29 juin 2010

Questions à la gauche - c’est quoi être de gauche?

Rien ni personne n’est tout blanc ou tout noir. C'est mon point de vue. Je suis toujours dérangé quand il faut être OU ceci, OU cela, et exclure une chose pour une autre. Non pas que je refuse de me positionner - je le fais souvent. Mais comme Edgar Morin je privilégie une vision du monde préservant sa complexité. Je suis plus ET/ET que OU/OU. Et ceci Et cela. Cette façon de penser a pris une grande place en moi et est devenue un phare, à la lumière duquel je regarde et organise le monde et ma position dans le monde.


GAUCHE2-.JPGA cause de cela je ne peux m’identifier à une force politique particulière. Mes convictions personnelles rencontrent plus souvent des thèmes portés par la droite ou le centre-droit, mais ce n’est pas exclusif de certains thèmes portés par la gauche. Bon sang qu’il est contrariant de devoir être ou d’un bord ou de l’autre bord. Cela me fait penser à un bateau coupé en deux: il coule. Babord et tribord sont des éléments du même bateau. Et j’apprécie de regarder le monde d’un côté ou de l’autre.

Certes la gauche a pris le parti du féminisme radical, duquel je suis radicalement critique! Rien que cela m’a éloigné de cette gauche pour laquelle j’avais auparavant beaucoup plus d’affinités. Mais pas seulement cela. Certaines options de la gauche me posent question. Je les pose ici ouvertement.

M’étant fait récemment traité de Lepéniste et d’admirateur des nazis, simplement parce que j’ai mis en cause les thèses officielles de la gauche sur la flottille «humanitaire», je suis du coup assimilé à un suisse xénophobe pourfendeur de minarets. C’est très réducteur d’être catalogué de cette manière.

D’une part j’ai voté contre l’interdiction des minarets et j’avais fait à l‘époque un billet sur le sujet.

D’autre part, et c’est ma première question à la gauche:


1. Si se poser des questions sur l’immigration, sur l’intégration, sur le choc des cultures, sur l’islamisme politique, sur la capacité d’accueil d’un pays, c’est être xénophobe de droite, cela veut-il dire qu’être de gauche c’est ne pas être xénophobe et donc ouvrir le pays à tous les africains, à une partie de l’Asie et une partie de l’Amérique centrale et du sud, soit près d’un milliard d’Africains, un à deux milliards d’Asiatiques, quelques centaines de millions de Sud-Américains - disons en gros, faut-il ouvrir le pays à deux milliards de personnes qui vivent chez eux sous le seuil de pauvreté, dans un dénuement terrible, ou avec à peine de quoi subsister?
gauche4_14.jpg
Si oui, pourra-t-on loger et nourrir ces deux milliards d’humains dans le pays? Ou même un milliard, les plus pauvres?
Si non, est-il légitime sans passer pour un xénophobe de réfléchir à limiter l’immigration dans le pays? Peut-on penser que quelqu'un qui réalise que l'on ne peut pas accueillir un milliard d'humains dans le pays souffre de voir le dénuement de ceux qu'il doit refuser? Ou bien est-ce obligatoirement un gros salaud?

Question subsidiaire: l’immigration est-elle un sujet tabou abandonné aux anges noirs de la politique pendant que les anges blancs se font une bonne conscience? Ou bien est-ce un sujet dont on peut parler ouvertement et librement, que l’on soit de gauche ou de droite ou du centre?


Je continue directement avec d’autres questions:


2. L’immigration clandestine est-elle souhaitable? Faut-il encourager des personnes qui n’ont plus rien chez eux, qui ont endetté leur famille de milliers d’euros (quand ils n’en gagnent que quelques dizaines par mois), à venir pour probablement ne pas trouver de travail ici, à moins de vivre d’allocations c’est-à-dire dépendants, ou de devenir dealers parce que c’est souvent ce qui leur reste dans l’état de grande pauvreté où ils sont? Faut-il, en acceptant des immigrés clandestins que l’on régularise, encourager d’autres à tenter de venir, à endetter leur famille, à quitter la terre qui a besoin de leurs bras, donc à appauvrir l’Afrique en particulier, à être noyés dans le voyage, à être renvoyé en ayant perdu l’argent et leur place en Europe? Est-ce là de l’humanisme ou seulement de la culpabilité mal placée?


