Nouvelles de l’apartheid sexiste au Proche-Orient

Ce n’est pas nouveau, cela date de 2005. Mais puisque ces jours il est beaucoup question de liberté pour les palestiniens, ce qui est légitime, voici un rappel de ce qu’est cette liberté dans un régime islamiste soutenu par nombre d’occidentaux. Ce billet est forcément orienté car l’intégrisme quel qu’il soit n’est pas ma tasse de thé, qu’il s’agisse de l’islamisme, de l’intégrisme chrétien ou juif.

femme-palestinienne1.jpgEn hiver 2005, une municipalité de Cisjordanie, Qualqilya, dans la région de Ramallah, avait décidé d’organiser une festival de musique et de danse en plein air. Ce festival a été interdit pas les élus du Hamas qui dirigent la municipalité.

«Un porte-parole du conseil municipal, passé au Hamas depuis les élections municipales du début de l’année, a dit que l’interdiction du festival est justifiée pour ne pas abîmer la pelouse.

Mais Moustafa Sabri ajoute : « en outre, nous avons été élu par des personnes qui veulent que nous conservons les valeurs traditionnelles de la ville. Ces valeurs interdisent le mélange entre les sexes. Les habitants de Qualqilya nous ont félicité pour notre décision ».


Alors, est-ce pour éviter toute mixité ou pour protéger les pelouses que ce festival a été interdit?

«A noter que si la municipalité islamiste tente de justifier cette interdiction au nom de la « protection de la pelouse », un étudiant de 21 ans rappelle que le Hamas avait célébré sa victoire aux élections municipales sur cette même pelouse !»

Donc la pelouse est un prétexte. Il reste l’autre raison: ne pas mélanger les sexes.
femme_palestine.jpg
En Afrique du sud, on ne mélangeait pas les noirs et les blancs. Cela se passait sous un régime particulier: l’apartheid. On est donc ici devant une sorte d’apartheid sexiste, imposé par les islamistes.

Les femmes qui soutiennent le Hamas en sont-elles conscientes, elles qui voyagent en bateau tête nue à côté des hommes, qui vont aux concerts où hommes et femmes sont présents côte à côte, qui déambulent dans la rue cheveux au vent et épaules brillantes de soleil, dans les pays desquels la religion est séparée de la politique? Ou bien vont-elles se convertir, se soumettre à la dictature islamiste et s’aliéner librement?

Le problème ici n'est pas l'islam. L'islam se pratique de bien des façons différentes. Le problème ici est l'islamisme. L’islamisme, idéologie totalitaire qui veut diriger entièrement la vie des gens, dans tous les domaines, avec des contraintes absurdes pour notre culture progressiste et respectueuse de l’individu.

Depuis lundi les clivages exacerbés sont remontés à la surface avec violence. On défend Israël, ou les palestiniens. Et on donne des noms d’oiseaux à qui ne pense pas comme soi. Il serait bien de rappeler que défendre les palestiniens ce n’est pas défendre leurs dirigeants assassins du Hamas ni l’intégrisme imposé au nom d'une religion utilisée pour faise passer une idéologie totalitaire.

Ce n’est pas non plus défendre le gouvernement israélien et la colonisation.

Peut-être faut-il le rappeler à chaque fois que l’on soutient le droit à l’existence des deux peuples. Si c’est le cas. Si ce n’est pas le cas, disons-le avec clarté. Pour moi c’est le cas: deux états, une lente réconciliation et une paix juste et durable.





PS: Jour J-8 avant d’être enfin libre, doit penser l’otage suisse en Libye Max Göldi.

Catégories : Politique 8 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Le statut de la femme en débat dans le judaïsme
    Mardi, 06 Mars 2007
    Publié dans le journal La Croix


    À l’initiative de la journaliste Olivia Cattan, une association juive milite pour l’égalité entre hommes et femmes et pour l’évolution des lois religieuses sur le divorce.


    Tout a commencé avec l’ouvrage 2 femmes en colère, paru l’an dernier et cosigné par une musulmane – Kenza Braiga, 30 ans, découverte à l’émision de télévision « Loft Story » – et une juive – Olivia Cattan, 39 ans, journaliste à Tribune juive et issue d’un milieu traditionaliste (1). Les deux jeunes femmes y évoquaient ouvertement les conditions faites aux femmes dans leur religion respective.

