20 avril 2010

Volcan: mystérieux F 16 et verre ressemblant à du verre...

Le cas du F 16 dont le moteur a été endommagé par des particules abrasives est révélé au moment où la polémique gonfle sur la possible exagération du principe de précaution. Le message véhiculé par cette info est clair: Il y a danger, il faut fermer l’espace aérien. On ne sait ni le jour ni le lieu de l’incident.


f16_falcon_01_1600x1200.jpgSelon un haut responsable américain, qui n’est pas nommé:

«Des F-16 alliés en vol ont constaté des concentrations de verre et «on a trouvé du verre dans le réacteur d'un avion», a-t-il dit, sans préciser le jour et le lieu de cette découverte ou la nationalité de l'avion.»

Question: est-ce techniquement possible en vol? Si oui, comment? Ils étaient plusieurs à voler et dans un seul moteur on a retrouvé du verre dans le réacteur: volaient-ils en groupe ou à distance? Dans quelle région précise et à quelle altitude précise ont-ils constaté la présence de verre?

Il est question ici d’un seul avion endommagé. Dans une autre info de l’Associated Press, il est dit autre chose:

«Plusieurs avions de chasse F-16 de l'OTAN ont été endommagés en volant à travers le nuage de cendres du volcan islandais, a-t-on appris lundi de source diplomatique occidentale. Des traces d'une substance ressemblant à du verre ont été retrouvées dans les moteurs des appareils après une patrouille au-dessus de l'espace aérien européen, précisait-on de même source. La semaine dernière, deux F-18 de l'aviation finlandaise avaient constaté des problèmes similaires après avoir volé à travers le nuage. Les appareils avaient atterri en toute sécurité, mais leurs moteurs ont dû subir une révision onéreuse.»

Cette fois ils sont plusieurs à avoir été endommagés, et il y a en plus des F 18. Mais on ne sait toujours pas le jour et le lieu de l’incident.

islande.jpg
En reprenant la Tribune on trouve aussi ceci:

«Cela pourrait commencer à avoir un impact véritable sur les capacités militaires dans un avenir proche si les cendres volcaniques ne se dissipent pas», a-t-il encore déclaré. Certains exercices militaires américains ont d'ores et déjà été réduits en raison du phénomène. Les avions de l'Otan peuvent voler «mais c'est dangereux», a-t-il dit. «J'estime que ce n'est pas pour rien que l'espace aérien a été fermé», a-t-il encore ajouté en se référant aux mesures de précaution prises en Europe du Nord et du Centre.»

On notera donc que l’Otan est perturbée par le nuage de cendres.


Le Figaro du 19, lui, dit:

«L'Otan a affirmé lundi que ses opérations n'étaient "pas affectées" par le passage du nuage de cendres échappé du volcan islandais Eyjafjöll, alors qu'un responsable américain a fait état d'un problème sur un moteur d'un chasseur F-16.»

C’est le contraire de ce qui se dit dans la Tribune (voir plus haut).


Bien. On peut dire que les journalistes ont repris l’information chacun à leur manière. Peut-être. Ou bien le flou est fait exprès pour des raisons qu’on ignore.

Secret militaire?

Décidément, pourquoi les autorités se montrent-elles toujours aussi peu transparentes et crédibles, que ce soit pour le nuage de Tchernobvyl, pour la pandémie, maintenant pour ce nuage de cendres?




PS: Pensée pour Max Göldi, toujours retenu en Libye.

14:43 Publié dans Volcan | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : volcan | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Ce qui est certain, c'est qu'aucun moteur d'avion n'est fait pour fonctionner dans un environnement d'air fortement mêlé de sable ou de particules rocheuses. A partir de là, les opérations aériennes ne peuvent que pâtir d'un tel environnement, ne serait-ce que parce qu'il existe une incertitude, donc un risque, sur les exigences de maintenance des moteurs dans un tel environnement. Les compagnies, maintenant que le ciel est ouvert, doivent décider si elles préfèrent attendre que la situation soit normalisée (auquel cas elles ne volent pas encore et continuent de subir des pertes), ou voler quand même (et prendre le risque de devoir faire subir à leurs avions des maintenances qui n'étaient pas prévues - et cela coûte aussi très cher (maintenance, immobilisation de l'avion, éventuelle baisse de la valeur de l'avion si les dommages sont importants, éventuels problèmes avec les assurances et avec les sociétés qui financent les avions...)).

Écrit par : Michael Kohlhaas | 20 avril 2010

Michael, je partage votre réflexion en partie au moins. Le principe de précaution et l'arrêt des vols au début était une décision responsable. J'y reviendrai dans mon prochain billet sur le volcan.

Écrit par : hommelibre | 20 avril 2010

un doute sur le sujet ? voici de quoi peut-être confirmé les risques :
http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2010/04/hornet.html

Écrit par : Steeve | 21 avril 2010

Steeve:

Malgré ma recherche je n'ai pas trouvé les dates de ces vols. Chance (?) que vous les ayez.

Il y a une certaine confusion dans les informations, d'où les questionnements. Par exemple, pour le 17, deux infos contradictoires ont circulé, l'une indiquant un renforcement de l'éruption et du nuage, l'autre une diminution. A jouté aux météorologues qui ne faisaient que suivre leur modèle informatique, il y a à tout le moins de la confusion dans la gestion de cette situation.

Les photos, quand à elles, sont ce qu'elles sont. Elles devraient être commentées sur ce que l'on voit à l'image, en terme de matière et de gravité de la vitrification. N'étant pas adepte des complots, je ne vais pas les mettre en question, je trouve juste étonnant que cela sorte presque une semaine après le vol et le début de la crise.

Le principe de précaution est important, mais ce serait encore mieux si son usage était associé à des tests et des recherches rapides de la réelle dangerosité d'une situation. Il semble que sans la pression des compagnies, il ne se passait rien jusqu'à demain minimum.

Écrit par : hommelibre | 21 avril 2010

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