3. Je crois comprendre que la gauche se veut humaniste et proche de l’humain. Du moins c’est ce que je croyais quand j’avais autour de moi de nombreux amis de gauche. L’option «Care» des socialistes en est d’ailleurs un signe.

Question: une personne de gauche peut-elle admettre que les banquiers ne sont pas tous des pourris, exploiteurs et requins, et qu’ils peuvent aussi avoir une âme, une éthique, une humanité?

Idem, une personne de gauche peut-elle considérer que les patrons, petits ou grands, ne sont pas tous des exploiteurs et des esclavagistes?

gauche5.jpgUne personne issue d’une classe sociale différente est-elle systémiquement une ennemie du peuple, ou bien la gauche, se réclamant de l’humanisme et de la personne, peut-elle admettre qu’il y a des personnes de grande qualité morale parmi ceux et celles qui appartiennent à une classe sociale par exemple plus favorisée?


4. Pour une personne de gauche, l’entreprise privée est-elle une chose bonne, utile à l’économie, ou bien un système d’esclavagisme?


5. Etre de gauche est-ce penser que nous sommes tous égaux en compétences, en talents, et que tout le monde pourrait diriger l’entreprise privée, ou bien peut-on penser que nous n’avons pas tous les mêmes talents et que certains ne sont pas faits pour lancer ou diriger une entreprise privée?


Dans un autre billet, je poserai aussi des questions à la droite.

 

Et pour ceux qui prennent des bateaux de fortune et meurent noyés, et pour leurs femmes restées au pays, cette chanson que j'ai écrite il y a déjà deux ans: "Terre sèche", en clip audio.


21:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : gauche, politique, socialisme, immigration, banque, économie, entreprise, patron, le pen, xénophobie, morin | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Oublie ... tu es de droite, c'est clair.

Écrit par : Djinius | 29 juin 2010

Pourquoi pas. Il n'y a pas de blâme à être d'un côté ou d'un autre. La question est que je ne trouve mon compte ni une possibilité d'adhésion entière nulle part.

Il faudrait ajouter une dimension, parce que 2 dimensions (gauche-droite) ne peuvent contenir le réel. A trois dimensions je devrais pouvoir me trouver un coin entre 10 heures moins dix et 3 heures et quart!

Écrit par : hommelibre | 29 juin 2010

Vos questions sont tout à fait judicieuses et je les partage entièrement n'étant moi-même ni à gauche ni à droite, mais selon le cas.
Par contre la position de la gauche concernant la flottille "humanitaire", les minarets, etc. correspond au "politiquement correct" dont la presse et tous les médias nous abreuvent, et du "touches pas à mon frère" culpabilisateur que certains clament avec la conviction inébranlable de ceux qui n'ont rien compris mais qui se veulent porteurs des vérités universelles.
C'est triste mais c'est comme ça. Il est si facile de manipuler les foules par des discours culpabilisateurs se réclamant d'une humanité larmoyante. Et il est si rassurant de hurler en phase avec la majorité, d'appartenir au groupe qui crie le plue fort même si ce sont des âneries.
Einstein n'a-t-il pas dit : "Il y a deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine. Mais pour l'univers je ne suis pas entièrement sûr".
Et ne dit-on pas : "Les chiens aboient mais la caravanne passe".
Laissons donc l'univers à sa place et les chiens aboyer.

Écrit par : Lambert | 30 juin 2010

Un frère d'armes du Che a plutôt bien formulé une partie de la réponse:

"Il faut être un salaud pour ne pas être de gauche a 20 ans, et un idiot pour toujours être de gauche a 40 ans".

Écrit par : Eastwood | 30 juin 2010

Quelle belle réaction typique de la gauche moisie : 'Oublie...tu es de droite c'est clair'. Bientôt au goulag Homme libre...c'est ce qui nous attend tous avec la gauche rouge-rose-verte. A méditer, même si je n'aime pas du tout le personnage : "Finkielkraut a bien raison de dire que l’antiracisme sera au XXIème siècle ce que fut le communisme au XXème, c’est-à-dire une nouvelle religion de substitution qui persécute et terrorise, mais dans la langue de l’amour et de l’égalité". Philippe Muray

Écrit par : Courant alternatif | 30 juin 2010

@ Courant alternatif:

Je crains que la confiscation de la parole et de la pensée à laquelle on assiste ne produise tôt ou tard des explosions de violence, comme réponse à cette oppression et à cette perte du langage.

