Commentaire pour l’anarchronique: où est la liberté?

Dédé la science ne permettant pas de poser de comm sous ses billets, et ayant bien envie de répondre à son dernier, j’ouvre une réponse ici faute de mieux.

liberté.jpg«Cette expérience applique aux odeurs le « paradigme du libre choix » proposé, voici cinquante ans, par le psychologue Brehm.

Nos « libres choix » sont conditionnés par nos émotions et par une mémoire qui peut être masquée, et d’autant plus efficace.»

Conditionnés, nos choix? Cela me paraît très normal. Nos choix comme l’ensemble de nos comportements sont en partie conditionnés par une forme d’apprentissage. Ce conditionnement annule-t-il la liberté? Tout dépend du champs que l’on donne la la notion de liberté. La liberté de choix ne réside pas pour moi dans la possibilité de me soustraire à tout apprentissage antérieur. Cette possibilité, qui tient de la révolution totale et permanente, est séduisante en théorie mais inapplicable en pratique. Elle le serait, applicable, ce serait contre-productif en matière d’économie intellectuelle, émotionnelle et évolutionnaire.

On ne peut visiblement pas tout refaire à chaque fois.

La partie conditionnée est celle qui a appris, depuis la nuit des temps ou plus récemment. Elle s’est constituée en partie pour nous faire retrouver ce qui nous a convenu - mémoire d’expériences positives et du plaisir associé et fixé dans le cerveau limbique - et pour éviter si possible de recommencer ce qui nous a blessé ou restreint. Etre libre est un état dynamique relatif à un autre état, la non-liberté.
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Je dirai qu’il n’y a pas de liberté sans mémoire.

Quelle est alors la part de liberté? C’est celle de réfléchir, d’analyser, de décider non seulement selon la mémoire instinctive ou consciente mais aussi selon la configuration du moment, avec la part de risque que cela contient.

Comment faire nos choix, comme le dit Dédé la science dans une vision qui me paraît très négative, passive et dépressive de l’humain:

«Quand les matraquages publicitaires et les manipulations médiatiques sont ce qu’ils sont de nos jours, que sont nos choix ?

Choix de consommateurs enchaînés par des heures d’images, de sons et d’odeurs non désirés ?

Choix de citoyens abrutis par des médias verrouillés par l’argent et la cupidité des marchands ?»

Chaque décision est un choix, quel que soit le degré de liberté ou de conditionnement de ce choix. Mon théorème est que nous devons nous voir libres par défaut, avec la possibilité de nous tromper et de changer de choix.

Une bonne manière d’être libre est de décider que nous sommes personnellement responsables de nos décisions et de nos actes. Non, nous ne sommes pas des citoyens abrutis ni de la pâte manipulée. Tout est choix, tout est notre choix: allumer ou éteindre la télé, croire ou non la presse, voter pour qui l’on vote. Nous sommes libres et responsables de nos votes. Nous somme capable de lire les étiquettes sur les aliments, les programmes politiques, et de décider ensuite. Et si nous ne les lisons pas c’est encore être libre. Rien ni personne ne nous force. Soyons positifs: voyons les humains comme libres. Personne ne tient notre main à notre place, ou ne pose un pistolet sur notre temps. C’est là, je crois, qu’il faut placer la limite entre liberté et non-liberté. Le reste: conditionnement, persuasion, cela fait partie du jeu au même titre que l’éducation; ce sont des choses que nous pouvons relativiser, contredire ou changer.

Il est de bon ton de décrire l’humain comme une chose irresponsable, prise dans les filets de l’ogre d’une «caricature de démocratie». Mais le dénigrement systématique, s’il est un parfois un style littéraire et politique quand il est élaboré, n’est pas une science ni une philosophie, ni même la fondation d’une vision. Juste une posture personnelle faute de mieux.

Il y a eu dans le passé d’autres caricatures de démocratie à côté desquelles celles où nous vivons sont des havres de respect de l’humain.

 

PS: Max, otage suisse de Kadhafi en Libye, n'a pas vraiment le choix lui.

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