenue dans un monde de volailles en batterie et de boeufs à l’abattoir. C’est propre, industriel, invisible, surtout et c’est là l’essentiel. Cachez ce sang que je ne saurais voir. Laissez-moi me fondre dans le grand troupeau de consommateurs anesthésié qui bêle le week-end dans les centres commerciaux, qui s’abrutit en semaine derrière des écrans aseptisés où le sang lorsqu’il coule, même du ventre d’un homme, n’est jamais qu’une idée de sang, lointaine, insaisissable, une idée qui, curieusement, n’atteint pas cette sensibilité que nous prétendons si raffinée aujourd’hui.


    L’essentiel voyez-vous, ce n’est plus le sacré, ni l’esthétique, ni même la vérité du combat pour la vie, non l’essentiel c’est le propre, l’inodore, le sans saveur, voilà notre nouvelle morale d’occidentaux en perdition derrière nos écrans. Et nous appelons empathie ce qui n’est que sensiblerie dévoyée par nos vies stérilisées, insipides, allergiques au risque, étrangères à l’héroïsme, en panne de sacré, bercées de l’illusion funeste que la violence, à supposer qu’on refuse de la voir, disparaîtra. Ne voyez-vous pas que déjà elle se réfugie ailleurs ? Là où il n’y a ni musique, ni or, ni règles de combat, ni costumes de soie, ni bravoure, ni respect de l’adversaire ?


    Qu’on me permette de ne pas me réjouir de cette sinistre victoire. Si j’étais un toro, je choisirais l’arène, je me perdrais dans les plis de la cape, je ploierais l’échine sous les coups du picador, je chasserais les banderilles de ma nuque et je chargerais, encore et encore, l’armure dressée vers le ciel, cet ennemi de soie et de lumière jouant de son intelligence pour honorer ma force, m’offrant par amour la liberté ultime de combattre.


    Il y en a pour qui la vraie barbarie, c’est celle du troupeau que l’on mène à l’abattoir. Et celle-là ne fait que commencer.
    Retrouvez les articles d'Aliocha sur son blog

    http://www.marianne2.fr/Corrida-arene-ou-abattoir-quel-est-le-plus-barbare_a195801.html

    "Du combat singulier entre le toro et le matador bientôt sans doute il ne restera plus que quelques images couleur sang et or"

    et n'y aurais il pas aussi dans le rejet de la corrida par notre culture occidentale, un rejet des valeurs déclarées masculines par les féministes donc à combattre.

    l'élisabeth Badinter l'analyse correctement

    "Il ne s'agit pas de lutter contre les excès de la mascu¬linité, mais contre la masculinité per se, accusée d'être la cause de toute violence. D'ailleurs, note-t-elle, il est de plus en plus rare d'entendre l'éloge de celle-ci. Au contraire, toutes les valeurs positives associées à elle sont systématiquement dénigrées. Le courage et la prise de risques sont associés à l'in-
    conscience, contraires au principe de précaution, la force à la violence qui ne fait que des ravages, le goût de la conquête à un impérialisme blâmable, le péché capital.
    Cette conception de la masculinité est ravageuse à un double point de vue. Tout d'abord, ces carac¬téristiques traditionnellement attribuées à l'homme appartiennent en fait aux deux sexes. En les calom¬niant, on n'en prive pas seulement le sexe mascu¬lin, on l'interdit chez l'autre. Ceux et celles qui ne conçoivent les femmes que comme des victimes à protéger n'imaginent pas qu'elles puissent dire non, donner une paire de claques, bref, se défendre physiquement et moralement.

  • Je crois qu'ont doit punir autant les homme que les femme pour violence conjugal.
    Ce n'est pas parce que les homme ont (et bien sur je ne comprend pourquoi ses eu en particulier ) la réputation que se soit eu qui le maltraite .Mes la femme a aussi sa réputation d'infidélité . Je suis une fille et fière de l'être mes je sais que certaine et certain agisse pourtant de cette manière même si je désapprouve a 110% du temps .Et certaine vienne parler de : Handicap (expression pour justifier leur acte ), traumatisme de jeunesse ect. Ceci n'est qu'une excuse qui ne devrait pas être approuver sauf si il y a une preuve ex: grave handicap mentale incontrôlable ou trop faiblement ect.




    Je serait même d'accord a vous lancer le défis d'essayer de deviner l'age qui est suffisant suffisant pour faire de t'elle réflexion ou savoir ces mots (en d'autre mots mon age qui est asser petit pour me califier de fille )

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