Les violences périodiques dans les cités n'en seraient-elles pas déjà un symptôme? Et pourtant gauche et droite ont gouverné en France depuis 30 ans. Mais il semble que les deux aient confisqué le langage.

Écrit par : hommelibre | 30 juin 2010

Etre de gauche c'est avoir des exemples d'hommes politiques de qualité tel que Ceaucescu, Jarulewsky, Staline, Ulbricht et Honecker ! Les exemples cités dans le Berner Tagwart (organe officiel du PS) comme hommes respectables, démocratiques et honnêtes !

Écrit par : octave vairgebel | 30 juin 2010

Avant qu'un bon vieux de gôche vienne me rentrer dans le cadre (d'ailleurs, lire la stupéfiante tribune de M. Sansonnens, élu Vert, qui fait l'apologie de la destruction de cultures d'OGM de test...), je précise que je n'avais que 'One Love, peace man, respect, fuck UDC, fuck USA, fuck Israël' à la bouche, enfin bref, le vocable du parfait décervelé de gôche qui ne lit que ce qui le conforte (Le Monde Diplomatique et ses tribunes pro-islamistes de M. Gresh), et qui rêve d'interdire tous les partis qui ne sont pas 'alignés' sur la doxa tiers-mondiste, antipatronale et j'en passe.

Heureusement, j'ai changé :-)

Écrit par : Courant alternatif | 30 juin 2010

@ Hommelibre:


Je constate que vous êtes toujours un maître du billard à trois bandes!! ;o)

Faire un billet questionnant la gauche, mais qui a comme effet le réveil des tenants de la droite "anti-antiraciste" (donc pro-raciste?) ... C'est un peu comme sortir Médor pour lui permettre de se soulager!!! Ce spectacle me fait toujours rire!!! MERCI!!! ;oB


Quant à Finkelkraut, il bouffe à tous les râteliers... en prenant soin de retourner sa bavette régulièrement. Un athée qui a trouvé un nouveau dieu 'Bleu-Blanc-Rouge'.

Il critique la "racaille" banlieusarde (et d'origine maghrébine?) au sein des Bleus, mais prend la défense de Brice Hortefeux après la CONDAMNATION du ministre de l’Intérieur à 750 euros d’amende pour injure raciale.

(Définition Wiki de "racaille": Ensemble des individus mauvais, appartenant à la partie la plus pauvre, la plus basse ou la plus méprisée du peuple.)

Il trempe sa plume, son micro, dans des eaux nauséeuses, où nagent allégrement le FN ou le NPD, parti néo-nazi allemand... Eux sont d'avis qu'il y a décidément beaucoup (trop) de "bronzés" dans la 'Mannschaft'...


Nb.: D'après les dernières infos, Aneleka n'aurait pas traité Raymond de "fils de pute", mais lui aurait juste répondu à la mi-temps du pitoyable France-Mexique: "Va te faire enculer, avec ton système de jeu!" Ooouuu là là! C'est pas gentil, ça! Pan-pan cul-cul!


Que pensent les droitistes du blog de la TdG de ce renvoi digne de l'équipe de Corée du Nord??? Si ce n'est pas du bien-pensisme (?!) que de renvoyer un individu pour cause de langage peu châtié, et bien qu'il ait eu un éclair de lucidité....



=:oB

Écrit par : L'avis de Brian | 30 juin 2010

@ L'avis de Brian:

Ben, j'aimerais bien que des gens qui se définissent comme essentiellement de gauche commentent les questions que je pose. Bien sûr ce sont des questions sensibles, mais elles demandent des positionnements clairs.

J'aimerai des arguments, des positions, pas des anathèmes d'appartenance. P.e. Finkielkraut: si dans certains de ses discours il y a des choses qui m'amènent à réfléchir je ne vois pas pourquoi je ne le ferais pas sous prétexte qu'il est marqué de tel ou tel bord.