    « J’ai dénoncé la crispation des communautés juives orthodoxes à propos de la séparation hommes-femmes dans les synagogues, des lois liées à la pureté familiale ou au divorce religieux », raconte Olivia Cattan, qui reconnaît avoir ainsi « ouvert le débat ». À la suite de ce livre, elle reçoit une cinquantaine de lettres de femmes, dont plusieurs témoignent de leurs difficultés à obtenir le « guèt », document délivré par le mari pour valider un divorce religieux.

    D’après le droit juif fondamental, en effet, une femme divorcée civilement ne peut pas vivre maritalement avec un autre homme sans avoir obtenu une reconnaissance de divorce religieux, au risque sinon d’être qualifiée d’adultère et de voir son éventuelle descendance de second lit considérée comme « mamzer » (bâtarde) par la loi juive. Ces enfants, n’étant pas reconnus comme juifs, sont alors obligés de faire une démarche de « conversion » au judaïsme. « Urgence à résoudre ce scandale »

    La femme juive est donc dépendante d’un divorce religieux en bonne et due forme. Cela donne lieu, parfois, à des chantages du mari. « Des amies qui sont en train de divorcer doivent négocier leur “guèt” 10 000 € », raconte Olivia Cattan. Si l’homme refuse obstinément de délivrer le guèt ou s’il disparaît, la femme se retrouve agounot, c’est-à-dire enchaînée, dans l’interdiction de contracter un nouveau mariage religieux.

    « Actuellement, dans le monde, plusieurs dizaines de milliers de femmes juives sont piégées par cette situation », estime le rabbin parisien Rivon Krygier, de la communauté Adath-Shalom, dans le mensuel juif L’Arche (2). Il y a donc « urgence à résoudre ce scandale », selon Joëlle Bernheim, épouse du rabbin orthodoxe Gilles Bernheim, qui s’exprime dans ce même dossier consacré à l’égalité de l’homme et de la femme dans le judaïsme.

    Avec le soutien de l’association Paroles de femmes, Olivia Cattan a lancé à l’automne dernier une pétition en faveur de « l’égalité hommes-femmes dans notre société comme dans nos religions », demandant notamment que les femmes juives puissent « disposer en toute égalité du droit de divorcer » (La Croix du 8 novembre 2006). « Il faut voir si les grands rabbins pourront accepter cela »

    En quelques semaines, la pétition reçoit 430 signatures dont celles d’Isabelle Adjani, Rika Zaraï, Élisabeth Badinter, Marek Halter, mais aussi Corinne Lepage, Marie-Claude Pietragalla ou Luc Ferry. La jeune femme, particulièrement dynamique, est également en lien avec des personnalités comme Catherine Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité, ou l’historien Élie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël à Paris.

    Son combat a fait l’objet d’articles dans la presse israélienne. Et ces jours-ci, elle est invitée à Bruxelles, à une rencontre de rabbins nord-américains et européens. Elle doit aussi prochainement rencontrer Dalil Boubakeur, qui aimerait fonder un mouvement de femmes dans le cadre de la Grande Mosquée de Paris.

    Au sein du consistoire israélite, les choses avancent également. Fin décembre, Olivia Cattan a été reçue par Joël Mergui, président du consistoire de Paris, et lui a proposé une idée du comité de réflexion de Paroles de femmes pour résoudre le problème du divorce religieux : avant le mariage, le futur époux prendrait l’engagement, sous la forme d’un acte consistorial, de remettre en cas de divorce civil le libellé de divorce religieux à sa femme.

