22 mars 2010

Où sont les femmes?

Non, ce n’est pas la chanson de Patrick Juvet. Ce sont 100 millions de femmes qui manquent en Asie. En Chine et en Inde. On les appelle les «missing women», les femmes manquantes. La Tribune de Genève en reparle aujourd’hui sous la plume de Yannick van der Schueren.


missing.jpgJ’en avais déjà fait un billet il y a un peu plus d’un an. Le temps passe et le déséquilibre démographique s’ancre dans les grands pays asiatiques. Pourquoi manquent-elle, et à quel point? On compte par exemple en Chine 120 hommes pour 100 femmes. Conséquence de la politique de l’enfant unique. En effet des centaines de milliers d’avortements sélectifs sont opérés chaque année pour éviter de mettre au monde une fille.

En Inde aussi on avorte sélectivement des foetus filles, ou on les tue ou les laisse mourir à la naissance. Les traditions obligent les parents à payer une dot importante pour leur fille lors d’un mariage. Une dot de nature à mettre des familles dans la pauvreté totale. De plus le manque de garçon empêche de recevoir les mêmes dots et d’avoir ainsi une sorte «d’assurance-vieillesse».  En Inde, un proverbe dit qu’élever une petite fille c’est arroser le jardin d’un autre. Il faut donc privilégier la naissance de garçons.

Défaire ces traditions semble long et difficile. On touche à une culture à des repères sociaux fondamentaux. Mais le résultat de cette élimination sélective des fille fait que l’on assiste à un trafic de femmes à marier. Les gouvernements agissent et donnent par exemple de l’argent pour compenser les dots. Mais l’ampleur du phénomène fait qu’il n’y a pas encore de résultats chiffrables.

Selon l’auteur de l’article le problème est plus grave en Chine, dont la population vieillit et ne se renouvelle pas assez. On pourrait se réjouir de voir la population mondiale diminuer si l’on pense que l’humanité est trop nombreuse. Mais un déséquilibre démographique rapide et marqué désorganise l’économie et la société. Un Etat n’en maîtrise pas les conséquences.

La question qui reste pour moi est: pourquoi la dot concerne-t-elle les filles? Quelle est l'origine de cette tradition? Considère-t-on que la femme, en mettant des enfants au monde, fera des garçons et rapportera de l'argent?

Selon le Centre de recherches pour le développement international:

«Les constatations ont confirmé que cette tendance découle de normes qui font partie du tissu socioéconomique de l’Inde depuis des siècles. Dans ce pays, les garçons sont jugés indispensables au bien-être de leur famille, car ce sont eux qui gagnent de l’argent, perpétuent la lignée et deviennent un jour le bâton de vieillesse de leurs parents. Par contre, avoir une fille, c’est essuyer une « double perte », car non seulement elle quitte sa famille quand elle se marie, devenant une « ressource » pour sa belle-famille, mais en plus son mariage occasionne des dépenses, dont la dot à verser à la famille du futur époux.»

 

 

PS: Petite pensée pour Max Göldi, en prison à Tripoli.

17:04 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : inde, chine, natalité, missing women, femmes, infanticide | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Merci HL pour ce billet qui remet l'église au milieu du village sur la condition des petites filles dans le monde, en tout cas dans un certain monde.
Que l'on ne me dise plus, alors, qu'égalité il y a quand dès la conception, un tri s'opère déjà sur la "valeur" donné au sexe de l'enfant à venir.....
un peu d'eau au moulin des féministes dont je ne suis que très modérement

Écrit par : vali | 23 mars 2010

Bonjour vali,

Ce n'est que justice de parler de ces situations.

Je suis toujours étonné de certaines traditions: comment se sont-elles mises en place? Pourquoi les continuer?

Bonne journée.

Écrit par : hommelibre | 23 mars 2010

beaucoup de pays onts encore des progrés à faire pour atteindre l'égalité hommes femmes qui est effective dans les pays occidentaux.

Écrit par : leclercq | 23 mars 2010

De ce point de vue là, il n'y a pas photo Leclercq en effet! Qu'y a t-il à en comprendre de plus HL que ce que vous avez si bien analysé? ....tiens demain sort le film racontant l'histoire de Waris Dirie.....autre violence monstrueuse infligée par tradition aux petites filles : l'excision

Écrit par : vali | 23 mars 2010

Le problème des traditions allié au progrès (échographies pour déterminés le sexe) donne un mélange pour le moins détonnant.

Filles manquantes oui MAIS quelle base de calcul.

Il y a un problème car pour trouver ce chiffre on le fait a partir des naissances, 110 garçons pour 100 filles (c'est un exemple), les couples se font vers 20 ans et se font et défont jusqu'à 35 - 40 ans.

Certes il y a plus de naissance de garçons, mais entre le moment de leur naissances et le moment où ils vont vouloir ce mettre en couple il y a au minimum 20 ans.
Durant ces 20 années il y a une hécatombe chez les garçons a cause des travaux difficiles, des maladies du a ces travaux, il y a beaucoup plus de travailleurs hommes qui meurs que de travailleurs femmes.
Alors si vous mettez ça de la naissance jusqu'à environ 30 ans…

La question est sur les 110 garçons naît combien arriveront à 30 ans ?
Et sur les 100 filles naît combien arriveront à 30 ans?
Proportionnellement les pertes seront beaucoup plus élevées chez les garçons que chez les filles.
Donc l’écart entre les filles est les garçons une fois adulte ce résorbe sans toutefois atteindre l’équilibre mais il n’est pas loin.

A partir de la je pense que l'on peut quand même dédramatisé car le problème n'est pas si énorme que cela.


Par contre la population vieillissante est un gros problème surtout que les jeunes couples veulent vivre a l'occidental (famille nucléaire), ou vont allez et comment vont subsisté cette population (de vieux).

Écrit par : gto | 23 mars 2010

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