Je suis très fan d'Edgar Morin, et un peu moins d'Albert Jaccard, deux communistes ou ex-communistes. Morin est un des plus grands penseurs actuels à mon avis et je m'en régale. J'aime aussi Cioran, ancien presque fasciste (revenu de ça par la suite).

En fait je suis de moins en moins satisfait de devoir choisir mes références par rapport à leur appartenance. J'ai parfois partagé des analyse de Pascal Holenweg, avec qui j'ai peu d'affinités politiques et intellectuelles.

N'empêche, la question sur l'immigration: faut-il accueillir même un seul milliard d'humains en Suisse pour ne pas être xénophobe? Et si ce n'est pas possible, quelle est la limite? Un chiffre?

N'empêche, aide-t-on l'Afrique en la privant de ses bras (les clandestins) et en leur renvoyanT les cadavres des noyés? Si être de gauche c'est répondre oui, alors je ne suis pas de gauche.

Pour Anelka, le mot n'est qu'une goutte d'eau dans l'ensemble des tensions dans l'équipe depuis des mois. Il a fait de l'anti-jeu sur le terrain, ne respectait pas Domenech, il devait renoncer. Il a plombé l'ambiance.

Après Domenech est une erreur de la nature, ça ok.

Écrit par : hommelibre | 30 juin 2010

Vous avez lu Cioran AdB? Quel ado n'a pas lu Cioran. On n'était pas taxé de fascisme à l'époque pour avoir lu Cioran. Aujourd'hui on est jugé sur ses lectures. Et bien là ça ne va plus. Je lirai Aragon et Brasillach rien que pour faire chier la gauche et la droite réunie dans la même intention de censure et de jugement.

Pfff... Putain d'époque! B... de M.... Je vais finir par me fâcher.

Au fait Brian, il y a pire: j'aime René Girard, encore une lumière de notre époque et chrétien convaincu. Pourtant je n'adhère ni au catholicisme ni aux petits garçons... (Girard non plus pour les petits garçons).

P... de M...!!! Il faut aller avec les parias, les bannis, les exclus, les rejetés, les mauvais, la lie du monde. C'est vers eux qu'il faut aller. Pas vers les nantis, les nantis de politiquement correct, les nantis de bonne conscience, les nantis de jugement de valeurs, les nantis de clivage, bref ceux qui fossilisent le monde.

Debout les damnés de la Terre. Je viens vers vous comme d'autres allaient soigner les lépreux.

Ciel, je deviendrai chrétien? Ou pire: marxiste?

Tiens, je vais en faire un billet.

Écrit par : hommelibre | 30 juin 2010

@ hommelibre:


Ouïe! Vous m'apparaissez bien remonté! Mais c'est sain! Et c'est parfait pour être toujours à l'heure! ;o)


J'espère que ce n'est pas de ma faute!! (Aaahh! Cette fichue mauvaise conscience! Grrrr!) Mon (mes?) post n'est que le reflet de quelques (brèves) réflexions de chaudes soirées d'été... c'est dire s'il peut être discutable!! Pfffffffff! Qué calor!!!


Bon, au dodo!


=:oB


PS: Désolé, mais il me semble que vous êtes bel et bien Marxiste.....! Aïe...!!! Mais tendance Groucho, ou Harpo! Ouf !!! ;o) (Ce n'est pas une critique ou une moquerie, mais plutôt un compliment!!!)

Écrit par : L'avis de Brian | 01 juillet 2010

Brian, pas de soucis, votre remarque sur Finkielkraut vient après beaucoup d'autres sur une autre plate-forme, des remarques méchantes (la votre ne l'est pas) et où l'on me jugeait ou m'assimilait à lui alors j'ai réagit. Mais j'aime être remonté de la sorte.

Écrit par : hommelibre | 01 juillet 2010

Il n'y a pas une gauche, mais plusieurs gauches.

Les bateaux de clandestins sont remplis par l'illusion capitaliste que tout va bien en Europe! Ce n'est pas la "gauche travel SA", qui recrute des volontaires. Idem pour les femmes de ménages clandestines, qui travaillent dans notre beau canton.

Quand on regarde la situation française, il est clair que le fossé entre immigration et insertion est énorme. Mais cela est dû à une politique de droite menée par les grands patrons dans les 70's (rassemblement famillial) du temps où la France croyait pouvoir se calquer sur les USA et tout le monde pouvait être français.... La France en est réduite à esquiver le débat de l'identité nationale. L'ouverture des frontières et la concurrance entre travailleurs, c'est aussi le patronnat.