    Ce consentement prénuptial serait octroyé par le futur mari sans conditions et de manière irrévocable. « Il faut voir maintenant si les grands rabbins pourront accepter cela », sourit la jeune femme, qui souligne son souci de voir respecter les lois de la république et de rester fidèle à la halakha (loi juive) : « Il ne s’agit pas de changer la loi juive, mais de la contourner, comme on l’a fait pour la polygamie. » Et de rappeler que la polygamie, religieusement autorisée chez les juifs d’Afrique du Nord jusque dans les années 1950, a cessé non par un interdit, mais parce que les rabbins l’ont déconseillée. « Que ces femmes prennent leur destin en main. »

    De même, Olivia Cattan a abordé devant Joël Mergui la question de la séparation entre hommes et femmes dans les synagogues orthodoxes. Une séparation (mehitsa) qui cantonne souvent les femmes dans des lieux exigus, où elles ne voient et n’entendent pas grand-chose.

    « J’ai proposé que, lors de la construction de nouvelles synagogues, on prenne modèle sur les édifices orthodoxes de Bruxelles où il n’y a pas de séparation entre les hommes devant et les femmes derrière », poursuit-elle, précisant que cette mehitsa ne vient pas de la Torah, mais d’une coutume introduite au XIIe siècle.

    Amenée à rencontrer les communautés juives orthodoxes en Allemagne, en Belgique ou en Grande-Bretagne, Olivia Cattan découvre que, dans ces pays, les femmes juives bénéficient davantage du soutien des rabbins. « En France, le judaïsme est l’un des plus fermés », regrette-t-elle, avant d’ajouter que les choses bougent vite : « Il y a un an, une telle rencontre pour évoquer ces sujets avec un rabbin du consistoire était difficile ! »

    Quant aux lois liées à la pureté familiale, qui imposent entre autres aux femmes de certaines communautés d’obtenir l’autorisation de leur rabbin avant de se faire prescrire un contraceptif par leur médecin, la jeune femme sait qu’il s’agit de questions délicates, sur lesquelles il n’est pas possible de mobiliser massivement. « J’aimerais seulement faire comprendre aux femmes concernées que c’est à elles de s’émanciper, insiste-t-elle. Que ces femmes prennent leur destin en main. »

    Claire LESEGRETAIN

    (1) "Deux femmes en colère" Ramsay, 220 p., 16 €. (2) Dossier « La femme juive est-elle l’égale de l’homme juif ? », dans L’Arche n° 583, novembre 2006 (le numéro : 6 €).

    -

  • @ vigilant:

    J'ai effacé votre commentaire, désolé. D'accord avec la critique d'une idéologie ou d'une pratique, mais je ne peux cautionner le désir d'éradication d'une communauté.

  • @ kif-kif:

    Merci pour ces informations très intéressantes, et bravo à cette femme qui fait avancer les choses.

  • @ vigilant:



    http://www.youtube.com/watch?v=YzRbC7lQ-EQ



    Gute Nacht, mein kleiner @*ç&# !



    =:oB

  • @ hommelibre:


    OUIIIIIIN !

    En "nettoyant" le post de 'vigilant', vous z'avez tout cassé mon n'effet (comique?)!!!


    Grrrrrrr! ;o)


    Bonne soirée quand même!


    =:oB

  • Quel que soit le sentiment et les raisons de cette personne, et les thèmes que l'on aboirde, y compris des thèmes difficiles comme ceux-ci, je ne pouvais laisser ces propos-là.

    Je vois à quel point tout débat est miné sur ce sujet. J'essaie de contribuer, dans ma petite mesure, à purger un peu les tensions par la parole car je crois à la parole, mais je me demande si elle suffit. Et ne rien dire? J'y ai aussi pensé. J'aurais le sentiment d'être complice des extrémistes en ne disant rien, ce serait comme un acquiescement silencieux.

  • Pige pas trop votre billet. Quel rapport avec le fait que l'on puni collectivement l'ensemble d'une population qu'elle n'est coupable de RIEN ??

  • @ Bean: la question est: quand on soutient la cause palestinienne, est-ce que l'on fait bien la différence entre une population qui souffre et ses dirigeants, entre les palestiniens et l'islamisme?

    J'imagine par exemple un bateau arrivant à Gaza. Les militants d'origine occidentale fraterniseront-ils avec le Hamas ou lui montreront-ils une distance réprobatrice?

    C'est la menace des armes qui justifie le blocus relatif aux yeux des israéliens. Mais là aussi il faut distinguer le souci permanent de leur survie et la politique expansionniste du gouvernement.

Les commentaires sont fermés.