Quelques perles d’Alphonse Allais

Alphonse Allais est cet auteur français du 19e siècle, très original, auquel j’ai emprunté la phrase de ma présentation: «N’être qu’un, oui, mais lequel?» Phrase que les philosophes et les psychologues modernes pourraient aisément reprendre à leur compte.

Allais aimait l’humour. Il avait le sien. En voici quelques extraits, de quoi se détendre en cette fin de journée écrasante de chaleur.


Allais_Late_19th_Century_Posters.jpg«Chaque fois que les gens découvrent son mensonge,
Le châtiment lui vient, par la colère accru.
" Je suis cuit, je suis cuit ! " gémit-il comme en songe.
Le menteur n'est jamais cru.»


«Plus les galets ont roulé, plus ils sont polis. Pour les cochers, c'est le contraire.»


«Pour vivre heureux, il faut coucher sur la paille que l'on voit dans l'oeil de son voisin, et se chauffer avec la poutre qu'on a dans le sien.»


«Avant d’éblouir le peuple en lui promettant l’eau chaude, il faut donc lui fournir des récipients pour la recueillir.»


«L'homme est imparfait, mais ce n'est pas étonnant si l'on songe à l'époque où il fut créé.»


«Complainte amoureuse

Oui dès l'instant que je vous vis
Beauté féroce, vous me plûtes
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes
Ah ! Fallait-il que je vous visse
Fallait-il que vous me plussiez
Qu'ingénument je vous le disse
Qu'avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez
Et qu'enfin je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez»

Catégories : Humour 10 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Bonsoir Homme Libre,

    Ah, j'ai toujours adoré cette complainte amoureuse toute en double "s".
    Avez-vous essayé de la lire à haute voix? L'effet est surprenant.

    Fraîche soirée, si possible.

  • Colette, à haute voix, c'est le fou rire assssssssuré!..... J'arrive à peine au bout. Peut-être y a-t-il autre chose que je n'entends pas, mais que ce fou rire est bon!

    La soirée sera fraîche, vers 5h du mat!... moment délicieux où l'on respire.

    Bonnes pensées.

  • Et celle-ci pour nos amies les bêtes.

    http://zumeurs.canalblog.com/archives/2010/04/13/17561650.html

    En soirée, les chats sont à plat et les lapins s'agitent, car ils détestent la chaleur.

  • Bien des gens ont souffert de la chaleur aujourd'hui et ils se plaignent qu'il fait 32°C à l'ombre !
    Mais pourquoi donc restent-ils à l'ombre ?

  • Ici au Valais dans les hauteurs, il fait 10 degrés de moins. Pauvres genevois!!!
    John j'adore Alphonse, pourquoi-pas une rubrique hebdomadaire?

  • @ tous: excellent! C'est réjouissant de constater qu'Allais a tant d'amis plus d'un siècle après sa mort. Il est hors du temps.

    Haykel: J'ai déjà du retard dans mon roman-blog dont je voulais sortir l'épisode 16 aujourd'hui, et qui ne viendra que demain... A réfléchir. Et cela vous tenterait de le faire?

    @ Benoît: élémentaire, mon cher Watson! Mais à quoi pensent-ils donc?...

    @ Inma: Merci pour ce texte d'anthologie!

    Quel ravissement de se retrouver entre amat-eur-rice-s du grand Alphonse.

    Tiens.qu'aurait-il pondu (pas le lapin, Alphonse...) sur le langage bucoliquement estival épi-scène?

  • Souvenons-nous que des décennies avant le Capitaine Haddock, c'est Alphonse Allais qui s'est posé la question de savoir si les barbus dormaient avec la barbe en-dessus ou en-dessous du drap !

  • @ Robert:

    Les belges auraient-ils copié Alphonse? Allais allais une fois...

  • Je me suis toujours demandé si les gauchers passaient l'arme à droite ?

    Pourquoi lave-t-on une injure alors qu'on essuie un affront ?

    Le comble de l'erreur géographique :
    Croire que les suicidés sont les habitants de la Suisse.

    Juste pour le plaisir d'en ajouter quelques-unes ! Bon dimanche à tous.

  • Excellent. Merci Michel.

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