Sinon, la gauche c'est aussi la lutte pour de meilleures conditions de travail, les congés payés ou encore la bataille contre l'obscurantisme religieux et poid des traditions obsolètes. Du temps de la Guerre froide, les pays arabes pros soviétiques était laïques, les femmes portaient des minijupes, sans voile. Qui a financé les fous de Dieu durant cette époque?

A la question de savoir si les entreprises privées sont esclavagistes, je répondrait que non... grâce aux luttes syndicales, entre-autres. Mais que penser du pouvoir des multi-nationales? Est-il légitime? Comme pour le système bancaire... les banquiers ne sont pas tous des criminels, mais le système pousse à la fraude, aux spéculations "autorisées" et à de scandaleux bonus.

Le politiquement correct est autant de gauche que droite, c'est que l'on appel la pensée UNIQUE.

Écrit par : Riro | 01 juillet 2010

@ Riro:

Merci pour ce commentaire. Je vous rejoins sur certaines choses: Meilleures conditions de travail, congés payés. Les syndicats ont été un contrepoids nécessaire surtout avec l'avènement des grandes entreprises, et les législations sociales ou du travail aussi.

D'accord aussi qu'en France c'est la droite qui a favorisé le regroupement familial. Mais les années Mitterrand n'ont rien amélioré. Personne n'a voulu empoigner la question de l'immigration, la laissant à Le Pen comme si c'était du poison simplement par le fait que lui en parlait abondamment. Pourtant, poser une limite à l'immigration est une évidence, tôt ou tard. On peut discuter du chiffrage et des conditions de la pose de cette limite, mais on ne peut héberger et nourrir un milliard d'humains.

Par contre pas certain que sur les bateaux on se dit que "tout va bien". Je ne crois pas que le capitalisme veut entretenir cette illusion. Mais par contre il y a quand même plus d'argent qu'en Afrique, et les africains tentent leur chance en se disant que ça ne peut être pire que chez eux.

Le pouvoir des multinationales pose problème si les dirigeants n'ont pas une vision globale, donc autant du monde que de leur entreprise. Et là, ben... ptoblème dans bien des cas. On voit avec Monsanto qui par son système de brevet prend la maîtrise de l'alimentation. Pour moi c'est une forme de dictature qui ne dit pas son nom. Cela n'a plus rien à voir avec la libre entreprise et la liberté des gens de choisir leur vie, puisque les cultivateurs sont ensuite dépendants de la firme. Il n'y a plus d'indépendance alimentaire. Donc je vous rejoins en partie sur ce point. Par contre je pense que l'on doit continuer la recherche sur les OGM, non pas pour mettre encore plus de roundup dans les champs, mais pour produire des plantes vraiment résistantes. En somme, accélérer ce que la nature fait elle-même. Mais problème: sans brevet, une firme voudra-t-elle investir dans la recherche, si elle n'est pas assurée de gagner de l'argent ensuite?

D'autre part, les grosses firmes donnent du travail et font monter le niveau de vie, grâce à la production en masse. Mais cela pousse aussi à une consommation qui ne répond plus aux besoins des gens et fait gaspiller. Pas simple. Dans ce domaine complexe, je ne crois pas qu'une réponse unique, par exemple une stigmatisation des multinationales comme une partie de a gauche le fait par principe, est la solution pour trouver un équilibre entre préserver les avantages et réduire les inconvénients.

Pour la finance, je ne suis pas opposé aux grosses fortunes qui peuvent investir dans de nouveaux projets. Ayant fait appel au crédit pro0fessionnel il y a des années, je sais que les banques, par leur concentration d'argent, font grandir des projets et des idées. Mais je trouve déraisonnable une partie de la finance qui se détache de l'économie réelle, avec toutes les conséquences que cela entraîne.

Votre façon de présenter la gauche est moins dogmatique que d'autres personnes, Riro, et je me retrouve en phase avec certains thèmes. Par exemple, comme pour moi l'autonomie de l'individu est une valeur forte, le fait de rester indépendant du point de vue alimentaire est aussi important.

Écrit par : hommelibre | 01 juillet 2010

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